Alcibiade

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Alcibiade
Ἀλκιβιάδης   Alkibiádēs
Buste d'Alcibiade datant du IVe siècle av-J.C. L'inscription dit : « Alcibiade, fils de Cleinias, Athénien ».
Buste d'Alcibiade datant du IVe siècle av-J.C. L'inscription dit : « Alcibiade, fils de Cleinias, Athénien ».

Naissance 450 av. J.-C.
Athènes
Décès 404 av. J.-C. (à 46 ans ans)
Phrygie
Allégeance Athènes
(415–412 av.J-C.,Sparte)
(412–411 av.J-C. Perse)
Grade Général
Stratège
Conflits Guerre du Péloponnèse
Faits d'armes Bataille d'Abydos (410 av.J-C.)
Bataille de Cyzique (410 av.J-C.)
Siège de Byzance (408 av.J-C.)
Famille Alcméonides

Alcibiade, fils de Clinias, du dème de Scambonide (Grec: Ἀλκιβιάδης Κλεινίου Σκαμβωνίδης / soit Alkibiadês Kleiniou Scambônides ) est un homme d'état, un orateur et un général athénien, né en 450 av. J.-C. et mort en 404 av. J.-C..

Sommaire

Biographie [modifier]

Origine et jeunesse [modifier]

Alcibiade fait partie de la grande noblesse athénienne : il est le fils aîné de Clinias, un Eupatride, et de Dinomaché, fille de l'Alcméonide Mégaclès, oncle de Périclès[1]. Il vient du dème Scambonide et appartient à l'une des plus éminentes familles aristocratiques d'Athènes. Il est adopté par son tuteur Périclès, qui lui donne pour pédagogues son frère Ariphron[2] et le physiognomoniste thrace Zopyre[3].

Tous les auteurs anciens s'accordent sur la nature exceptionnelle d'Alcibiade, doué de toutes les qualités : beauté[4] [5] [6], haute noblesse, richesse[7], intelligence. Il est un disciple et un ami de Socrate[8] et c'est dans la bouche d'Alcibiade que Platon place son portrait de Socrate dans Le Banquet[9]. Ils ont été compagnons d'armes et Socrate lui sauve la vie lors du siège de Potidée. Alcibiade défend à son tour le philosophe après la bataille de Délion en 424[10].

Alcibiade mène la vie de la jeunesse dorée d'Athènes, multipliant les frasques. Connu dès l'enfance pour son insolence, il aime les dépenses somptueuses[11] et n'hésite pas à provoquer des scandales publics : l'anecdote la plus célèbre rapporte qu'il a coupé la queue de son chien, simplement pour que les Athéniens parlent de la queue de son chien plutôt que de lui[12]. Ses amours, nombreuses, lui valent souvent la réprobation publique et se mêlent à la politique, quand, par exemple, il fait un enfant à la femme du roi de Sparte Agis II[13].

Il fut le dernier membre célèbre de la famille aristocratique de sa mère, les Alcméonides, dont l'influence fut considérablement réduite après la Guerre du Péloponnèse. Il joua un rôle majeur dans la seconde moitié de ce conflit en tant que conseiller stratégique, stratège militaire et homme politique.

Au cours de cette guerre, Alcibiade changea plusieurs fois de camp et d'allégeance, fut-elle militaire ou politique. Au service de son Athènes natale, vers 410 av. J.-C., il défendait une politique extérieure agressive, et fut un des investigateurs de l'expédition de Sicile. Cependant, il se réfugia à Sparte quand ses adversaires politiques l'accusèrent de sacrilège. À Sparte, il fut conseiller stratégique, proposant et supervisant plusieurs opérations militaires contre Athènes. Cependant même à Sparte, plusieurs hommes politiques puissants vinrent à s'opposer à lui, jusqu'au moment où il fut contraint de s'exiler pour rejoindre la Perse. Il entra au service du satrape Tissapherne, jusqu'à ce que ses alliés politiques à Athènes le poussèrent à revenir. Il devint un générale athénien, un Stratège, pendant plusieurs années, mais ses ennemis réussirent à le forcer à l'exil une seconde fois.

