Histoire de la Scandinavie

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Carte de Scandinavie datant de 1730

L'histoire de la Scandinavie est celle des pays nordiques - Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Il reste en Scandinavie peu de vestiges de l’Âge de la pierre, l’Âge du bronze, ou l’Âge du fer, à l’exception d’un nombre limité d'outils de pierre, de bronze et de fer, des bijoux et des ornements, et des Cairns. Il existe, cependant une importante collection de pierres couvertes de dessins gravés désignés sous le nom de pétroglyphes.

Âge de pierre[modifier | modifier le code]

Paléolithique supérieur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paléolithique supérieur.

Lorsque la glace a reculé avec le réchauffement, les rennes sont venus paître dans les plaines du sud de la Suède et du Danemark. Ce fut l’époque de la culture d'Ahrensburg, les tribus qui chassaient sur de vastes territoires et vivaient dans des lavvus sur la toundra. Il y avait peu de forêts dans cette région à l'exception de bouleaux et de sorbiers, mais la taïga apparaissait progressivement.

Mésolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mésolithique.

Au cours du 7e millénaire avant J.-C., quand les rennes et les chasseurs ont migré vers le nord de la Scandinavie, les forêts s’étaient installées dans le pays. La culture des maglemosiens s’est développée au Danemark et au sud de la Suède. Au nord, en Norvège et dans la plus grande partie de la Suède, s’est installé la culture de Fosna-Hensbacka, qui vivait surtout à la lisière de la forêt. Les chasseurs cueilleurs du nord suivaient les migrations des troupeaux et des saumons, vers le sud pendant l'hiver, vers le nord à nouveau au cours de l’été. Ces premiers peuples avaient des traditions culturelles semblables à celles qui étaient pratiquées à travers d'autres régions du Grand Nord, y compris celles qui correspondent aux territoires modernes de la Finlande, de la Russie, et de l’autre côté du détroit de Béring, les régions de la bande nordique de l'Amérique du Nord.

Au cours du 6e millénaire avant J-C, le sud de la Scandinavie était couvert de forêts mixtes (résineux et feuillus). La faune comportait des Aurochs, des bisons d'Europe, des élans et des cerfs. La culture des Kongemosiens était dominante au cours de cette période. Ces peuples chassaient le phoque et pratiquaient la pêche dans des eaux riches en ressources halieutiques. Au Nord du territoire du peuple Kongemose vivaient d'autres chasseurs-cueilleurs présents dans la plupart des régions du sud de la Norvège et de la Suède et appartenant à la culture Nøstvet et Lihult, descendant des cultures Fosna et Hensbacka. Vers la fin du 6e millénaire avant J-C, la culture Kongemose a été remplacée dans le sud par la culture d'Ertebølle.

Néolithique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Néolithique.

Au cours du 5e millénaire avant J.-C., le peuple Ertebølle apprit la technique de la poterie des tribus voisines du sud, qui avaient commencé à cultiver la terre et à élever des animaux. Eux aussi ont commencé à cultiver la terre, et vers 3000 ans avant J-C ils ont fait partie de la culture des vases à entonnoir, une culture mégalithique. Au cours du 4e millénaire avant J.-C., ces tribus se sont étendues en Suède vers Uppland. Les tribus Nøstvet et Lihult ont appris la nouvelle technologie des agriculteurs qui étaient plus en avance (mais pas l'agriculture) et ont évolué vers la culture de la céramique perforée vers la fin du 4e millénaire av. J.-C. Ces tribus ont arrêté la progression des agriculteurs et les ont repoussés vers le sud et le sud-ouest de la Suède, mais certains historiens pensent que les agriculteurs n'ont pas été tués ou chassés, mais qu'ils volontairement adhéré à la culture de la céramique perforée dont ils sont devenus partie intégrante. À la fin, les cultures semblent s’être mélangées, formant la culture d’Alvastra.

On ignore quelle langue parlaient les premiers Scandinaves, mais vers la fin du 3e millénaire avant J.-C., ils furent envahis par des tribus nouvelles, dont de nombreux chercheurs pensent qu’ils parlaient une langue proto-indo-européenne, apportant la culture de la céramique cordée. Ce nouveau peuple s’est installé vers Uppland et le fjord d'Oslo, et ils ont probablement apporté la langue qui est l'ancêtre des langues scandinaves modernes. C’était des éleveurs de bétail, et avec eux la plus grande partie du sud de la Scandinavie est entrée dans le Néolithique.

Âge du bronze danois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du bronze danois.
Pétroglyphes de Scandinavie (Häljesta, Västmanland en Suède). Image composite. Âge du Bronze nordique. Les glyphes sont peints pour les rendre plus visibles. On ignore s’ils étaient peints à l'origine.

Même si les Scandinaves ont rejoint les cultures européennes de l’Âge du bronze assez tardivement à travers le commerce, les sites scandinaves présentent des objets importés d'Europe centrale riches et bien conservés, composés de laine, de bois de bronze et d'or. Pendant cette période, la Scandinavie a développé la première civilisation avancée connue dans cette région depuis l'âge de pierre nordique. Les Scandinaves ont adopté un grand nombre de symboles d'Europe centrale et de la Méditerranée en même temps qu'ils ont créé de nouveaux styles et de nouveaux objets. La civilisation mycénienne, la culture de Villanova, la Phénicie et l’Égypte antique ont été identifiées comme sources d'influence possibles pour les œuvres scandinaves de cette période. L'influence étrangère est probablement à attribuer au commerce de l’ambre, puisque l'ambre trouvé dans les tombes mycéniennes de cette époque provient de la mer Baltique. Plusieurs pétroglyphes représentent des navires, et de grandes formations de pierres connues sous le nom de pierre de navires indiquent que le transport maritime jouait un rôle important dans cette culture. Plusieurs pétroglyphes représentent les navires qui pourraient éventuellement provenir de Méditerranée.

