Psychanalyse

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D'un point de vue historique, la psychanalyse est à l'origine une technique psychothérapeutique, mise au point par Sigmund Freud, provenant de la cure cathartique de Josef Breuer appelée « talking cure »[1], du fait qu'elle repose essentiellement sur la parole.

La cure cathartique est dérivée de l'hypothèse de Jean-Martin Charcot sur l'étiologie traumatique de l'hystérie. Selon cette hypothèse, une personne devient hystérique lorsqu'elle est amenée à se dissocier suite à un choc traumatique.

La psychanalyse consiste en l'explication de certains actes ou pensées en termes psychiques à partir de l'affirmation de l'existence du déterminisme psychique : une idée qui se présente à l'esprit ou un acte ne sont pas arbitraires, ils ont un antécédent et un sens que l'exploration de l'inconscient permet de mettre au jour. Certaines actions sont perçues comme « involontaires », « incohérentes » ou « absurdes » et ne sont pourtant pas dues au hasard : ce sont par exemple les rêves, les lapsus, les actes manqués, ou les symptômes sans cause physique (par exemple l'hystérie). Ainsi, des actes ou des paroles qui s'apparentent à des erreurs peuvent être compris comme étant des « actes réussis », déterminés, et sont un moyen pour la psychanalyse d’y repérer une expression de l’inconscient : ils peuvent, par exemple, être l'expression d’un compromis dans un conflit psychique sous-jacent (entre pulsions contradictoires) ou représenter la satisfaction d'un désir. Bien que ces processus restent essentiellement inconscients, la psychanalyse dispose d'une technique et d’une théorie à même de comprendre ces logiques inconscientes et d'aider éventuellement le sujet qui en souffre à résoudre ses problèmes.

À partir de son expérience de thérapeute, de ses lectures, échanges et réflexions, Freud a proposé deux modèles successifs du psychisme : la première topique (élaboré entre 1895 et 1905, environ) et la seconde topique (de 1920 à 1938).

La psychanalyse est devenue un vaste champ conceptuel fondée sur l'exploration de l'inconscient à l'aide de l'association libre, son principe est la levée des refoulements. Dans la définition qu'en donnait Sigmund Freud, la psychanalyse est le nom :

  • d'un procédé d'investigation des processus psychiques, qui autrement sont à peine accessibles,
  • d'une méthode de traitement des troubles névrotiques ou psychotiques, qui se fonde sur cette investigation (cf.cure psychanalytique),
  • d'une série de conceptions ayant trait au psychisme, acquises par ces moyens et qui fusionnent en une discipline nouvelle (cf. Métapsychologie)[2].

Depuis ses premiers pas, la psychanalyse fait l'objet de multiples critiques, concernant tant son statut scientifique, la pertinence de sa description du psychisme, que son efficacité thérapeutique. Certaines de ces critiques sont dues à des psychanalystes proposant d'autres modèles du psychisme et d'autres méthodes de thérapies.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la psychanalyse.

L'histoire de la psychanalyse commence avec Sigmund Freud et se continue de nos jours, avec plusieurs écoles et théories concurrentes qui coexistent.

Du temps de Freud[modifier | modifier le code]

L'évènement fondateur de ce qui va devenir la psychanalyse a été la participation de Freud aux travaux du neurologue Jean-Martin Charcot sur l'hystérie (dysfonctionnement du corps sans origine physiologique), avec notamment l'utilisation de l'hypnose. La psychanalyse a été précédée de deux phases dans les recherches de Freud :

  1. la méthode cathartique, qui doit beaucoup à Josef Breuer, et qui consistait à mettre le patient sous hypnose afin de découvrir l'origine traumatique des symptômes hystériques. Symptômes qui, rapporte Freud, avaient tendance à s'estomper lorsque le médecin répétait au malade une fois réveillé ce qu'il avait révélé sous hypnose. La remémoration et la ré-actualisation émotionnelle des scènes traumatiques conduisaient alors, croyait-on, à la guérison. C'est cette méthode qu'Anna O. appelait aussi « talking cure ». Mais Freud reprochait à l'hypnose d'être « un procédé incertain et qui a quelque chose de mystique »[3] : mal dégagée du mesmérisme auquel elle est encore associée, elle ne permettrait de réduire que temporairement les symptômes;
  2. l'association libre, qui vise à pratiquer la méthode cathartique mais sans l'hypnose. Freud cherchait alors à favoriser la remémoration en invitant le patient à dire librement ce qui lui venait à l'esprit, et en travaillant sur les chaînes associatives. « Procédé pénible et épuisant à la longue », observe-t-il dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, « qui ne pouvait s'imposer comme une technique définitive »[1].

Freud pratique l'hypnose au début de sa carrière de neurologue, mais la met ensuite de côté pour élaborer la pratique psychanalytique[1]. Avec Josef Breuer, dans leur ouvrage les études sur l'hystérie, ils concluent que l'hystérique souffre de "réminiscences" suivant l'exemple de Pierre Janet et "faisant du dédoublement mental et de la dissociation de la personnalité le pivot de notre théorie" (Cinq leçons sur la psychanalyse Payot p. 23). Freud rompt avec la psychologie dynamique de Janet considérant qu'elle "repose sur les doctrines admises en France relative au rôle de l'hérédité et de la dégénérescence dans l'origine des maladies " ("Cinq leçons sur la psychanalyse" Payot p. 24). Freud cesse de recourir à l'hypnose pour explorer le psychisme (remplacer par la pression des pouces sur le front puis l'association libre pure et simple). Il se démarque de Breuer en mettant en avant l'importance de la libido dans le développement de la psychopathologie.

Les premiers adeptes de la psychanalyse contribuent les premiers à des débats très vifs et nombreux. Ainsi Carl Gustav Jung, Sándor Ferenczi sont entendus, lus, commentés par Freud qui critique les positions qui lui paraissent divergentes par rapport aux principes qu'il pense assurés par ses travaux antérieurs. Le passage de la première topique à la seconde topique est rendu nécessaire à la suite de l'élaboration de la seconde théorie des pulsions. En 1914, Freud fait paraître ses travaux sur le narcissisme qui préfigurent les changements qui interviendront dans la deuxième topique. Pour certains (André Green et René Roussillon entre autres), ce texte de 1914 est une topique en lui-même, ils parleront dès lors de trois topiques. Vers 1920, la théorie freudienne connaît des remaniements dans l'Au-delà du principe de plaisir qui sans renoncer aux théories antérieures montrent à la fois les limites et leur dépassement.

Les nazis, à l'instar de certains psychothérapeutes[Lesquels ?], considéraient la psychanalyse comme une « science juive »[réf. nécessaire]. La conséquence a été que de nombreux psychanalystes juifs durent quitter l'Allemagne nazie puis l'Autriche pour émigrer ailleurs en Europe, en Amérique du Sud et aux États-Unis notamment. Lors de l'Anschluss, invasion de l'Autriche par les nazis en 1938, Anna Freud est arrêtée par la Gestapo, puis relâchée le soir même, ce qui décide Freud à quitter Vienne pour s'installer à Londres.

Après Freud[modifier | modifier le code]

L'essentiel des débats internes à la psychanalyse porte sur l'enrichissement des concepts freudiens, tout en conservant les exigences de rigueur sur les principes essentiels, scientifiques dans l'exploration de ce champ d'études, et éthiques dans la pratique de la cure.

Méthode d'exploration du psychisme[modifier | modifier le code]

La psychanalyse n'est pas qu'un ensemble théorique, une métapsychologie qui peut être appliquée à l'étude des œuvres d'art, des philosophies, etc. C'est d'abord une méthode d'exploration du psychisme humain par diverses techniques, passant par la parole du sujet qui suit une analyse :

  • L'interprétation des rêves qui sont, selon Freud, « la voie royale de la connaissance de l'inconscient »[4].
  • Les lapsus : quand au cours d'une séance, le sujet commet un lapsus, l'analyste ou le sujet lui-même peuvent émettre l'hypothèse que l'inconscient s'exprime, et peuvent chercher à comprendre le sens de ce lapsus.
  • L'analyse des actes du quotidien et particulièrement à travers les actes manqués, les oublis, les négligences : ces actes traduisent un conflit psychique qui met en jeu une tendance consciente et une autre, pré-consciente ou inconsciente, qui vient troubler le déroulement normal de la première. L'observation de ces tendances contradictoires permet d'émettre l’hypothèse d'un conflit psychique refoulé.

Principe du déterminisme psychique[modifier | modifier le code]

Afin de remplacer l'hypnose, Sigmund Freud utilisera un principe qu'il attribue à Jung, principe suivant lequel une idée qui se présente à l'esprit ne peut être arbitraire et doit donc avoir un antécédent à déterminer[5]. Le rêve n'est donc pas composé d'images hallucinatoires dépourvues de sens, le lapsus n'est pas un simple accident sans cause, pas plus qu'une idée ne traverse l'esprit sans raison. Une idée, avant d'arriver à la conscience, subit une déformation plus ou moins grande mais conserve toujours un rapport avec l'idée d'origine. Tous ces phénomènes peuvent donc faire l'objet d'une méthode d'interprétation qui révèle l'existence de tendances non-conscientes, refoulées dans l'inconscient de l'individu.

