Paul Veyne

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Paul Veyne

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Biographie
Naissance 13 juin 1930 (84 ans)
Aix-en-Provence, France
Nationalité Drapeau : France Français
Thématique
Formation École normale supérieure
Titres professeur au Collège de France
Approche histoire de l'empire romain
Travaux * Le Pain et le cirque. Sociologie historique d'un pluralisme politique (1976)
  • L'Élégie érotique romaine. L'amour, la poésie et l'Occident (1983)
  • Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), (2007)

Paul-Marie Veyne, né le 13 juin 1930 à Aix-en-Provence, est un historien français, spécialiste de la Rome antique. Ancien élève de l'École normale supérieure, membre de l'École française de Rome (1955-1957), il est professeur honoraire du Collège de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Paul Veyne est issu d'un milieu modeste : des grands-parents agriculteurs, un père employé de banque puis courtier en vins ; il est le premier de sa famille à obtenir son baccalauréat[1]. Il indique avoir été fasciné dès son enfance par les antiquités[1]. Dans le premier entretien de son ouvrage Sexe et pouvoir à Rome, Paul Veyne distingue leur « religion sans Église », sa fascination pour l'art antique - qu'il rapproche de l'art italien et oppose à l'« art germanique » - et l'« absence de susceptibilité identitaire » comme des éléments expliquant son intérêt pour le monde gréco-romain[2].

Après une hypokhâgne au lycée Henri-IV à Paris, puis une khâgne au lycée Thiers de Marseille, Paul Veyne entre à l'École Normale Supérieure en 1951[1]. Parallèlement, et sans grande conviction, il adhère au PCF, et le quitte, après l'insurrection de Budapest en 1956[3]. Il affirme n'avoir pas été capable de sortir un seul mot durant toutes les réunions de ses cinq années de participation, expliquant : « Je me trouvais en présence d'une secte, je ne comprenais pas de quoi il s'agissait, à quoi ça servait, ce qu'il fallait dire[3]... »

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Après avoir commencé sa carrière à la Sorbonne comme assistant, sa carrière universitaire se déroule à Aix-en-Provence à partir de 1961, où il finit professeur. En 1975, il entre au Collège de France grâce à l'appui de Raymond Aron (alors abandonné par son ancien dauphin Pierre Bourdieu) qui veut voir en ce normalien celui qui s'occupera de ses travaux après sa mort. Mais Paul Veyne oublie de citer son nom lors de sa leçon inaugurale, ce qu'Aron ne lui pardonne pas. « Pour Aron, ce fut un choc terrible, le signe de mon ingratitude. Et à partir de ce jour, il se mit à me persécuter après m'avoir fait élire[4]... » Il y reste en activité de 1975 à 1998, titulaire de la chaire d'Histoire de Rome.

Travaux[modifier | modifier le code]

Paul Veyne continue de publier des ouvrages où, pour une nouvelle écriture de l'histoire, il mêle l'érudition aux bons mots, les valeurs nietzschéennes (notamment à travers ses études des jeux du cirque) à une approche de l'objet puisée chez Michel Foucault. Il revendique également l'influence des sociologues Max Weber et Georg Simmel, de l'historien Henri-Irénée Marrou et des travaux du jeune Aron sur la « philosophie critique de l'histoire ».

Il mène également une réflexion sur l'émergence et la victoire du christianisme dans l'empire romain, problématique qui fait l'objet de son livre en 2007 Quand notre monde est devenu chrétien (312-394).

Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l'imagination constituante est son ouvrage le plus connu du grand public.

Parallèlement, il a publié une étude de référence sur l'œuvre et la personne de René Char[5], fruit d'une passion attentive de plus de quarante ans : René Char en ses poèmes (Gallimard, 1990), ainsi qu'un essai sur Michel Foucault (Albin-Michel, 2008).

Appréciations[modifier | modifier le code]

« Un peu plus tard, j'ai eu la plus grande expérience intellectuelle de ma vie en lisant le livre éblouissant de Paul Veyne, Le pain et le cirque »

— Jon Elster[6].

