Mick Jagger

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Mick Jagger

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Mick Jagger au festival du cinéma américain de Deauville 2014.

Informations générales
Nom de naissance Michael Philip Jagger
Naissance 26 juillet 1943 (71 ans)
Dartford, Angleterre
Activité principale chanteur, producteur
Activités annexes acteur
Genre musical Blues, rock
Instruments Guitare, harmonica
Années actives 1962 à aujourd'hui
Labels Virgin
Rolling Stones
ABKCO
Site officiel www.mickjagger.com

Mick Jagger, né le 26 juillet 1943 à Dartford (Kent, Angleterre), est un musicien, auteur-compositeur et chanteur britannique, cofondateur en 1962, avec Keith Richards, Brian Jones et Ian Stewart du groupe de rock britannique The Rolling Stones. Avec Keith Richards, au sein d'un partenariat qu'ils ont baptisé The Glimmer Twins (les jumeaux étincelants) il est l'auteur-compositeur de la plupart des titres du répertoire original du groupe. Outre le chant, il lui arrive de jouer de l'harmonica et de la guitare au sein des Rolling Stones. Il est également acteur à l'occasion.

Mick Jagger est l'un des chanteurs les plus célèbres du rock en raison de la popularité et de la longévité des Rolling Stones. Véritable star depuis le milieu des années 1960, il est, par son jeu de scène démonstratif, son attitude et son charisme, considéré comme l'archétype du chanteur de rock, souvent cité comme référence par de nombreux musiciens. Il est classé 16e dans le classement des cent meilleurs chanteurs de tous les temps du mensuel Rolling Stone.

Il a aussi travaillé pour le cinéma en tant qu'acteur dans plusieurs films, notamment : Performance, Ned Kelly, L'Homme d'Elysian Fields ou encore Bent.

Le 12 décembre 2003, Mick Jagger a été solennellement adoubé chevalier par le prince Charles, au nom de la reine, en présence de son père et de deux de ses filles, devenant ainsi Sir Michael Jagger[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Basil Fanshawe « Joe » Jagger (né le 6 avril 1913 et mort le 11 novembre 2006) était professeur d'histoire et d'éducation physique ; sa mère, Eva Ensley Mary Scutts, coiffeuse (née le 13 avril 1913 et morte le 18 mai 2000)[2]. En 1957, son père anime une émission de télévision sur la gymnastique, Mike apparaît plusieurs fois dans les reportages, accomplissant des mouvements de gym[3],[4]. Son père Basil s'est intéressé au basket-ball, sport alors inconnu en Europe ; il y a initié Mick, et a écrit un livre à ce sujet en 1971[5].

Dès l'âge de 15 ans, Mick s'intéresse au rhythm and blues. Tout en continuant ses études, il débute à l'harmonica et s'exerce au chant. Il forme son premier groupe, baptisé Little Boy Blue & The Blues Boys en 1959 avec son copain de quartier Dick Taylor[6]. Fin 1961, il rencontre Keith Richards sur le quai de la gare de Dartford[N 1], qui avait été élève dans la même école primaire que lui, et qui est attiré par les albums de rhythm'n'blues que Mick vient d'acheter. Ils s'aperçoivent rapidement qu'ils partagent non seulement un engouement commun pour la musique noire américaine mais aussi un ami : Dick Taylor qui joue dans Little Boy Blue and The Blue Boys.

À partir de là, Mick et Keith commencent à jouer ensemble. En parallèle avec son groupe, Mick joue aussi en amateur dans le Blues Incorporated d'Alexis Korner, qui intègre de nombreux musiciens de passage, allant et venant, dont Cyril Davies à l'harmonica, Charlie Watts à la batterie, Ginger Baker à la batterie et Jack Bruce à la contrebasse[N 2]. En 1961, Mick entre à la London School of Economics mais la quitte pour se consacrer à la musique, malgré les conseils de son père. Il rejoint Ian Stewart et Brian Jones, rencontrés au Ealing Club où se produit le Blues Incorporated, qui cherchent d'autres musiciens pour former un groupe. Keith Richards rejoint bientôt la formation qui se compose de Mick Jagger au chant, Ian Stewart au piano, Brian Jones à la guitare, Dick Taylor à la basse et Mick Avory à la batterie. Après un hiver difficile pour Mick, Keith et Brian, passé en colocation avec un certain James Phelge[N 3] au désormais célèbre 102 Edith Grove à Londres, avec comme ultimes ressources les maigres cachets de quelques concerts, ils fondent les Rolling Stones. Dick Taylor quitte rapidement la formation pour former les The Pretty Things et le groupe recrute Bill Wyman au poste de bassiste puis Charlie Watts qui remplace Mick Avory à la batterie en 1963. Les Rolling Stones ont désormais leur formation.