Sans doute faut-il voir dans l'affirmation de ce principe le souci de Freud de hisser la psychanalyse au rang de science. En effet le principe du déterminisme, qui est le requisit de toute science expérimentale, est bien la « foi » du psychanalyste  : pas plus dans le monde psychique que dans le monde physique, un phénomène ne peut se produire sans cause.

« Bien plus : il fait souvent appel à plusieurs causes, à une multiple motivation, pour rendre compte d'un phénomène psychique, alors que d'habitude on se déclare satisfait avec une seule cause pour chaque phénomène psychologique[6]. »

Interprétation du rêve[modifier | modifier le code]

Article détaillé : L'Interprétation des rêves.

Pour Freud, tout acte psychique a un sens ; le rêve doit donc posséder un sens susceptible d'interprétation. La méthode d'interprétation sera une transposition de la méthode pour le traitement des troubles psychiques, car, selon lui, il y a des analogies entre ces derniers et la vie onirique : la conscience perçoit des idées qui lui sont étrangères et dont elle ignore l'origine, tout comme dans certains symptômes psychiques. La méthode pour comprendre le rêve sera fondée sur le principe de déterminisme psychique : le patient énonçant librement une suite d'idées se rapportant à son rêve peut en comprendre le sens en fournissant lui-même, par association d'idée, des éléments extérieurs au rêve qui permettent de le relier au vécu.

La thèse de Freud sur le rêve est que celui-ci est la réalisation d'un désir. Le rêve de l'adulte est en ce sens identique au rêve de l'enfant, mais il est déformé par les nombreux interdits qui résultent de l'éducation et de la culture, aussi le rêve peut-il être compris comme l'expression d’un compromis entre un désir et un interdit.

Le rêve est donc composé du contenu manifeste — ce qu'on en retient, c'est-à-dire les images qui parviennent jusqu'à la conscience — et du contenu latent — le sens inconscient — fruit du travail du rêve. Le travail du rêve est celui des mécanismes psychiques qui déforment le contenu latent ; le travail d'analyse consiste à interpréter le contenu manifeste pour retrouver le sens caché. Cette interprétation passe donc par le travail d'analyse du rêve.

Types[modifier | modifier le code]

Dans sa première théorisation Freud distinguait trois types de rêves suivant la relation des contenus :

  • rêves simples et non voilés, c'est-à-dire que contenus manifeste et latent sont identiques : rêves d'enfants, réalisation de désirs (rêve de confort) ;
  • rêves cohérents mais en apparence immotivés ;
  • rêves incohérents, absurdes ; ce sont souvent les rêves les plus longs.

Mécanismes[modifier | modifier le code]

Freud distingue plusieurs mécanismes psychiques :

  • La dramatisation : la production du rêve se situe dans un contexte narratif (histoire, fable, mythologie) ou transformation d'une pensée en situation ;
  • La figuration : tout rêve est une expression métaphorique (imagée), sous forme de sensations visuelles accompagnées d'affects ou sous forme de rébus ;
  • La condensation : le rêve représente par un seul élément du contenu manifeste une multiplicité d'éléments (image, représentation…) du contenu latent. Inversement, un seul élément du contenu latent peut être représenté par plusieurs éléments du contenu manifeste. C'est un travail de « compression » dont Freud dit qu'il est différent d'un simple résumé. Par exemple, une personne peut tout à coup revêtir l'apparence d'une autre et prendre le caractère d'une troisième ;
  • Le déplacement : procédé par lequel un trait secondaire ou un détail insignifiant dans le récit acquiert dans l'interprétation une valeur centrale. Il n'y a pas de correspondance entre l'intensité psychique d'un élément donné du contenu manifeste et celle des éléments du contenu latent auquel il est associé.

Souvenirs d'enfance et souvenirs-écrans[modifier | modifier le code]

Freud a donné à quelques-uns des souvenirs d’enfance un nom plus précis, celui de « souvenirs-écrans ». C’est assez dire que ces souvenirs ne sont pas à prendre pour argent comptant, mais que, par contre, ils sont à prendre à la lettre, c'est-à-dire qu’ils sont à déchiffrer tout à fait comme le texte d’un rêve. Un souvenir-écran doit être interprété, car derrière des évènements apparemment anodins, sans intérêt, se cachent les évènements les plus importants de la vie du sujet, ce qu’on peut qualifier d’évènements traumatiques, à condition bien sûr de donner à ce qualificatif sa portée exacte. Freud écrit :

« je suis parti de ce fait bizarre que les premiers souvenirs d’enfance d’une personne se rapportent le plus souvent à des choses indifférentes et secondaires, alors qu’il ne reste dans la mémoire des adultes aucune trace (je parle d’une façon générale, non absolue) des impressions fortes et affectives de cette époque[7]. »

Dans le déchiffrage de toutes ces petites formations de l’inconscient, Freud procédait comme un linguiste, alors que la linguistique était une science naissante[8],[9].

Parmi ces souvenirs d'enfance analysés par Freud, il est possible de mentionner celui de Goethe, qui est l'occasion pour Freud, à l'aide de son expérience analytique, d'expliquer un épisode où Goethe raconte dans sa biographie, qu'enfant il cassa un jour la vaisselle familiale : il s'agit d'une réaction à la naissance d'un petit frère, vu comme un intrus à l'égard de l'affection maternelle, désormais à partager. Mais Goethe ne se souvenait que de l'épisode de la vaisselle, que Freud identifie comme un souvenir-écran, souvenir dont « un certain travail d'interprétation était nécessaire, soit pour indiquer comment leur contenu pouvait être remplacé par un autre, soit pour démontrer leurs relations avec d'autres évènements d'une importance indéniable auxquels ils s'étaient substitués sous forme de ce qu'on appelle souvenirs-écrans[10]. »

Psychopathologie de la vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Freud en vient, en 1905, à appliquer le principe du déterminisme psychique afin d'expliquer les comportements les plus habituels. À partir de la maladie, à partir des théories que lui inspirèrent la névrose, Freud analyse les comportements qui relèvent du commun : l'analyse va du pathologique vers le normal.

Si le rêve est un processus particulier réservé à une partie du vécu seulement, la psychopathologie de la vie quotidienne montre comment la psychanalyse peut interpréter la vie de tous les jours. Les erreurs de langage, les oublis, les mots d'esprit deviennent des révélateurs de tendances psychiques inconscientes chez tout un chacun.

Avec L'Interprétation des rêves et Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient, La Psychopathologie de la vie quotidienne met en évidence la structuration de l'inconscient par le langage.

Concepts freudiens[modifier | modifier le code]

Première topique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métapsychologie.
Croisement des deux topiques freudienne.

La psychanalyse modélise l'appareil psychique par des « topiques », qui indiquent des « lieux », non pas au sens propre, mais des systèmes structurés qui s'articulent entre eux selon une dynamique. Freud a défini un grand nombre de concepts « métapsychologiques » pour parvenir à décrire cet appareil psychique que nous savons complexe et dont nous n'avons encore que des aperçus partiels.

Dès 1895, Freud élabore une première topique : celle qui distingue le conscient, le préconscient (autrement dit, la mémoire accessible), et l'inconscient, comprenant notamment les souvenirs refoulés, inaccessibles.

Thèse de l'inconscient[modifier | modifier le code]

D'après Freud, il existe un inconscient psychique, une pensée et une volonté cachées, et différentes des pensées et volontés conscientes. Dans Cinq leçons sur la psychanalyse, Freud formule l'hypothèse que l'hystérie (ou névrose de transfert) est le résultat de l'impossibilité pour une personne de refouler entièrement un désir insupportable qui se présente à la conscience et qui produit un substitut, appelé symptôme, conservant les affects de malaise liés au désir rejeté de la conscience.

Or, ce refoulement pose plusieurs questions décisives pour l'interprétation psychanalytique :

  1. Quelle est la nature des désirs rejetés hors de la conscience ?
  2. Quelle est la nature du refoulement ?
  3. Comment prétendre connaitre ce qui, par définition, veut dire "non connu" ?

Origine et nature des pulsions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pulsion.

La pulsion[note 1] est la composante dynamique de l’appareil psychique. Freud distingue dans la première topique les pulsions sexuelles des pulsion d'autoconservation — comme la faim, par exemple.

La pulsion est un mécanisme qui suppose que le psychisme est excité par des stimuli divers, dont la source est corporelle mais dont la représentation est psychique. Dans Les Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud explique que c'est un concept limite se trouvant entre le psychique et le somatique. Justement, comment une pulsion existe-t-elle psychiquement ?

Une pulsion est représentée par une représentation et par un affect, ce qu'on appelle respectivement le représentant-représentation et le représentant-affect. L'essentiel des théories freudiennes de la pulsion est développé dans Pulsions et destins des pulsions[11].

