Rapports Kinsey

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Les Rapports Kinsey (Kinsey Reports en anglais) sont deux livres découlant des recherches du Dr. Alfred Kinsey sur le comportement sexuel humain : Sexual Behavior in the Human Male (1948) et Sexual Behavior in the Human Female (1953)[note 1], qui représentent un apport essentiel à la recherche sur la sexualité humaine moderne[1],[2].

Leur contenu étonna le grand public et prêta immédiatement à la controverse ainsi qu'au sensationnalisme : à l'époque, ils provoquèrent une polémique, certaines observations défiaient les croyances à propos de la sexualité humaine et discutaient de sujets tabous.

Les rapports Kinsey ont en particulier remis en cause la vision hétérocentrée qui prédominait dans les États-Unis des années 1950. Ces travaux de recherche mettent en évidence la diversité des orientations sexuelles : ainsi, d'un tiers à la moitié de la population américaine aurait eu une expérience homosexuelle, sans que cela ne remette en cause les rapports hétérosexuels. Ces travaux ont été l'objet de plusieurs critiques, notamment en ce qui concerne l'échantillonnage choisi par Kinsey ; néanmoins des travaux ultérieurs, prenant en compte ces critiques, ont abouti à des résultats quasi-identiques[1].

Découvertes[modifier | modifier le code]

Orientation sexuelle[modifier | modifier le code]

Article connexe : Orientation sexuelle.

Différentes parties des Rapports Kinsey à propos de la diversité de l'orientation sexuelle sont régulièrement mises à contribution pour affirmer qu'environ 10 % de la population humaine est homosexuelle. Cependant, les découvertes ne sont pas aussi tranchées et Kinsey évitait et désapprouvait l'utilisation de termes comme homosexuel et hétérosexuel pour décrire les individus, affirmant que la sexualité évolue au fil du temps et que le comportement sexuel peut à la fois être vu comme un contact physique et une manifestation de la pensée (désir, attirance sexuelle et fantasme).

À la place de trois catégories, (hétérosexuel, bisexuel et homosexuel), Kinsey a proposé un système à sept degrés. L'échelle de Kinsey catégorise les comportements sexuels de 0 à 6, allant de complètement hétérosexuel à complètement homosexuel. Une catégorie 7 a été créée par les collègues de Kinsey pour catégoriser les asexuels.

Les rapports affirment que près de 46 % des sujets mâles ont sexuellement « réagi » face à des sujets d'un sexe ou l'autre pendant leur vie adulte et 37 % ont vécu au moins une expérience homosexuelle[3]. 11,6 % des hommes blancs âgés entre 20 et 35 ans ont reçu un degré de 3 en se basant sur leurs expériences sexuelles en tant qu'adultes[4]. L'étude a aussi rapporté que 10 % des mâles américains étudiés étaient « plus ou moins exclusivement homosexuels pendant au moins trois ans entre les âges de 16 ans et 55 ans »[trad 1],[5], c'est-à-dire dans les catégories 5 et 6.

7 % des femmes célibataires âgées de 20 à 35 ans et 4 % des femmes mariées auparavant, aussi âgées de 20 à 35 ans, ont été classées dans la catégorie 3 de l'échelle de Kinsey pour cette période de leur vie[6]. De 2 à 6 % des femmes, âgées de 20 à 35 ans, ont été classées dans la catégorie 5[7] et de 1 à 3 % des femmes non mariées âgées de 20 à 35 ans ont été classées exclusivement homosexuelles[8].

Échelle de Kinsey[modifier | modifier le code]

Les enquêtes menées par Alfred Kinsey au tournant des années 1950 ont permis de constater que homosexualité et hétérosexualité ne sont pas deux orientations sexuelles et amoureuses exclusives. Elles constituent plutôt les pôles d'un même continuum de l'orientation sexuelle. À partir de deux études sur le comportement sexuel des Américains effectuées auprès de quelque 5 300 hommes (en 1948) et de 8 000 femmes (en 1953), Kinsey a conçu une échelle portant sur la diversité des orientations sexuelles. Cette échelle, graduée entre hétérosexualité (0) et homosexualité (6), avait comme but d'évaluer les individus en fonction de leurs expériences et leurs réactions psychologiques :