De cette période, on a retrouvé de nombreux pétroglyphes de différents types mais leur signification s’est perdue depuis longtemps. Il existe aussi de nombreux objets de bronze et d'or. L'apparence assez grossière des pétroglyphes par rapport aux œuvres en bronze a donné naissance à la théorie selon laquelle ils ont été produits par différentes cultures ou des groupes sociaux différents. Aucune langue écrite n’existait dans les pays nordiques au cours de l'Âge du Bronze.

L'âge du bronze a été caractérisé par un climat chaud (comparable à celui de la Méditerranée), qui a permis le développement d’une population relativement dense, mais elle s'est terminée par un changement climatique caractérisé par une détérioration, et un climat plus humide et plus froid (qui a peut être donné naissance à la légende de la fimbulvetr) et il semble très probable que le climat ait poussé les tribus germaniques vers le sud et l’Europe continentale. Pendant cette période, il a existé une influence scandinave en Europe de l'Est. Mille ans plus tard, les nombreuses tribus germaniques de l’Est qui proclamaient leurs origines scandinaves (Lombards, Burgondes, Goths et Hérules) ont donné à la Scandinavie (Scandza) le nom de cœur des nations cité dans les Getica de Jordanès.

Âge du fer pré-romain[modifier | modifier le code]

L'âge du bronze s'est terminé par une détérioration du climat devenu plus froid et plus humide. Cette période est connue pour être pauvre en découvertes archéologiques. C'est aussi la période où les peuples germaniques se sont fait connaître du monde méditerranéen et des Romains.

Au début, le fer était précieux et était utilisé pour la décoration. Les plus anciens objets étaient des aiguilles, mais également des épées et des faucilles. Le bronze a continué à être utilisé pendant toute cette période, mais surtout pour la décoration. Les traditions étaient en continuité avec l'Âge du bronze nordique, mais il y avait une forte influence de la culture de Hallstatt d’Europe centrale. Elle a été supplantée par la tradition de la culture des champs d'urnes avec la coutume de brûler les cadavres et de placer les cendres dans des urnes. Au cours des derniers siècles, les influences de la culture de La Tène d’Europe centrale s’est propagée à la Scandinavie à partir du nord-ouest de l’Allemagne, et on a fait des découvertes au cours de cette période dans toutes les provinces du sud de la Scandinavie. De cette époque, les archéologues ont trouvé des épées, des boucliers, des fers de lance, des ciseaux, des faucilles, des pinces, des couteaux, des aiguilles, des boucles, des bouilloires, etc. Le bronze a continué à être utilisé pour les torques et les bouilloires, dont le style était en continuité avec l'âge du Bronze. L'une des trouvailles les plus importantes est le char Dejbjerg du Jutland, un char à quatre roues de bois avec des pièces de bronze.

Âge du fer romain[modifier | modifier le code]

Alors que de nombreuses tribus germaniques ont maintenu des contacts soutenus avec la culture et la présence militaire de l’Empire romain, une grande partie de la Scandinavie se trouvait à la périphérie la plus extrême du monde latin. À l'exception des références occasionnelles aux Swedes (Suiones) et aux Goths de Scandinavie (Gautoi), une grande partie de la Scandinavie était inconnue des auteurs romains.

En Scandinavie, il y avait beaucoup de biens importés, tels que les pièces de monnaie (plus de 7 000), des récipients, des statuettes en bronze, des gobelets en verre, des boucles émaillées, des armes, etc. Ailleurs, le style des objets métalliques et des récipients d'argile est nettement romain. Pour la première fois apparaissent des objets tels que les cisailles et les pions. Au IIIe siècle et IVe siècle, certains éléments ont été importés des tribus germaniques qui s'étaient installées au nord de la mer Noire, comme les runes.

On a aussi découvert de nombreux hommes des tourbières datant de cette époque au Danemark, au Schleswig et au sud de la Suède. Associés à ces corps momifiés, on a trouvé des armes, des articles ménagers et des vêtements de laine. De grands navires conçus pour la navigation à la rame ont été découverts à partir du IVe siècle à Nydam Mose dans le Schleswig. Beaucoup ont été enterrés sans avoir été brûlés, mais la tradition de l’incinération a retrouvé plus tard sa popularité.

Au cours du Ve siècle et du VIe siècle, l'or et l'argent sont devenus plus courants. Une grande partie peut être attribuée à la mise à sac de l'Empire romain par les tribus germaniques, à partir desquels de nombreux Scandinaves se sont fournis en or et en argent.

Âge du fer germanique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Âge du fer Germanique.

La période succédant à la chute de l'Empire romain est connue sous le nom d’Âge du fer Germanique, et elle est divisée en premier âge du fer germanique et deuxième âge du fer germanique, qui en Suède est connu sous le nom de Âge de Vendel, avec de riches sépultures dans le bassin du lac Mälar. Le premier âge du fer germanique est la période où les Danes entrent dans l'histoire, et selon Jordanès, ils étaient une branche des Suédois (Suehans, suetidi) qui avait remplacé les Hérules.