Selon ce texte, la pulsion se définit selon quatre modalités :

  1. La source : D'où vient l'excitation corporelle ? De quelle partie du corps ?
  2. La poussée : La pulsion crée une tension constante. Elle est toujours, quoi qu'il arrive, active ;
  3. Le but : Le but de la pulsion est d'atteindre la satisfaction, ensuite le mode de satisfaction varie ;
  4. L'objet : C'est ce par quoi la pulsion va atteindre son but.

De plus, la pulsion a quatre destins :

  1. Le retournement en son contraire : par exemple l'amour se transforme en haine ;
  2. Le retour contre le moi propre : ce qui est rejeté à l'extérieur revient vers le moi du sujet ;
  3. Le refoulement : la représentation (représentant-représentation) associée à la pulsion devient inconsciente ;
  4. La sublimation : le dépassement du symptôme dans une demande qui peut être satisfaite.

Seconde topique[modifier | modifier le code]

En 1920, pour résoudre de nombreuses questions qui émergent dans les cures, Freud définit une seconde topique : elle distingue le Ça, pôle pulsionnel inconscient de la personnalité, le Moi et le Surmoi. Le Moi doit assurer une adaptation à la réalité, là où le Ça ne se préoccupe pas des contraintes extérieures. Mais, le Moi est aussi le responsable de nombreuses « défenses » pathologiques. Le Surmoi est, entre autres, l'intériorisation de l'interdit parental. Freud voyait l'émergence du Surmoi comme tardive dans la vie infantile, mais des psychanalystes comme Melanie Klein ont pensé le Surmoi comme existant très précocement chez l'enfant. Le Surmoi se constitue comme le pôle de l'auto-agression, l'autocritique.

La seconde topique peut être comprise en termes dynamiques, à travers le mécanisme des pulsions : elles naissent dans le Ça, (en tant que désir inconscient, non confronté à la réalité) puis elles sont soit intégrées, soit remaniées, par le Moi et enfin sous la pression du Surmoi, le Moi peut éventuellement refouler ces pulsions, menant au mécanisme de la névrose.

Le dualisme de Freud est transformé en 1920, lorsqu'il introduit une division entre pulsion de vie (Éros) et pulsion de mort (Freud n'a pas nommé cette dernière Thanatos, comme d'autres psychanalystes l'ont fait). La pulsion de vie inclut les pulsions sexuelles et d'autoconservation (comme dans la première topique), alors que la pulsion de mort représente la tendance innée à l'abaissement des tensions (principe de Nirvana), à la répétition et à la mort[12].

Névrose[modifier | modifier le code]

La névrose est issue d'un conflit psychique entre le Ça et le Moi, c'est-à-dire entre une attitude qui vise à la satisfaction pulsionnelle et une attitude qui tient compte de la réalité. Sa particularité réside dans le refoulement qui est la conséquence du conflit psychique et des symptômes qui s'ensuivent.

La psychanalyse en explique l'émergence du fait de l'impossibilité de satisfaire une pulsion dans la réalité. La pathologie apparaît alors comme un compromis : le symptôme. La guérison emprunte selon Freud trois voies :

  1. suppression de la maladie par la réflexion : le malade fait face et surmonte sa faiblesse, rejette ce qui est le résultat d'une période infantile du moi ;
  2. les pulsions retrouvent leur voie normale de développement;
  3. la sublimation, qui pour Freud serait la meilleure voie, permet à la personne d'investir l'énergie libidinale et/ou agressive dans des activités à contenus non sexuels ou non agressifs. C'est aussi un des quatre destins pulsionnels.

Plusieurs névroses sont distinguées :

Pour Freud, la vie en société, (la culture au sens large) implique des renoncements pulsionnels (à commencer par le complexe d'Œdipe) qui mènent à des névroses. La pulsion sexuelle ne peut faire l'objet ni d'un interdit absolu ni d'une satisfaction totale. Le compromis névrotique est alors une voie de dégagement mais il peut induire une grande souffrance selon le vécu du sujet et c'est ce qui conduit quelqu'un à souhaiter et à entreprendre un traitement psychanalytique.

Psychose[modifier | modifier le code]

À la différence des névroses, où il y a conflit entre instances internes au psychisme (entre le ça et le moi), dans la psychose, selon Freud, le moi est en conflit avec le monde extérieur, conflit qui se traduit par des hallucinations et des délires, autrement dit une perte de réalité.

Freud a mené trois cures avec des sujets psychotiques mais qui ont été publiées comme des cas de névrose (le cas Dora, l'Homme aux rats, et l’Homme aux loups), et la seule étude qu'il publia comme un cas de psychose a été le commentaire d'un livre Mémoire d'un névropathe écrit par Daniel Paul Schreber[13]. Le cas du « Président Schreber » qui lutte contre son désir homosexuel en construisant un délire à propos d'un lien intime avec Dieu par l'entremise des rayons, etc.

Freud considère plus tard que la psychose est difficilement accessible à la cure psychanalytique du fait d'un fonctionnement narcissique en circuit fermé : le psychotique est rétif — selon lui — au transfert sur un psychanalyste, et la cure est ainsi difficilement possible.

C'est dans les années 1950 et suivantes que des analystes s'essayeront au traitement des psychotiques : une des précurseurs a été la psychologue suisse Marguerite Sechehaye, qui a traité une patiente schizophrène, puis ce sont essentiellement les kleiniens (Herbert Rosenfeld, Donald Meltzer et, en France, Paul-Claude Racamier et autres) qui ont appliqué les théories psychanalytiques aux psychotiques. Harold Searles qui a publié L'Effort pour rendre l'autre fou[14] a marqué des générations d'analystes pour les traitements de psychotiques schizophrènes par la psychanalyse.[réf. souhaitée] Lacan apportera également une contribution théorique à une compréhension et un traitement des psychoses.

Perversion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Perversion.

La perversion est corollaire de la notion de sexualité infantile et de ses évolutions. Freud remarque qu'« il est intéressant de constater que l'enfant, par suite d'une séduction, peut devenir un pervers polymorphe et être amené à toutes sortes de transgressions. Il y est donc prédisposé »[15].

À partir de l'étude du fétichisme sexuel, en vient à décrire la perversion comme « solution » face à l'angoisse de castration, donc comme mécanisme de défense face à une angoisse de type névrotique, et qui provoque une fixation au stade de la sexualité infantile.

Ce modèle de la perversion en fait donc une structure distincte de la névrose et de la psychose.

Différentes associations de psychanalyses[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Le terme psychanalyse est utilisé par plusieurs associations ou sociétés, il n'existe pas d'école de psychanalyse, issues ou s'inspirant de la psychanalyse freudienne, membres ou non de l'Association psychanalytique internationale. Il convient de distinguer la psychanalyse freudienne, les formes contemporaines de la psychanalyse, les multiples formes de psychothérapies inspirées par la psychanalyse et les psychothérapies. Le regroupement d'une multitude de théories et de pratiques sous le même nom de psychanalyse contraint les patients à demander au psychanalyste consulté qu'il précise son appartenance à un courant, ou à une société de psychanalyse.

Carl Gustav Jung et ses disciples, par exemple, avaient tenu à différencier leur pratique en la nommant psychologie analytique, pour marquer leurs dissensions avec le freudisme. Depuis quelques décennies certains jungiens préfèrent néanmoins parler de psychanalyse jungienne.

Mikkel Borch-Jacobsen, estime à l'instar de nombre de critiques (cf.Critiques de la psychanalyse) et même de psychanalystes comme André Green, qu'il n'y a pas "la" psychanalyse, en ce qu'elle ne constitue pas une théorie dont le champ est unifié et il y a donc autant de psychanalyses que de patients.

Les psychanalystes se disant freudiens contemporains s'appuient à des degrés divers sur les successeurs et continuateurs de Freud. Ils sont disciples de Mélanie Klein, de Wilfred Bion, d'Anna Freud, de Heinz Kohut, ou de Jacques Lacan, etc.

Par exemple les psychanalystes lacaniens pratiquent notamment des séances dont la durée est variable (de 5 minutes à 1 heure). La levée de la séance est en effet alors utilisée à des fins d'interprétation (scansion). L'importance du langage (lapsus, assonances etc.) y est primordiale et la place et l'utilisation du transfert y sont tout à fait particulières (pour Lacan le contre-transfert n'existe pas), très différentes par exemple de celles que leur donnent les psychanalystes kleiniens (disciples de Mélanie Klein où les séances sont de durée égale, soit 45 minutes et où le jeu du transfert/contre-transfert est pris en compte)[16].

Des débats commencés du temps du Freud, existent sur la pertinence de l'emploi du terme 'psychanalyse' pour désigner certaines théories ou pratiques. Pour Alain De Mijolla par exemple, « le mot psychanalyse recouvre maintenant, comme une étiquette fallacieuse, trop de théories et de pratiques diverses, d'où ma suggestion d'en remplacer l'usage par la pensée de Freud[17]. ».

Psychanalyste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychanalyste.