Au sein des Rolling Stones[modifier | modifier le code]

Mick Jagger lors d'un concert du groupe à Chicago en 1975

La place de Mick Jagger au sein de la formation est au début assez discrète. Bien qu'il se révèle rapidement être une bête de scène, ce n'est pas lui qui fait office de leader ou qui décide des orientations musicales du groupe. Ce rôle échoit à l'origine à Brian Jones. Cependant, son physique androgyne, son attitude outrancière et son sex-appeal poussent Andrew Loog Oldham à faire de Mick l'une des figures principales du groupe. Malgré des capacités limitées comme chanteur, Mick jouit d'une certaine aura auprès du public qui tranche avec l'attitude plus sage et conventionnelle des autres groupes anglais du moment (notamment les Beatles). Alors que Brian Jones était au début le négociateur des contrats pour les Rolling Stones, Mick prend cette place petit à petit, poussé par Andrew Loog Oldham. Il devient au fil des années (avec Keith Richards, dans une moindre mesure) la tête pensante des Rolling Stones.

Ce rôle au sein du groupe est renforcé par le fait que, poussé par Oldham, il va à partir de 1964, se lancer avec Keith Richards dans l'écriture des chansons du groupe. De leur collaboration vont naître quelques-uns des plus grands succès du rock comme (I Can't Get No) Satisfaction, Jumpin' Jack Flash, Sympathy for the Devil ou Paint It Black. Keith Richards a décrit leur manière de travailler dans son autobiographie intitulée Life. Le guitariste est souvent à l'origine des chansons et présente à Mick, une ébauche avec parfois un premier vers ou un refrain. Mick Jagger se charge alors d'écrire (ou de réécrire) le reste des paroles avec la mélodie du chant. Néanmoins, certains titres crédités Jagger/Richards n'ont parfois été écrits et composés que par Jagger tout seul. C'est le cas par exemple de Brown Sugar. L'association artistique entre Jagger et Richards leur vaudra le surnom de « Glimmer Twins » (« les jumeaux éclatants »).

Les textes écrits par Jagger aident à façonner l'image des Rolling Stones : ils parlent de sexe, de drogues et tournent en dérision les femmes et la société. Mick Jagger se construit une image de mauvais garçon, impertinent et rebelle. Cette image qui prend forme à partir du milieu des années 1960 se perpétuera ensuite à grand renfort de coups médiatiques et de déclarations fracassantes dans la presse.

Carrière solo[modifier | modifier le code]

Les premiers projets artistiques que Mick Jagger concrétise hors des Rolling Stones concernent le cinéma. Il joue en 1968 dans Performance un film de Nicolas Roeg, avec James Fox et Anita Pallenberg, dans lequel il incarne le personnage de Turner, une rock star décadente, peu éloignée de ce qu'il est à l'époque. Il s'agit sûrement de son rôle le plus convaincant au cinéma : les deux suivants Ned Kelly (1970) et Freejack (1992) seront beaucoup plus anecdotiques. En 1997, il revient au cinéma avec le rôle d'un transsexuel dans Bent de Sean Mathias.


Dans les années 1980, Mick Jagger se fâche avec Keith Richards et, en 1985, il décide de se lancer dans une carrière musicale solo en marge des Rolling Stones. Les albums She's The Boss (1985), Primitive Cool (1987) et Wandering Spirit (1993) n'arriveront pas vraiment à convaincre le public, malgré quelques bonnes ventes. En 1989, il se réconcilie avec Richards et recommence à se produire avec les Rolling Stones, jusqu'à aujourd'hui. Néanmoins, il continue de mener des projets parallèles : en 2001 sort son quatrième album solo, Goddess in The Doorway, auquel ont participé des artistes comme Lenny Kravitz, Bono ou Pete Townshend. Comme ses précédents albums solos, il peine à convaincre le public malgré un certain succès critique. En 2007, Mick Jagger sort une compilation de son travail solo, The Very Best Of Mick Jagger.

En 2011, il collabore avec Damian Marley, Joss Stone, Dave Stewart et A. R. Rahman pour l'album SuperHeavy.

Personnage médiatique[modifier | modifier le code]

Performer du rock[modifier | modifier le code]

Mick Jagger en concert à Madrid en juin 2007.