Au moment de la chute de l'Empire romain, de l'or coulait en abondance en Scandinavie, et il existe d'excellents ouvrages en or datant de cette période. L'or a été utilisé pour fabriquer des fixations de fourreaux et des bractéates (pièces de monnaie) dont un exemple notable est celui des Cornes d'or de Gallehus.

Après la disparition de l'Empire romain, l'or est devenu rare et les Scandinaves ont commencé à fabriquer des objets en bronze doré, avec des décorations d'entrelacs d'animaux dans un style scandinave. Les décorations du premier Âge du fer germanique montrent que les représentations d’animaux sont plutôt fidèles anatomiquement, mais à la fin de l’âge du fer germanique ils évoluent vers des formes plus complexes avec des formes intriquées et des membres entrelacés qui sont bien connus à l’Âge des Vikings.

Âge des Viking[modifier | modifier le code]

Reconstitution d’un bateau viking
Article détaillé : Âge des Vikings.

Au cours de l’Âge des Vikings, les Viking (guerriers et commerçants scandinaves) ont attaqué, colonisé et exploré une grande partie de l'Europe, du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord, et de l’Amérique du Nord, plus précisément un territoire identifié comme la Terre-Neuve des temps modernes.

Le début de l'ère viking est généralement fixé à 793, lorsque des Vikings pillent un important monastère sur l’île britannique de Lindisfarne, et sa fin est marquée par la tentative manquée d'invasion de l'Angleterre d’Harald III de Norvège en 1066 et la conquête normande de l'Angleterre.

Âge de la colonisation[modifier | modifier le code]

Colonies et voyages scandinaves

L'âge de la colonisation a commencé vers l'an 800. Les Vikings ont envahi plusieurs pays pour s’y établir, l’Écosse, l’Angleterre, le Groenland, les Îles Féroé, l’Islande, l'Irlande, la Livonie, la Normandie, les îles Shetland, la Sicile, la Russie et le Vinland, qui est maintenant connu sous le nom de Terre-Neuve. Les colons suédois étaient surtout présents en Russie, en Livonie, et d'autres régions de l'Est tandis que les Norvégiens et les Danois se sont principalement concentrés sur l'ouest et le nord de l'Europe. Ces migrants scandinaves partant vers l’Est ont parfois été désignés sous le nom de Varègues (væringjar, qui signifie les hommes assermentés), et selon les plus anciennes sources slaves, ces Varègues ont fondé la Principauté de Kiev, le plus grand État européen de l’Est avant les invasions mongoles. Les guerriers se dirigeant vers l'Ouest, finalement connus sous le nom de Vikings, ont laissé une grande marque culturelle sur des régions telles que la Normandie française, l’Angleterre et l’Irlande, où la ville de Dublin a été fondée par les envahisseurs Viking. L'Islande a commencé à être colonisée à la fin du IXe siècle.

Christianisation[modifier | modifier le code]

Au cours de la christianisation de la Norvège, le roi Olaf a ordonné de laisser des hommes Völvas (pratiquant le Sejðr) ligotés et abandonnés sur un récif à marée basse, les condamnant à la mort par noyade et consacrant l'hégémonie chrétienne sur le royaume de Norvège.

Les croyances religieuses des Vikings étaient fortement associées à la mythologie nordique. Les Vikings avaient mis fortement l'accent sur la bataille, l'honneur axé sur l'idée du Valhalla, un Olympe mythique des dieux accueillant les guerriers morts.

La christianisation de la Scandinavie est survenue plus tard que pour la plupart des autres régions d'Europe. Au Danemark Harald Ier de Danemark a christianisé le pays aux environs de 980. Le processus d’évangélisation de la Norvège a commencé pendant les règnes d’Olaf Ier de Norvège (qui régna de 995 à 1000 environ) et d’Olaf II de Norvège (qui régna de 1015 à 1030). Olaf I et Olaf II avaient été baptisés volontairement en dehors de la Norvège. Olaf II a réussi à amener le clergé anglais dans son pays. La conversion de la Norvège de la religion scandinave au christianisme a été principalement le résultat de l’action des missionnaires anglais. À la suite de l'adoption du christianisme par la monarchie et, ensuite, par la totalité du pays, les pratiques chamaniques traditionnelles ont été marginalisées et ensuite ses adeptes ont été persécutés. Les Völvas, pratiquants le Sejðr, une tradition scandinave pré-chrétienne, ont été exécutés ou exilés sous les gouvernements nouvellement christianisés aux XIe et XIIe siècles.

L’État libre islandais a adopté le christianisme en l'an 999, sous la pression de la Norvège. Le chef Godi Þorgeirr Ljósvetningagoði a contribué à y parvenir.

La Suède a eu besoin d'un peu plus de temps pour la transition vers le christianisme et des pratiques religieuses autochtones sont restées répandues dans les communautés locales jusqu'à la fin du XIe siècle. Une brève guerre civile suédoise s’en est ensuivie en 1066, reflétant principalement les divisions entre les pratiquants des religions autochtones et les partisans du christianisme, au milieu du XIIe siècle, la faction chrétienne semble avoir triomphé, le premier centre de résistance, Uppsala est devenu le siège de l’Archevéché de Suède en 1164. La christianisation de la Scandinavie a eu lieu presque en même temps que la fin de l'ère Viking. L'adoption du christianisme a probablement favorisé l'intégration des communautés Viking dans le cadre religieux et culturel du continent européen.

