Hippocrate

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Hippocrate de Cos - Ἱπποκράτης

Description de l'image  Hippocrates rubens.jpg.
Alias
Hippocrate le grand, Ἱπποκράτης (Grec)
Naissance vers 460 av. J.-C
Cos (Grèce)
Décès vers 370 av. J.-C (à environ 90 ans)
Larissa (Grèce)--
Nationalité Grec
Profession médecin

Compléments

Buste de Peter Paul Rubens, 1638

Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos (en grec : Ἱπποκράτης), né vers 460 av. J.-C dans l’île de Cos et mort vers 370 av. J.-C à Larissa, est un médecin grec du siècle de Périclès, mais aussi philosophe, considéré traditionnellement comme le « père de la médecine » car il est le plus ancien médecin grec sur lequel les historiens disposent de sources, même si celles-ci sont en grande partie légendaires et apocryphes. Il a fondé l'école de médecine hippocratique qui a révolutionné intellectuellement la médecine en Grèce antique, en instituant cet art comme une discipline distincte des autres disciplines de la connaissance auxquelles elle avait traditionnellement été rattachée (notamment la théurgie et la philosophie), faisant ainsi de la médecine une profession à part entière[1],[2].

Cependant, les œuvres des écrivains du corpus, des praticiens de la médecine hippocratique et les actions d'Hippocrate lui-même sont souvent confondues. On sait très peu de choses sur la vie d'Hippocrate, sa pensée et ses écrits. Néanmoins, Hippocrate est couramment décrit comme le parangon du médecin de l’Antiquité. En particulier, il est généralement admis qu’il a fait considérablement avancer l'étude systématique de la clinique médicale en compilant la somme des connaissances médicales des écoles précédentes et en instituant des règles éthiques pour les médecins à travers le serment d'Hippocrate et d'autres travaux[1],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Asklepieion sur l’île de Kos

Selon la plupart des historiens, Hippocrate est né en 459 avant Jésus Christ sur l’île grecque de Cos (Kos). Il fut un médecin réputé et un célèbre professeur de médecine.

D'autres renseignements biographiques sont apocryphes et sujets à caution[4]. Soranos d'Ephèse, un gynécologue grec du IIe siècle[5] fut le premier biographe d’Hippocrate et ses écrits sont la source des principales informations dont nous disposons sur sa personne. D'autres détails nous sont parvenus au travers des écrits d’Aristote, qui datent du IVe siècle av. J.-C., de la Souda du Xe siècle après J.-C. et des ouvrages de Jean Tzétzès rédigés au XIIe siècle après J.-C.[1],[6]. Les deux fils d'Hippocrate, Thessalos et Draco, ainsi que son gendre, Polybe, ont été ses élèves. Selon Galien, un médecin grec d’une époque plus récente, Polybe est le vrai successeur d’Hippocrate. Source de confusion, Draco et Thessalos eurent tous deux un fils nommé Hippocrate[1],[6]. Patricien actif vers -430 et qui se fait rétribuer pour son savoir, il voyage en Thessalie, en Thrace et est célèbre jusqu'à Athènes[7]. Hippocrate mourut vers 370 av. J.C.

Théorie hippocratique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine en Grèce antique.

Hippocrate est reconnu comme le premier médecin à avoir rejeté les superstitions et les croyances qui attribuaient la cause des maladies à des forces surnaturelles ou divines. Ainsi, l'auteur de Sur la maladie sacrée entreprend de montrer que l'épilepsie annale, appelée alors « maladie annale », n'est pas « plus divine ou plus sacrée que n'importe quelle autre maladie[8]. » Sa preuve est simple : la maladie ne s'en prend qu'aux « flegmatiques » (voir : théorie des humeurs) or, si la maladie était véritablement une visitation divine, tous devraient pouvoir en être atteints. « Toutes les maladies sont divines et toutes sont humaines », conclut l'auteur[9]. Les disciples de Pythagore ont porté au crédit d’Hippocrate le mérite d’avoir réuni la philosophie et la médecine[10]. Il a séparé la médecine en tant que discipline de la religion en croyant et en faisant valoir que la maladie n'était pas une punition infligée par les dieux, mais plutôt la conséquence de facteurs environnementaux, de l'alimentation et des habitudes de vie. De fait, on ne trouve pas mention d'une seule maladie mystique dans la totalité du corpus hippocratique. Cependant, Hippocrate a travaillé sur la foi de nombreux principes basés sur des conceptions qui sont maintenant reconnues comme étant erronées en anatomie et en physiologie comme la théorie des humeurs[11],[12],[13].

Les écoles de médecine de la Grèce ancienne (l’école de Cnide et celle de Cos) se sont opposées sur la façon de traiter les maladies. L’école de médecine de Cnide avait principalement axé sa pratique sur le diagnostic, mais elle était tributaire de nombreuses hypothèses erronées sur le fonctionnement du corps : la médecine grecque à l'époque d'Hippocrate ignorait pratiquement tout de l'anatomie et de la physiologie humaine en raison du tabou grec qui interdisait la dissection du corps humain. L'école de Cnide, par conséquent, ne parvenait pas à identifier une affection donnée comme étant une seule et unique maladie lorsqu’elle pouvait se manifester par différents types de symptômes[14].

L'école hippocratique de Cos a obtenu de meilleurs résultats en se contentant de diagnostics généraux et de traitements symptomatiques ou palliatifs, selon les points de vue. L’accent était mis sur les soins aux patients et le pronostic de la maladie et non plus sur son diagnostic. Elle parvint à traiter efficacement les maladies et cela a permis un grand développement de la pratique clinique[15],[16].

