Échangisme

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Planche de Paul Avril, in De Figuris Veneris. Manuel d’érotologie classique, 1906.

L’échangisme est une pratique sexuelle qui consiste pour deux couples à échanger temporairement son partenaire, pendant les différentes phases du rapport, en vue d’une relation socio-sexuelle. Toutefois des nuances sont parfois apportées s’il y a permutation et pénétration en dehors du partenaire « régulier » (échangisme dit « vrai »), des attouchements à quatre (voir mélangisme) ou une relation à proximité de voyeurisme sans contact (côte-à-côtisme). Bien qu’il se confonde souvent avec la sexualité de groupe, l’échangisme au sens strict ne représente qu’une fraction des pratiques sexuelles en groupe.

Il est également courant de spécifier les distances relatives d'une relation échangiste par des nombres : « 2 + 2 » peut signifier une séparation physique des couples avec permutation des partenaires, « 4 » spécifie une proximité permanente de tous les participants, « 3 + 1 » l'isolement d’un individu (au centre ou en observateur)[1]

Des pratiques s’ouvrant à la sexualité de groupe[modifier | modifier le code]

La tentation du mélangisme[modifier | modifier le code]

De même que sont employés indifféremment les termes de « club échangiste » ou « club libertin », dans un usage courant l’« échangisme » se confond avec une « sexualité de groupe » n’impliquant plus uniquement des couples. Dans cette acception large, il ne s'agit donc pas de deux couples qui échangent leurs partenaires le temps d'un rapport sexuel mais plus généralement d'un ensemble de personnes, hommes et/ou femmes, qui ont des relations sexuelles les unes avec les autres. Dans bien des cas, l’échangisme ne se limite pas à un « troc » mais fait intervenir a minima trois individus, y compris dans des relations bisexuelles. L’équipe de Daniel Welzer-Lang en réalisant son enquête a rapidement déterminé que

« le terme “échangisme” est un terme générique, voire, en regard avec le nombre d'hommes seuls qui composent la population échangiste, un “leurre”, désignant des pratiques multiples. L'échangisme, ou tout autre terme utilisé de manière analogique (“non-conformisme”, “pratiques libertines”, “libertinage”) va des frontières (et parfois au-delà) du travail sexuel aux rêves dits conjugaux d'une sexualité “autre”. »

À la suite de ces travaux, le mot « échangiste » est enfin mis en question pour s’intégrer à une « communauté de préférence sexuelle » mais cette préférence est si large dans ses acceptions que le seul terme qui paraît convenir est celui de « multisexualité ». Dans ce champ particulier, le mot mélangisme arrive au même moment pour désigner les couples qui évoluent essentiellement vers une recherche de dépassement des tabous dans l’objectif d’un plaisir partagé : par la découverte de nouveaux corps, par la vue de son partenaire sous un « autre angle », et par le jeu de séduction qui va lentement se cristalliser non plus entre deux personnes mais entre quatre. Dans ce cas précis, on peut parler d’hédonisme plus que d‘échangisme. La réception du terme de mélangisme va rapidement se limiter à la simple conception technique d’un échange sans pénétration hors couple.

Les familles échangistes[modifier | modifier le code]

Si le grand public désigne volontiers par le terme « échangisme » l'ensemble des pratiques des couples fréquentant les clubs, saunas et sites de rencontres dédiés, le milieu libertin a pour usage de distinguer deux grands types de pratiques entre couples :

  • l'échangisme, pratique lors de laquelle tous les types de rapports sont a priori acceptés ;
  • le mélangisme, qui exclut le coït entre deux personnes n'appartenant pas au même couple initial.

Différentes variantes de ces deux pratiques existent et le champ des possibles est, bien sûr, illimité.

Échangisme et MST (dont SIDA)[modifier | modifier le code]

La « capote » limite les risques et peut former une bande servant au cunnilingus si on la coupe en 2.

Le milieu échangiste est fréquenté par des populations dites à risque, en raison du nombre de partenaires et d'une activité sexuelle intense multipliant les situations à risque.

Le risque est diminué par un comportement responsable de chaque partenaire (hygiène, protection anti-MST...), une vigilance au regard des contacts intimes et un certain isolement des partenaires. La stabilité des couples échangistes et la pratique entre couples légitimes, sains et fidèles entre eux permettent d'envisager des rapports échangistes non protégés entre personnes théoriquement saines, quoique l'usage de protections anti-MST demeure recommandable[2].

Le risque est augmenté par des situations non contrôlées, inattendues telles que des partenaires qui s'invitent à une relation en cours, le manque de vigilance au moment du coït...

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Welzer-Lang, La Planète échangiste : les sexualités collectives en France, Payot, 2005 (ISBN 9782228899765). Résultats d'une enquête sociologique dans les lieux échangistes (ISBN 9782228899765)
  • Marie et Stanislas, Bienvenue sous la couette : comment le libertinage a réveillé notre couple, Payot, 2005 (ISBN 9782228899758)
  • Georges Valensin, Pratique des amours de groupe. Quinze années d'observations en France, éditions de La Table Ronde, 1973 (ISBN 2710319055)
  • Denis Grattepain, Tranches de vies libertines, éditions Publibook, 2010

Magazines[modifier | modifier le code]

  • Allo Femmes
  • Annonces intimes
  • Club (décliné selon les régions de France)
  • La Vie parisienne
  • Swing

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À partir du « 3 x 2 », l'analyse combinatoire se complique indubitablement.
  2. Voir sur multisexualites-et-sida.org.