1100–1600[modifier | modifier le code]

Union de Kalmar[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Union de Kalmar.

L’Union Kalmar (Danemark / Norvège / Suède: Kalmarunionen) a été la conséquence d’une série d’Unions personnelles (1397-1520) qui ont réuni les trois royaumes de Danemark, de Norvège et de Suède sous l’autorité d'un seul monarque. Les pays avaient renoncé à leur souveraineté, mais pas à leur indépendance, et les intérêts divergents (en particulier la frustration des Suédois à propos de la domination danoise sur le Holstein) a donné lieu à un conflit qui l'a mise à mal à partir des années 1430 jusqu'à sa dissolution définitive en 1523.

La guerre nordique de Sept Ans, a finalement rompu l'union et a donné à la Suède le rang d’une grande puissance Européenne.

La Réforme[modifier | modifier le code]

La réforme a atteint Scandinavie dans les années 1530. La Scandinavie est vite devenue l'un des centres importants du Luthéranisme.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

La Guerre de Trente Ans est un conflit qui est survenu entre les années 1618 et 1648, principalement dans les territoires d’Europe centrale du Saint-Empire romain germanique. Il concernait aussi, la plupart des grandes puissances continentales. Bien qu'il se soit agi, dès le début d'un conflit religieux entre protestants et catholiques, la survie de la dynastie des Habsbourg a également été un motif central. Les Danois et les Suédois, sont intervenus à divers moments pour protéger leurs intérêts.

Portrait de Christian IV.

L'intervention danoise a commencé quand Christian IV (1577-1648) le roi du Royaume du Danemark et de Norvège, lui-même luthérien, a aidé les protestants Allemands en prenant la tête d'une armée contre le Saint-Empire romain germanique, craignant que la souveraineté du Danemark en tant que nation protestante soit menacée. La campagne a débuté en 1625 et a duré jusqu'en 1629. Christian IV avait largement profité de sa politique dans le nord de l'Allemagne (Hambourg avait été forcée d'accepter la souveraineté danoise en 1621 et en 1623 l'héritier du trône danois a été administrateur de l'évêché de Verden. En 1635, il devint également administrateur de l'archevêché de Brême.) En tant qu'administrateur, Christian IV avait remarquablement bien réussi, obtenant pour son royaume un niveau de stabilité et de richesse qui était pratiquement sans équivalent en Europe, financé par le péage du détroit d’Øresund et les réparations de guerre obtenues de la Suède. Il a également aidé le ministre Français, le cardinal de Richelieu prêt à payer pour une incursion danoise en Allemagne. Christian IV a envahi le pays à la tête d'une armée de mercenaires de 20 000 hommes, mais les forces danoises ont été sévèrement battues, et Christian IV a dû signer une capitulation ignominieuse, le premier d'une série de revers militaires qui allaient affaiblir son royaume.

Mort du roi Gustave-Adolphe, le 16 novembre 1632 à la bataille de Lützen.

L'intervention suédoise a commencé en 1630 et a duré jusqu'en 1635. Certains à la cour de Ferdinand II " estimaient que Wallenstein voulait prendre la direction des princes allemands et donc acquérir de l'influence sur l'empereur. Ferdinand II renvoya Wallenstein en 1630. Plus tard, il le rappela après que Gustave-Adolphe eut attaqué l'empire et l'eut emporté dans un certain nombre de batailles importantes.

Gustave-Adolphe, comme Christian IV avant lui, était venu au secours des luthériens allemands pour prévenir l'agression catholique contre leur patrie et pour obtenir une influence économique dans les États allemands autour de la mer Baltique. En outre, comme Christian IV, Gustave-Adolphe était financé par Richelieu, premier ministre du roi Louis XIII de France, et par les Néerlandais. De 1630-1634, ils ont repoussé les forces catholiques et ont repris une grande partie des terres protestantes occupées.

Montée de la Suède et de l’Empire suédois[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Histoire de la Suède et Empire suédois.
La Suède à l‘apogée de son expansion territoriale, à la suite du traité de Roskilde en 1658. La zone de couleur orange montre l'étendue du pays suédois, tel qu’il existait au XVIIe siècle.

La puissance suédoise a débuté sous le règne de Charles IX. Au cours de la guerre d'Ingrie la Suède a étendu ses territoires vers l'est. Plusieurs autres guerres avec la Pologne, le Danemark et la Norvège, et les pays allemands ont permis l’expansion suédoise, malgré quelques revers, comme la guerre de Kalmar. La Suède a commencé à consolider son empire. Plusieurs autres guerres ont suivi peu après, dont les Guerres Nordiques et la Guerre de Scanie. Le Danemark a subi de nombreuses défaites au cours de cette période. Enfin, sous le règne de Charles XI l'Empire a été regroupé sous une monarchie semi-absolue.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Grande guerre du Nord[modifier | modifier le code]

Victoire suédoise de Narva, 1700 par Gustaf Cederström, peint en 1910

La grande guerre du Nord a opposé une coalition réunissant la Russie, le royaume du Danemark et de Norvège, la Saxe et la Pologne (à partir de 1715 également la Prusse et l’électorat de Hanovre) d’un côté et la Suède de l'autre côté entre 1700 et 1721. Elle a commencé par une attaque coordonnée contre la Suède menée par la coalition de 1700 jusqu’en 1721, date à laquelle elle s’est terminée par la conclusion du traité de Nystad et des Traités de Stockholm. À la suite de la guerre, la Russie a supplanté la Suède comme puissance dominante de la mer Baltique et est devenue un acteur majeur de la politique européenne.



