Abstinence sexuelle

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L'abstinence sexuelle, ou continence, consiste à se priver volontairement de toutes pratiques sexuelles. Cette privation choisie peut avoir pour origine des motivations sociales, médicales, idéologiques ou religieuses. Elle est aussi utilisée pour la régulation des naissances.

La palette des significations va ainsi de la simple abstinence de coït génital sans qu'il y ait nécessairement abstinence d'autres pratiques sexuelles (c'est le cas du cadre contraceptif par exemple) à l'abstinence totale d'intention d'ordre sexuel, y compris purement psychique (c'est le cas dans certains cadres religieux). On peut distinguer aussi l'abstinence associée au vœu de chasteté chrétien, ou à son équivalent dans de nombreuses autres religions, qui est le fait de religieux dans l'optique de transcender les pulsions associées.


L'abstinence comme méthode de contrôle des naissances[modifier | modifier le code]

L'abstinence est la méthode de contrôle des naissances privilégiée par les milieux conservateurs. On peut considérer qu'il s'agit d'une méthode de contraception, au sens où elle est définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l'« utilisation d’agents, de dispositifs, de méthodes ou de procédures pour diminuer la probabilité de conception ou l’éviter », même si cette définition demeure controversée.

Partant du constat que l'abstinence constitue une garantie absolue contre le risque de grossesse et un moyen très efficace de lutter contre la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST)[1], diverses organisations mènent des campagnes actives en faveur de l'abstinence auprès des adolescents et des jeunes adultes, les invitant à rester vierges jusqu'au mariage.

Dans les pays anglo-saxons en particulier, des organisations chrétiennes promeuvent ainsi le port de signes distinctifs signifiant la volonté de ne pas avoir de relations sexuelles, telle la bague de virginité.

L'efficacité de ces campagnes est très contestée, les jeunes ayant fait le vœu de rester vierge avant le mariage s'avérant en pratique tout aussi exposés que les autres aux risques de contamination par les IST[2]. Cela s'explique par le fait qu'ils pourraient ne respecter que la définition « technique » de la virginité, s'abstenant d'avoir des rapports sexuels avec pénétration vaginale pénienne, mais pratiquant tout de même la fellation ou la sodomie, surtout dans les régions où l'éducation sexuelle fait défaut. De plus, des recommandations basées exclusivement sur l'abstinence ont tendance à dissuader les jeunes gens d'employer le préservatif quand ils rompent leurs vœux, ce que font 90 % des porteurs de la bague de virginité selon une étude réalisée en Angleterre[3].

Aux États-Unis, l'abstinence sexuelle fut pratiquement l'unique moyen de contraception et de prévention des maladies vénériennes prôné par le gouvernement conservateur de George W. Bush. Cette politique, qui méconnaissait les autres moyens de contraception, et en particulier l'usage du préservatif, a favorisé une natalité élevée chez les mineures issues des milieux les moins favorisés. Le nombre de premiers rapports non protégés est aussi très élevé.

Abstinence partielle (ou sélective) et ordre social[modifier | modifier le code]

L'anthropologue Claude Lévi-Strauss a émis dans Les Structures élémentaires de la parenté l'hypothèse que le tabou de l'inceste (donc l'obligation de l'abstinence sexuelle entre parent et enfant) est un élément central et déterminant de toutes les structures sociales humaines.

Selon le psychologue et zoologiste David P. Barash, la volonté masculine de se garantir la virginité de la femme aurait pour but d'être sûr d'être le père des enfants qu'il va élever.

Religion[modifier | modifier le code]

La grande majorité des religions fixent dans leurs textes fondateurs les règles à observer en matière de sexualité. Elles indiquent parfois de façon très précise le type de relations autorisées et celles qui ne le sont pas, les conditions qui les autorisent (le mariage) le nombre et le sexe des partenaires possibles (en autorisant ou non la polygynie, la polyandrie ou l'homosexualité, par exemple) et demandent parfois l'abstinence totale à certains membres de la communauté. Ainsi les ministres de certains cultes doivent-ils prononcer un vœu de chasteté qui leur interdit toute activité sexuelle (c'est par exemple le cas des prêtres, des moines et des religieuses catholiques).

L'abstinence de toute relation sexuelle hors mariage est un précepte que l'on retrouve dans les trois grandes religions monothéistes (christianisme, islam, judaïsme). Il est d'ailleurs mentionné de façon très explicite dans le dernier des dix commandements : « Tu ne convoiteras ni la femme, ni la maison, ni rien de ce qui appartient à ton prochain. » Le fait d'avoir une relation sexuelle avec une femme mariée est, d'après l'énoncé, une offense envers un autre homme : c'est le mari ou le père qui est offensé (voire le frère) ; une offense envers le mari, qui perd la garantie d'être le père des enfants ; une offense envers le père qui perd la possibilité de marier sa fille.

L'abstinence comme simple choix de vie[modifier | modifier le code]

On peut aussi faire le choix de l'abstinence, de façon définitive ou temporaire, tout simplement par ce que l'on n'a pas envie ou qu'on ne ressent pas le besoin d'avoir des relations sexuelles, sans pour autant justifier ce choix par des convictions philosophiques ou religieuses. Au Japon, le phénomène des « hommes mangeurs d'herbe » (soushoku danshi), qui préfèrent les longues balades au sexe et à l'argent prend de l'ampleur[4]. Les « herbivores » incarnent une rébellion silencieuse contre les valeurs viriles et matérialistes associées au Japon de l'euphorie économique des années 1980.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]