Score Explication
0 Exclusivement hétérosexuel(le)
1 Prédominance hétérosexuelle, expérience homosexuelle
2 Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le)
3 Bisexuel sans préférence
4 Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuelle(le)
5 Prédominance homosexuelle, expérience hétérosexuelle
6 Exclusivement homosexuel(le)

Ce schéma montre la diversité possible des orientations sexuelles. Selon Kinsey, tout être humain porte en lui une composante hétérosexuelle et une composante homosexuelle. Celles-ci s’aménageant diversement d’une personne à l’autre, on ne peut finalement établir des catégories sexuelles étanches et « tranchées au couteau ». De plus, s’ajoute à l’acte sexuel, les questions de sensibilité et d’affectivité qui complexifient davantage les choses.

Rapports sexuels en mariage[modifier | modifier le code]

La fréquence moyenne des coïts au sein des couples mariés, tel que rapportée par des femmes, était[9]

  • de 2,8 fois par semaine à la fin de l'adolescence ;
  • de 2,2 fois par semaine à l'âge de 30 ans ;
  • et de une fois par semaine à l'âge de 50 ans.

Rapports sexuels hors mariage[modifier | modifier le code]

Kinsey a estimé qu'environ 50 % de tous les hommes mariés ont eu des relations sexuelles extra conjugales[10]. Environ 26 % des femmes dans la quarantaine avaient eu une relation hors mariage. Entre 1 sur 6 et 1 sur 10 des femmes âgées de 26 à 50 ans avaient des relations sexuelles hors mariage[11]. Cependant, Kinsey avait catégorisé les couples qui avaient vécu ensemble pour au moins un an comme étant mariés, ce qui biaisait les données sur les relations sexuelles hors couple[12],[13].

Sadomasochisme[modifier | modifier le code]

12 % des femmes et 22 % des hommes ont rapporté avoir eu une réaction sexuelle face à une histoire sadomasochiste[14].

Méthodologie[modifier | modifier le code]

Les données furent principalement recueillies lors d'interviews, qui furent codées pour maintenir la confidentialité. Les journaux intimes de personnes condamnées pour avoir eu des relations sexuelles avec des enfants furent aussi mis à contribution.

Les données furent saisies dans des banques de données pour faciliter leur traitement. Tout ce matériel, incluant les notes des premiers chercheurs, peut encore (en 2008) être consulté au Kinsey Institute par les chercheurs qui font la preuve que cela peut servir leurs recherches. L'institut permet aussi aux chercheurs de recourir à des logiciels de traitement statistique (tels que PSPP et SPSS) pour analyser les données.

Les sujets étudiés se prêtaient au sensationnalisme. S'appuyant sur les informations publiées par Kinsey, certains affirmèrent[réf. nécessaire] que 10 % de la population est homosexuelle et que les femmes, dans le cadre du mariage, augmentent leur plaisir en se masturbant avant un rapport sexuel. Kinsey n'aurait jamais écrit ces affirmations.

Critiques[modifier | modifier le code]

Oppositions selon des critères moraux[modifier | modifier le code]

Les livres ont été régulièrement critiquées par les conservateurs américains [Qui ?] comme favorisant la dégénérescence [Quoi ?].

Sexual Behavior in the Human Male a été inscrits sur deux listes différentes comme pires livres des temps modernes. Il était 3e sur le (en) 50 Worst Books of the Twentieth Century du Intercollegiate Studies Institute et 4e sur le (en) Ten Most Harmful Books of the Nineteenth and Twentieth Centuries du Human Events.

Critiques psychanalytiques[modifier | modifier le code]

En 1954 un psychanalyste et un gynécologue américains font paraître Kinsey's Myth of Female Sexuality- The Medical Facts (L'erreur de Kinsey, ce qu'il n'a pas dit sur la femme et son comportement sexuel).[réf. souhaitée][note 2]

Problèmes méthodologiques[modifier | modifier le code]

Les travers méthodologiques reprochés aux travaux de Kinsey sont de trois ordres : problèmes dans l'échantillonnage, fraudes volontaires quant à certaines sources et motivations personnelles pouvant avoir faussé l'enquête.

