Anacréon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Anacréon

Description de cette image, également commentée ci-après

Buste romain d'Anacréon au musée du Louvre.

Activités poète.
Naissance vers 550 av. J.-C.
Téos
Décès vers 464 av. J.-C.
Langue d'écriture grec ancien
Genres poésie lyrique.

Œuvres principales

  • poèmes (fragments)

Anacréon (en grec ancien Ἀνακρέων / Anakréôn), né vers 550 av. J.-C. à Téos, en Ionie, mort vers 464 av. J.-C., est l'un des plus grands poètes lyriques grecs avec Alcée de Mytilène, Archiloque de Paros et Sappho. Il fut surnommé Le chantre ou le vieillard de Téos.

Biographie[modifier | modifier le code]

On en sait peu sur sa vie. Selon la tradition, il serait né à Téos, une ville ionienne sur les côtes d'Asie mineure. Le nom et l'identité de son père restent sujets à discussion ; il y aurait quatre possibilités  : Scythianos, Eumélos, Parthénios, ou Aristocritos.

Il s'exila, vers 540, pour Abdère quand Harpage, général de Cyrus II, prit sa ville natale. Anacréon partit ensuite pour Samos, où il fut protégé par le tyran Polycrate, qu'il loue dans ses poèmes.

Lorsque la cour de Samos disparut et que Polycrate fut mort, en 522, Anacréon se rendit à Athènes, invité par le tyran Hipparque qui dépêcha une galère à cinquante rames spécialement équipée pour l’amener[1]. Là, il fréquenta le cercle d'artistes rassemblé par le tyran et les meilleures familles de la cité. Il se lia en particulier avec Simonide de Céos et Xanthippe, père de Périclès. Il célébra également la beauté de Critias, fils de Dropidès et héros du dialogue de Platon qui porte son nom[2]. Après la chute des Pisistratides, il regagna son Ionie natale.

Il mourut à l'âge de 85 ans à Téos. Selon la tradition, il se serait étouffé avec un raisin sec[3]. Simonide lui dédia deux épitaphes, Athènes érigea sa statue sur l'Acropole et Tégée plaça ses portraits sur sa monnaie.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Anacréon se consacre principalement à la poésie amoureuse et à la poésie de banquet. Ainsi, la statue que lui consacrent les Athéniens le représente comme un poète inspiré par Dionysos. Le style d'Anacréon se caractérise par sa légèreté et son charme. Le vin est loué mais sans excès (« Dix mesures d'eau pour cinq de vin, voilà le bon mélange », fgt. 11), l'amour doit également rester mesuré (« J'aime et je n'aime pas. Je suis fou et je ne suis pas fou », fgt. 83). Ce style est rapidement connu sous le qualificatif d'« anacréontique ». On appelle ainsi Anacreontea des recueils de poèmes légers.

Il emploie des mètres variés ; les strophes les plus courantes sont composées de mètres glyconiens terminés par un mètre phérécratien, ou de mètres dits « anacréontiques », composés d'ioniques mineurs. Ce type de strophe rencontrera un très grand succès par la suite, chez les Grecs comme chez les Romains.

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Werner Jaeger, Paideia, La formation de l'homme grec, Gallimard, coll. Tel, 1988, p. 277.
  2. Pline l'Ancien, Livre VII, chapitre VII, La mort d'Anacréon : « Aujourd'hui, même moins encore suffira pour te tuer : la morsure de la dent ténue d'un serpent, ou même, comme pour le poète Anacréon, un grain de raisin sec ; ou comme le préteur Fabius Senator, étouffé par un seul poil dans une gorgée de lait. »
  3. Voir le dialogue de Platon, Critias.