Colonialisme[modifier | modifier le code]

La Suède et le royaume du Danemark et de Norvège ont contrôlé un certain nombre de colonies en dehors de la Scandinavie à partir du XVIIe siècle jusqu'au XXe siècle. Le Groenland et l’Islande dans l'Atlantique Nord ont été des dépendances norvégiennes qui ont été incorporées au royaume du Danemark et de Norvège. Dans les Caraïbes, le Danemark a fondé une colonie à Saint-Thomas en 1671, Saint John, en 1718, et a acheté Sainte-Croix à la France en 1733. Le Danemark a également gardé des colonies en Inde, Tranquebar et Serampore. La compagnie danoise des Indes orientales avait son siège à Tranquebar. La Suède a également fondé la compagnie suédoise des Indes orientales. À leur apogée, les compagnies suédoise et danoises des Indes importaient davantage de thé que la compagnie anglaise des Indes orientales - et en écoulait 90 % en contrebande en Grande-Bretagne où il pouvait être vendu avec un bénéfice énorme. Les deux compagnies des Indes ont périclité au cours des guerres napoléoniennes. La Suède a possédé l'éphémère colonie de la Nouvelle-Suède dans le Delaware en Amérique du Nord pendant les années 1630, avant d'acquérir les îles de Saint-Barthélemy (1785-1878) et de la Guadeloupe dans les Caraïbes.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Première bataille de Copenhague, 1801

La Scandinavie fut divisée pendant les guerres napoléoniennes. Le royaume du Danemark et de la Norvège a essayé de rester neutre, mais a été impliqué dans le conflit après la sommation britannique de retirer leur marine. La Grande-Bretagne a ensuite attaqué la flotte danoise à la première bataille de Copenhague en 1801 et bombardé la ville pendant la deuxième bataille de Copenhague en 1807. La flotte danoise a été détruite en 1801 mais reconstruite et capturée ou détruite à nouveau en 1807. Le bombardement de Copenhague a conduit à une alliance avec la France et à la guerre totale avec la Grande-Bretagne, dont la marine a effectué un blocus du Danemark et de la Norvège, gravement entravé la communication entre les deux royaumes et provoqué une famine en Norvège. La Suède, alliée de la Grande-Bretagne à l'époque, a saisi l'occasion pour envahir la Norvège en 1807 mais a été repoussée. La guerre avec la Grande-Bretagne s'est déroulée en mer au cours d’une série de batailles, bataille de Point-Zélande, bataille de Lyngør et bataille d'Anholt, avec ce qui restait de la flotte danoise dans les années qui ont suivi, lorsque les Danois ont tenté de briser le blocus britannique, dans ce qui est connu sous le nom de guerre des canonnières. Après la guerre, le Danemark a été contraint de céder Heligoland à la Grande-Bretagne.

La Suède a rejoint la troisième coalition contre Napoléon en 1805, mais la coalition s'est effondrée après la paix de Tilsit en 1807, obligeant la Russie à s’allier à la France. La Russie a envahi la Finlande en 1808 et contraint la Suède à lui céder cette province à la paix de Fredrikshamn en 1809. La défaite du gouvernement a conduit le roi Gustave IV Adolphe à être déposé et banni. Une nouvelle constitution a été instituée, et son oncle Charles XIII a été intronisé. Comme il n'avait pas d'enfant, la Suède a choisi comme successeur, le commandant en chef de l'armée norvégienne, le prince Christian Auguste d’Augustenborg. Cependant, sa mort soudaine en 1810 contraint les Suédois à chercher un autre candidat, et une fois de plus ils ont choisi un officier ennemi. Jean-Baptiste Bernadotte, Maréchal de France, serait le prochain roi. C’est Karl Otto Mörner, un baron suédois de premier plan, qui a le premier proposé d’offrir la couronne suédoise au jeune soldat. Bernadotte était à l'origine l'un des dix-huit maréchaux de Napoléon.

La Suède a décidé de se rallier à l'alliance contre la France en 1813 et a obtenu la promesse de recevoir la Norvège en récompense. Après la bataille de Leipzig en octobre 1813, Bernadotte a abandonné Napoléon et marché contre le Danemark, et il a contraint le roi du Danemark et de Norvège à conclure le traité de Kiel le 14 janvier 1814. La Norvège a été cédée au roi de Suède, mais le Danemark a conservé les possessions norvégiennes de l’Atlantique, les Îles Féroé, l'Islande et le Groenland. Toutefois, le traité de Kiel n’est jamais entré en vigueur. La Norvège a déclaré son indépendance, adopté une constitution libérale, et élu le Prince Christian Frederik qui devint roi sous le nom de Christian VIII. Après une courte guerre avec la Suède, la Norvège a dû concéder une union personnelle avec la Suède à la Convention de Moss. Le roi Christian Frederik a abdiqué et est reparti au Danemark en octobre, et le Storting Norvégien (Parlement) a désigné le roi de Suède comme roi de Norvège, après avoir adopté les amendements à la Constitution qui étaient nécessaires pour permettre l'union avec la Suède.

