Tourisme sexuel

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Le tourisme sexuel est le fait de voyager, hors de son pays ou de sa province[1], dans le but d'avoir des relations sexuelles avec des autochtones, la plupart du temps contre rémunération financière. Ces relations peuvent être avec des prostitué(e)s ou des locaux cherchant eux-mêmes des relations sexuelles pour en obtenir un bénéfice pécuniaire, étant autrement sans ressources.

Quelle clientèle?[modifier | modifier le code]

Le tourisme sexuel est un fait majoritairement masculin, généralement issu des pays occidentaux vers des pays sous-développés ou en voie de développement[2] — même si la demande sexuelle locale est parfois encore plus importante, selon des études récentes [3].

Des femmes occidentales prennent également des « vacances sexuelles » dans des pays d'Afrique (Cap-Vert, Gambie, Kenya, Madagascar, Maroc, Sénégal, Tanzanie, Tunisie) ou encore dans les îles Caraïbes (Bahamas, Cuba, Haïti, Porto Rico, République dominicaine) où des jeunes hommes vivent en leur proposant leurs services. [4],[5],[6]

Libertinage[modifier | modifier le code]

Les libertins et échangistes qui pratiquent la sexualité de groupe peuvent fréquenter des établissements touristiques qui leur sont réservés, des agences de voyage sont spécialisées dans ces prestations touristiques.

Législation[modifier | modifier le code]

Selon les pays[7] la législation autour du tourisme sexuel n'est pas la même, même si on observe des points communs. Une différence majeure entre les pays sur ce sujet concerne l'âge à partir duquel un individu est considéré comme ayant atteint une « majorité sexuelle », soit à partir duquel il peut librement avoir des relations sexuelles.

Certains touristes sexuels cherchent des relations avec des enfants[8], ce qui constitue un délit ou un crime (voir l'article Abus sexuel sur mineur). Pour contrer ce phénomène, des pays (comme le Canada, la France[9] et la Belgique) ont adopté des lois d'exception permettant de punir eux-mêmes leurs ressortissants lorsqu'ils ont eu de telles relations dans un pays étranger, voire se sont dotés d'une compétence dite universelle afin de punir eux-mêmes quiconque se trouve sur leur territoire et a commis un tel délit à l'étranger (comme la Suisse).

Destinations[modifier | modifier le code]

Les pays[10] les plus fréquemment visés par le tourisme sexuel (en particulier par des Européens de l'ouest, des Chinois et aussi des Coréens) sont les Philippines et la Thaïlande ainsi que certains pays d'Europe de l'Est et d'Afrique du Nord, plus récemment Cuba. Certains pays comme la Thaïlande et plus récemment le Maroc ont mis en place des politiques pour lutter contre ce phénomène souvent jugé dégradant ou immoral[réf. nécessaire].

Toutefois, les législations plus souples ou plus faciles à contourner (corruption, etc.), les cultures locales parfois peu répressives vis-à-vis de la sexualité, les institutions peu sensibilisées au phénomène ainsi que la pauvreté et la promiscuité favorisent le développement de ce type de commerce même lorsqu'il est illicite.

Le cas canadien[modifier | modifier le code]

Concernant le tourisme sexuel impliquant des mineurs, il est illégal d'avoir des relations sexuelles avec des enfants, tant au Canada que dans d'autres pays.

Le Code criminel du Canada contient des dispositions permettant d'arrêter et de poursuivre les Canadiens au Canada pour des infractions commises à l'étranger, telles que :

Une condamnation entraîne une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 14 ans. De nombreux pays ont adopté des lois similaires.

Les dispositions du Code criminel du Canada relatives au tourisme sexuel impliquant des enfants (projets de loi C‑27 et C‑15A) sont entrées en vigueur le 26 mai 1997 et le 23 juillet 2002 respectivement. Le Code criminel s'est attribué une compétence extraterritoriale pour plusieurs infractions concernant l'exploitation sexuelle des enfants :

  • les contacts sexuels ;
  • l'incitation à des contacts sexuels ;
  • l'exploitation sexuelle ;
  • les relations sexuelles anales ;
  • la production, la distribution, la mise à la disposition, la transmission, la vente ou la possession de pornographie juvénile ;
  • les actions indécentes ou l'exhibitionnisme ;
  • la prostitution d'une personne âgée de moins de 18 ans.

On trouvera sur le site Web du ministère de la justice du Canada de plus amples renseignements sur ces dispositions et sur d'autres dispositions connexes du Code criminel.

Représentation dans la littérature[modifier | modifier le code]

Le tourisme sexuel se développe avec les voyages des fils de la bourgeoisie dès la fin du XVIIIe siècle et tout particulièrement au début du XIXe siècle. Goethe, Lamartine, etc. et un grand nombre d'autres grands écrivains, ont ainsi racontés, en les enjolivant, leurs « amours » de voyage, en Italie notamment, avec des filles du peuple comparables aux actuelles jineteras (« accompagnatrices ») cubaines. Flaubert est plus explicite encore dans ses textes de voyages en Égypte, longtemps censurés. Comment considérerait-on aujourd'hui les amours orientaux de Pierre Loti ? Les voyages des enfants issus de la bourgeoisie sont ainsi souvent l'occasion d'obtenir de femmes étrangères des services sexuels difficilement accessibles chez soi.

Représentation dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]