Sexologie

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La sexologie est l'étude de la sexualité humaine et de ses manifestations. Elle étudie tous les aspects de la sexualité, à savoir le développement sexuel, les mécanismes des rapports érotiques, le comportement sexuel et les relations affectives, en incluant les aspects physiologiques, psychologiques, médicaux, sociaux et culturels.

La sexologie, dans sa forme moderne, est une science récente qui s'est développée à la fin du XXe siècle. Elle est au carrefour de plusieurs disciplines, comme la médecine, les statistiques, l'épidémiologie, la biologie et les neurosciences, la criminologie, l'histoire, la psychologie et la sociologie. Elle étudie également la sexualité de certains groupes particuliers, comme les handicapés, les enfants et les personnes âgées, mais étudie aussi les pathologies sexuelles telles que les dysfonctions sexuelles, l'obsession sexuelle, les violences sexuelles, et les pratiques marginales comme les paraphilies et les perversions.

La sexologie traite également des sujets particuliers comme l'avortement, le contrôle des naissances, l'abus sexuel, les nouvelles techniques de reproduction ou la santé sexuelle.

Définition[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot "sexologie" est formé à partir du latin sexus et du grec logos, l'expression signifiant : discours sur le sexe.

La création étymologique du terme sexologie est similaire à celles des termes biologie, psychologie, sociologie ou théologie. L'intention est bien de créer un mot qui désigne la science du sexe.

Histoire du concept[modifier | modifier le code]

Le mot sexologie est apparu en 1911 pour désigner l'étude de la détermination du sexe des enfants avant la naissance.

Après les années 1960, le mot désignera surtout une discipline médicale d'étude des pathologies de la sexualité. Actuellement, le mot sexologie tend à désigner une science structurée, ayant pour objet l'étude globale de la sexualité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la sexologie.

La sexologie est une science relativement récente dont les prémices apparaissent en Allemagne et en Autriche vers 1826-1850 mais les premières véritables études sur la sexualité humaine ont été produites seulement à la fin du XIXe siècle.

Les principaux pionniers sont Richard von Krafft-Ebing, Havelock Ellis, Bronislaw Malinowski et Sigmund Freud. Quant aux premières études scientifiques, elles n'ont été réalisées qu'après la Seconde Guerre mondiale, bien après les travaux pionniers de chercheurs comme Magnus Hirschfeld et René Guyon : les Américains Alfred Kinsey et Masters & Johnson établissent les bases scientifiques d'une approche globale de la sexualité humaine. En France, il faut attendre le Rapport Simon en 1971, pour que soit entreprise une telle recherche.

La sexologie ne s'est réellement développée auprès du grand-public qu'au moment de la période historique et sociologique de la révolution sexuelle des années 1960-1970. Initialement, la sexologie concernait surtout les troubles de la sexualité. Ce n'est que récemment que la sexologie tend à étudier l'ensemble des faits sexuels des animaux et des humains.

Objectifs, champs d'application et limites[modifier | modifier le code]

L'objectif de la sexologie est, a priori, l'étude scientifique de la sexualité, tant animale qu'humaine.

Son champ d'action devrait être l'étude de toutes les caractéristiques et faits sexuels des organismes sexués. Mais, pour des raisons sociologiques et historiques, le champ de la sexologie contemporaine se limite à la sexualité humaine, et, principalement, à ses aspects pathologiques.

L'évolution la plus récente est de limiter le champ de la sexologie à l'étude de la sexualité humaine et animale dans ses aspects hédoniques.

Remarque : l'objectif de la sexologie est de comprendre et d'expliquer la sexualité (aspect descriptif) ; c'est l'éthique qui cherche à savoir si un comportement sexuel est de l'ordre du bien ou du mal (aspect prescriptif).

Méthodes et moyens[modifier | modifier le code]

La méthode de la sexologie est l'interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité : réunir et intégrer dans une analyse et une réflexion commune toutes les données des différentes sciences (génétique, biologie, éthologie, psychologie, médecine…) qui abordent chacune un aspect limité la sexualité.

La méthode n'est pas une simple juxtaposition de données pluridisciplinaires, mais une intégration de ces données, permettant de parvenir à un niveau supérieur de compréhension de la sexualité.

Recherches et médecine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des sexologues.

Les acteurs de la sexologie ont été et sont encore actuellement essentiellement des médecins, et, secondairement, des praticiens du domaine médical. Quelques chercheurs, biologistes, éthologues, ethnologues, psychologues, sociologues ou historiens, ont apporté, le plus souvent ponctuellement, des contributions parfois notables.

La caractéristique la plus significative de ces acteurs, est qu'ils ne sont qu'une faible minorité à travailler uniquement sur la sexualité. Le sexologue à temps plein est une exception. Au Québec, par contre, plusieurs sexologues travaillent dans les domaines de l'intervention, la prévention, la sensibilisation, la relation d'aide, la thérapie et la recherche sexologique. C'est une profession qui est de plus en plus reconnue.

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'enseignement de la sexologie s'est développé depuis les années 1970, souvent avec beaucoup de difficultés. Dans la plupart des pays du monde, des cours optionnels en sexologie sont offerts dans les universités. Par contre, il existe une formation universitaire à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) de premier et deuxième cycles.

En Europe, la formation en sexologie prépare entre autres les médecins et les psychologues qui souhaitent devenir sexologues, à prendre en charge les troubles sexuels. Une formation créditée de 2 ans est donnée a l'Université Paul-Sabatier à Toulouse. Ce programme a été mis sur pied par un sexologue formé de l'UQAM. Tous les professionnels de la santé non sexologues ne reçoivent pas de formation sur la sexualité.

Actions concrètes[modifier | modifier le code]

Les actions concrètes de la sexologie sont essentiellement d'ordre thérapeutique.

Des actions sont également menées dans le domaine de l'éducation sexuelle concernent surtout la prévention des maladies sexuellement transmissibles, les méthodes de contraceptions, la grossesses et les relations amoureuses. L'éducation sexuelle n'aborde que rarement les aspects relationnels et hédoniques de la sexualité, puisqu'elle ne prend pas autant de place dans le curriculum scolaire des écoles primaires et secondaires.

Problèmes actuels[modifier | modifier le code]

Le principal problème de la sexologie est essentiellement culturel. La sexualité n'est pas considérée, sauf en cas de pathologie, comme étant une caractéristique importante et sérieuse de l'existence humaine. De plus, la sexualité est un sujet particulier dans les sociétés occidentales, qui suscite souvent des polémiques, voire parfois une réelle hostilité.

Pour ces raisons, il n'existe pas de volonté institutionnelle, et donc pas de moyens significatifs, pour développer la recherche, l'enseignement et la formation en sexologie.

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages 
Articles scientifiques 
  • Claude Gauvreau : "Doctorat en sexologie : une première", in Journal L'UQAM, vol. XXXVII, no 6 (15 novembre 2010),

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]