Par exemple, certains témoignages publiés par Kinsey l'amènent à prêter à l'enfant prépubère une sexualité génitale orgasmique comparable à celle de l'adulte. Dès la parution des ouvrages de Kinsey, des experts en statistiques et en psychologie ont affirmé que certaines données avaient été obtenues en interrogeant des délinquants et des pédophiles, accusations que l'institut Kinsey a d'abord contestées[15],[16],[17],[18], puis reconnues en 1995[19]. L'institut Kinsey a alors admis que toutes les données statistiques sur ces "orgasmes infantiles" provenaient d'une seule source[19]. Il s'agissait de la retranscription du journal de Rex King, pédophile ayant exploité sexuellement des enfants[20].

Échantillonnage contesté[modifier | modifier le code]

Les critiques de nature académique portent sur le choix des échantillons et le biais échantillonnal. Les deux problèmes principaux identifiés sont :

  1. Une portion significative des sujets étaient des prisonniers ou des prostitués ;
  2. Les personnes qui ont participé aux interviews sur des sujets tabous étaient probablement des personnes qui s'étaient volontairement désignées, ce qui crée un biais statistique vis-à-vis de la population étudiée.

En 1954, un comité de l'American Statistical Association, composé de William Cochran, Frederick Mosteller et John Tukey, a condamné la méthode d'échantillonnage de Kinsey[21]. Tukey est probablement celui qui s'est le plus exprimé à ce sujet : « Une sélection aléatoire de trois personnes aurait probablement été plus représentative qu'un groupe de 300 choisi par M. Kinsey. »[trad 2],[22],[23]. Les critiques portèrent principalement sur la surreprésentation de quelques groupes dans les échantillons : 25 % des personnes interrogées étaient ou avaient été emprisonnées et 5 % étaient des prostitués masculins[24].

D'autres critiques sont venues d'importants psychologues américains, tel qu'Abraham Maslow. Avant que Kinsey ne publie ses rapports, Maslow a testé le biais des échantillons retenus. Il a conclu que les échantillons de Kinsey n'étaient pas représentatifs de la population en général[25]. Maslow et Sakoda notèrent que Kinsey n'avait pas considéré le « biais des volontaires ». Les données publiées ne représentaient que ceux qui participaient volontairement aux discussions sur les tabous. Or d'après Maslow, les personnes volontaires pour une enquête sur la sexualité avaient un degré plus élevé d'estime d'eux-mêmes, lequel était corrélé avec un comportement sexuel non-conventionnel[25].

En réponses à ces critiques, Paul Gebhard, le successeur de Kinsey à la direction du Kinsey Institute, institut qui détient toutes les interviews réalisées par Kinsey et son équipe[26], a mis des années à « nettoyer » les données de Kinsey, éliminant par exemple tout le matériel provenant de détenus. En 1979, Gebhard et Alan B. Johnson publièrent The Kinsey Data: Marginal Tabulations of the 1938–1963 Interviews Conducted by the Institute for Sex Research. Leur conclusion fut qu'aucune des valeurs originalement estimées par Kinsey n'était perturbée de façon significative par ces biais. Les prisonniers, les prostitués mâles et ceux qui avaient volontairement participé aux études sur les tabous sexuels avaient les mêmes tendances sexuelles que la population en général.

Les résultats furent résumés par l'historien, scénariste et activiste pour les droits gay Martin Duberman :

« À la place du 37 % de Kinsey (pour les hommes ayant eu au moins une expérience homosexuelle), Gebhard et Johnson obtinrent 36,4 %. L'estimé de 10 % (hommes ayant été « plus ou moins exclusivement homosexuels pendant au moins 3 ans entre les âges de 16 ans et 55 ans »), en excluant les prisonniers, devint 9,9 % pour les blancs ayant reçu au moins 12 ans de scolarité et de 12,7 % pour les autres moins éduqués[trad 3]. »

— Martin Duberman[27]

Certains scientifiques s'opposent cependant au « nettoyage » de données qu'ils jugent non représentatives. En conséquence, des études supplémentaires par d'autres chercheurs furent réclamées. Les résultats d'un sondage, auprès de 3 321 mâles américains dans leur vingtaine ou trentaine, effectué par Billy, et al. fut publié dans Family Planning Perspective de mars/avril 1993. Ils rapportèrent que seulement 2,3 % avaient eu des contacts homosexuels dans les dix dernières années et que seulement 1,1 % s'étaient engagés dans une relation uniquement homosexuelle pendant la même période[28].