La médecine hippocratique et sa philosophie sont très éloignées des orientations de la médecine moderne. De nos jours le médecin se concentre sur un diagnostic précis et un traitement spécialement adapté en conséquence, deux principes qui avaient déjà été préconisés par l’école de Cnide. Ces changements dans la pensée médicale depuis l’époque d’Hippocrate ont suscité des critiques pertinentes au cours des deux derniers millénaires, le traitement palliatif d’Hippocrate faisant l'objet de controverses particulièrement virulentes. Par exemple en 1869 un médecin français, MS Houdart, qualifiait la méthode thérapeutique d'Hippocrate de « méditation sur la mort[17]. »

Humeurs et crises[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Théorie des humeurs et quatre éléments.

L'école hippocratique a été influencée par la théorie des quatre éléments qui postule que toute matière est constituée d’un mélange de quatre éléments primordiaux l'Eau, la Terre, l'Air, le Feu. En reprenant une vieille conception grecque qui établissait une correspondance entre le microcosme et le macrocosme, le corps humain étant le reflet en miniature de l'univers, Hippocrate professait que le corps humain était constitué de quatre humeurs qui sont la transposition organique de chacun des éléments fondamentaux. Selon cette conception, connue sous le nom de théorie des humeurs, les maladies étaient la conséquence d'un déséquilibre interne de l’organisme entre les quatre humeurs, des fluides qui sont naturellement en proportion égale lorsque l’état de santé est bon (pepsis)[18]. Selon cette école de pensée, lorsque les quatre humeurs, le sang, la lymphe (ou phlegme), la bile jaune et l'atrabile (ou « bile noire ») ne sont pas en état d’équilibre (dyscrasie qui signifie « mauvais mélange ») une personne devient malade et le reste jusqu'à ce que l'équilibre ait été quelque peu rétabli. Trop de flegme dans le corps, par exemple, provoquerait des troubles pulmonaires et l'organisme tenterait de tousser et de cracher le phlegme pour rétablir l’équilibre. La méthode thérapeutique d’Hippocrate avait pour but de rétablir cet équilibre. Par exemple en utilisant le citron dont on pensait qu’il était bénéfique lorsque le flegme (la lymphe) était surabondant[19], ou encore en recommandant la saignée ou bien les sangsues pour éliminer le sang en excès, localement ou dans tout l’organisme.

Selon ce modèle, « le corps humain est composé de quatre humeurs dont le juste tempérament est la condition de la santé », la maladie est alors considérée comme évoluant en trois phases :

  1. la dégénérescence des humeurs ;
  2. la coction (réaction par la fièvre) ;
  3. la crise (évacuation de l'humeur en excès).

Un autre concept important dans la médecine hippocratique était celui de « crise », un moment précis dans la progression de la maladie où tout peut basculer : soit la maladie commence à triompher, et le patient va succomber, soit à l'inverse les processus naturels de guérison se mettent en œuvre et permettent au malade de se rétablir. Après une crise, une rechute peut survenir, suivie d'une autre crise décisive. Selon cette doctrine, les crises auraient tendance à survenir au moment de « jours critiques » qui étaient censés revenir à date fixe après le début de la maladie. Si une crise survient au cours d'une journée éloignée d'un « jour critique », une rechute est à craindre. Galien estime que cette idée est née avec Hippocrate, mais il est possible qu'elle soit antérieure[20].

Thérapeutique hippocratique[modifier | modifier le code]

Dessin d'un banc d'Hippocrate d’une édition byzantine d’un ouvrage de Galien au IIe siècle.

La médecine hippocratique était humble et palliative. L'approche thérapeutique était fondée sur le pouvoir guérisseur de la nature (vis medicatrix naturae en latin). Selon cette doctrine, le corps contient en lui-même le pouvoir de rééquilibrer les quatre humeurs et de se guérir lui-même (physis)[18]. La thérapeutique hippocratique se donnait simplement pour but d'aider ce processus naturel. À cette fin, Hippocrate croyait que le « repos et l'immobilisation » étaient d'une importance capitale[21]. En règle générale, la médecine hippocratique était très respectueuse du patient, le traitement était doux, et visait surtout à garder le patient propre pour prévenir toute infection. Par exemple, seuls l'eau propre ou le vin étaient utilisés sur les plaies, bien qu’un traitement « sec » soit préférable. Des baumes apaisants étaient parfois utilisés[22].

Hippocrate hésitait à administrer des médicaments et à s'engager dans un traitement spécifique qui pourrait s'avérer mal choisi. Un diagnostic incertain était suivi d’un traitement polyvalent[22],[23]. De puissants médicaments ont toutefois été utilisés en certaines occasions[5]. Cette approche attentiste a rencontré un grand succès dans le traitement des affections relativement simples telles que les fractures qui nécessitaient une traction pour provoquer une élongation du membre brisé et soulager ainsi la pression sur la zone de fracture. Le banc d'Hippocrate et d'autres dispositifs ont été utilisés à cette fin.

Un des points forts de la médecine hippocratique était l'accent mis sur le pronostic. À l'époque d’Hippocrate, les traitements médicamenteux étaient encore primitifs et, souvent, la meilleure chose que les médecins pouvaient faire était d'évaluer la gravité de la maladie et d'estimer comment elle était susceptible d’évoluer sur la base des données recueillies par l’observation détaillée de cas semblables[13],[24].

