Amphitrite

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Amphitrite, plaque corinthienne de Penteskouphia, 575-550 av. J.-C., musée du Louvre

Dans la mythologie grecque, Amphitrite (en grec ancien Ἀμφιτρίτη / Amphitrítê) est une Néréide, fille de Nérée et de Doris (ou de Dioné selon certaines sources tardives), femme de Poséidon. Chez les Romains, elle fut assimilée à Salacia.

Mythe[modifier | modifier le code]

Amphitrite est totalement inconnue de l'Iliade, qui ne reconnaît à Dioné que la maternité d'Aphrodite. L’Odyssée la mentionne comme une divinité de la mer, maîtresse des monstres marins, mais sans mentionner de lien avec Poséidon. Amphitrite apparaît également dans l’Hymne homérique à Apollon délien (rédigé vers 700 av. J.-C.) comme l'une des déesses ayant présidé à la naissance de ce dieu, contre l'avis de Héra. Le pseudo-Apollodore, la vieillissant d'une génération divine, la range plus volontiers parmi les Océanides.

La Théogonie d'Hésiode mentionne la première son union avec Poséidon, dont naît le monstre Triton. Les poètes lyriques Pindare et Bacchylide reprennent le thème, qui s'impose également à la même époque dans la peinture sur vase. Des sources plus tardives ajoutent Rhodé et Benthésicymé au nombre des enfants du couple divin.

Hygin nous livre également une version circonstanciée de la rencontre d'Amphitrite et de Poséidon, l'attribuant à Ératosthène : le dieu tombe amoureux alors qu'il voit danser Amphitrite sur l'île de Naxos, mais celle-ci le fuit et va se réfugier auprès du Titan Atlas. Poséidon dépêche alors de nombreux serviteurs à sa recherche. L'un d'eux, Delphinos, la retrouve et plaide si bien la cause de son maître qu'Amphitrite accepte de l'épouser. (Pour récompenser son messager, Poséidon le transportera par la suite au ciel où il devient la constellation du Dauphin.)

Représentations[modifier | modifier le code]

Mosaïque de la maison de Neptune et d'Amphitrite, Herculanum
Fontaine d'Amphitrite, place Stanislas à Nancy

L'iconographie d'Amphitrite est relativement peu répandue dans l'art grec. Elle apparaît aux côtés de Poséidon dans la procession nuptiale du Vase François, un cratère à volutes de 570 av. J.-C. qui représente les noces de Pélée et de Thétis[1]. Il en va de même pour un dinos du peintre Sophilos, datant de la même époque[2]. Contemporaines également, les pinakes (plaques de céramique, souvent à usage votif) de Penteskouphia la représentent fréquemment aux côtés de Poséidon, invoqué ici en tant que divinité des morts. De manière générale, elle ne peut être identifiée qu'aux côtés de son mari, ou lorsqu'elle est explicitement nommée par une inscription. Il arrive cependant qu'elle ait pour attribut un poisson qu'elle tient à la main.

Amphitrite apparaît également lors du voyage sous-marin de Thésée, scène illustrée par de nombreux vases attiques à figures rouges du début du Ve siècle av. J.-C. Le plus célèbre est probablement la coupe du peintre Onésimos et du potier Euphronios, dont l'intérieur montre Amphitrite assise tendant une couronne (ou une guirlande) au jeune héros[3]. Selon Pausanias, une fresque de Mikon reprenait la même iconographie dans l'hérôon de Thésée à Athènes.

Dans l'art romain, elle est souvent représentée accompagnée de dauphins et de tritons, parfois d'autres Néréides, dans des scènes évoquant un cortège marin. Là encore, et en particulier dans l'art de la mosaïque, elle est souvent associée à Neptune, soit en étant figurée à ses côtés (Louvre MA 1880 : pavement provenant de Constantine), soit dans le programme décoratif d'une maison, par exemple dans le triclinium d'été de la maison dite de Neptune et d'Amphitrite, à Herculanum, et éventuellement dans les Thermes de Neptune à Ostie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cratère à volutes attique à figures noires conservé au Musée archéologique de Florence, Inv. 4209. J. D. Beazley, Attic Black-figure vase painters (Oxford, 1956), 76.1.
  2. Dinos attique à figures noires, v. 580 av. J.-C., conservée au British Museum, 1977.11.1-1. J. D. Beazley, Paralipomena (Oxford, 1971), 19.16 bis.
  3. Coupe attique à figures rouges, v. 500-490 av. J.-C., conservée au musée du Louvre, G 104. J. D. Beazley, Attic Red-figure Vase-painters (2e édition, Oxford, 1963), 318, 1.

Sources[modifier | modifier le code]

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