« Il y a deux grandes espèces de sceptiques : ceux qui ne croient à rien par paresse, par fatigue, par mollesse, esprits aussi « distingués » que totalement désintéressés de tout. Et ceux qui ne croient que ce qu’ils ont compris, éprouvé, prouvé et vérifié. Veyne appartient bien sûr à la seconde race, la bonne. »

— Claude Roy[7].

« P. Veyne m’a constamment aidé au cours de ces années. Il sait ce que c’est que rechercher, en véritable historien, le vrai ; mais il connaît aussi le labyrinthe dans lequel on entre dès qu’on veut faire l’histoire des jeux du vrai et du faux ; il est de ceux, assez rares aujourd’hui, qui acceptent d’affronter le danger que porte avec elle, pour toute pensée, la question de l’histoire de la vérité. Son influence sur ces pages serait difficile à circonscrire. »

— Michel Foucault, à propos des modifications introduites entre 1976 et 1984 dans la série de recherches sur l'Histoire de la sexualité[8].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Couverture du Musée imaginaire de Paul Veyne : Zeus et Io, par Le Corrège
  • Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas. Souvenirs, éd. Albin Michel, 272 p., Paris, 2014. (ISBN 2226256881)
  • Comment on écrit l'histoire : essai d'épistémologie, Paris, Éditions du Seuil, « L'Univers historique », 1970 ; rééd. augmentée de « Foucault révolutionne l'histoire », 1978. (ISBN 2-02-002668-6) ; rééd. abrégée suivie de « Foucault révolutionne l'histoire » dans la collection « Points-histoire », 1979. (ISBN 2-02-005283-0) ; « Points-histoire », 1996. (ISBN 2-02-028778-1)
  • Le Pain et le cirque. Sociologie historique d'un pluralisme politique, Paris, Éditions du Seuil, « L'Univers historique », 1976. (ISBN 2-02-004507-9) ; rééd. dans la collection « Points-histoire », 1995. (ISBN 2-02-025463-8)
  • L'Inventaire des différences. Leçon inaugurale au Collège de France, Paris, Éditions du Seuil, 1976. (ISBN 2-02-004508-7)
  • L'Élégie érotique romaine. L'amour, la poésie et l'Occident, Paris, Éditions du Seuil, « Pierre vives », 1983. (ISBN 2-02-006555-X) ; rééd. dans la collection « Points-histoire », 2003. (ISBN 2-02-062171-1)
  • Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l'imagination constituante, Paris, Éditions du Seuil, « Des travaux », 1983. (ISBN 2-02-006367-0) ; rééd. dans la collection « Points-histoire », 1992. (ISBN 2-02-015953-8)
  • René Char en ses poèmes, Paris, Gallimard, « NRF essais », 1990. (ISBN 2-07-071974-X) ; rééd. dans la collection « Tel », 1995. (ISBN 2-07-074102-8)
  • La Société romaine, Paris, Éditions du Seuil, « Des travaux », 1991. (ISBN 2-02-012987-6) ; rééd. augmentée d'un texte liminaire dans la collection « Points-histoire », 2001. (ISBN 2-02-052360-4)
  • Le Quotidien et l'intéressant. Entretiens avec Catherine Darbo-Peschanski, Paris, Les Belles Lettres, 1995. (ISBN 2-251-44048-8) ; rééd. Paris, Hachette, Pluriel, 1997. (ISBN 2-01-278817-3) ; 2006. (ISBN 2-01-279326-6)
  • Sexe et pouvoir à Rome, préface de Lucien Jerphagnon, Paris, Tallandier, 2005. Recueil d'articles précédemment publ. dans la revue L'Histoire (1978-2004). (ISBN 2-84734-244-3) ; rééd. dans la collection « Points-histoire », 2007. (ISBN 978-2-7578-0420-9)
  • L'Empire gréco-romain, Paris, Éditions du Seuil, « Des travaux », 2005. Recueil d'articles augmentés et remaniés précédemment publiés dans diverses revues (2000-2004). (ISBN 2-02-057798-4) ; rééd. Paris, Éditions France loisirs, 2006. (ISBN 2-7441-9610-X)
  • avec Laurent Greilsamer, René Char, Paris, Ministère des affaires étrangères, Culturesfrance, « Auteurs », 2007. (ISBN 978-2-35312-019-2)
  • Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin Michel, « Idées », 2007 (ISBN 978-2-226-17609-7).
  • Sénèque. Une introduction, préface de Lucien Jerphagnon, suivi de la lettre 70 des Lettres à Lucilius, Paris, Tallandier, « Texto », 2007. (ISBN 978-2-84734-424-0)
  • Michel Foucault. Sa pensée, sa personne, Paris, Albin Michel, Sciences humaines, 2008. (ISBN 2226179143)
  • Mon musée imaginaire, ou les chefs-d'oeuvre de la peinture italienne, Paris, Albin Michel, Beaux livres, 2010. (ISBN 9782226181879)
  • Et dans l'éternité je ne m'ennuierai pas, Paris, Albin Michel, 2014. (ISBN 978-2-22625-688-1)