L'expédition sicilienne fut l'idée d'Alcibiade, et les érudits avaient longtemps débattu au sujet du fait que si cette dernière avait été supervisée et menée par Alcibiade lui-même au lieu de Nicias, elle n'aurait certainement pas été le désastre qu'elle fut. Durant ses années passées à Sparte, Alcibiade joua un rôle significatif dans la mise à mal d'Athènes, la capture de la Décélie et les révoltes de plusieurs sujets athéniens furent après une suggestion de sa part ou sous sa supervision directe. Cependant, une fois revenu à sa cité natale, il eut une part de responsabilité irrévocable dans la série de victoires athéniennes qui poussa finalement Sparte à négocier une paix avec Athènes. Sur le terrain, il favorisait des tactiques et stratégies peu conventionnelles, ôtant des places fortes et des cités moins par siège que par négociations et subterfuges. Les talents militaires et politiques d'Alcibiade ont souvent été d'une grande aide pour les différents états pour lesquels il avait oeuvré, mais sa formidable propension à se faire de puissants ennemis l'empêcha à chaque fois de s'établir durablement dans un de ses états, si bien qu'à la fin de la guerre qu'il avait ravivé au début des années 410 av. J.-C., ses actes n'étaient déjà plus présents dans la mémoire collective.

Sources [modifier]

Plusieurs historiens de l'antiquité ont livré des données sur le personnage.

  • Thucydide était son aîné d'une vingtaine d'année. Il parle d'Alcibiade dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre V à la fin, correspondant aux années -420 à -411.
  • Xénophon était son cadet. Ses Helléniques (I-II) correspondent à la fin de la guerre du Péloponnèse (-411 à -404), non relatée dans l'ouvrage de Thucydide. Les Mémorables (I, 2-3) correspondent à des souvenirs de Socrate.
  • Diodore de Sicile est postérieur de plus de trois siècles au personnage. Dans sa Bibliothèque historique (XII-XIII), il cite des écrits (perdus) d'Éphore, contemporain de ce dernier.
  • Plutarque lui est également très postérieur. Il a écrit une Vie d'Alcibiade (comparée à celle de Coriolan dans les Vies parallèles), mais d'autres renseignements peuvent être trouvés dans la Vie de Lysandre, son vainqueur.
  • Cornélius Népos est à peu près contemporain de Plutarque. Il a écrit Des capitaines remarquables des pays étrangers avec un chapitre sur Alcibiade.

Des philosophes le mentionnent, au premier rang desquels se situe Platon avec son Alcibiade majeur, son Alcibiade mineur, Le Banquet (212b-223a), son Gorgias (481c-482a, 519a-b). Dans le Protagoras il est également cité plusieurs fois (309a-c, 316a, 317 c-d, 319e-320b, 336b-e, 347b, 348b-c). Selon Théophraste, Alcibiade était de tous le plus capable de découvrir et de comprendre ce qui convenait à chaque circonstance, parce qu'il cherchait ce qu'il fallait dire, mais en également les mots et expressions pour s'exprimer[14]

Parmi les orateurs, Andocide lui était contemporain : Sur son retour[15] raconte son exil ; son discours Contre Alcibiade ne comporte par contre que très peu d'éléments biographiques. Isocrate était plus jeune et cite Alcibiade dans son discours Sur l'attelage. Lysias est également contemporain même si ses discours le mentionnant sont postérieurs à sa mort : premier Contre Alcibiade (le discours est prononcé contre le fils homonyme d'Alcibiade, il contient des allusions au père : §26-42), Sur les biens d'Aristophane (§52).

Références [modifier]

  1. Romilly, p. 20
  2. Plutarque, Vie d'Alcibiade
  3. Tout Platon de Luc Brisson (page 2196, 2008)
  4. Xénophon, Mémorables, I, 2, 24
  5. Platon, Protagoras, 309c
  6. Plutarque, Vie d'Alcibiade, I, 4
  7. Romilly, p. 23
  8. dans l’Alcibiade majeur, Socrate se dit son premier éraste (§ 103a)
  9. 215d et suivants
  10. Plutarque, Vie d'Alcibiade, VII
  11. Romilly, p. 39
  12. Plutarque, Vie d'Alcibiade, IX
  13. Romilly, p. 43
  14. Périclès, par Donald Kagan : page 228 de l'édition francophone (Sortie : le 05/05/2011 chez Tallandier (d'après Vie d'Alcibiade de Plutarque).
  15. 11-14, 16

Voir aussi [modifier]

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Bibliographie [modifier]

Liens externes [modifier]