Un précurseur de la diététique[modifier | modifier le code]

Croix élémentaire.svg

Hippocrate a ouvert la voie à la diététique en prônant l'utilisation des légumes et des fruits.

À cette époque la diététique repose sur quatre idées simples :

  • la digestion est une cuisson des aliments ;
  • il est préférable de manger des aliments cuits, pour faciliter la digestion ;
  • le corps est composé d'éléments ou humeurs qui déterminent un tempérament ;
  • il est recommandé de manger une nourriture équilibrée, c'est-à-dire des aliments correspondant à son tempérament.

Dans la diététique hippocratique, on classe les aliments en fonction de leur correspondance avec l’un ou l’autre des quatre éléments : l'Eau, la Terre, l'Air, le Feu qui correspondent à quatre tempéraments définis par la théorie des humeurs : lymphatique, mélancolique, sanguin et colérique. Chaque aliment est classé en fonction de ses qualités (voir ici) qui s'échelonnent en quatre degrés sur deux axes principaux : « chaud et froid », « sec et humide », accessoirement selon les axes « doux et amer », « cru et cuit ». Ces qualités influent sur la façon dont l’aliment se transforme dans le corps et sur la qualité et la consistance des humeurs ainsi engendrées dans l’organisme. La chaleur de la digestion transforme les aliments en lymphe qui, elle-même, se transforme en humeurs ou agit sur la qualité et l’équilibre des humeurs en présence. Pour rester en bonne santé, au fil des saisons, il faut avoir une nourriture équilibrée. Pour cela, les médecins se recommandant de la tradition hippocratique préconisent à leurs patients de consommer des aliments qui correspondent à leur tempérament, pour corriger le déséquilibre des humeurs prédominantes dans chaque tempérament. Ainsi le vin rouge (chaud et sec), comme la viande (chaude et sèche) sont recommandés aux personnes âgées, aux flegmatiques et aux mélancoliques, de nature froide. Par contre, le poisson frais (froid et humide), les fruits ou légumes (froids et humides) conviennent plutôt aux colériques et aux sanguins, ainsi qu'aux jeunes, de tempérament chaud.

L’alimentation doit aussi varier selon le climat et les saisons qui influent sur les humeurs, l'hiver, période où le flegmatique froid et humide domine, il est préférable de consommer des viandes en sauce, cuisinées avec des épices qui réchauffent ; au printemps, période où le sanguin chaud et humide domine, il est conseillé de passer peu à peu du bouilli au rôti et de commencer à manger davantage de légumes verts ; l'été, période où le colérique chaud et sec domine, c’est le moment de manger des viandes et des poissons grillés, plus légers, et de préférer des aliments froids et humides comme les melons, les prunes ou les cerises ; l'automne, période où le mélancolique (ou atrabilaire) sec et froid domine, il faut manger des aliments appétissants et acidulés pour chasser la mélancolie et diminuer le vin et les fruits.

Bien que désormais obsolètes, ces concepts qui ont largement dominé la médecine en Occident pendant plus de mille ans ont laissé des traces dans la culture populaire. Les termes lymphatique, flegmatique, mélancolique, colérique sont toujours employés pour désigner des caractères, bien qu’on ne sache plus précisément à quoi ils font référence. Cette tradition survit également dans certaines pratiques culinaires (manger du melon avec du jambon cru, en début de repas, des poires au vin en dessert, boire un digestif en fin de repas) ou dans certains conseils diététiques de nos grands-mères (ne pas boire en mangeant).

Article connexe : Alimentation en Grèce antique.

Professionnalisme[modifier | modifier le code]

Instruments chirurgicaux de l’Antiquité grecque. Sur la gauche on distingue un trépan et sur la droite, un jeu de scalpels. La médecine hippocratique a fait bon usage de ces instruments[25].

La médecine hippocratique se distinguait par son strict professionnalisme, sa discipline et la rigueur de sa pratique[26]. L’ouvrage d'Hippocrate Sur le Médecin recommande aux médecins d'être toujours rigoureux, honnêtes, calmes, compréhensifs et sérieux. Le médecin Hippocrate a porté une attention particulière à tous les aspects de sa pratique : il a donné des prescriptions détaillées pour l'éclairage, le personnel qui assistait le praticien, le positionnement des instruments et du patient, les techniques de bandage et de contention dans les salles d'opération[27]. Il veillait même à garder les ongles d’une longueur convenable[28].

L'école d'Hippocrate a donné beaucoup d'importance aux doctrines cliniques d'observation et de documentation. Ces doctrines enseignent aux médecins comment enregistrer leurs conclusions et leurs prescriptions médicamenteuses d'une manière très claire et objective de sorte que ces documents puissent être transmis à d'autres médecins et utilisés par eux[29]. Hippocrate s’astreint avec minutie à noter régulièrement de nombreux symptômes comme le teint, le pouls, la fièvre, les douleurs, la motricité du patient et l’aspect des urines et des selles[24]. On dit qu’il aurait pris le pouls d'un patient pendant qu’il l’interrogeait sur l’histoire de sa maladie (anamnèse) pour savoir si le patient avait menti[30]. Hippocrate a étendu ses observations cliniques à l’histoire de la famille et de l'environnement[31]. Pour lui la médecine est l'art de l'observation et de l’examen clinique[13]. Pour cette raison il peut légitimement être considéré comme « le Père de la médecine clinique »[32]. On lui attribue le mérite d’avoir décrit les symptômes de la grippe humaine et ses élèves sont les premiers à avoir fait des diagnostics, sinon précis, du moins pertinents.

