Époque victorienne

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Photo sépia d'une reconstitution costumée de l'époque victorienne, jeu de rôle grandeur nature effectué en 2006. L'expression Gaslight, correspondant à l'éclairage public au bec de gaz, est devenue synonyme de la période. On emploie également l'expression « Ère de la vapeur ».

L'époque victorienne au Royaume-Uni marque l'apogée de la révolution industrielle britannique ainsi que celle de l'Empire britannique. Bien que l'époque victorienne désigne les années de règne de Victoria Ire du Royaume-Uni, de 1837 à 1901, les historiens fixent généralement son début au Reform Act 1832. L'époque victorienne est précédée de l'époque georgienne et suivie de l'époque édouardienne.

Sciences et techniques[modifier | modifier le code]

L'époque victorienne est celle de Charles Darwin qui publie en 1859 De l'origine des espèces dans lequel il explique comment les nouvelles espèces apparaissent.

C'est aussi l'époque de grandes avancées en géologie et en paléontologie, ainsi qu'en génie civil, avec des ingénieurs tels qu'Isambard Kingdom Brunel.

De nombreux chercheurs défendent des théories qui sont désormais caduques. Les adeptes de la phrénologie, par exemple, estiment qu'on peut connaître la personnalité de quelqu'un en étudiant la forme de son crâne. D'autres défendent la supériorité de certaines populations par rapport à d'autres, et apportent ainsi une caution scientifique à la domination de l'Afrique par les puissances européennes.

Arts et culture[modifier | modifier le code]

La littérature victorienne (en) suit celle de l'époque romantique précédente : tandis que la poésie était prédominante, l'époque victorienne privilégie le genre littéraire du roman.

Des auteurs de romans importants sont : Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930), Charles Dickens (1812-1870), William Thackeray (1811-1863), les sœurs Brontë, Charlotte (1816–55), Emily (1818–48) et Anne (1820–49), George Eliot (1819–80), Thomas Hardy et (1840-1928) ainsi qu'Elisabeth Gaskell.

En poésie : Robert Browning (1812–89), Alfred Tennyson (1809–92), Gerard Manley Hopkins (1844–89) et W. B. Yeats.

En théâtre : Gilbert et Sullivan, George Bernard Shaw (1856-1950) et Oscar Wilde (1854-1900).

Angleterre victorienne[modifier | modifier le code]

Fondation des Red Brick universities.

Londres victorien[modifier | modifier le code]

Le Londres de l'ère victorienne est la quintessence de cette époque, brassant des classes que tout oppose, mêlant les prémices de la modernité technologique à des archaïsmes sociaux stricts.

Une grande partie des bâtiments et lieux iconiques de Londres ont été construits pendant le règne de la reine Victoria :

  • Le Thames Tunnel est accessible aux piétons en 1843.
  • La gare Waterloo est ouverte le 13 juillet 1848.
  • Les docks Royal Victoria, mis en service en 1855.
  • La célèbre cloche Big Ben sonne pour la première fois le 31 mai 1859.
  • Le quartier de Paddington devient réputé dès les années 1860. À cause de ses canaux, il est surnommé « la petite Venise. »
  • La première section du métro londonien est opérationnelle en 1863.
  • La station de métro Baker Street est en service dès le 10 janvier 1863.
  • La gare St Pancras fut mise en service en 1868.
  • Le pont de Blackfriars, conçu par l'architecte écossais Robert Mylne, inauguré en 1869.
  • Le Royal Albert Hall, inauguré par la reine Victoria en 1871.
  • Commencé en 1886, le célèbre Tower Bridge fut inauguré en 1897.


En 1888 à Londres, ont lieu des meurtres en série de prostituées par Jack l'Éventreur.

Le célébrissime détective Sherlock Holmes naît de la main de Sir Arthur Conan Doyle en 1887 dans sa première publication "Une étude en rouge". L'action du célèbre roman Oliver Twist de Charles Dickens ainsi que celle de La Petite Princesse de Frances Hodgson Burnett se déroulent dans le Londres victorien.

Révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution industrielle.

Des innovations décisives[modifier | modifier le code]

La machine à vapeur conçue par Boulton et Watt. Dessin de 1784

Malgré quelques créations d'entreprises au cours du XVIIIe siècle, la production industrielle restait jusqu'alors dispersée en milieu rural : il s'agissait de proto-industrialisation. Des innovations techniques aboutissent à la création de nouvelles machines textiles. Un pas décisif est franchi avec la mise au point de la machine à vapeur de James Watt, en 1769, qui substitue à l'énergie humaine une énergie mécanique : elle fonctionne au charbon et peut actionner à son tour, par des courroies, d'autres machines. Par l'intermédiaire d'un système de tiroir de distribution, ouvrant et fermant des lumières, la vapeur d'eau sous pression est envoyée à une extrémité d'un cylindre, où elle pousse un piston. Ce dernier entraîne la bielle qui est articulée dessus et fixée sur le volant d'inertie en un point excentré de son axe de rotation. Son mouvement provoque donc une rotation du volant.

Fonctionnement précis de la machine à vapeur[modifier | modifier le code]

Tiroir à vapeur : du volant repart une biellette commandant le tiroir d'admission et d'échappement. Quand le piston arrive au bout du cylindre, la biellette repousse le tiroir : dans le cas du cylindre simple effet, le tiroir referme la lumière d'entrée de la vapeur et du même côté ouvre une autre lumière pour laisser s'échapper la vapeur contenue dans le cylindre. Le volant, par l'énergie cinétique accumulée, continue de tourner, repoussant ainsi le piston au point de départ. Dans un cylindre à double effet, le tiroir ouvre, en plus, une lumière d'admission pour la vapeur de l'autre côté, elle repousse le piston qui continue sa poussée sur le volant. Sur ce volant, on place une courroie établissant une liaison élastique avec la poulie d'entrée d'une machine transformant ce mouvement en un travail spécifique. Pour être utilisable industriellement, cette énergie doit le plus souvent être régulée, afin que la vitesse de rotation ne dépende ni des aléas de la chauffe, ni surtout de la sollicitation de puissance en sortie. C'est là qu'intervient le régulateur centrifuge mis au point par Watt, qui agit directement sur la vanne par laquelle la vapeur arrive de la chaudière.

Contestation sociale[modifier | modifier le code]

Émeute chartiste

L'Angleterre victorienne voit de fréquents mouvements de contestation sociale. Le chartisme, de 1838 à 1848, mobilise des millions de personnes dans une tentative de gagner le suffrage universel. En 1867 et 1884, seule une mobilisation massive oblige le parlement à étendre le suffrage.

Le syndicalisme construit peu à peu un mouvement de masse, avec la fondation dans les années 1860, des Trades Union Congress (TUC, congrès des syndicats), et, dans les années 1880, l'extension du syndicalisme au-delà des seuls ouvriers qualifiés. Les grandes grèves des dockers, des travailleurs du gaz, et des filles qui fabriquaient des allumettes defrayent la chronique.

Différents mouvements pour les droits des femmes apparaissent — notamment des comités qui luttent pour le droit de la femme mariée d'avoir de la propriété à son nom, un mouvement de masse pour le droit de vote des femmes, et de nombreuses mobilisations de sections de la classe moyenne qui demandaient le droit à l'éducation pour les femmes.

Canada victorien[modifier | modifier le code]

Le Canada a subi l'influence de l'ère victorienne étant un pays du Commonwealth. Les importations vers l'Angleterre ont été très nombreuses[réf. nécessaire].

Articles connexes[modifier | modifier le code]