Anus

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Anus

Description de cette image, également commentée ci-après

Anus masculin

Données
Système appareil digestif
Artère artère rectale inférieure
Veine veine rectale inférieure
Nerf nerf rectal inférieur

L'anus, en anatomie, est l'orifice terminal du tube digestif. Sa principale fonction est d'évacuer périodiquement les résidus de la digestion.

Anatomie

Coupe frontale passant par le canal anal et le rectum.

Chez l'être humain, l'anus se situe au niveau du périnée, en arrière de la partie inférieure des organes génitaux externes, c'est-à-dire la base du pénis chez l'homme et la vulve chez la femme. L'anus est l'orifice externe du canal anal. Sa paroi est constituée de peau. Sa vascularisation est assurée par les artères rectales inférieures et les veines rectales inférieures. Son innervation est assurée par les nerfs rectaux inférieurs.

Physiologie

Chez l'être humain, l'anus contrôle l'expulsion d'excréments et gaz produits à partir du bol alimentaire durant le processus de digestion. La majeure partie du temps, les sphincters sont fermés et permettent l'accumulation des matières fécales dans le rectum. Lors de la défécation, les sphincters s'ouvrent et laissent passer le contenu du rectum.

Chez l'être humain à la naissance, le sphincter anal s'ouvre indépendamment de la volonté. Le contrôle est acquis plus tard, au cours de la petite enfance ; on parle d'apprentissage de la propreté.

Chez certains animaux (oiseaux, reptiles, amphibiens), il ferme le cloaque mais joue aussi un rôle particulier dans l'expulsion de divers déchets alimentaires (restes d'os, d'écailles, arêtes, de griffes, dents, ou encore de graines et autres éléments indigestes de leur alimentation, dont coprolithes[1] ), dans la reproduction (copulation chez les espèces disposant d'un cloaque), dans l'expulsion des œufs (ou des jeunes dans le cas d'espèces ovo-vivipares), ou encore - via des glandes spécifiques - dans la reconnaissance olfactive interindividuelle ou interspécifique (entre espèces différentes, cf. marquage visuel (par des excréments) ou olfactif du territoire) des individus ou espèces.

Les amphibiens, reptiles et oiseaux utilisent l'anus pour à la fois excréter leur urine (sous forme d'un mélange (la fiente) chez les oiseaux).
Chez ces mêmes espèces l'anus contrôle la fermeture du cloaque qui est à la fois le réceptacle commun des voies sexuelles, urinaires et du colon.

L'anus de quelques mammifères monotrèmes ferme également un « cloaque », supposé être une « relique anatomique » héritée des plus anciens amniotes par les thérapsides, ancêtres des mammifères.
Certains marsupiaux disposent de deux orifices, l'un excrétant les déchets solides et liquides de l'intestin et du rein, l'autre utilisé pour la reproduction (vagin chez la femelle et pénis chez le mâle).
Sauf anomalie congénitale, les femelles des mammifères placentaires ont toujours trois orifices séparés pour déféquer, uriner, et se reproduire, alors que les mâles ont un orifice (l'anus) pour la défécation et un autre utilisé à la fois pour la miction et la reproduction.

Évolution et embryologie

Formation de l'anus
chez les proto- et deutérostoméiens

L'apparition et l'évolution de l'anus sont une étape importante dans l'histoire évolutive du vivant et de la digestion, chez les animaux multicellulaires.
En fait, il semble s'être produit au moins deux fois, et en suivant des chemins évolutifs différents chez les protostomiens et les deutérostomiens[2].
Cette fonction nouvelle a été accompagnée d'autres développements évolutifs importants :

  • apparition d'un plan bilatérien du corps,
  • apparition d'un cœlome (cavité interne structurée en un système circulatoire), généralement contractile
  • (chez certains animaux), apparition d'un squelette hydrostatique, qui a permis chez des vers fouisseurs le métamérisme (corps construit d'unités répétées, dont certaines peuvent ensuite se spécialiser) ; par exemple la tête de nombreux arthropodes résulte de la fusion, de plusieurs segments (métamères) spécialisés.

Utilisation médicale

L’anus constitue une voie d’accès au corps, et peut être utilisé pour des actes à visée diagnostique ou thérapeutique.

Il en constitue ainsi une voie d'exploration. À l'examen clinique, on peut utiliser un thermomètre anal pour mesurer la température corporelle. Le toucher rectal peut donner des informations sur la présence de tuméfaction, de point douloureux ou de sang au niveau du rectum. Chez l'homme, il renseigne sur la prostate ; chez la femme, sur le vagin. Il permet également l'évaluation du tonus musculaire sphinctérien. La manométrie anorectale est un examen complémentaire qui renseigne sur les pressions existantes au niveau du rectum. L'endoscopie digestive basse (anuscopie, rectosigmoïdoscopie, coloscopie) est un autre examen complémentaire permettant la visualisation de la muqueuse d'une partie de l'intestin.

L'anus constitue également une voie d'administration de traitement. Ainsi on peut administrer des médicaments sous une forme adaptée (suppositoire, lavement) ou encore traiter une lésion visualisée en endoscopie.