Fraudes concernant des sources[modifier | modifier le code]

Des critiques portent également sur la façon dont Kinsey a recueilli les témoignages portant sur la sexualité infantile. Les tables 31-34 de son premier rapport, étaient présentées comme une synthèse de plusieurs témoignages. Elles établissaient, d'après le rapport, l'observation d'orgasmes prépubères. Des critiques ont été formulées concernant la façon dont ces phénomènes avaient été observés, certains craignant, au regard des témoignages recueillis, que les enfants aient subi des sévices[20]. À la suite de ces critiques, le « Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction », a reconnu, en 1995, que Kinsey, concernant ce passage sur l'orgasme prépubère, avait en fait retranscrit le témoignage d'une seule personne, un pédophile, amateur de bestialité[19], [29], ayant exploité sexuellement des enfants[29], [30], et qui rendait compte à Kinsey de son expérience[31]. Les « observations » de cette personne concernait des mineurs de 2 mois à 15 ans. Alfred Kinsey a ensuite présenté ces « données », dans les tables à 31-34 de son rapport, comme des études scientifiques émanant de plusieurs témoins[19],[20], [29].

Motivations personnelles[modifier | modifier le code]

D'autres critiques se centrèrent sur la vie sexuelle et les motivations d'Alfred Kinsey. La biographie de James H. Jones, Alfred C. Kinsey: A Public/Private Life, a décrit Kinsey comme bisexuel et expérimentant le masochisme. Il encourageait le sexe en groupe auprès de ses étudiants, de sa femme et de ses collègues. Kinsey a filmé des actes sexuels chez lui dans le cadre de ses recherches[32]. Le biographe Jonathan Gathorne-Hardy affirme que Kinsey a pris cette décision dans le but de maintenir le secret sur les lieux de tournage, sinon le public aurait crié au scandale[33],[34]. James H. Jones a de plus écrit que l'appétit de Kinsey pour du sexe hors norme et son dédain de la morale sexuelle traditionnelle de l'époque, ont incité Kinsey à éliminer la culpabilité entourant le sexe et à miner la moralité traditionnelle. Des critiques affirment que les buts cachés de Kinsey ont coloré son travail[35]. Ils critiquent aussi la surreprésentation des prisonniers et des prostitués, ainsi que le fait qu'il ait classé, comme faisant partie des couples mariés, des couples qui avaient vécu ensemble pendant au moins un an[36],[37].

Opposition organisée[modifier | modifier le code]

Quelques groupes fondamentalistes, dont RSVPAmerica mené par le Dr. Judith Reisman, et le Family Research Council, ont affirmé qu'ils voulaient discréditer les Rapports Kinsey. Ces groupes accusent régulièrement les travaux de Kinsey de promouvoir des pratiques sexuelles malsaines ou immorales.

RSVPAmerica promeut différentes publications s'opposant aux travaux de Kinsey, dont Kinsey: Crimes & Consequences et Kinsey, Sex and Fraud: The Indoctrination of a People, les deux rédigés par Reisman, ainsi que la vidéo The Children of Table 34, subventionnée par le Family Research Council. Le site web du groupe affirme que la vidéo présente les découvertes du Dr. Reisman à propos des abus sexuels qu'aurait perpétrés Kinsey sur des enfants.

En 1998, en réponse aux principales allégations formulées par Reisman, John Bancroft, directeur du Kinsey Institute, a dit que les données sur les enfants listés dans les tableaux 31 à 34 de Sexual Behavior of the Human Male provenaient en grande partie du journal intime d'un seul adulte pédophile, qui avait eu des relations sexuelles avec ces enfants. Le journal avait débuté en 1917, bien avant les recherches qui menèrent aux Rapports Kinsey. Bancroft a de plus ajouté que Kinsey avait explicitement indiqué que les agissements de l'homme étaient illégaux et qu'il lui avait offert l'anonymat. Bancroft a réitéré que Kinsey n'a jamais eu de relations sexuelles avec des enfants ni employé qui que ce soit pour en avoir, et qu'il a interviewé les enfants en présence de leurs parents[38].

