Pascal Quignard

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Pascal Quignard
Activités Écrivain
Naissance 23 avril 1948
Verneuil-sur-Avre (Eure)
Langue d'écriture français
Genres roman, essai, fragment
Distinctions Grand Prix du roman de l'Académie française (2000) pour Terrasse à Rome

Prix Goncourt (2002) pour Les Ombres errantes

Œuvres principales

Pascal Quignard, né le 23 avril 1948 à Verneuil-sur-Avre dans l'Eure, est un écrivain français. Il a été lauréat du prix Goncourt 2002 pour Les Ombres errantes, publié chez Grasset. Violoncelliste, il fonde le Festival d'opéra et de théâtre baroques de Versailles. L'un de ses livres les plus connus est certainement le court roman Tous les matins du monde, dont le succès est lié à la version cinématographique réalisée par Alain Corneau.

Sommaire

[modifier] Biographie

Pascal Quignard naît dans une famille de grammairiens et d’organistes. Son père est proviseur, sa mère principal de collège. Son grand-père maternel est le grammairien Charles Bruneau. Il grandit au Havre. À l’âge de 18 mois (1949), il passe par des périodes de mutisme, lesquelles se renouvellent lorsqu’il a 16 ans. Plus tard, il déclare à ce propos : « Ce silence, c’est sans doute ce qui m’a décidé à écrire, à faire cette transaction : être dans le langage en me taisant ». Son enfance est difficile la plupart du temps. Il souffre notamment d'anorexie. Ses intérêts le portent vers les langues et les littératures anciennes ainsi que la musique. Il s'essaie au piano, à l'orgue, au violoncelle, au violon et à l'alto.

Il suit des études de philosophie à Nanterre, de 1966 à 1968, où il est condisciple de Daniel Cohn-Bendit. Parmi ses professeurs : Emmanuel Levinas et Paul Ricœur. Il s'apprête à entamer une thèse sous la direction de Levinas, mais la révolte de Mai 68 contrarie cette voie : la pensée a « vêtu un uniforme qui ne [lui] convient plus » et il s’éloigne de la philosophie. C’est dans ce contexte qu’il travaille à ses premiers livres, et retrouve l'orgue familial d'Ancenis. Il est aussi libraire bouquiniste.

Son premier livre est un essai, consacré à Leopold von Sacher-Masoch (L'Être du balbutiement), qui lui vaut d'être remarqué par Louis-René des Forêts chez Gallimard. Ce dernier l'invite à collaborer à la revue L'Éphémère, qui rassemble notamment Yves Bonnefoy, André du Bouchet, ou encore Philippe Jaccottet, Michel Leiris.

Publié en 1969 au Mercure de France, Quignard devient parallèlement lecteur dans cette maison et chez Gallimard. Il entrera au comité de lecture de ces éditions en 1976. Il publie plusieurs essais, sur Maurice Scève, Lycophron et Michel Deguy, un premier roman en 1976, Le lecteur, considéré par certains comme largement inspiré de la pensée de Maurice Blanchot, puis un deuxième, Carus, qui reçoit le prix des Critiques en 1980.

Il publie alors, parallèlement à son œuvre chez Gallimard, divers textes pour de petits éditeurs, comme Le Collet de Buffle, Orange Export Ltd, Clivages, Éditions de l'Amitié, Claude Blaiozot, Chandeigne, Patrice Trigano, puis chez des éditeurs plus importants comme Fata Morgana, P.O.L., ou Flohic, par exemple.

Il publie deux romans chez Gallimard en 1986 (Le Salon du Wurtenberg) et 1989 (Les Escaliers de Chambord) qui le font connaître du grand public. Il devient alors secrétaire général pour le développement éditorial chez Gallimard.

La publication des huit volumes des Petits Traités aux éditions Maeght en 1990, réédités dans la collection Folio en 1991, dévoile l'étendue de ses lectures et semble consacrer son abandon à la littérature seule. Cette même année, il écrit le roman Tous les matins du monde, qui sera adapté au cinéma par Alain Corneau avec son film Tous les matins du monde avec Jean-Pierre Marielle et Gérard Depardieu, et dont il cosigne le scénario. Cette œuvre assoit la réputation de Quignard comme un des auteurs importants de l'époque. Elle suscite de plus l'attrait du public pour la musique de Marin Marais et celle de Sainte-Colombe.

Ce lien entre musique et littérature est aussi très palpable dans les fonctions de Quignard, qui est président du Festival international d’opéra et de théâtre baroques au château de Versailles, qu’il a créé sous la houlette de François Mitterrand. Il préside également le Concert des Nations aux côtés de Jordi Savall entre 1990 et 1993.

L'année 1994, année de fécondité littéraire exceptionnelle, année où paraît Le Sexe et l'effroi qui marque une rupture dans la vie et l'œuvre de Quignard. L'écrivain renonce brutalement à toute position dans l’édition. Il démissionne des éditions, puis abandonne toute carrière musicale. Il se consacre exclusivement à la littérature.

À la suite d'un accident cardiaque, Quignard est hospitalisé d'urgence en 1997. Cette expérience lui inspire Vie secrète, qui mêle la fiction, la théorie, le rêve, le conte, le journal intime, le roman, la poésie, le traité, l'essai, le fragment, l'aphorisme. Cette nouvelle forme littéraire, héritée à la fois des Tablettes de buis..., des Petits traités, de Rhétorique spéculative, oriente alors de manière décisive son œuvre (« en moi tous les genres sont tombés », dit-il).