Avec Elvis Presley et Freddie Mercury ou Bruce Springsteen, Mick Jagger est considéré comme l'un des personnages les plus emblématiques du rock. Comme le King, il doit sa popularité à la dimension sexuelle du rock qu'il mettait en scène. Son physique particulier (lèvres énormes, taille de guêpe), androgyne, ses postures arrogantes et ses déhanchements féminins participaient à la construction de cette dimension sexuelle (souvent présentée comme ambivalente[7]). Jagger déclarera même avoir été influencé dans les années 1960 par le jeu de scène sensuel et sexuel de Tina Turner[8] pour développer le sien. Lui-même influencera de multiples chanteurs par son jeu de scène comme Jim Morrison, Iggy Pop ou Michael Hutchence[9].

Mick Jagger reste l'un des premiers chanteurs d'un groupe à s'être véritablement imposé sur scène comme la figure principale du groupe. Cette posture (qui sera imitée par la suite par de nombreux autres chanteurs : Jim Morrison etc.) fera beaucoup pour la popularité des Rolling Stones. On remarquera que le logo des Stones représente une bouche lippue avec une langue : les attributs les plus remarquables de Mick Jagger.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Ancienne maison de Mick Jagger.

En dehors de la scène, Mick Jagger accréditait son attitude en ayant une vie amoureuse assez importante et agitée. Mari et amant volage, il aurait eu des liaisons avec Chrissie Shrimpton[N 4], Pamela Des Barres, Anita Pallenberg, Marsha Hunt, Janice Dickinson, Angelina Jolie, Carla Bruni[11],[12], Carly Simon, le mannequin Sophie Dahl (en).

À partir de 1965 et jusqu'en 1970, il aura une liaison tumultueuse avec Marianne Faithfull sur fond de drogues. Marianne et Mick seront même arrêtés en 1967 avec Keith Richards à Redlands, dans la maison de Keith, en possession de cannabis. L'influence de Marianne Faithfull, très cultivée, va se faire sentir sur les textes de Mick pendant leur relation. Elle va lui permettre de s'ouvrir aux arts et à la littérature. C'est elle qui lui présente le livre Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, qui va lui servir à écrire Sympathy for the Devil. En 1969, Marianne Faithfull écrira la chanson Sister Morphine (en) qui sera créditée en 1971 dans l'album des Rolling Stone Sticky Fingers aux noms de Jagger et Richards. Ce n'est que bien des années plus tard après une bataille juridique que Marianne Faithull en sera reconnue coauteur.

Après leur relation, Mick va connaître à partir des années 1970, un intérêt croissant pour la jet set et la grande bourgeoisie britannique[N 5]. En 1971, son mariage avec Bianca Pérez Mora-Macias à Saint-Tropez, en France, convie une multitude de stars et est très médiatisé. Le couple, qui a l'habitude de parler français en son sein, se fait remarquer jusqu'au début des années 1980 dans les soirées mondaines. Mick Jagger divorcera de Bianca en 1980, après l'avoir trompée avec Jerry Hall. Mick et Jerry se marieront en 1990, mais ce mariage sera annulé en 1999[N 6], après que Mick l'eut aussi trompée avec Luciana Gimenez Morad, un mannequin brésilien.

Un article de Paris Match relate les confidences de l'ex-épouse de David Bowie au journal britannique The Sun où elle révèle avoir découvert son mari dans un lit avec Mick Jagger, précisant que les deux hommes étaient nus et ivres. Match estime que cette révélation n'est qu'un « secret de polichinelle »[13]. Toutefois, Keith Richards, dans son autobiographie Life, n'évoque pas ces points[14].

Mick Jagger a eu sept enfants :

En 2014, Mick devrait être arrière-grand-père, la fille de Jade, Assisi Jackson, attendant son premier enfant avec son compagnon Alex, un chef cuisinier.

Drogues[modifier | modifier le code]

Mick Jagger à la Berlinale 2008.

L'usage de la drogue étant intimement lié à la légende des Rolling Stones, Mick Jagger fut pendant une grande partie de sa carrière musicale associé à des affaires de consommation de drogues (bien que la plupart n'aient jamais fait l'objet de procédures judiciaires). Sa première arrestation pour possession de drogue remonte à une descente de police dans la maison de Keith Richards en 1967. Les deux Stones risquèrent un temps la prison à cause du cannabis qui fut trouvé, avant d'être relâchés et après avoir provoqué l'émoi d'un journal comme The Times, qui prit leur défense[N 7]. Bien qu'ayant moins flirté avec la mort que Keith Richards, qui fut dans les années 1970 un héroïnomane notoire, Mick Jagger a avoué qu'à de multiples reprises, il avait consommé des drogues durant sa carrière. Il a déclaré notamment qu'il était sous l'effet du LSD lors de la séance photo pour la pochette de l'album Their Satanic Majesties Request en 1967. Dans le documentaire Cocksucker Blues tourné en 1972, on le voit même sniffer de la cocaïne en coulisses.