La formation du psychanalyste, définie par Freud et telle qu'elle est recommandée par différentes sociétés de psychanalyse à la suite des règles édictées par l'Institut psychanalytique de Berlin, repose généralement sur une analyse didactique (le futur psychanalyste est lui-même en analyse), à laquelle peuvent succéder une ou deux psychanalyses contrôlées : tout en conduisant une cure analytique, le psychanalyste en cours de formation est supervisé par un analyste formateur, pour apprendre, notamment, à repérer les mouvements du transfert, et surtout à savoir reconnaître et analyser le contre-transfert afin de mieux comprendre la dynamique de la cure.

Le titre de psychanalyste n'est protégé ni par l'état ni par des universités, il n'y a pas de diplôme. Il est délivré par des associations psychanalytiques nationales et/ou régionales, membres ou non de l'Association psychanalytique internationale. Il est donc possible à tout à chacun de se déclarer psychanalyste sans même suivre les recommandations des sociétés de Psychanalyse. Un numéro URSSAF suffit, ce qui laisse la porte ouverte à tout type de psychanalyste. Il est donc recommandé de choisir son psychanalyste en fonction de son appartenance à une association ou une société de psychanalyse.

Psychothérapies[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychothérapie psychanalytique.

Il existe plusieurs types de psychothérapies d'inspiration psychanalytique, elles ont pour modèle la psychanalyse freudienne, mais en divergent parfois sensiblement.

Psychanalyse freudienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cure psychanalytique.

La demande de cure naît souvent d'une souffrance psychique reconnue par le patient ou d'une volonté de se connaître soi-même. Elle peut être travaillée et construite dans des entretiens psychanalytiques « préliminaires ». Freud précise que si la psychanalyse est « une méthode de traitement des désordres névrotiques », son but n'est pas de « guérir » en abrasant le symptôme, mais d'aboutir à « la récupération de ses facultés d'agir, de penser et de jouir de l'existence »[1].

Jacques Lacan, interprétant Freud, a quant à lui isolé quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse : l'inconscient, le transfert, la répétition et la pulsion. C'est sur ces bases que la cure psychanalytique se fait par la méthode de la libre association, dans une dynamique où transfert et contre-transfert permettent la mise à jour des conflits inconscients et leur dépassement[1].

La cure psychanalytique classique comporte un cadre : un divan, un analyste (que le patient ne voit pas) ainsi que des règles fondamentales comme l'association libre (le patient est invité à dire tout ce qui lui passe par la tête), la neutralité bienveillante (neutre : ne pas juger le patient ni ses actes, bienveillant : considérer le patient) la régularité et le payement du prix des séances, etc. Le travail de l'analyste est d'écouter, interpréter le contenu latent (sens inconscient) à partir du contenu manifeste c'est-à-dire ce que dit le patient[18] et le guider dans une révision son histoire intime, y donner un sens nouveau et actualisé, se débarrasser de schèmes répétitifs[19]. Ceci se fait à travers le moteur de la cure psychanalytique qui est le transfert, réédition d'affects liés à ses relations infantiles et projetés sur l'analyste. Ce transfert est également à analyser et à interpréter. Pour sa part, l'analyste élaborera son contre-transfert, c'est-à-dire sa propre réaction au transfert du patient sur lui.

Le transfert est ensuite résolu et la phase intense de l'analyse se termine. Toutefois, une fois ce processus de compréhension de sa psyché enclenché par le patient, l'analyse ne cesse jamais vraiment : elle entre dans les processus habituels de réflexion de la personne affrontée à des difficultés intérieures ou extérieures.

Psychanalyse appliquée[modifier | modifier le code]

La psychanalyse appliquée aux institutions et à la psychothérapie, est une façon de travailler, s'orientant de la clinique analytique. La pratique à plusieurs en est un exemple. Elle consiste à ce que l'intervenant évite de se mettre dans une position de dualité avec l'« usagé ». Faire appel à un tiers (collègue, objet ou signifiant particulier), permet de ne pas se retrouver coincé, notamment avec une personne de structure psychotique[20]

Psychodrame analytique[modifier | modifier le code]

Le psychodrame de Moreno amena les psychanalystes à remanier ce procédé afin de créer le psychodrame analytique.

Individuel
Article détaillé : Psychodrame analytique individuel.
  • Le psychodrame analytique individuel regroupe un psychanalyste meneur de jeu, un patient et plusieurs analystes co-thérapeutes. Le meneur de jeu ne participe pas aux scènes. Le psychodrame comprend plusieurs temps :
    • Le temps de l'élaboration de la scène, discours entre le patient et le meneur de jeu ;
    • Le temps du jeu, dans lequel prime la figuration y compris gestuelle, l'association libre, et qui se comprend souvent comme « transitionnel » ;
    • Le temps de l'interprétation, dans lequel le meneur de jeu renvoie au patient ce qu'il a mis dans la scène.
  • Le jeu psychodramatique est souvent comparé aux restes diurnes d'un rêve.
Groupe
Article détaillé : Psychodrame analytique de groupe.

Il faut distinguer le psychodrame analytique de groupe et le psychodrame analytique en groupe ou un patient se retrouve dans un groupe de deux ou trois co-thérapeutes, c'est-à-dire que les participants sont en jeu avec les moniteurs et les interprétations se font sur le groupe et non pas sur l'individu (Didier Anzieu[21].

Le psychodrame psychanalytique de groupe se fonde sur les mêmes principes que le psychodrame individuel. Il y a « couple thérapeutique », c'est-à-dire un thérapeute homme et un thérapeute femme, et les patients eux-mêmes. Il y a, éventuellement, un observateur, spectateur hors des enjeux de la scène. Les phénomènes de groupe sont alors particulièrement pertinents (par opposition au psychodrame analytique individuel, dans lequel les phénomènes de groupe sont finalement restreints aux co-thérapeutes).

Enfants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychanalyse des enfants.

Ethnopsychanalyse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ethnopsychanalyse.

Le terme ethnopsychanalyse renvoie principalement à l’œuvre de Georges Devereux, mais aussi à Géza Róheim dont l’œuvre constitue une partie essentielle de l’anthropologie psychanalytique et ainsi les prémices de l’ethnopsychanalyse[22].

Cette pratique se situe au croisement de plusieurs disciplines que sont l’ethnopsychiatrie, la psychanalyse, l’anthropologie culturelle, le culturalisme, la psychologie des peuples, la psychiatrie transculturelle, l’anthropologie psychanalytique, voire l’ethnomédecine.

Relaxation psychanalytique[modifier | modifier le code]

Julian de Ajuriaguerra et Michel Sapir ont chacun édifié une technique de relaxation psychanalytique qui sont utilisées, soit comme traitement proprement dit, soit comme préparation à une cure classique.[réf. nécessaire]

Influence sur d'autres disciplines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Influence de la psychanalyse.

Au cours du XXe siècle, la psychanalyse imprègne peu à peu les différents domaines des sciences humaines, de la médecine, de la pédagogie, etc.

Critiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Critique de la psychanalyse.

La psychanalyse a été dès son origine l'objet de vives critiques. On lui a reproché l'absence de fondements clinique, expérimental et scientifique solides et rigoureux ainsi que des incohérences théoriques ce qui a conduit Karl Popper à considérer que la psychanalyse était une « pseudo-science »[23]. Plus récemment, plusieurs auteurs critiques ont avancé que l'histoire de la discipline avait été délibérément réécrite afin de dissimuler des lacunes, des faiblesses théoriques ou cliniques. De nombreux spécialistes des neurosciences estiment que la recherche qui se développe dans leur domaine infirme bien des conceptions psychanalytiques comme l'inconscient, les mécanismes du rêve et l'explication des psychoses, des névroses graves et de troubles neuropsychologiques comme l'autisme (facteurs génétiques, anomalies de l'architecture cérébrale, dysfonctionnements neurophysiologies et neurochimiques, altération du fonctionnement des modules cérébraux encodant la réalité extérieure, défaut de la théorie de l'esprit). La psychologie et l'imagerie cérébrale fonctionnelle ont toutefois démontré l'existence de traitements inconscients de l'information perceptive, émotionnelle et sémantique (phénomènes d'amorçage ou priming), mais qui ne correspondent pas à la notion d'inconscient élaborée par la psychanalyse.

L'analyse du rêve de l'injection faite à Irma, qui doit illustrer la méthode de l'association libre, comporte une allusion à une maladie grave dont souffrit en 1897 la fille aînée de Freud. Or, Freud déclare avoir fait ce rêve en 1895. L'analyse de ce rêve est donc une construction ad hoc, et non une illustration de l'association libre[24].

La primauté de l'inconscient et de la sexualité, tels qu'ils sont envisagés dans la perspective psychanalytique, est, depuis toujours, sinon l'objet de discussions, ou de controverses, ou encore de contestations de natures diverses.[réf. nécessaire]

Comme le reprend Jean Laplanche en citant la phrase ironique de Marie Moscovici, il arrive à la psychanalyse d'être qualifiée de « mythe »[25],[26],[27]. Dans ce genre de formule « rapide » prêtant volontairement à confusion pour qu'on entende par « mythe » une « fable » non crédible sous la définition du mythe par Lévi-Strauss qui sert d'argument, il s'agit de récuser la scientificité de la psychanalyse. La critique de Popper, elle, est sans détours : pour qu'une théorie soit « scientifique », il faut qu'elle soit « falsifiable », qu'une autre théorie plus « vraie » puisse l'invalider, c'est-à-dire la rendre « fausse  ».