Contributions directes à la médecine[modifier | modifier le code]

Doigts en baguettes de tambour secondaire à une hypertension artérielle pulmonaire chez un patient atteint du syndrome d'Eisenmenger. Décrit pour la première fois par Hippocrate, l’aspect des doigts en baguette de tambour est également connu sous le nom « d’hippocratisme digital ».

Hippocrate et ses disciples ont été les premiers à décrire de nombreuses maladies et affections médicales. On lui attribue la paternité de la première description de l’hippocratisme digital, un signe important pour le diagnostic de la broncho-pneumopathie chronique obstructive, du cancer du poumon et des cardiopathies congénitales cyanogènes. Pour cette raison, le symptôme des « doigts en baguette de tambour » est parfois appelé « hippocratisme digital »[33]. Hippocrate a également été le premier médecin à décrire dans Pronostic la « face hippocratique », le changement qui se produit dans le visage au moment de la mort, ou pendant une longue maladie. Shakespeare fait allusion à cette description dans sa relation de la mort de Falstaff dans Henry V acte II, scène III[34],[35].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diagnostic (médecine).

Hippocrate a commencé à classer les maladies par types: aiguës, chroniques, endémiques et épidémiques, et à utiliser des termes tels que, « exacerbation », « rechute », « résolution », « crise paroxysme », « pic » et « convalescence »[24],[36]. Une autre des grandes contributions d’Hippocrate peut être trouvée dans ses descriptions des symptômes, des signes physiques, du traitement chirurgical et du pronostic de l’empyème thoracique (pleurésie purulente), c'est-à-dire de la suppuration de la muqueuse pleurale dans la cavité thoracique. Ses enseignements demeurent pertinents de nos jours pour les étudiants en pneumologie et en chirurgie[37]. Hippocrate a été le premier chirurgien thoracique répertorié et ses conclusions sont toujours valables.

L'école hippocratique de médecine a correctement décrit les maladies du rectum et leur traitement, en dépit d’une conception erronée de la médecine. Les hémorroïdes, par exemple, qu’on croyait causées par un excès de bile et de flegme, étaient traitées par les médecins de l’époque d’Hippocrate par des moyens relativement avancés[38],[39].La cautérisation et l’excision sont décrites dans le Corpus hippocratique, en plus des méthodes les plus utilisées : la ligature des hémorroïdes et leur assèchement au fer chaud. D'autres traitements tels que l'application de différents baumes sont également proposés[40],[41]. Aujourd'hui, le traitement [des hémorroïdes] comprend encore la cautérisation, la ligature, et l’excision[38]. En outre, certains des concepts fondamentaux de la proctoscopie décrits dans le corpus sont encore en vigueur[38],[39]. Par exemple, les utilisations du spéculum rectal, un dispositif médical courant, sont exposés dans le Corpus hippocratique[39]. Ce qui constitue la première référence connue à l’endoscopie[42],[43].

Corpus hippocratique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Corpus hippocratique.
Manuscrit byzantin du XIIe siècle du Serment d’Hippocrate sous la forme d'une croix.

Le Corpus hippocratique (du latin : Corpus hippocraticum) est une compilation de près de soixante-dix traités de médecine de la Grèce antique, écrit en Ionique (dialecte ionique). La question de savoir si Hippocrate lui-même a été l'auteur du corpus n'a pas été résolue de façon définitive[44]. Mais, ces livres ont probablement été rédigés par ses étudiants et ses disciples[45]. En raison de la variété des thèmes, des styles d'écriture et de la date apparente de rédaction les chercheurs estiment que le Corpus hippocratique n'aurait pas pu être écrit par une seule personne (Ermerins évalue le nombre des auteurs à dix-neuf)[5]. Pendant l'Antiquité le corpus a été attribué à Hippocrate et son enseignement a en général suivi ses principes, de sorte qu'il est désigné par son nom. Il pourrait s’agir des vestiges d'une bibliothèque de Kos ou d’une collection de manuscrits compilés au IIIe siècle av. J.-C à Alexandrie[27],[46].

Le Corpus hippocratique comprend des manuels, des conférences, des recherches, des notes et des dissertations philosophiques sur divers sujets en rapport avec la médecine, réunis sans ordre particulier[44],[47]. Ces ouvrages qui ont été écrits pour différents publics, à la fois pour les spécialistes et pour les profanes, ont parfois été conçus à partir de points de vue opposés, ce qui explique que d’importantes contradictions peuvent être relevées entre les différentes parties du corpus[48]. Parmi les œuvres importantes du Corpus citons le serment d'Hippocrate, Le Livre des pronostics, Le Régime dans les maladies aiguës, Les Aphorismes, Airs, eaux, lieux, Les instruments de réduction, Sur la maladie sacréeetc.[5].

Le serment d’Hippocrate[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Serment d'Hippocrate.

Le serment d'Hippocrate, un texte sur l'éthique de la pratique médicale, a été attribué dans l'Antiquité à Hippocrate. Il s’agit probablement du document le plus célèbre du Corpus hippocratique, mais récemment, l'authenticité du document a été mise en doute. Bien que le serment soit aujourd'hui rarement utilisé sous sa forme originale, il a inspiré d'autres serments similaires et les lois qui définissent les bonnes pratiques et la morale médicale. De tels serments sont aujourd’hui régulièrement prononcés par les diplômés en médecine sur le point d'entrer dans la pratique médicale[49],[46].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Peinture murale représentant Galien et Hippocrate. XIIe siècle,Anagni, Italie .

