Hamid Karzai

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Hamid Karzai
Hamid Karzai, le 5 août 2009.
Hamid Karzai, le 5 août 2009.
Fonctions
1er président de la
République islamique d'Afghanistan
[1]
(9e chef de l'État afghan)
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&0450212 ans, 3 mois et 28 jours)
Élection
(par la Loya Jirga)
Réélection
(par la Loya Jirga)

(au suffrage universel)
[2]
Vice-président Premier vice-président :
Mohammad Qasim Fahim
Ahmad Zia Massoud
Mohammad Qasim Fahim
Prédécesseur Burhanuddin Rabbani
(président du gouvernement provisoire)
Biographie
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Karz, province de Kandahar (Afghanistan)
Nationalité afghane
Parti politique Indépendant
Conjoint Zeenat Quraishi
Enfant(s) Mirwais Karzai
Religion Islam
Résidence Citadelle du Roi (Kaboul)

Hamid Karzai
Présidents de la République islamique d'Afghanistan

Hamid Karzai, né le à Kandahar (Afghanistan), est un homme d'État afghan.

Le , il succède à Burhanuddin Rabbani à la tête de l'État islamique d'Afghanistan, devenant président de l'Administration intérimaire jusqu'à son élection, le , comme président de la République, toujours à titre intérimaire.

Le 2 novembre 2009, il est déclaré élu président de la République au terme d'élections contestées et le 19 novembre, il est investi pour un deuxième mandat de 5 ans à la tête de l'exécutif afghan.

Origines et études[modifier | modifier le code]

D'origine pachtoune, issue de la tribu Popolzaï, sa famille s'installe à Quetta, au Pakistan, en 1979, pour fuir l'invasion soviétique. Il fait ses études en Inde et est diplômé de sciences politiques en 1983 ; il a également suivi une formation à l'école de journalisme de Lille. Il revient à Quetta, au Pakistan enseigner l'anglais, tandis que ses quatre frères émigrent aux États-Unis pour fonder une chaîne de restaurants. Il se marie en 1999 avec Zeenat Quraishi dont il a un fils Mirwais, né en 2007.

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Karzai aurait été employé comme consultant par la société californienne UNOCAL lorsqu'elle négociait avec les Talibans la construction d'un pipeline gazier reliant le Turkménistan au Pakistan en passant par l'Afghanistan [3]

Vie politique[modifier | modifier le code]

Il fait partie d'un petit mouvement de résistance afghan pro-royaliste, et est nommé vice-ministre des Affaires étrangères lorsque les moudjahidins prennent Kaboul en 1992. Devant les affrontements des chefs de guerre membres du gouvernement, il tente en 1994 de persuader le commandant Massoud de reprendre le gouvernement, mais celui-ci le soupçonne d'être un agent du Pakistan et le met en prison. Il s'échappe grâce à la destruction fortuite de sa prison par une roquette. Il collabore ensuite avec les talibans mais, après la prise de Kaboul en 1996, il refuse le poste de représentant de ceux-ci à l'ONU proposé par le mollah Omar. Il rompt toute relation avec le régime après l'assassinat de son père le , probablement par un taliban.

Hamid Karzai est repéré dans les années 1990 par Zalmay Khalilzad, un Afghan naturalisé citoyen américain en 1984 faisant partie de la RAND Corporation, un think tank proche de l'administration américaine, qui sera ambassadeur des États-Unis en Afghanistan. Sur ses conseils, le département d'État décide de promouvoir sa candidature comme futur président ; pour lui donner une légitimité, il est envoyé en Afghanistan en octobre 2001 pour rassembler quelques tribus pachtounes contre les talibans, les actes de guerre étant en fait largement effectués par les forces spéciales américaines et britanniques.

La loya jirga en 2002

Peu après la chute du régime des talibans, une conférence réunit, sous l'égide de l'ONU, à Bonn en Allemagne, plusieurs mouvements politiques afghans afin de régler l'avenir politique du pays. Elle débouche, le sur la signature des « accords de Bonn » qui prévoient notamment la mise en place d'un gouvernement intérimaire pour six mois au terme desquels une loya jirga doit être réunie pour mettre en place un nouveau gouvernement. Nommé par cette conférence, Hamid Karzaï prend ses fonctions de président du gouvernement intérimaire le 22 décembre.

Le , il est élu pour deux ans par la loya jirga président du gouvernement de transition chargé d'administrer le pays jusqu'à la mise en œuvre d'une nouvelle Constitution. Le 5 septembre de la même année, il échappe à un attentat. Après l'adoption de la Constitution qui établit une « République islamique », Karzaï se présente à l'élection présidentielle du . Soutenu par les États-Unis, il remporte le scrutin dans 21 des 34 provinces du pays avec globalement 55,4 % des voix (4,5 millions de votes sur 8,1 millions). Il entre officiellement en fonction le 7 décembre pour un mandat de cinq ans. Son autorité en dehors de la capitale Kaboul reste cependant extrêmement limitée, alors que le commerce de l'opium devient de plus en plus florissant, au point de saper les fondements de l'État dans plusieurs provinces. Pendant cette période, Karzaï reçoit des financements de la CIA, versés secrètement [4].

Le 10 juin 2007, il est la cible de 12 roquettes lancées en direction de son domicile alors qu'il s'exprime devant des habitants du district d'Andar. Les talibans revendiquent cet attentat par la voix de leur porte-parole Qari Youssef Ahmadi[5]. Aucune victime n'est recensée suite à cette attaque.

Une nouvelle attaque à la roquette et aux armes automatiques survient le 27 avril 2008 lors d'un important défilé militaire à Kaboul qui fait trois morts, et une dizaine de blessés. Mais le président en sort finalement indemne.

Élection présidentielle de 2009[modifier | modifier le code]

Karzaï est candidat à un second mandat lors de l'élection présidentielle du au terme de laquelle il est d'abord donné victorieux sur son principal opposant, l'ex-ministre des Affaires étrangères issu de l’Alliance du Nord, Abdullah Abdullah. Mais environ un tiers des voix de Karzaï sont invalidées pour fraude massive, selon la commission des plaintes électorales. Un second tour est alors prévu pour le 7 novembre[6]. Cependant, à la suite du désistement d'Abdullah avant la tenue du deuxième tour, Karzaï est déclaré vainqueur par la commission électorale indépendante de l'Afghanistan, le 2 novembre[7]. Il est officiellement investi pour son second mandat le 19 novembre.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Président de l'Administration intérimaire de l'État islamique d'Afghanistan du 22 décembre 2001 au 7 décembre 2004.
  2. Déclaré vainqueur "par forfait", par la commission électorale indépendante de l'Afghanistan.Voir [1]
  3. Afghanistan, the Taliban and the Bush Oil Team, Wayne Madsen, globalresearch.ca, 23 January 2002
  4. Afghanistan: des dizaines de millions versés à Hamid Karzaï par la CIA rtbf.be
  5. (fr) « Le président afghan, Hamid Karzaï, a échappé à un attentat » sur le site du Monde, 27 avril 2008.
  6. « Second acte pour la farce électorale afghane », L'Humanité, 21 octobre 2009
  7. « Abdullah Abdullah sort de scène avant la fin de la farce », L'Humanité, 2 novembre 2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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