George Steiner voit dans la psychanalyse un « un substitut de religion » et une « fiction littéraire »[28], et Tom Wolfe une « bizarre charlatanerie d'autrefois »[29], tandis que selon Jacques Van Rillaer elle est « peu efficace et [qui] peut aggraver l'état d'un patient »[30].

Critique de l'interprétation des rêves[modifier | modifier le code]

Selon le psychologue, sociologue et essayiste G. William Domhoff et le psychologue cognitiviste David Foulkes l'idée selon laquelle l'association libre permet d'accéder au contenu latent du rêve est infirmée par des travaux de psychologie expérimentale qui ont conclu au caractère arbitraire de cette méthode[31]. Le neuropsychiatre Allan Hobson a critiqué l’ouvrage de Domhoff en lui reprochant de méconnaître les mécanismes neurobiologiques qu'il étudie[32] et Drew Westen (en) remarque que Foulkes partage des points de vue avec la théorie de Freud, notamment qu'il existe un contenu latent et un contenu manifeste qui en est la transformation, et que cette transformation relève d'un langage à déchiffrer[33].

Aujourd'hui selon des neuroscientifiques comme Dale Purves (en), les chercheurs étudiant les rêves par le biais des neurosciences ne prennent pas tous l'interprétation freudienne des rêves au sérieux [34]. Selon le neurologue Bernard Lechevalier, il y a compatibilité entre la conception psychanalytique du rêve et les neurosciences[35]. Selon le neuroscientifique Winson, l’association libre de Freud est une méthode valide qui permet l'accès au contenu latent[36].alors que selon Adolf Grünbaum, elle ne l'est pas du tout (Cf. "La psychanalyse à l'épreuve", éditions l'Eclat), ainsi que selon le neurobiologiste Alan Hobson (Cf. "Le cerveau rêvant", éditions Gallimard).

Critiques d'anciens disciples de Freud[modifier | modifier le code]

Jung[modifier | modifier le code]

Du temps de Freud, Carl Gustav Jung a critiqué le dualisme pansexualiste de la psychanalyse, il lui préférait une vision moniste avec l'idée d'une pulsion de vie unique. Jung reprochait à Freud de s'être cantonné à l'inconscient individuel, considérant l'individu comme sujet, dont la conscience n'est cependant pas transparente à elle-même, alors que Jung s'est attaché à décrire l'inconscient collectif.

Adler[modifier | modifier le code]

Alfred Adler a lui mis en évidence la revendication phallique qu'il estimait au centre des psychopathologies, éludant ainsi le complexe d'Œdipe.

Rank[modifier | modifier le code]

Otto Rank de son côté estimait que, plus important que le complexe d'Œdipe, il y avait le traumatisme de la naissance.

Ferenzi[modifier | modifier le code]

Sandor Ferenczi prônait une relation plus chaleureuse impliquant plus le psychanalyste.

Reich[modifier | modifier le code]

Wilhelm Reich pensait qu'un transfert positif n'était possible qu'après réduction des résistances du patient. Aussi jugeait-il peu efficace la technique consistant à interpréter le matériel psychanalytique dans l'ordre de leur apparition au cours de la cure. De plus, il rejeta la notion de pulsion de mort comme pulsion primaire. Après son exclusion de l’association psychanalytique internationale, il critiqua la capacité des thérapies uniquement verbales à guérir.

Philosophie et inconscient[modifier | modifier le code]

L'apport de Freud sur l'inconscient est mitigé, car cette notion était déjà présente en philosophie, par exemple dans l'œuvre Leibniz au XVIIe siècle et amplement débattue dans les milieux médicaux de l' époque de Freud. La théorisation freudienne de l'inconscient est centrée sur le refoulement actif et le déterminisme psychique absolu.

Quelle efficacité ?[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Les psychanalystes considèrent que la guérison en psychanalyse doit s'apprécier à partir de sa profondeur et de sa durabilité. Une guérison symptomatique (disparition d'un symptôme phobique par exemple) peut-être tout à fait trompeuse dans la mesure où elle peut cacher le report de l'énergie liée au symptôme sur un autre symptôme[37]. Déjà dans Études sur l'hystérie, Sigmund Freud notait que la persistance d'un symptôme hystérique devait retenir l'intérêt de l'analyste, comme pouvant révéler une série d'associations, et finalement un ensemble complexe de représentations problématiques chez le patient. Le statut de la guérison en psychanalyse est tout à fait particulier. Lacan pensait que la guérison venait de « surcroît ».

La psychologie sociale qui étudie les processus d'influence critique la cure psychanalytique susceptible de conduire à une "escalade d'engagements" de "dépenses gâchées". La psychothérapie analytique aurait ainsi, selon R.Vincent Joule et J-L Beauvois, toutes les caractéristiques du "piège abscons" : "qu’on le veuille ou non, une psychanalyse a toutes les propriétés d’un excellent piège abscons (voir supra): 1. Le patient a décidé de s’engager dans un long processus de dépense (en argent en temps, en énergie). 2. Que le patient en soit conscient ou pas, l’atteinte du but n’est pas certaine, et ceci d’autant plus que son psychanalyste lui-même peut considérer ce but comme un fantasme ou un «surcroît» (sic). 3.La situation est telle que le patient peut avoir l’impression que chaque dépense le rapproche davantage du but. 4.Le processus se poursuit sauf si le patient décide activement de l’arrêter. 5.Le patient n’a pas fixé au départ de limite à ses investissements." (R.Vincent Joule et J-L Beauvois Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens PUG 2002)"

Un rapport INSERM, sous la forme d'une méta-analyse, a proposé une évaluation de différentes approches psychothérapeutiques et a conclu à une efficacité relative de la psychanalyse dans le traitement de plusieurs types de pathologies:

«(...) Une preuve d’efficacité peut être affirmée pour les troubles de la personnalité, en particulier pour le trouble de la personnalité borderline. Il existe une présomption d’efficacité, soutenue par des études contrôlées randomisées, pour le trouble panique (sous antidépresseurs) et pour l’état de stress posttraumatique. Concernant la dépression, les études associent généralement les résultats spécifiques à ce trouble à ceux d’autres troubles (notamment anxieux et de la personnalité), reflétant la complexité des populations traitées.

Une étude contrôlée concernant la dépression majeure montre que l’association d’une psychothérapie psychodynamique à un traitement antidépresseur chez des patients soignés en ambulatoire a un effet bénéfique significatif, avec amélioration du fonctionnement global et diminution du taux d’hospitalisation à l’issue du traitement.»[38].

Cependant, la psychanalyse y faisait moins bonne figure que les TCC dans presque tous les registres. Ces conclusions ont été mal reçues par certains psychanalystes qui estiment que la méthodologie de cette méta-analyse n'est pas satisfaisante, compilant des études aux résultats contradictoires, avec des protocoles non fiables et des affirmations non-démontrées[39],[40], et qu'elle ne rend pas justice aux aspects qualitatifs inhérents à toute psychothérapie[41]. Cependant, selon le psychiatre Jean Cottraux qui y a participé, ce rapport « aboutit à des conclusions voisines de celles des rapports effectués sur le même thème à l'étranger en particulier celui de l'OMS en 1993[42] et celui du département de santé britannique en 2001[43] »[44].

Des études scientifiques, l'une en 2004, suivie d'une étude en 2011, affirment que la psychanalyse semble plus efficace sur le long terme que d'autres formes de psychothérapies[45],[46]. Ce n'est pourtant pas la conclusion de la dernière méta-analyse en date[47].



Critique de la théorie de Bruno Bettelheim sur l'autisme[modifier | modifier le code]

De nombreuses affirmations d'auteurs s'inspirant de concepts freudiens, comme la théorie de Bettelheim sur l'autisme, ont été vivement critiquées[48],[49].

En France, les critiques émergent fortement, le traitement de l'autisme était principalement psychanalytique mais la Haute Autorité de santé recommande aujourd'hui « une approche éducative, comportementale et développementale » au détriment des approches psychanalytiques qui présentent une « absence de données sur leur efficacité »[50].

Critique par Freud[modifier | modifier le code]

À la fin de sa vie, dans l'article « Analyse terminable, analyse interminable » (1937), Freud souligne qu'en raison des résistances du patient, il est bien souvent impossible de terminer une analyse. Ainsi, à l'encontre de ses affirmations précédentes sur l'efficacité de la psychanalyse, « Freud admet que celle-ci n'a qu'un très faible succès en matière de guérison »[51] en concluent les auteurs du Le livre noir de la psychanalyse.

Le succès du cas fondateur Anna O.[52] est un « mensonge » selon Jacques Van Rillaer s'appuyant pour dire cela sur des propos de Jung[53] et d' Ernest Jones[54]. Le même auteur affirme que la correspondance de Freud révèle que les traitements étaient des échecs[55].

En 1922, Freud écrit que la psychanalyse est un « traitement médical » mais qu'il « se passe d'une façon tout à fait contraire aux autres branches de la médecine (...), [qu'il] ne peut rien promettre »[56].