Hippocrate est largement considéré comme le « Père de la Médecine[45] ». Ses contributions ont révolutionné la pratique de la médecine, mais après sa mort, les progrès de la discipline ont marqué le pas[50]. Hippocrate était tellement révéré que ses enseignements ont été considérés comme trop parfaits pour pouvoir être améliorés et qu’aucun progrès significatif dans le domaine médical n’a plus été réalisé pendant longtemps, tant le dogme interdisait toute remise en cause[46],[21]. Les siècles qui ont suivi la mort d'Hippocrate furent marqués plus souvent par des retours en arrière que par de nouveaux progrès. Par exemple, après l’époque d'Hippocrate, la pratique d’écrire l’histoire de cas cliniques a disparu selon Fielding Garrison[51].

Héritage[modifier | modifier le code]

Après Hippocrate, le médecin le plus remarquable a été Galien, un grec qui a vécu de 129 à 200 apr. J.-C. et qui perpétua la médecine Hippocratique avec à la fois des apports et des reculs[52]. Ses œuvres traduites en latin ont eu beaucoup d’influence sur l’occident chrétien qui avait difficilement accès aux textes originaux en grec. Après la chute de l’Empire romain d'Occident en 476 la médecine hippocratique a continué à être pratiquée dans l’Empire byzantin qui a contribué à préserver les connaissances de l’antiquité grecque et latine par la compilation des textes anciens et plus tard par leur transmission aux Italiens notamment par l'intermédiaire de la Sicile qui est restée possession byzantine jusqu’en 878.

Article détaillé : Médecine dans l’Empire byzantin.

En 489 au moment de la fermeture de leur École théologique d'Édesse l’élite intellectuelle des chrétiens nestoriens chassés de l’Empire byzantin par les persécutions religieuses ont fui en Perse où ils ont été accueillis par le roi Khosro Ier à l’Académie de Gundishapur. Ils emmenaient avec eux de précieux manuscrits anciens et ont traduit en syriaque et en persan une grande partie de l’œuvre d’Hippocrate. Au Moyen Âge, après la chute de la dynastie sassanide et la conquête de la Perse par les musulmans, Bagdad est devenu progressivement le nouveau centre culturel de la région et, après la création de la Maison de la sagesse en 832 par le Calife al-Ma'mūn, les textes d’Hippocrate ont été traduits en arabe[53] et ses méthodes ont été adoptées par les médecins musulmans.

Après le XIIe siècle et sous l’influence des Arabes dont les ouvrages avaient été traduits en latin au XIIe siècle, les méthodes d’Hippocrate ont été redécouvertes en Europe et même développées au XIXe siècle. À noter parmi ceux qui ont pratiqué les méthodes cliniques rigoureuses d’Hippocrate les personnalités suivantes : Sydenham, Heberden, Charcot et Osler. Un médecin français, Henri Huchard, a déclaré que ces retours aux sources jalonnent « toute l'histoire de la médecine interne[54] ».

De nos jours les concepts de la médecine hippocratique sont considérés comme obsolètes, mais ils sont encore mis en pratique en Inde en tant que médecine traditionnelle sous le nom de médecine Yunâni (le terme vient du grec Ionia, qui désigne la côte d'Asie Mineure).

La naturopathie se réfère encore de nos jours à la philosophie hippocratique, en tenant compte des 4 éléments, des tempéraments, du milieu humoral et de la force vitale. Cette approche de la santé permet à la médecine hippocratique de rester vivante au travers d'une pratique qui n'ignore pas les avancées de la science, tout en respectant les lois de la vie, observées par les anciens depuis des millénaires.

Article détaillé : Yunâni.

Image[modifier | modifier le code]

« Hippocrate est le plus grand des médecins et fondateur de la médecine. »

— Sénèque, Lettres à Lucilius 95.20

Image conventionnelle de « portrait » romain en buste (gravure du XIXe siècle).

Selon le témoignage d’Aristote, Hippocrate est connu comme « le Grand Hippocrate[55] ». Concernant son apparence, Hippocrate fut d'abord décrit comme un « vieux médecin de campagne digne et compatissant », puis comme « arrogant et inaccessible[46] ». Il est certainement considéré comme un sage, un homme d’une très grande intelligence et, surtout, comme un bon praticien. Francis Adams le décrit comme un vrai « médecin, homme d’expérience et de bon sens[14] ».

Cette image de sage, de vieux médecin est renforcée par les bustes qu’on possède de lui et qui le représentent le visage ridé et portant une grande barbe. De nombreux médecins de l'époque avaient les cheveux coupés courts dans le style de Jupiter et d’Asclépios. Par conséquent, les bustes d'Hippocrate qui nous sont parvenus ne sont peut-être seulement qu’une autre version des portraits de ces divinités[50]. Hippocrate et les croyances qui lui sont attribuées sont considérés comme celles de l’idéal médical. Fielding Garrison, une autorité en matière d'histoire de la médecine, a déclaré : « Il est, avant tout, l'exemple de cette attitude d'esprit critique, toujours à la recherche de sources d'erreur qui est l’essence de l'esprit scientifique[54] ». « Sa figure… se dresse pour les temps futurs comme celle du médecin idéal », selon Une courte histoire de la médecine, qui a inspiré la profession médicale depuis sa mort[56].