Suède-Norvège[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Suède-Norvège.

Le 14 janvier 1814, au Traité de Kiel, le roi du Danemark et de la Norvège a cédé la Norvège au roi de Suède. Les termes du traité ont suscité une opposition généralisée en Norvège. Le vice-roi norvégien et héritier du trône de Danemark et Norvège, Christian Frederik a pris la tête d'un soulèvement national, pris le titre de régent, et convoqué une Assemblée constituante à Eidsvoll. Le 17 mai 1814, la constitution de Norvège a été signée par l'assemblée, et Christian Frederik a été élu roi de la Norvège indépendante.

Le roi de Suède a rejeté la proclamation d'indépendance de la Norvège et a lancé une campagne militaire le 27 juillet 1814, avec une attaque sur les îles Hvaler et la ville de Fredrikstad. L'armée suédoise supérieure en nombre, était mieux équipée et entraînée, et était dirigée par un des meilleurs généraux de Napoléon, le prince héritier nouvellement désigné roi de Suède, Jean-Baptiste Bernadotte. La bataille courte et décisive a été remportée par les Suédois. Les négociations pour l'armistice ont été conclues le 14 août 1814.

Au cours des négociations de paix, Christian Frederik a accepté de renoncer à ses droits à la couronne norvégienne et de retourner au Danemark, si la Suède acceptait la Constitution norvégienne démocratique et une Union personnelle. Le 4 novembre 1814, le Parlement norvégien a adopté les amendements constitutionnels nécessaires pour conclure une union avec la Suède, et élu Charles XIII roi de Norvège.

Suite à une insatisfaction croissante en Norvège envers l'Union, le Parlement a déclaré à l'unanimité sa dissolution, le 7 juin 1905. Cette mesure unilatérale a suscité des menaces de guerre de la part de la Suède. Le 13 août un référendum a confirmé la décision parlementaire. Les négociations de Karlstad ont conduit à un accord avec la Suède le 23 septembre et à la démobilisation mutuelle. Les deux parlements ont révoqué l'acte d'Union le 16 octobre, et déposé le roi Oscar II de Suède renonçant à ses prétentions au trône de Norvège et reconnu la Norvège comme royaume indépendant, le 26 octobre. Le parlement norvégien offrit le trône vacant au prince Carl de Danemark, qui accepta après qu’un autre référendum eut confirmé la monarchie. Il arriva en Norvège le 25 novembre 1905, et prit le nom d’Haakon VII.

Guerre de Finlande[modifier | modifier le code]

La guerre de Finlande a opposé la Suède et la Russie à partir de février 1808 jusqu’à septembre 1809. À la suite de la guerre, la Finlande, qui formait le tiers oriental de la Suède propre est devenue le grand-duché de Finlande autonome à l’intérieur de la Russie impériale. La Finlande a fait partie de l'empire russe jusqu'en 1917, date à laquelle elle est devenue indépendante. Un autre effet notable a été l'adoption par le Parlement suédois d'une nouvelle constitution et d’une nouvelle maison royale, celle de Bernadotte.

Industrialisation[modifier | modifier le code]

En Scandinavie l’Industrialisation a commencé au milieu du XIXe siècle. Au Danemark, son développement a été limité à Copenhague jusque dans les années 1890, après quoi les petites villes ont commencé à croître rapidement. Le Danemark est resté essentiellement agricole jusqu’au XXe siècle, mais les procédés agricoles ont été modernisées et la transformation des produits laitiers et des viandes est devenue plus importante que l'exportation de produits agricoles bruts.

L'industrialisation de la Suède a connu un boom au cours de la Première Guerre mondiale. La construction d'un chemin de fer reliant le sud de la Suède aux mines du Nord a été d'une importance primordiale.

Le Scandinavisme[modifier | modifier le code]

L'utilisation moderne du terme Scandinavie vient de la montée politique du mouvement scandinaviste, qui a été très actif au milieu du XIXe siècle, surtout entre la première guerre du Schleswig (1848-1850), dans laquelle la Suède et La Norvège ont engagé des forces militaires considérables, et la deuxième guerre du Schleswig (1864), lorsque le Parlement suédois a dénoncé les promesses du roi d’un soutien militaire au Danemark.

Émigration[modifier | modifier le code]

Beaucoup de Scandinaves ont émigré au Canada, aux États-Unis, en Australie, en Afrique et en Nouvelle-Zélande durant la fin du XIXe siècle. La vague d'émigration scandinave s'est produite dans les années 1860 et dura jusqu'en 1880, bien qu’une forte émigration continuera jusque dans les années 1930. La grande majorité des émigrants quittaient la campagne à la recherche de meilleures terres agricoles et de meilleures perspectives économiques. Avec la Finlande et l'Islande, près d'un tiers de la population a émigré dans les quatre-vingt années qui ont suivi 1850. Une des raisons de cet exode massif était l'accroissement de la population provoquée par la chute du taux de mortalité, qui a augmenté le chômage[1]. La Norvège avait le plus grand pourcentage d'émigrants et le Danemark le plus faible.