Sexualité féminine et critiques féministes[modifier | modifier le code]

La question de la sexualité féminine a divisé la psychanalyse depuis 1920 a mesure que les femmes jouaient un rôle central dans le mouvement[57]. À partir de 1905 Freud dans Trois Essais sur la théorie sexuelle propose « la thèse d'un monisme sexuel et d'une essence "mâle" de la libido humaine »[58] c'est le « phallicisme »[59] de Freud, l'idée selon laquelle la fille veut originellement être un garçon[59]. Mais ce monisme n'empêche pas que pour Freud, l'individu est, au sens inconscient, bisexuel, et que le sujet ne saurait être spécifiquement masculin ou féminin[60] puisque « dans l'inconscient [...] la différence des sexes n'existe pas »[61].

Selon Roudinesco et Plon, si la thèse moniste est soutenue par des femmes psychanalystes, elle fut remise en cause, par d'autres à partir de 1920, notamment par Mélanie Klein soutenue par Ernest Jones mettant en avant une thèse dualiste et un rapport spécifique des filles à leur mère[62]. Selon Roudinesco et Plon, Freud finit par tenir compte de ses remarques à partir de 1930[63]. Dès lors, si l'on peut dire que « peu soucieux de féminisme, Freud se montra parfois misogyne et souvent conservateur. »[64] il faut également admettre que pour Freud « il s'agissait [...] de montrer que le domaine du féminin devait être pensé en tant que partie intégrante de l'universel humain et donc sous la catégorie d'un universalisme, seul capable de donner un fondement vrai à l'égalitarisme »[65].

Freud reste critiqué, comme par la psychanalyste Michèle Montrelay, pour qui sa théorie est le « machisme » d'un « phallocrate borné »[66]. Selon Plon et Roudinesco « il est vain de traiter Freud de phallocrate »[67].

D'après, Luce Irigaray, le discours psychanalytique est phallocentré[68].

Psychanalyse et éthique[modifier | modifier le code]

La psychanalyse et la philosophie ont toujours entretenu un lien ambigu. Déjà Freud proclamait sa méfiance envers les conceptions et les systèmes philosophiques qui constituaient selon lui une vaine tentative, il reprenait en l'adaptant une citation de Heinrich Heine[69] : « Les philosophes sont comme cet homme qui se promène de nuit, muni de son bonnet et d'une bougie, tentant de boucher les trous de l'univers[70]. »

Au niveau éthique, Heinrich Racker a écrit  : « La psychanalyse partage, en tant que science, l'éthique de la science en général selon laquelle la valeur - « le bien » qui la régit - est la découverte de la vérité, son affirmation et sa défense. » Son commentateur Leon Grinberg ajoute  : « La psychanalyse doit rendre conscient autant « le bien » refoulé que « le mal » refoulé ». Racker se demande encore pourquoi on réprime « le bien » et il ajoute  : « Nous savons que le sentiment de culpabilité crée le besoin de punition. Mais nous savons moins que le contraire se produit également: que le besoin de punition crée entretient ou intensifie le sentiment de culpabilité. En sommes nous nous ressentons comme étant mauvais, et notre besoin de punition fait éloigner de notre conscience l'idée que nous sommes bons également. » Plus loin il ajoute  :

« il existe une loi de la nature qui pousse l'homme aussi bien à s'aimer lui-même et à s'unir (s'intégrer) à lui-même (Éros agissant en faveur du Moi) qu'à aimer son prochain et à s'unir avec lui (Éros agissant en faveur des objets, le poussant à s'identifier à eux). Et cette loi le pousse, enfin, à lutter avec cette force (Éros) contre Thanatos... Éros, notamment indique en tant que voie et fin :

sur le plan pulsionnel, l'union sexuelle ;
sur le plan des sentiments, l'amour ;
sur le plan mental, la connaissance, qui est également l'union entre le sujet et les objets ;
et sur le plan spirituel, volitif, éthique ou quelle que soit l'appellation qu'on veuille donner au plan spécifiquement humain, l'union entre la connaissance des lois de la nature et ce que l'homme fait, cette connaissance devant se transformer en loi de notre volonté et notre action[71]. »

Institution et État[modifier | modifier le code]

De récents débats ont eu lieu dans divers pays, parmi eux la France et le Royaume-Uni, à propos d'une éventuel contrôle de l'État sur la formation des psychanalystes, dont la discipline serait considérée comme d'autres formes de psychothérapies. La communauté psychanalytique a réagi très violemment face à ces propositions, en avançant d'une part la spécificité de la psychanalyse, d'autre part la nécessaire indépendance de cette discipline qui, selon elle, a fait ses preuves.

Ainsi, par Appel du 17 juin 1997[72] de René Major, des États généraux de la psychanalyse se sont tenus du 8 au 11 juillet 2000 dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, y ayant réuni plus de mille deux cents psychanalystes de trente-quatre pays[73], et des invités parmi lesquels Jacques Derrida et Armando Uribe.

Ces États Généraux ont abouti à une « Déclaration sur la spécificité de la psychanalyse »[74], affirmant d'abord « l'autonomie de leur discipline par rapport à toutes les formes de psychothérapie qui se pratiquent aujourd'hui », ensuite « leur indépendance par rapport aux pouvoirs publics et à une réglementation par l'État, quelle qu'elle soit, fût-ce par le biais des psychothérapies dites relationnelles ».

D'autre part, ces États généraux ont prôné la création d'un Institut des Hautes Études en Psychanalyse, structure qui serait mi-privée mi-publique[75]. À cette occasion, les psychanalystes notaient alors que si, « depuis une trentaine d'années, la psychanalyse ait pris rang à l'université, elle n'a pas acquis la place qui lui revenait véritablement (...) Les hautes institutions, telles que le Collège de France ou l'École des hautes études en sciences sociales, n'ont, pour leur part, pas encore reconnu la psychanalyse comme une discipline devant figurer en tant que telle dans leurs programmes. Seul le Collège international de philosophie, créé en 1983, a pu le faire, progressivement, en lui consacrant l'une de ses intersections[75] ».

Les psychanalystes réunis à cette occasion insistaient pour affirmer le caractère double de la psychanalyse, à la fois dirigé vers le sujet individuel et sa cure, et vers l'ensemble du champ des sciences sociales, en particulier l'analyse de la langue, mais aussi l'histoire des religions, la sociologie, le droit, les sciences politiques, la philosophie, la philologie et la linguistique, l'esthétique et l'histoire de l'art[75].

De nouveaux États généraux ont eu lieu à Rio de Janeiro en 2003[76].

Dans des œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Le nombre d'œuvres de fiction faisant allusion à la psychanalyse échappe à tout recensement par son importance. Des notions freudiennes ou assimilées telles que le refoulement, l'œdipe, l'acte manqué, l'inconscient, la névrose, etc., sont depuis longtemps devenues des lieux communs de la littérature, du cinéma et des séries télévisées. À leur tour, ces œuvres ont contribué à institutionnaliser les pratiques et les théories freudiennes.

Entre autres :