Légendes[modifier | modifier le code]

La plupart des histoires qui sont rapportées sur la vie d'Hippocrate sont probablement fausses parce qu’elles sont incompatibles avec les données historiques, et qu’on raconte des histoires similaires ou identiques, à propos d’autres personnages comme Avicenne et Socrate, ce qui suggère qu’il s’agit de légendes. Même au cours de sa vie, la réputation d'Hippocrate était extraordinaire et les histoires de guérisons miraculeuses étaient légion. Par exemple, on dit qu’Hippocrate aurait contribué à la guérison des Athéniens durant la peste d'Athènes par de grands feux utilisés en guise de « désinfectants » en complément d'autres traitements. Il existe une histoire d'Hippocrate guérissant Perdiccas, roi de Macédoine, de la « maladie d'amour ». Aucune de ces fables n'est corroborée par quelque historien que ce soit, ces événements ont donc peu de chances de s'être réellement produits[57],[58],[59]. Même le miel provenant d'une ruche située sur sa tombe était réputé avoir des pouvoirs de guérison[46],[21].

Arbre d'Hippocrate sous lequel on dit qu’Hippocrate aurait travaillé, dans la ville de Kos[60].

Une autre légende concerne la manière dont Hippocrate aurait rejeté une convocation officielle au tribunal d’Artaxerxès, roi de Perse et refusé de le soigner en dépit des somptueux cadeaux que celui-ci lui proposait[61]. La validité de cette anecdote est admise par les sources anciennes, mais réfutée par certains historiens modernes et est donc sujette à caution[62].

Un autre récit affirme que Démocrite était considéré comme fou parce qu'il se moquait de tout et qu’il fut envoyé à Hippocrate pour être soigné. Hippocrate ne diagnostiqua chez Démocrite qu'une disposition à être heureux. Démocrite fut par la suite surnommé « le philosophe rieur[63] ».

Dans les histoires qui le concernent, Hippocrate n’est pas toujours dépeint positivement : selon une légende, Hippocrate aurait fui après l'incendie d'un temple de guérison en Grèce. Soranos d'Éphèse, à l’origine de cette histoire, citait le temple comme étant l’un de l'école de Cnide. Toutefois des siècles plus tard le grammairien byzantin Jean Tzétzès écrit qu’Hippocrate a brûlé son propre temple, le temple de Cos, prétendant qu'il avait agi ainsi pour conserver son monopole sur la connaissance médicale. Cette histoire est totalement en contradiction avec la personnalité d'Hippocrate, telle que la rapporte la tradition. D'autres légendes racontent la résurrection de son neveu Auguste[réf. nécessaire]. Cet exploit est censé être survenu au moment de l'érection d'une statue d'Hippocrate et de la création d'une chaire en son honneur à Rome[59],[57],[29],[64].

Généalogie légendaire[modifier | modifier le code]

La généalogie légendaire d’Hippocrate fait remonter son ascendance paternelle directement à Asclépios (Platon précise qu’il est un « Asclépiade ») et son ascendance maternelle à Héraclès provenant des grecs[65],[66].

Article détaillé : Asclépios.

Locutions nommées d'après Hippocrate[modifier | modifier le code]

Certains signes cliniques et certains symptômes ont reçu le nom d’Hippocrate parce que l’on croyait qu’il avait été la première personne à les avoir décrits. La « face hippocratique » est le changement qui se produit dans le visage au moment de la mort, ou pendant une longue maladie, à cause de l’amaigrissement et de la dénutrition. Le signe des « doigts en baguette de tambour », une déformation des doigts et des ongles, est également connu sous le nom d’Hippocratisme digital. La « succussion hippocratique » est le bruit d’éclaboussures d’un hydropneumothorax ou d’un pyopneumothorax que l’on entend à l’intérieur du thorax en « secouant » le patient. Le « banc d'Hippocrate » qui est un appareil permettant de mettre les os en traction et le « bandage hippocratique » sont deux dispositifs qui ont reçu le nom d’Hippocrate[67]. Le « corpus hippocratique » et le « Serment d'Hippocrate » portent également son nom. Une boisson médicinale très utilisée au Moyen Âge, « l’hypocras », est aussi réputée avoir été inventée par Hippocrate. Le rire sardonique, provoqué par le spasme des muscles du visage est aussi parfois qualifié de sourire d'Hippocrate.

À l'époque moderne, on a baptisé de son nom un cratère de la lune : le cratère Hippocrate. Un musée sur l'île grecque de Kos, le Musée Hippocrate, lui est consacré. Le projet Hippocrate est un programme du centre médical de l 'Université de New York pour renforcer l'éducation à travers l'utilisation de la technologie. Le Projet Hippocrate (un acronyme de HIgh PerfOrmance Computing for Robot-AssisTEd Surgery) est un projet de la Carnegie Mellon School of Computer Science et du Shadyside Medical Center, pour élaborer la planification, la simulation et la mise en pratique des technologies pour la prochaine génération des robots de chirurgie assistée par ordinateur[68].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Corpus hippocratique[modifier | modifier le code]

Le « Corpus hippocratique » comprend entre soixante et soixante-douze traités médicaux, écrits en langue ionienne entre la fin du Ve siècle av. J.-C. et la fin du IIIe siècle av. J.-C., réunis vers le IIe siècle av. J.-C. à Alexandrie. À l'exception de La Nature de l'homme (probablement écrite par Polybe, le gendre d'Hippocrate, vers 410 av. J.-C.), aucun de ces traités ne peut être clairement et définitivement attribué à Hippocrate ou à un quelconque auteur. Toutefois, on regroupe sous l'école de Cos : La Nature de l'homme, Airs, eaux, lieux, Prénotions coaques, Pronostics, La Maladie sacrée ; sous le nom d'école de Cnide : Sentences cnidiennes, Affections internes[69].