Entre 1820 et 1920 un peu plus de deux millions de Scandinaves se sont établis aux États-Unis. Un million sont venus de Suède, 300 000 du Danemark, et 730 000 de Norvège[2]. Le chiffre de la Norvège représente près de 80 % de la population nationale en 1800. Les destinations les plus populaires en Amérique du Nord étaient le Minnesota, l'Iowa, le Dakota, le Wisconsin, le Michigan et les plaines canadiennes de l'Ontario.

Union monétaire[modifier | modifier le code]

L’Union monétaire scandinave est une zone monétaire qui a été formée par la Suède et le Danemark le 5 mai 1873, pour fixer la parité de leurs monnaies par rapport à l’Étalon-or. La Norvège, qui formait une union avec la Suède a rejoint l'Union deux ans plus tard, en 1875, en rattachant sa monnaie à l'or au même niveau que le Danemark et la Suède[3].L'union monétaire est l’un des quelques résultats tangibles à porter au crédit du mouvement politique scandinave du XIXe siècle.

L’union a permis de garder des taux de change fixes et de maintenir la stabilité monétaire, mais les pays membres ont continué à émettre leur propre monnaie. Même si ce n'était pas prévu initialement, le sentiment de sécurité a conduit à une situation où les monnaies formellement distinctes étaient acceptées sur une base de « valeur égale » l'offre légale étant pratiquement étendue à tout le territoire.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 a mis fin à l'union monétaire. La Suède a abandonné la convertibilité avec l'or, le 2 août 1914, et sans taux de change fixe, la libre circulation a pris fin.



XXe siècle[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les trois pays scandinaves sont tous restés neutres durant la Première Guerre mondiale. La guerre a eu un impact significatif sur l'économie de la région, principalement en raison du blocus britannique de l'Allemagne. Toutefois, ils ont pu le contourner par un accord commercial avec la Grande-Bretagne. L’importante marine marchande norvégienne a livré des fournitures vitales à la Grande-Bretagne, mais a subi des pertes énormes de navires et de marins à cause des attaques aveugles de la marine allemande. Le Danemark a mobilisé une grande partie de son armée, mais l'Allemagne a dans une certaine mesure violé la souveraineté danoise, par exemple en exploitant les mines d’Øresund. Un assez grand nombre de Danois de souche du sud du Jutland ont combattu dans l'armée allemande.

Développement de l’État providence[modifier | modifier le code]

Ces trois pays ont développé la protection sociale dans la première moitié du XXe siècle. Cela a été réalisé en grande partie à cause de la domination des Sociaux Démocrates en Suède et au Danemark et, du Parti travailliste en Norvège.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les sites d'atterrissage allemands au cours de la phase initiale de l’Opération Weserübung.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés et les puissances de l'Axe craignaient que leurs ennemis accèdent au pouvoir en Scandinavie. La Grande-Bretagne croyait que l’Allemagne envisageait une invasion et ne tenait pas à se battre là-bas. Dans le même temps, l'Allemagne craignait que la Grande-Bretagne obtienne des bases dans la région et la soupçonnait de préparer une invasion pure et simple. En outre, l'Allemagne avait besoin du minerai de fer de la Norvège et ne pouvait pas se permettre d’être privée de son accès. Elle avait également besoin de la Norvège pour ses ports libres de glace, ce qui faisait de ce pays une cible prioritaire, avec le Danemark comme objectif secondaire principalement pour faciliter l'invasion de la Norvège. Après des mois de planification, l'Allemagne envahit le Danemark et la Norvège le même jour, le 9 avril 1940.

Les nations ont réagi très différemment. Le Danemark s'est rendu deux heures après l'invasion, ayant perdu en tout seize hommes. Il a cherché à éviter les victimes civiles en espérant recevoir un traitement favorable de l'Allemagne. La Norvège a toutefois refusé de céder et s’est battue vaillamment et avec toutes ses forces qui étaient limitées et mal préparées. Les alliés occidentaux ont envoyé une aide militaire, mais la campagne n'a pas été gérée efficacement. Le 10 juin 1940, l’armée de la Norvège s’est rendue aux envahisseurs, tandis que le roi Haakon VII et son gouvernement légal partaient en exil en Grande-Bretagne.

La stratégie du Danemark s'est avérée bénéfique à court terme. Ce fut l'un des facteurs qui ont conduit l'Allemagne à accorder aux Danois un degré d'autonomie élevé. Une autre raison était qu'ils n'avaient pas de véritable objectif militaire au Danemark. Après avoir envahi le pays, ils ont tout simplement voulu l’intégrer comme élément permanent de leur empire. De fait, les Danois étaient considérés par les idéologues nazis, de même que les habitants des autres pays nordiques comme des « Aryens », susceptibles d’aider le pays. Pour toutes ces raisons, le Danemark a réussi à conserver son parlement, son roi, et une grande partie de leurs institutions. Toutefois, le ressentiment envers l'Allemagne a augmenté, et les sabotages dirigés contre l'occupant sont devenus monnaie courante. L'Allemagne a finalement réagi en éliminant le gouvernement représentatif du Danemark et en décrétant la loi martiale.

La Norvège a été traitée beaucoup plus durement tout au long de l’occupation. Les partis d'opposition ont été éliminés et le Nasjonal Samling (« Unité nationale »), le parti politique fasciste norvégien, nommait tous les fonctionnaires du gouvernement. Vidkun Quisling a été mis en place comme ministre-président, une marionnette du Haut Commandement de Berlin. Les syndicats ne pouvaient exister que s'ils acceptaient le contrôle nazi. Ces mesures répressives ont fait que la collaboration était marginale. Environ dix pour cent de la population a soutenu le parti nazi. Néanmoins, il existait une relation d’hostilité, avec une importante force d'occupation dont l’effectif équivalait à un Allemand pour dix Norvégiens.