  • Alfred Hitchcock, très impressionné par les théories freudiennes, a utilisé le refoulement freudien comme dénouement dans deux de ses films :
    • La Maison du docteur Edwardes (Spellbound), dont l'approche de la psychiatrie est aujourd'hui considérée comme naïve, et qui n'est généralement retenu que pour sa scène de rêve, imaginée par Salvador Dalí. En son temps, le film a connu un grand succès et a contribué à faire entrer la psychanalyse dans la culture populaire.
    • Pas de printemps pour Marnie (Marnie).
  • Les films de Woody Allen contiennent souvent une scène d'analyse, ou des références à la psychanalyse. Le cinéaste a lui-même été analysé pendant plus de trente ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Trieb en allemand, mal traduit dans les premières traductions par « instinct ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Introduction à la psychanalyse, Sigmund Freud (trad. S. Jankélévitch), Payot, 1922, (ISBN 2228894052)
  2. Sigmund Freud: 1923, Encyclopedia Britannica
  3. Sigmund Freud, Cinq leçons de psychanalyse (lire en ligne)
  4. Sigmund Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse, (1909), Payot, Paris, 1966, p. 38. Dans le cours de la cure, l'analyse du rêve permet notamment de découvrir les mécanismes de travail de symbolisation du psychisme
  5. Dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, il précise ainsi sa pensée : « Vous remarquerez déjà que le psychanalyste se distingue par sa foi dans le déterminisme de la vie psychique. Celle-ci n'a, à ses yeux, rien d'arbitraire ni de fortuit ; il imagine une cause particulière là où, d'habitude, on n'a pas l'idée d'en supposer. »
  6. S. Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse, (1923), Paris, Payot, p. 43.
  7. S. Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne, Paris, Payot, 1967, p. 55
  8. « Freud envisage ce qui, depuis Saussure (1916-1972), est désigné comme signifiant » in Michel Arrivé « Langage et inconscient chez Freud : représentations de mots et représentations de choses », Cliniques méditerranéennes, 2/2003, n°68, p. 7-21, DOI:10.3917/cm.068.0007
  9. « On rencontre, littéralement, les mêmes mots et de pareils « rapprochements » dans les notes où Saussure essaie de saisir l’objet fuyant dont il avait besoin pour le fondement de la linguistique. Plutôt qu’à aucune réalité biologique, « l’intelligence supérieure en dehors du conscient des sujets » que Freud découvre à travers les « séries de mots en apparence dénuées de sens » fait donc penser au système de « la langue » tel que Saussure l’esquissa » in Johannes Fehr, «  »Boeuf, lac, ciel« — »concierge, chemise, lit«  », Linx, [En ligne], 7|1995, mis en ligne le 25 juillet 2012, consulté le 06 février 2013.DOI:10.4000/linx.1236
  10. Sigmund Freud, « Un souvenir d’enfance dans Fiction et Vérité de Goethe » in Essais de psychanalyse appliquée Paris, Coll. « Idées », NRF, n° 263, 254, Gallimard, 1933. Réimpression, 1971. (pp. 149 à 161). Comme l'écrit Goethe lui-même : « Quand on cherche à se rappeler ce qui nous est arrivé dans la toute première enfance, on est souvent amené à confondre ce que d'autres nous ont raconté avec ce que nous possédons réellement de par notre propre expérience »
  11. Sigmund Freud, Métapsychologie (1915), Gallimard Folio, 1986. (ISBN 2-07-032340-4)
  12. Au-delà du principe de plaisir, (1920) in Essais de psychanalyse, Payot-poche, 2004. (ISBN 2-228-89399-4)
  13. Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. « La Pochotèque »,‎ 2011 (1re éd. 1997) (ISBN 978-2-253-08854-7), p. 1255
  14. Harold Searles, L'effort pour rendre l'autre fou, Pierre Fédida (préface), Brigitte Bost (traduction), éd. Gallimard-poche, 2003. (ISBN 2-07-042763-3)
  15. S. Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, Gallimard, 1962, p. 86
  16. R.Horacio Etchegoyen, Fondements de la technique psychanalytique, Daniel Widlöcher et Jacques-Alain Miller (préface), Éd. Hermann, 2005. (ISBN 2-7056-6517-X)
  17. Entretien avec Alain de Mijolla, in Le Point, Hors-série sur Freud, n°4, octobre-novembre 2009.
  18. Roger Perron : Une psychanalyse : pourquoi ?, Éd. InterEditions, 2000. (ISBN 2-10-005321-3)
  19. Sigmund Freud, Remémoration, répétition, et élaboration (1914), in La technique psychanalytique, Éd. Presses Universitaires de France, 2007, coll.: Quadrige Grands textes. (ISBN 2-13-056314-7)
  20. Judith Miller, Pertinences de la psychanalyse appliquée, Seuil, 2003. (ISBN 2020606836)
  21. [Le psychodrame psychanalytique de groupe], texte additionnel.
  22. Ethnopsychanalyse, repères pour aujourd’hui - Cet article, revu pour le web, est originellement un addenda d’un livre écrit conjointement avec Anne Vanesse : Figures hongroises - Geza Roheim - Viola Tomori -Lire en ligne
  23. Karl Popper, Conjectures et réfutations, 1953, (ISBN 2228900583)
  24. R. Wilcocks, Maelzel's Chess Player. Sigmund Freud and the Rhetoric of Deceit, Lanham, Rowman & Littlefield, 1994, p. 246-257.
  25. « La psychanalyse est un mythe, Lévi-Strauss l'a résumé », Marie Moscovici, p. 205, Il est arrivé quelque chose, approches de l’événement psychique, Éd. Payot, 1991. (ISBN 2228883417)
  26. Jean Laplanche cite Moscovici dans La psychanalyse: mythes et théorie, p. 205-224, Revue Philosophique de la France et de l'Étranger T. 187, No. 2, Presses Universitaires de France, 1997. Perma ref. Le texte complet de cette conférence se trouve dans l'ouvrage de Jean Laplanche intitulé Entre séduction et inspiration : l'homme (1999)/
  27. Claude Lévi-Strauss, La Potière jalouse, Éd. Plon, 1985. (ISBN 2259013619)
  28. George Steiner, La nostalgie de l'absolu, Éd. 10/18, 2003, (ISBN 2264036834)
  29. « By 1979 Freudian psychology was treated as only an interesting historical note. The fashionable new frontier was the clinical study of the central nervous system....Today the new savants probe and probe and slice and slice and project their slides and regard Freud's mental constructs, his "libidos", "Oedipal complexes," and the rest, as quaint quackeries of yore, along the lines of Mesmer's "animal magnetism." », In Our Time, Tom Wolfe, Ed. Bantam, 1999, (ISBN 0553380605).
  30. « la psychanalyse n'est pas seulement peu efficace: l’expérience montre qu'elle peut sérieusement aggraver l'état d'un patient », Jacques Van Rillaer, Les Illusions de la psychanalyse, p. 359, Mardaga, 1995 (ISBN 2870091281)
  31. (en) Foulkes D., A grammar of dreams (1978), Basic Books, 1998 et Domhoff G.W.,The scientific study of dreams, American Psychological Association, 2003
  32. J. Allan Hobson, « Book Review: The Scientific Study of Dreams, by G. William Domhoff. APA Press, 2002 » in Dreaming, September 2003, Volume 13, Issue 3, pp. 187-191
  33. « Une perspective cognitive qui partage bien des points de vue avec la théorie de Freud, est la perspective cognitive proposée par un chercheur qui étudia le rêve, David Foulkes (...). Foulkes comme de nombreux psychologues psychodynamiques contemporains, ne se contente pas de la conclusion relative à signification latente du rêve, à savoir un désir inconscient. Il propose à la place que les rêves soient simplement l'expression de préoccupations courantes d'un type ou d'un autre, traduites dans un langage ayant sa propre grammaire spécifique. » Drew Westen, Psychologie : pensée, cerveau et culture, De Boeck Supérieur, 2000, p. 496
  34. Dale Purves et George J. Augustine (trad. Jean Marie Coquery), Neurosciences, 2e édition française,‎ 2003 (lire en ligne)
    « Dans L'interprétation des rêves, publiée en 1900, Sigmund Freud parle avec éloquence des relations complexes entre conscient et inconscient. On est loin toutefois d'être d'accord sur le fait que les rêves aient la signification profonde que Freud et d'autres leur ont attribuée et l'interprétation psychanalytique des rêves ne connaît plus la faveur dont elle a longtemps joui. »
  35. « Comment l’inconscient psychanalytique peut-il être perçu par un neurologue ? [...] Quant au rêve, état original “ni veille, ni sommeil”, nous ne voyons pas d’obstacle neurologique à le considérer comme une forme de pensée particulière, non aléatoire, utilisant un mode symbolique correspondant à l’activation d’ensembles de réseaux préformés pendant les stades de sommeil paradoxal » in Séverine Lestienne et Françoise Lotstra « Neuroplasticité et inconscient, sujets d'articulation entre psychanalyse et neurosciences », Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, 2/2009 (n° 43), p. 35-45, DOI:10.3917/ctf.043.0035
  36. J. Winson, Brain and psyche, Double Day, New York, 1985, p. 153
  37. Nathalie Zaltzman, De la guérison psychanalytique, Éd. Presses Universitaires de France, 1999, Coll.: Épitres. (ISBN 2-13-050352-7)
  38. INSERM, Psychothérapie : Trois approches évaluées, coll. « Expertise Collective INSERM »,‎ 2004 (lire en ligne)
    L'expertise évalue les approches psychodynamique, cognitivo-comportementale, familiale et de couple (l'expertise a été retirée dans un second temps du site web du ministère de la santé sur décision ministérielle, et a suscité de vives critiques)
  39. http://www.cairn.info/revue-bulletin-de-psychologie-2006-6-page-571.htm
  40. http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RFP_702_0571