Tony Sanchez, surnommé « Spanish Tony », dans son autobiographie Up and Down With the Rolling Stones, déclarait qu'il fournissait Mick Jagger en cocaïne[15]. Certaines des chansons écrites ont pour référence plus ou moins explicites certaines drogues : Mother's Little Helper (le valium), Dead Flowers ou Brown sugar (l'héroïne) ou Sister Morphine.

Mick Jagger et la France[modifier | modifier le code]

Sa maîtrise de la langue française s'explique par ses cours à l'école, ses vacances passées en France lors de son enfance, par sa relation amoureuse avec Bianca Perez Morena de Macias avec laquelle il conversait en français, par son exil fiscal dans le sud de la France au début des années 1970 ainsi que par son château de Fourchette[N 8] à Pocé-sur-Cisse près d'Amboise, en Touraine.

L'auteur-compositeur-interprète Jean-Jacques Goldman lui fait référence dans la chanson Back to the City again : « Moi, je m'endormais en rêvant de Mick Jagger ».

Discographie[modifier | modifier le code]

The Rolling Stones[modifier | modifier le code]

Article détaillé : The Rolling Stones.

Solo[modifier | modifier le code]

Filmographie (comme acteur et/ou producteur)[modifier | modifier le code]

Il apparaît aussi avec son acolyte Keith Richards (qui y fume autant que dans la réalité) dans un des épisodes de la saison 14 des Simpson dans Like A Rolling Stone.

Mick Jagger devait également jouer un rôle important dans Fitzcarraldo de Werner Herzog mais la maladie de l'acteur principal Jason Robards provoqua l'interruption du tournage. Robards fut remplacé par Klaus Kinski mais, quand le tournage put recommencer après six semaines d'interruption, Mick Jagger n'était plus disponible : son personnage fut alors supprimé du scénario[16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Revues et magazines[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « ...Tu sais combien j'aime Chuck Berry, et je t'avais dit que je pensais être le seul fan à des kilomètres à la ronde, or l'autre matin à la gare de Dartford, j'avais un disque de Chuck à la main et un gars que j'ai connu à l'école primaire, entre sept et onze ans, s'est approché de moi... » Extrait d'une lettre de Keith Richards à sa tante Patty et publiée page 108 de l'édition française de Life, son autobiographie).
  2. Les deux derniers cités créeront Cream avec Eric Clapton en 1966.
  3. Nom qui servira de base au pseudonyme Nanker Phelge utilisé par les Stones à leur début pour certains de leurs titres.
  4. Mick Jagger a une relation avec le mannequin des années 1960 Chrissie Shrimpton, sœur de Jean Shrimpton, avant de fréquenter Marianne Faithfull[10].
  5. La prise en main des affaires des Stones par le prince Rupert Lowenstein en sera un des signes.
  6. Il n'y aura pas de divorce car le mariage avait été contracté à Bali, qui n'a aucun accord de reconnaissance pour les actes de mariages avec le Royaume-Uni. Le mariage était donc nul. D'aucuns y voient un acte de précaution pris par Mick Jagger lors de son mariage avec Jerry Hall…
  7. dans un article de William Rees-Mogg en juillet 1967 : « Who breaks a butterfly on a wheel? »
  8. Où fut enregistré leur dernier album. Sir Mike Jagger, seigneur de Fourchette !

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Stones frontman becomes Sir Mick sur news.bbc.co.uk, 12 décembre 2003
  2. François Bon, Rolling Stone, éditions Fayard, 2002, p. 54.
  3. Voir sur youtube.com.
  4. Voir sur monstersandcritics.com.
  5. Voir sur amazon.com.
  6. François Bon, op. cit., p. 60.
  7. Voir sur baltimoresun.com.
  8. Voir sur people.com.
  9. Voir sur lesoir.be.
  10. (en) « Jean Shrimpton in Melbourne », sur milesago.com (consulté le 30 novembre 2013)
  11. Voir sur independent.co.uk.
  12. Voir sur premiere.fr.
  13. Jennifer Sanchis, « Les nuits torrides de David Bowie et Mick Jagger », sur Paris Match,‎ 11 mars 2013 (consulté le 7 juin 2013)
  14. Keith Richards, James Fox, Life, Robert Laffont, 2011.
  15. Voir sur thehistoryofrockmusic.com.
  16. Fitzcarraldo de Werner Herzog (1982) sur dvdclassik.com.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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