  • Œuvres complètes d'Hippocrate, trad. Émile Littré, Paris, 1839-1861, 10 vol.
  • Hippocrate, trad., Les Belles Lettres : L'ancienne médecine (t. II, 1re partie) (fin du Ve siècle av. J.-C.) ; Airs, eaux, lieux (II, 2) ; La maladie sacrée (II, 3) (influence de Diogène d'Apollonie) ; Épidémies ; Des vents (V, 1) ; De l'art (V, 1) ; Du régime (VI, 1) ; Du régime des maladies aiguës (VI, 2) ; De l'aliment ; De l'usage des liquides ; Plaies, nature des os, cœur, anatomie (VIII) ; Maladies ; De la génération (XI) ; De la nature de l'enfant (XI) ; Du fœtus de huit mois (XI) ; Des lieux dans l'homme (XIII) ; Du système des glandes ; Des fistules ; Des hémorroïdes (XIII) ; De la vision ; Des chairs ; De la dentition (XIII).

Études sur Hippocrate[modifier | modifier le code]

Une gravure sur bois représentant la réduction d’une épaule luxée avec un dispositif hippocratique.
  • Laurent Ayache, Hippocrate, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1992 (ISBN 2-13-044736-8).
  • (it) Alberto Jori, Medicina e medici nell'antica Grecia. Saggio sul 'Perì téchnes' ippocratico, Bologna, édition il Mulino,‎ 1996 (ISBN 88-15-05792-7).
  • Jacques Jouanna, Hippocrate, Fayard,‎ 1992 (ISBN 2-213-02861-3).
  • (en) Francis Adams, The Genuine Works of Hippocrates, New York, William Wood and Company,‎ 1891.
  • (en) Boylan, Michael, « Hippocrates », Internet Encyclopedia of Philosophy,‎ 2006 (consulté en 28 septembre 2006).
  • (en) Encyclopedia Britannica, Hippocrates, vol. 13, Encyclopedia Britannica, Inc.,‎ 1911 (lire en ligne), p. 519.
  • (en) Robert A. Schwartz, Gregory M. Richards et Supriya Goyal, « Clubbing of the Nails », Medscape Reference,‎ 28 février 2012 (lire en ligne).
  • (en) Fielding H. Garrison, History of Medicine, Philadelphie, W.B. Saunders Company,‎ 1966.
  • (en) AIa Fishchenko et SD Khimich, Modification of the Hippocratic cap-shaped bandage, vol. 1, Klin Khir,‎ 1986 [détail de l’édition].
  • Ann Ellis Hanson, Hippocrates: The “Greek Miracle” in Medicine, Lee T. Pearcy, The Episcopal Academy, Merion, PA 19066, États-Unis,‎ 2006 (lire en ligne)
  • (en) P.G. Jani, « Management of Haemorrhoids: A Personal Experience », East and Central African Journal of Surgery, vol. 10, no 2,‎ 2005, p. 24–28.
  • Helgi Örn Jóhannsson, Haemorrhoids: Aspects of Symptoms and Results after Surgery, Uppsala University,‎ 2005 (ISBN 91-554-6399-1).
  • (en) Hippocrates, « On the Sacred Disease », Internet Classics Archive: The University of Adelaide Library,‎ 2006 (consulté en 17 décembre 2006).
  • (en) « Democritus », The University of Tennessee at Martin,‎ 2006 (consulté en 17 décembre 2006).
  • (en) W. H. S. Jones, Hippocrates Collected Works I, Cambridge Harvard University Press,‎ 1868 (lire en ligne).
  • (en) Samuel Leff et Vera Leff, From Witchcraft to World Health, Londres et Southampton, Camelot Press Ltd.,‎ 1956.
  • (en) Ralph H. Major, Classic Descriptions of Disease, Springfield (Illinois),‎ 1965.
  • (en) Charles V. Mann, Surgical Treatment of Haemorrhoids, Springer,‎ 2002 (ISBN 1-85233-496-7).
  • (en) Roberto Margotta, The Story of Medicine, New York, Golden Press,‎ 1968.
  • (en) Félix Martí-Ibáñez, A Prelude to Medical History, New York, MD Publications, Inc.,‎ 1961.
  • (en) National Library of Medicine, « Images from the History of Medicine », National Institutes of Health,‎ 2006 (consulté en 17 décembre 2006).
  • (en) National Library of Medicine, « Objects of Art: Tree of Hippocrates », National Institutes of Health,‎ 2000 (consulté en 17 décembre 2006).
  • (en) NCEPOD, Scoping our practice, Londres, National Confidential Enquiry into Patient Outcome and Death,‎ 2004 (ISBN 978-0-9539240-3-5, lire en ligne [PDF]).
  • (en) Sherwin B Nuland, Doctors, Knopf,‎ 1988 (ISBN 0-394-55130-3).
  • (en) Jody Robin Pinault, Hippocratic Lives and Legends, Leyde, New York, Cologne, Brill Academic Publishers,‎ 1992 (ISBN 90-04-09574-8).
  • (en) Platon, « Protagoras », Internet Classics Archive: The University of Adelaide Library,‎ 2006 (consulté en 17 décembre 2006).
  • (en) « Project Hippocrates », Center for Medical Robotics and Computer Assisted Surgery, Carnegie Mellon School of Computer Science,‎ 1995 (consulté en 30 décembre 2006).
  • (en) Ira M. Rutkow, Surgery: An Illustrated History, Londres et Southampton, Elsevier Science Health Science div,‎ 1993 (ISBN 0-8016-6078-5).
  • (en) Charles Singer et E. Ashworth Underwood, A Short History of Medicine, New York et Oxford, Oxford University Press,‎ 1962.
  • (en) J. Shah, « Endoscopy through the ages », BJU International, Londres, Academic Surgical Unit and Department of Urology, Imperial College School of Medicine, St. Mary's Hospital, vol. 89, no 7,‎ 2002, p. 645–652 (PMID 11966619, DOI 10.1046/j.1464-410X.2002.02726.x).
  • William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. 2, Boston, Little, Brown, and Company,‎ 1870 (lire en ligne)