Pathologies

Vascularisation et anastomoses du rectum et de l’anus.
  • La pathologie hémorroïaire, plus exactement appelée inflammation hémorroïdaire et touchant le système veineux et artériel de la sphère ano-rectale, cette pathologie des hémorroïdes atteint au moins quarante pour cent des adultes[3].

Les symptômes peuvent être des rectorragies de sang rouge vif (non digéré) après la selle (ou plus exactement hématochézies tant que le lieu exact de saignement n'est pas détecté), un prolapsus (appelé aussi procidence) souvent désagréable (pouvant aussi gêner les mictions de la vessie, ou chez l’homme provoquer des douleurs ou inflammations de la prostate, ou chez la femme affecter aussi la voie génitale par compression, ou encore déplacer les parois anales internes vers l’extérieur en exposant les zones enflammées), une pesanteur rectale, des douleurs, des suintements.

  • L’abcès anal (aussi appelé abcès ano-rectal car les causes en sont souvent similaires dans toute la région anale et rectale, la différence étant la localisation) est une infection purulente et douloureuse de la paroi anale exodermique. Les causes d’un tel abcès peuvent être des parasites intestinaux (Ténia ou vers solitaires, metondoha vulgari…), un herpès génital de type 2 ou une fissure anale. Il peut aussi se développer de façon secondaire à l’apparition d’une fistule anale, mais généralement sans en avoir la gravité, car l’abcès n’est généralement pas aussi douloureux. Il peut aussi en être la cause, si l’abcès n’est pas traité.
  • La fissure anale est une dégradation de la peau autour de l’anus, suite à l’introduction d’objet contondant (coloscopie sans les mesures d’hygiène nécessaires, pratiques sexuelles risquées : fistfucking, sodomie sans lubrifiant, etc.).
    Dans certains cas, la fissure peut être hémorragique si elle touche le système hémorroïdaire, elle provoque ainsi de grosses douleurs. La fistule anale est l’apparition d’un conduit entre le canal anal et la peau, pouvant traverser le sphincter anal, généralement causée par une infection.
  • Le cancer de l’anus, qui ne doit pas être confondu avec le cancer du rectum, est un cancer rare. Il se développe dans le canal anal et apparaît en général chez les personnes âgées, affectant davantage les femmes que les hommes. Il affecte un de ses trois types d’épithéliums, chacun pouvant être atteint d’un type de cancer particulier.
    Le plus fréquent est appelé cancer épidermoïde, il peut apparaître sous forme d’un bourgeonnement externe plus ou moins ulcéré. Certains cas ressemblent à une fissure ou encore sont confondus quelquefois avec des hémorroïdes. Comme pour le cancer du col utérin, il existe un lien entre l'infection à HPV et cancer de l'anus.
  • diverses malformations congénitales (malformation ano-rectale) sont possibles, impliquant parfois l'absence totale de communication avec le colon (atrésie anale ou rectale autrefois dite « imperforation de l'anus »[4], qui fait notamment partie du Syndrome de VACTERL ou syndrome de VACTEL). L'imperforation peut être complète ou partielle, de forme haute ou basse, avec ou sans communication du colon avec le vagin chez la fille et l'urètre chez le garçon)[4].

Pratiques sexuelles

L'anus est parfois utilisé dans le cadre de pratiques sexuelles telles que la sodomie, l’anulingus ou le fisting. Ces pratiques sont perçues comme agréables par les hommes qui les pratiquent en raison de la stimulation de la prostate[réf. nécessaire]. Dans le milieu extreme porn, une pratique particulière appelée prolapse consiste en une dilatation de l’anus jusqu’à ce que ce dernier sorte littéralement du corps[réf. nécessaire].

La région anale est une zone érogène, mais elle n’est pas aussi spontanément érogène que les organes génitaux[5]. Il faut parfois répéter régulièrement les stimulations pour éveiller la sensibilité érogène de la région anale. Chez un tiers des individus qui pratiquent régulièrement les stimulations anales, ces stimulations peuvent déclencher l’orgasme[6].

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Notes et références

  1. (en) Chin, K., Erickson, G.M. et al., « A king-sized theropod coprolite », Nature, vol. 393, no 6686,‎ 1998-06-18, p. 680 (DOI 10.1038/31461, lire en ligne) Summary at (en) Monastersky, R., « Getting the scoop from the poop of T. rex », Science News, Society for Science &#38, vol. 153, no 25,‎ 1998-06-20, p. 391 (DOI 10.2307/4010364, JSTOR 4010364, lire en ligne)
  2. (en) Arendt, D., Technau, U., and Wittbrodt, J., « Evolution of the bilaterian larval foregut », Nature, vol. 409, no 6816,‎ 4 January 2001, p. 81–85 (PMID 11343117, DOI 10.1038/35051075, lire en ligne)
  3. R. BAUMANN et Ch. MEYER, « Pathologie de l’anus : hémorroïdes et fissures anales » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Faculté de Médecine ULP Strasbourg, 2002, sur http://www-ulpmed.u-strasbg.fr. Consulté le 17 décembre 2008.
  4. a et b Association AIRCHIP, Malformations ano-rectales ; Pediatric Surgery - Chirurgie Pédiatrique
  5. (en) William Masters et Virginia Johnson, Human sexual response, Bantam Books,‎ 1980
  6. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.