Éditions et travaux en collaboration[modifier | modifier le code]

  • [1972], avec Roger Errera, Georges Ville (1929-1967). In memoriam, Aix-en-Provence, P. Veyne, 1972.
  • [1985], Philippe Ariès et Georges Duby (dir.), Histoire de la vie privée ; vol. I, sous la direction de Paul Veyne: De l’Empire romain à l’an mil, Paris, Éditions du Seuil, « L’Univers historique ».
  • [1988] « Foucault et le dépassement (ou achèvement) du nihilisme » ; in coll., Michel Foucault philosophe : rencontre internationale (Paris, 9-11 janvier 1988) ; Paris, Éditions du Seuil, « Des travaux », 1989, p. 399-402.
  • [1989], « Humanitas : les Romains et les autres » ; in Andrea Giardina (dir.), L'uomo romano, Bari, Laterza, 1989 ; - trad. fr., L’Homme romain, Paris, Éditions du Seuil, « L’Univers historique », 1992, p. 421-459.
  • [1993], Sénèque, Œuvres choisies: Entretiens. Lettres à Lucilius, édition établie (avant-propos, préface, bibliographie, chronologie, introductions, notes) et traduction revue par Paul Veyne, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1993 (ISBN 2-221-07127-1) ; rééd. 1998 (ISBN 2-221-07127-1).
  • [1994], avec Marie-Claude Char, René Char, La Sorgue et autres poèmes, textes intégraux ; texte établi d'après l'édition définitive et les éditions originales, édition, avant-propos et notes établis par Marie-Claude Char et Paul Veyne, Paris, Hachette, « Classiques Hachette. Poésie XXe siècle », 1994. (1- Texte (ISBN 2-01-020531-6) ; 2- Dossier du professeur (ISBN 2-01-020532-4))
  • [1998], avec François Lissarrague et Françoise Frontisi-Ducroux, Les Mystères du gynécée, Paris, Gallimard, « Le temps des images », 1998. (ISBN 2-07-074738-7)