Autres lectures[modifier | modifier le code]

  • (en) Adams Francis (translator) [1891], Works by Hippocrates, The Internet Classics Archive, Daniel C. Stevenson, Web Atomics © 1994–2000,‎ 1994 (original date 1891) (lire en ligne).
  • Gaston Baissette, Hippocrate, Paris, Bernard Grasset,‎ 1931.
  • (it) Alberto Jori, Medicina e medici nell'antica Grecia. Saggio sul 'Perì téchnes' ippocratico, Bologne (Italie), il Mulino,‎ 1996.
  • (en) M. D. Kalopothakes, An essay on Hippocrates, Philadelphie, King and Baird Printers,‎ 1857 (lire en ligne).
  • (it) Francesco Lopez, Il pensiero olistico di Ippocrate. Percorsi di ragionamento e testimonianze., vol. I, Cosenza (Italie), Edizioni Pubblisfera,‎ 2004.
  • (en) Pliny the Elder, Natural History: Book XXIX, translated by John Bostock. See original text in Perseus program.
  • (en) Wesley D. Smith, Hippocratic Tradition, Cornell Univ Pr,‎ 1979 (ISBN 0-8014-1209-9).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Garrison 1966, p. 92–93
  2. Nuland 1988, p. 5
  3. Garrison 1966, p. 96
  4. Nuland 1988, p. 4
  5. a, b, c et d Encyclopedia Britannica 1911
  6. a et b Nuland 1988, p. 7
  7. (en) Roberto Margotta, The Story of Medicine, Golden Press,‎ 1968, p. 66
  8. Cité par LLoyd (1999a), p. 69.
  9. Sur la maladie sacrée, c.18.
  10. Adams 1891, p. 4
  11. Jones 1868, p. 11
  12. Nuland 1988, p. 8–9
  13. a, b et c Garrison 1966, p. 93–94
  14. a et b Adams 1891, p. 15
  15. Margotta 1968, p. 67
  16. Leff et Leff 1956, p. 51
  17. Jones 1868, p. 12–13
  18. a et b Garrison 1966, p. 99
  19. Boylan 2006
  20. Jones 1868, p. 46, 48, 59
  21. a, b et c Margotta 1968, p. 73
  22. a et b Garrison 1966, p. 98
  23. Singer et Underwood 1962, p. 35
  24. a, b et c Garrison 1966, p. 97
  25. Adams 1891, p. 17
  26. Garrison 1966
  27. a et b Margotta 1968, p. 64
  28. Rutkow 1993, p. 24–25
  29. a et b Margotta 1968, p. 66
  30. Martí-Ibáñez 1961, p. 88
  31. Margotta 1968, p. 68
  32. Leff et Leff 1956, p. 45
  33. Schwartz, Richards et Goyal 2012
  34. Singer et Underwood 1962, p. 40
  35. Margotta 1968, p. 70
  36. Martí-Ibáñez 1961, p. 90
  37. Major 1965
  38. a, b et c Jóhannsson 2005, p. 11
  39. a, b et c Jani 2005, p. 24–25
  40. Jóhannsson 2005, p. 12
  41. Mann 2002, p. 1, 173
  42. Shah 2002, p. 645
  43. NCEPOD 2004, p. 4
  44. a et b Singer et Underwood 1962, p. 27
  45. a et b Hanson 2006
  46. a, b, c, d et e Martí-Ibáñez 1961, p. 86–87
  47. Rutkow 1993, p. 23
  48. Singer et Underwood 1962, p. 28
  49. Jones 1868, p. 217
  50. a et b Garrison 1966, p. 100
  51. Garrison 1966, p. 95
  52. Jones 1868, p. 35
  53. Leff et Leff 1956, p. 102
  54. a et b Garrison 1966, p. 94
  55. Jones 1868, p. 38
  56. Singer et Underwood 1962, p. 29
  57. a et b Adams 1891, p. 10–11
  58. Jones 1868, p. 37
  59. a et b Smith 1870, p. 483
  60. National Library of Medicine 2000
  61. Pinault 1992, p. 1
  62. Adams 1891, p. 12–13
  63. Internet Encyclopedia of Philosophy 2006
  64. Jones 1868, p. 24
  65. Adams 1891
  66. Selon les Chiliades de Tzétzès, la généalogie d'Hippocrate II est la suivante :
    1. Hippocrates II. Le père de la médecine
    2. Heraclides
    4. Hippocrates I.
    8. Gnosidicus
    16. Nebrus
    32. Sostratus III.
    64. Theodorus II.
    128. Sostratus II.
    256. Thedorus
    512. Cleomyttades
    1024. Crisamis
    2048. Dardanus
    4096. Sostatus
    8192. Hippolochus
    16384. Podalirius
    32768. Asclépios
  67. Fishchenko et Khimich 1986
  68. Project Hippocrates 1995
  69. Laffont-Bompiani édi., Le nouveau dictionnaire des œuvres, t. II, p. 1498.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]