En 2004, l'American Legislative Exchange Council, une organisation qui regroupe des lobbyistes d'entreprise et des législateurs conservateurs, publie une monographie consacrée aux travaux de Kinsey. Cette étude à destination notamment des agents de l'État américain avance que les données présentées « révèlent des preuves irréfutables des actes illégaux et criminels se faisant passer pour la science » prises des confessions de Kinsey dans ses propres « Rapports » (1948-1953). Pour cette étude, les travaux de Kinsey sont de la « science de pacotille » (junk science), dont le caractère scientifique est « controuvé, idéologique et trompeur ». Elle conclut que « tout juge, législateur ou un autre fonctionnaire public qui donne foi à cette recherche est coupable de fraude et manquement au devoir »[39].

Contexte et importance[modifier | modifier le code]

Les Rapports Kinsey sont associés à un changement de perception, dans les années 1960, parmi le public sur la sexualité humaine. À la suite de l'introduction des premiers contraceptifs oraux, ce changement a mené à la révolution sexuelle. Également, Masters et Johnson ont publié les résultats de leurs recherches sur la physiologie du sexe, mettant fin à différents tabous et mauvaises compréhensions.

Les Rapports Kinsey, qui se vendirent à plus de 750 000 exemplaires et furent traduits dans 13 langues, sont probablement l'ouvrage scientifique le plus lu du XXe siècle et, par ricochet, l'un des ouvrages les plus influents de ce siècle.[réf. nécessaire] Il est difficile d'établir avec certitude quels effets ont eus sur le public les informations publiées par Kinsey, mais les Rapports Kinsey font encore au XXIe siècle l'objet de vives discussions.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les deux ouvrages de Kinsey ont été traduits en français sous les titres Le Comportement sexuel de l’homme (1948) et Le Comportement sexuel de la femme (1954).
  2. Kinsey's myth of female sexuality: the medical facts, Edmund Bergler, William S. Kroger, Grune & Stratton, 1954 - 200 pages, ASIN: B001EO9PG6

Références[modifier | modifier le code]

Références
  1. a et b Henri Gratton, Joseph J. Lévy, Sexologie Contemporaine, PUQ, (1981), 422 pages, p. 38
  2. (en) Merl Storr, Bisexuality: A Critical Reader, Routledge,‎ 1999 , p. 31
  3. Sexual Behavior in the Human Male, p. 656
  4. Sexual Behavior in the Human Male, tableau 147, p. 651
  5. Sexual Behavior in the Human Male, p. 651
  6. Sexual Behavior in the Human Female, tableau 142, p. 499
  7. Sexual Behavior in the Human Female, p. 488
  8. Sexual Behavior in the Human Female, tableau 142, p. 499 et p. 474
  9. Alfred Kinsey, Sexual Behavior in the Human Female, p. 348-349, 351.
  10. Alfred Kinsey, Sexual Behavior in the Human Male, pp. 585, 587
  11. Alfred Kinsey, Sexual Behavior in the Human Female, p. 416
  12. Alfred Kinsey, Sexual Behavior in the Human Female, p.53.
  13. James H. Jones' Alfred C. Kinsey: A Public/Private Life, 1997, New York: Norton.
  14. Alfred Kinsey, Sexual Behavior in the Human Female, p.677-678
  15. (en) Judith Reisman, « A Personal Odyssey to the Truth » (consulté le 1er janvier 2008)
  16. (en) Anna C. Salter, Ph.D., Treating Child Sex Offenders and Victims: A Practical Guide, Sage Publications Inc,‎ 1988, 22-24 p. (ISBN 0803931824)
  17. (en) Kinsey Institute statement denies child abuse in study
  18. (en) Andrews Welsh-Huggins, « Conservative group attacks Kinsey data on children », Herald-Times,‎ septembre 1995 (lire en ligne) :