  41. J.-M. Thurin, X. Briffault, Distinction, limites et complémentarité des recherches d'efficacité potentielle et d'efficacité réelle : nouvelles perspectives pour la recherche en psychothérapie, L’Encéphale, 2006 ; 32 : 402-12. J.-M. Thurin, Limites de la médecine fondée sur des preuves et orientations actuelles ; une nouvelle génération des recherches en psychothérapies, Bulletin de Psychologie 2006 ; 59(6) : 575-584. M. Thurin, B. Lapeyronnie, J.-M. Thurin, Mise en place et premiers résultats d'une recherche naturaliste en réseau répondant aux critères actuels de qualité méthodologique. Bulletin de Psychologie 2006 ; 59(6):591-6
  42. Treatment of mental disorders. A review of effectiveness, N. Sartorius, G. De Girolamo, G. Andrews, A. German et L. Eisenberg Éd. American Psychiatric Press, 1993 Copyright World Health Organization. All rights reserved.
  43. Treatment choice in psychological therapies and counselling. Evidence based practice guideline, Department of Health, Londres, 2001
  44. Jean Cottraux, Chronique d'une génération : Comment la psychanalyse a pris le pouvoir en France in Le livre noir de la psychanalyse, Ouvrage collectif sous la direction de Catherine Meyer, Nouvelle édition abrégée Édition des arènes, 2010
  45. « Psychotherapy gives faster benefits than psychoanalysis, but in the long run psychoanalysis seems to be more effective. Results from trials, among patients suitable for psychoanalysis and with longer follow-up, are needed before firm conclusions about the relative effectiveness of psychoanalysis and psychotherapy in the treatment of mood and anxiety disorders can be drawn » in Paul Knekt, Olavi Lindfors, Maarit A. Laaksonen, Camilla Renlund, Peija Haaramo, Tommi Härkänen, Esa Virtala, the Helsinki Psychotherapy Study Group « Quasi-experimental study on the effectiveness of psychoanalysis, long-term and short-term psychotherapy on psychiatric symptoms, work ability and functional capacity during a 5-year follow-up », Journal of Affective Disorders, July 2011 (Vol. 132, Issue 1, Pages 37-47) DOI:10.1016/j.jad.2011.01.014
  46. (en) Knekt P and Lindfors O, « A randomized trial of the effect of four forms of psychotherapy on depressive and anxiety disorders: Design, methods, and results on the effectiveness of short-term psychodynamic psychotherapy and solution-focused therapy during a one-year follow-up », Studies in Social Security and Health, Helsinki, The Social Insurance Institution, Finland,‎ 2004, p. 112 (ISBN 951-669-639-2, lire en ligne).
  47. Smit, Y., Huibers, M. J., Ioannidis, J. P., van Dyck, R., van Tilburg, W., & Arntz, A. (2012). The effectiveness of long-term psychoanalytic psychotherapy--a meta-analysis of randomized controlled trials. Clin Psychol Rev, 32(2), 81-92. doi:10.1016/j.cpr.2011.11.003
  48. « On pourrait évoquer par exemple les impostures de Bruno Bettelheim », Jacques Van Rillaer - Revue Science et pseudo-sciences n°300, avril 2012.
  49. Richard Pollak - Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe, Les Empêcheurs de penser en rond, 2003. (ISBN 2846710511)
  50. Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent, Haute Autorité de santé
  51. Meyer, C. (2005), Le livre noir de la psychanalyse, p. 87, Éditions Les Arènes
  52. S. Freud & J. Breuer, Études sur l'hystérie (1895), PUF, 2002. (ISBN 2-13-053069-9)
  53. « En fait, le mensonge avait déjà été révélé, mais sans faire de vagues. En 1925, Jung avait déclaré, dans un séminaire donné à Zurich, que Freud lui avait confié que la malade n’avait pas été guérie. Le 2 juin 1935, Freud écrivait à son ami Stéphane Zweig que Breuer avait abandonné le traitement d’Anna O. alors que la patiente allait encore très mal et qu’« elle lutta encore pendant des mois, dans un sanatorium, avant de recouvrer la santé ». » Jacques Van Rillaer - Revue Science et pseudo-sciences n°300, avril 2012.
  54. « Un an après qu’il eût cessé de la soigner, Breuer confia à Freud qu’elle était tout à fait détraquée, et qu’il lui souhaitait de mourir et d’être ainsi délivrée de ses souffrances. » Ernest Jones, La Vie et l’œuvre de Sigmund Freud, p. 248, tome 1, PUF, 1958. (ISBN 2130556922)
  55. « La pauvreté des effets thérapeutiques apparaît tout au long de la correspondance de Freud avec ses amis, collègues et disciples : Fliess, Jung, Ferenczi et al. Pour un exposé des traitements de tous les patients de Freud identifiés à ce jour, voir M. Borch-Jacobsen : Les patients de Freud. Éd. Sciences Humaines, 2011, (ISBN 2361060086) », Jacques Van Rillaer - Revue Science et pseudo-sciences n°300, avril 2012.
  56. « (...) la psychanalyse est un procédé de traitement médical de personnes atteintes de maladies nerveuses. Ceci dit, je puis vous montrer aussitôt sur un exemple que les choses ne se passent pas ici comme dans les autres branches de la médecine, qu'elles s'y passent même d'une façon tout à fait contraire. (...) et quant au résultat, nous lui disons que nous ne pouvons rien promettre (...). Il va sans dire que de bonnes raisons, dont vous saisirez peut-être l'importance plus tard, nous dictent cette conduite inaccoutumée. » Introduction à la psychanalyse, Sigmund Freud (trad. S.Jankélévitch), p. 9-12, Payot, 1922, (ISBN 2228894052).
  57. « Dans l'histoire du freudisme, la question de la sexualité féminine a divisé le mouvement psychanalytique depuis 1920, à mesure que les femmes y ont pris une place centrale », M. Plon et E. Roudinesco, « Sexualité féminine », in Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, Paris, 2000, p. 993
  58. Ibid., p. 992
  59. a et b « Dans l'histoire du freudisme, la question de la sexualité féminine a divisé le mouvement psychanalytique depuis 1920, à mesure que les femmes y ont pris une place centrale », M. Plon et E. Roudinesco, « Sexualité féminine », in Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, Paris, 2000, p. 994
  60. « L'existence d'une libido unique n'exclut pas celle de la bisexualité. En effet, dans la perspective freudienne, aucun sujet n'est détenteur d'une pure spécificité mâle ou femelle. », Ibid., p. 994
  61. Ibid, p. 994
  62. Ibid. pp. 994, 995
  63. « Freud eut cependant l'honnêteté de corriger sa doctrine dans le sens des positions kleiniennes. En témoignent, si nécessaire, deux articles de 1931 et 1933 : l'un sur la sexualité féminine et l'autre sur la féminité. », Ibid., p. 995
  64. Ibid., p. 995
  65. puisque la différence des sexes est « absente dans l'inconscient » (p. 996) et « ne débouche pas sur une conception naturaliste » (p. 996). En ce sens Freud « fut un penseur de l'émancipation et de la liberté [...] Et l'auteur d'une théorie de la sexualité qui, tout en débarrassant l'homme du poids de ses racines héréditaires, ne prétendait pas le libérer des chaînes de son désir », Ibid., p. 996
  66. citée dans « Journal D'un Psychanalyste. » Par Claude Lorin. Éditions l'Harmattan, 2000. p.305
  67. M. Plon, E.Roudinesco, « Sexualité féminine » in Dictionnaire de la psychanalyse, op. cit., p. 996
  68. Costantini Michel, Weyl Daniel. Notes bibliographiques "Littérature, imaginaire, inconscient" . In: Littérature, N°30, 1978. Motifs, transferts, reécriture. pp. 124-128. Recension de « Misère de la psychanalyse.» L.Irigaray, Critique n°365, octobre 1977, p.879-903
  69. Heinrich Heine, Le Retour, 1823-1824, p. 60. « Le monde et la vie sont par trop fragmentaires. Je m’en vais aller voir un professeur allemand qui sache coordonner tous les éléments de l’existence et en composer un système intelligible. Avec son bonnet de nuit et sa robe de chambre, il bouchera les trous de l’édifice cosmique. »
  70. Paul-Laurent Assoun, Freud, la philosophie et les philosophes, Presses Universitaires de France, Coll. Quadrige, 2009. (ISBN 2-13-057657-5)
  71. Heinrich Racker, Psicoanalisis y ética conférence donnée en Argentine en 1960 rapporté in Leon Grinberg, Culpabilité et dépression, Éd. Les belles lettres, 1992. (ISBN 2-251-33448-3)
  72. Appel de René Major du 17 juin 1997 pour la réunion d’États Généraux de la psychanalyse en l’an 2000 à Paris.
  73. Notice éditeur de l’ouvrage issu des États généraux de la psychanalyse, 2000.
  74. « Déclaration sur la spécificité de la psychanalyse », publiée en annexe dans René Major (dir.), États Généraux de la Psychanalyse, juillet 2000, Éd. Flammarion (Aubier), 2003, p. 247-248Version archive.org de la Déclaration.
  75. a, b et c René Major (dir.), États Généraux de la Psychanalyse, juillet 2000, Éd. Flammarion (Aubier), 2003, annexe IV, « Institut des Hautes Études en Psychanalyse », p. 252-266
  76. États généraux de la psychanalyse, Rio de Janeiro, 2003

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Freud et de ses contemporains
Dictionnaires, introductions, concepts
Œuvres d'autres analystes
Littérature critique
Autres
  • Sébastien Dupont, « L'autodestruction du mouvement psychanalytique », Le Débat, no 166, 2011, p. 174-192.
  • Gérard Bazalgette : La tentation du biologique et la psychanalyse. Le cerveau et l'appareil à penser, Éd.: Eres, 2006, (ISBN 9782749206905)
  • Jean-Michel Thurin et Monique Thurin: Évaluer les psychothérapies : Méthodes et pratiques, Dunod, coll. « Psychothérapies », 2007, (ISBN 2-10-050708-7)
  • Pascal Hachet, Promenades psychanalytiques, L'Harmattan, 2007 (ISBN 978-2-296-04758-7).
  • Antoine Fratini, La psychanalyse au bûcher, Le Manuscrit, Paris 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]