À long terme, on pourrait dire que la Norvège a davantage bénéficié de sa « réponse à l’occupation » : pendant la guerre la flotte civile norvégienne a été extrêmement active, et les réserves emportées par le roi en exil furent un grand atout pour la reconstruction de la nation après la guerre. Beaucoup prétendent qu’il faut trouver là la base de l'infrastructure actuelle et de la richesse de la nation. Et les nombreux marins sont à ce jour des héros nationaux en Norvège.

Le Danemark et la Norvège ont également eut des politiques différentes dans leur coopération avec la politique génocidaire de l'Allemagne. La police norvégienne, contrôlée par le gouvernement Quisling, a collaboré à la capture des Juifs norvégiens en 1942. Toutefois, les Norvégiens ont réussi à sauver plus de la moitié de la population juive des camps de la mort nazis et à les aider à s’échapper pour trouver refuge en Suède, même s'ils couraient le risque d'être sévèrement punis pour avoir aidé les Juifs. Les Juifs danois ont évité la persécution allemande jusqu'en 1943, et le Danemark était donc mieux préparé lorsque les Allemands ont frappé. Les Danois sont réputés pour leurs efforts destinés à protéger les Juifs de leur pays. Plus de 96 % de la population juive s’était réfugiée en Suède, tandis que d'autres ont trouvé refuge auprès de familles chrétiennes et d’organisations danoises.

Un seul des trois pays scandinaves, la Suède n'a pas été envahie et est restée officiellement neutre pendant la guerre. Le pays a réussi à rester en paix avec les Allemands, en leur fournissant les matières premières nécessaires. Le gouvernement suédois a été très attentif à ne pas provoquer les nazis, allant jusqu'à convaincre les éditeurs de journaux de censurer des articles, et de laisser les nazis faire transiter du matériel par la Suède vers la Norvège jusqu'en 1943. Cependant, ils devaient de temps en temps aider les Alliés. Ils accordèrent l'asile aux Juifs qui s’étaient échappés du Danemark et ont apporté une aide discrète à la Finlande lors de la guerre d'Hiver.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, tous les pays scandinaves ont convenu qu'une certaine forme de politique de défense commune était nécessaire. Ils ont commencé à discuter d'une union de défense scandinave. Les trois pays scandinaves, s'ils avaient conclu une alliance, sont restés des pays souverains, mais ont agi comme un seul bloc en politique étrangère et pour les questions de sécurité. L’union proposée a été examinée par un comité mixte scandinave, au cours de l'hiver 1948-1949, mais la tension de la guerre froide entre les États-Unis et l'Union soviétique, et les préparatifs d'une alliance occidentale qui se traduira par le Traité de l'Atlantique Nord ont éclipsé cet effort. Quand on apprit que l'alliance occidentale ne serait pas en mesure de fournir les pays scandinaves en armement avant d’assurer la couverture de ses propres besoins, cette question s'est finalement avérée être un tournant pour la Norvège, qui a rompu les pourparlers. Le Danemark était toujours disposé à conclure une alliance avec la Suède, mais les Suédois ont vu peu d'avantages dans ce domaine et la proposition n’a pas eu de suite. La Norvège et le Danemark ont par la suite été signataires du Traité de l'Atlantique Nord et sont devenus membres de l’OTAN. La Suède est restée neutre, après un débat houleux.

Intégration européenne[modifier | modifier le code]

Les pays nordiques ont créé le conseil nordique en 1952 et l’Union nordique des passeports deux ans plus tard. Après un référendum de 1972, le Danemark est devenu le premier membre scandinave de la communauté économique européenne, qui plus tard a ouvert la voie à l'UE, en 1973. La Suède a rejoint l'UE en 1995, après la chute de l'Union soviétique, la Suède a estimé qu'elle pouvait le faire sans que cela soit interprété comme une provocation. La Norvège reste à ce jour en dehors de l'Union européenne après le référendum sur l'adhésion de 1972 et le référendum norvégien de 1994, bien qu'elle soit signatrice du traité de Schengen et membre de l’Espace économique européen. Aucun des pays scandinaves n’a adhéré à l'Euro, l'adhésion ayant été rejetée par référendum au Danemark et en Suède. Le Danemark a voté non au Traité de Maastricht en 1992, mais a infirmé cette décision après avoir négocié l’opt-out. Le Gouvernement du Danemark a prévu d'organiser un référendum sur l'opportunité de supprimer ces dérogations.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Ukrainian Net », The Outcomes Of Establishment Of Roman Catholic Church Structures And Church Power In Norway And Scandinavia (consulté le 28 June 2005)
  2. (en) « Decision to Invade Norway and Denmark », The German Decision to Invade Norway and Denmark (consulté le 2 July 2005)
  3. BYU History of Scandinavia

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Derry, T.K., A History of Scandinavia: Norway, Sweden, Denmark, Finland, Iceland. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1979 (ISBN 0-8166-3799-7)
  • H. Arnold Barton, Scandinavia in the Revolutionary Era 1760–1815, University of Minnesota Press, 1986 (ISBN 0-8166-1392-3)