    « (en) 'There couldn't have been any research if we turned them in,' he said. 'Of course we knew when we interviewed pedophiles that they would continue the activity, but we didn't do anything about that.' Providing such absolute assurances of anonymity was the only way to guarantee honest answers on such taboo subjects, said Gebhard. »

  19. a, b, c et d (en) The bedroom and beyond, article du Telegraph Magazine, 13 nov. 2004. Article en ligne sur theage.com.au,
  20. a, b et c (en) Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft - head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction - Interview, par Gary Pool, in Humanist, Sept-Oct 1996 Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft - head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction - Interview - page 2 | Humanist
  21. W; G. Cochran, F. Mosteller, et J. W. Tukey, Statistical Problems of the Kinsey Report on Sexual Behavior in the Human Male, Journal of the American Statistical Association, Washington, 1954
  22. (en) « John Tukey, 85, Statistician; Coined the Word 'Software' », The New York Times,‎ 28 juillet 2000
  23. (en) John Tukey criticizes sample procedure
  24. Et 26 % (1400) des 5300 hommes blancs interrogés étaient des délinquants sexuels, (en) www.leaderu.com, Judith Reisman
  25. a et b A.H. Maslow et J. Sakoda, « Volunteer error in the Kinsey study », Journal of Abnormal Psychology, 1952 Apr;47(2):259-62.
  26. (en) Mick Brown, « The bedroom and beyond », Telegraph magazine,‎ novembre 2004 (The bedroom and beyond lire en ligne) :

    « (en) « The sexual histories of the 18,000 people interviewed by Kinsey and his inner circle remain under lock and key in the archives of the institute. Since Kinsey's death, the code that links each history to the name of the subject has been handed down from each director to the next like holy writ ». »

  27. (en) Martin Duberman on Gebhart's "cleaning" of data, Kinsey Institute
  28. (en) J. Billy, K. Tanfer, W. Grady et D. Klepinger, « The sexual behavior of men in the United States », 1993, in Family Planning Perspectives 25 (2), p. 52-60.
  29. a, b et c (en) Caleb Crain, « Alfred Kinsey: Liberator or Pervert? », The New York Times,‎ 3 octobre 2004 (lire en ligne)
  30. (en) Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft - head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction - Interview, par Gary Pool, in Humanist, Sept-Oct 1996 Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft - head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction - Interview - page 2 | Humanist Citation : « Dr. Bancroft admits without hesitation that the man who provided the data for tables 31 through 34 undoubtedly sexually exploited the children whose behavior was chronicled »
  31. (en) Mick Brown, « The bedroom and beyond », Telegraph magazine,‎ novembre 2004 (The bedroom and beyond lire en ligne) :

    « (en) « Kinsey travelled to Arizona, where he met King once to record a sexual history that included many incidents of incest, bestiality and pedophilia; they continued to correspond and Kinsey used much of King's material as "scientific studies" in his chapter on pre-adolescent sexuality ». (King est le nom de cet unique témoin) »

  32. (en) « Kinsey Establishes the Institute for Sex Research », PBS (consulté le 3 janvier 2008)
  33. (en) The Kinsey Institute - [Publications]
  34. (en) The Kinsey Institute - [Publications]
  35. (en) Judith Reisman, Kinsey's Attic: The Shocking Story of How One Man's Sexual Pathology Changed the World, 2006, WND Books.
  36. Alfred Kinsey, Sexual Behavior in the Human Female, p. 53.
  37. James H. Jones, Alfred C. Kinsey: A Public/Private Life, 1997, New York: Norton
  38. (en) Kinsey Institute director denies allegations by Reisman, Kinsey Institute
  39. Alec’s Report on Alfred Kinsey, psychiatrie-und-ethik.de, avril 2004
Traductions de
  1. (en) more or less exclusively homosexual for at least three years between the ages of 16 and 55
  2. (en) A random selection of three people would have been better than a group of 300 chosen by Mr. Kinsey.
  3. (en) Instead of Kinsey's 37% (men who had at least one homosexual experience), Gebhard and Johnson came up with 36.4%; the 10% figure (men who were "more or less exclusively homosexual for at least three years between the ages of 16 and 55"), with prison inmates excluded, came to 9.9% for white, college-educated males and 12.7% for those with less education.

Liens externes[modifier | modifier le code]