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • à Machiavel, Le Prince, (Il Principe) suivi d'extraits des Œuvres politiques (Opere politiche) et d'un choix des Lettres familières (Lettere familiari), traduit de l'italien par Gohory, Toussaint Guiraudet et Edmond Barincou, Paris, Gallimard, « Folio », 1980. (ISBN 2-07-037173-5) ; rééd. 1988. ; rééd. « Folio Classique », 2007. (ISBN 978-2-07-034483-3)
  • à Peter Brown, Genèse de l'Antiquité tardive, (The Making of late Antiquity), traduit de l'anglais par Aline Rousselle, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 1983. (ISBN 2-07-070026-7) ; rééd. Paris, Le Grand livre du mois, 1999. (ISBN 2-7028-3795-6)
  • à Sénèque, De la tranquillité de l'âme, (De Tranquillitate animi) traduit du latin par Colette Lazam, Marseille, Rivages, « Petite bibliothèque Rivages », 1988. (ISBN 2-86930-151-0) ; rééd. 1993. (ISBN 2-86930-474-9)
  • à Elisabeth Couturier, Ernest Pignon-Ernest. Propos recueillis par Elisabeth Couturier, Paris, Herscher, 1990. (ISBN 2-7335-0160-7) : rééd. 2003. (ISBN 2-7335-0362-6)
  • à La prière. Les « Hymnes d'Orphée », (« Hymnes orphiques ») traduits et présentés par Pascal Charvet, Paris, Éditions Nil, « Le cabinet de curiosités », 1995. (ISBN 2-84111-026-5)
  • à Peter Green, D'Alexandre à Actium. Du partage de l'Empire au triomphe de Rome, (Alexander to Actium. The Historical Evolution of the Hellenistic Age) traduit de l'anglais par Odile Demange, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1997. (ISBN 2-221-08471-3)
  • à Gérard Degeorge, Palmyre. Métropole caravanière, Paris, Éditions Imprimerie nationale, 2001. (ISBN 2-7433-0408-1)
  • à Paul Zanker, Un art pour le plaisir des sens. Le monde figuré de Dionysos et d'Aphrodite dans l'art hellénistique, (Eine Kunst für die Sinne. Zur Bilderwelt des Dionysos und der Aphrodite) traduit de l'allemand par Cécile Michaud, Paris, G. Monfort, « Imago mundi », 2001. (ISBN 2-85226-495-1)

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Christian Meier, La Politique et la grâce. Anthropologie politique de la beauté grecque, (Politik und Anmut), traduit de l'allemand par Paul Veyne, Paris, Éditions du Seuil, « Des Travaux », 1987. (ISBN 2-02.009768-0[à vérifier : ISBN invalide])
  • Virgile, L'Enéide, Paris, Le Seuil/Les Belles Lettres, 2012, 480 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Paul Veyne, Sexe et pouvoir à Rome, Points histoire (2007) (ISBN 978-2757804209), p. 19
  2. Paul Veyne, Sexe et pouvoir à Rome, Points histoire (2007) (ISBN 978-2757804209), pp. 17-18
  3. a et b Paul Veyne, Sexe et pouvoir à Rome, Points histoire (2007) (ISBN 978-2757804209), p. 25
  4. Entretien avec Paul Veyne, Lire, décembre 2005 / janvier 2006.
  5. Commentaire de Jean Roudaut, professeur d'université qui a écrit la préface des Oeuvres complètes de Char dans la Bibliothèque de la Pléiade : « Il ne sera plus possible de se risquer à commenter un seul poème de René Char sans se référer à ce qui est dit dans ce livre [René Char en ses poèmes]. » in Le Magazine littéraire consacré à René Char, n°340, février 1996.
  6. J. Elster (1940-…), Le laboureur et ses enfants : deux essais sur les limites de la rationalité, « Introduction », “La rationalité et les intellectuels français” ; Les Éditions de Minuit, « Propositions », 1986, p. 14.
  7. C. Roy (1915-1997), Chemins croisés (1994-1995), « 1995 : Automne », “Paul Veyne et René Char au passage”, Paris, mercredi 6 septembre 1995 ; Gallimard, « NRF », 1997, p. 235.
  8. M. Foucault (1926-1984), Histoire de la sexualité, t. II : L’Usage des plaisirs (1984), « Introduction », 1 : “Modifications” ; Gallimard, « Tel », no 279, 1997, p. 15.
  9. Communiqué de presse du Sénat, 2 juin 2007
  10. Prix Roger Caillois de l’Essai 2009 sur le site de la Maison de l’Amérique latine.
  11. « Le prix Femina récompense Yanick Lahens, Zeruya Shalev et Paul Veyne », sur La Libre Belgique,‎ 3 novembre 2014 (consulté le 3 novembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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