Il écrit encore des romans (Terrasse à Rome, qui reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française en 2000, Villa Amalia en 2006), mais il déclare avec insistance ne plus vouloir écrire que les différents volumes (peut-être vingt ou trente) de Dernier royaume, qui regroupe, recense, résume et recoupe tous les thèmes de son œuvre. Les trois premiers volumes sont publiés en 2002, deux autres suivent en 2005. Le premier volume reçoit le prix Goncourt, après d'âpres discussions ; sa récompense suscite la colère de quelques membres de l'académie.

En 2005-2006, Quignard réédite chez Galilée l'ensemble des textes rares ou introuvables de son œuvre, dans leur version revue, augmentée et définitive, agrémentée de quelques inédits. Villa Amalia, son dernier roman, met en scène un personnage habité par le vœu de tout quitter, de ne plus être soi et d'aller se découvrir ailleurs. C'est aussi un retour à la musique, après la Haine de la musique [1]. Benoît Jacquot adaptera le roman au cinéma. La problématique actuelle de Pascal Quignard, depuis qu'il a entamé le cycle nommé Le Dernier Royaume, roman-conte-essai-fleuve que seule sa mort semble pouvoir clore, tourne autour du passé lointain et figé (le Jadis), du passé en mouvement (le sien propre et récent), du conte, du langage (précaire) : « Dire que nous sommes des êtres de langage, comme le fait la société, est profondément faux. […] Nous ne sommes pas des êtres parlants, nous le devenons. Le langage est un acquis précaire, qui n'est ni à l'origine ni même à la fin car souvent la parole erre et se perd avant même que la vie cesse. »

[modifier] Aperçus sur l'œuvre

Son œuvre est aujourd'hui considérée comme l'une des plus importantes de la littérature française contemporaine. Elle a fait l'objet de plusieurs études, et notamment d'un colloque en 2004 à Cerisy-la-Salle (publié par Galilée en 2005), dirigé par Philippe Bonnefis et Dolorès Lyotard. On peut y lire des contributions de Philippe Forest, Pierre Lepape, Danielle Cohen-Levinas, Michel Deguy, Jean-Luc Nancy, Geoffrey Bennington et Chantal Lapeyre-Desmaison, qui a publié avec lui un long entretien aux éditions Flohic ainsi que la première lecture globale de son œuvre. L'œuvre de Pascal Quignard est complexe, riche et comporte des difficultés de lecture certaines. On peut la situer dans la lignée de celle d'écrivains ou de penseurs exigeants, comme Maurice Blanchot, Georges Bataille, Emmanuel Levinas, Louis-René des Forêts ou encore Gérard Macé. La permanence des thèmes, leur éventuel ressassement, rendent difficile le découpage de frontières entre genres chez Quignard. Parmi ces thèmes, on peut mentionner: le silence, la lecture, la mort, la fascination ou sidération, l'évocation d'une forme particulière de scène primitive liée à la sexualité; ou encore la figure du jadis[2]; D'un point de vue stylistique, on notera par exemple que Quignard a le goût des listes et qu'il pratique souvent un mélange d'archaïsmes et de néologismes.

[modifier] Notes

  1. ( « La musique fait mal... je fuis la musique infuyable ») La Haine de la Musique.- 1996
  2. « Le jadis, par rapport au passé, c'est ce surgir incessant d'une origine en tout. Et il est possible, pourquoi pas, qu'à force de retirer la lave desséchée, des oripeaux, qu'en vieillissant on puisse appartenir à une luisance plus neuve et que le "dernier regard", comme disent les Japonais, le regard de l'adieu, soit aussi le regard le plus neuf, le plus contemporain de ce qui surgit au fond de la terre, et au fond du ciel. Le Jadis est un surgir pur. C'est l'explosion céleste. Le Big Bang ne cesse de se produire. C'est être directement en prise avec ce présent absolu. C'est un instant. Un instant absolu. Tout le reste, tout le passé, toutes la réaction de tous les conservatismes, sont des choses qui sont faites pour étouffer ce mouvement de surgir. » Pascal Quignard, au micro d'Alain Veinstein lors de l'émission Surpris par la nuit diffusée le 15 octobre 2007 sur France Culture

[modifier] Bibliographie

[modifier] Études

  • Philippe Bonnefis et Dolorès Lyotard (dir.), Pascal Quignard, figures d'un lettré, Paris, Galilée, 2005,
  • Philippe Bonnefis, Son nom seul, Paris, Galilée, 2001.
  • Chantal Lapeyre-Desmaisons, Mémoires de l'origine, Paris, Galilée, 2006.
  • Adriano Marchetti, La Mise au silence, Seyssel, Champ Vallon, 2000.
  • Sophie Nauleau, La main d’oublies, récit tiré de Tous les matins du monde, Paris, Galilée, 2007.
  • Benoît Vincent, Le Revenant. Pascal Quignard (Littérature inquiète II), Saint-Cyr sur Loire, 2009.
  • Europe (revue littéraire mensuelle), Pascal Quignard n° 976-977, août-septembre 2010
  • Bernard Vouilloux, La Nuit et le Silence des images. Penser l'image avec Pascal Quignard, Éditions Hermann, 2010.

[modifier] Liens externes

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