Collection Borghèse

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La collection Borghèse est une collection de sculptures romaines, de tableaux des vieux maîtres (en) et d'art moderne constituée par la famille Borghese (ou Borghèse), et notamment par le cardinal Scipione Caffarelli-Borghese, à partir du XVIIe siècle. Elle comprend de grandes collections de Caravage, de Raphaël, de Titien et d'art de la Rome antique. Les Borghese ont aussi acheté de nombreuses œuvres aux principaux peintres et aux sculpteurs de leur époque, et Scipione Borghese a commandé deux bustes-portraits au Bernin[1],[2]. La majeure partie de la collection est demeurée intacte et est exposée à la Galerie Borghèse, même si une partie importante des sculptures classiques a été vendue sous la contrainte au musée du Louvre en 1807.

Scipione Borghese[modifier | modifier le code]

Le cardinal Scipione Borghese, grand collectionneur d'œuvres d'art, fut l'initiateur de la collection et celui qui en constitua la majeure partie. Sa collection fut décrite en termes poétiques dès 1613 par Scipione Francucci. En 1607, le pape donna au cardinal 107 peintures confisquées à l'atelier du Cavalier d'Arpin. L'année suivante, la Déposition de Raphaël fut retirée de force de la chapelle Baglioni de l'église San Francesco de Pérouse et transportée à Rome pour être donnée au cardinal Scipione par motu proprio.

Adjonctions postérieures[modifier | modifier le code]

En 1682, une partie de l'héritage d'Olimpia Aldobrandini (en) s'ajouta à la collection Borghèse ; elle comprenait des pièces des collections du cardinal Giovanni Salviati et de Lucretia d'Este.

Logement de la collection[modifier | modifier le code]

Pour abriter sa collection, Scipione aménagea un vaste domaine et vignoble du Pincio en un vaste jardin et un ensemble de palais, la Villa Borghèse. Il utilisa aussi la Villa Mondragone à cette fin. En 1775, l'architecte Antonio Asprucci fut chargé de rénover la Villa Borghèse, qui était un musée semi-public depuis le XVIIe siècle.

Galerie Borghèse[modifier | modifier le code]

La Villa Borghèse abrite encore une grande partie de la collection dans ce qui est appelé la Galerie Borghèse. Nombre des sculptures qui s'y trouvent sont exposées aux endroits pour lesquels elles ont été créées, y compris les œuvres du Bernin.

Peintures du Caravage[modifier | modifier le code]

Autres peintures remarquables[modifier | modifier le code]

L'Amour sacré et l'Amour profane du Titien

Collection de Bernin[modifier | modifier le code]

La petite collection de Bernin (dont Scipione fut le premier mécène) comprend une grande partie de sa production de sculptures profanes ; son éventail va d'œuvres de jeunesse, telles que La Chèvre Amalthéa avez Zeus enfant et un faune (1615)[3], aux dynamiques Apollon et Daphné (en) (1622–25) et David (1623), considérées comme des œuvres majeures de la sculpture baroque. De plus, la Galerie Borghèse présente trois bustes : deux du pape Paul V (1618–20) et un de son mécène, Scipione Borghese (1632)[4]. La collection comprend enfin des premières œuvres maîtrisées qui tiennent un peu du maniérisme, telles que l'Énée, Anchise et Ascagne (en)[5] (1618–1619) et Le Rapt de Proserpine[6] (1621–22), imitation de l'œuvre de Giambologna, ainsi qu'une allégorie personnelle de La Vérité dévoilée par le Temps (en)[7] (1646–52).

Acquisitions du Louvre[modifier | modifier le code]

Arès Borghèse au Louvre

En 1807, à cause d'ennuis financiers et des pressions exercées par son nouveau beau-frère, Napoléon Bonaparte, Camille Borghèse vendit 344 pièces antiques de la collection (154 statues, dont quelques pièces de premier ordre ; 160 bustes, 170 bas-reliefs, 30 colonnes et divers vases) à l'État français à un tarif inférieur aux prix du marché. Parmi ces pièces, qui se trouvent maintenant au musée du Louvre, on trouve:

Camille Borghèse les remplaça par d'autres pièces mises à jour par des fouilles sur sa propriété (p. ex., la mosaïque des gladiateurs (en), trouvée en 1834) et des peintures provenant des magasins et des caves de ses résidences, de sorte que les pertes de 1807 semblaient être compensées dès les années 1830, et la collection était encore reconnue pour l'une des plus belles du monde[8]. Camille acheta même la Danaé du Corrège à Paris en 1827.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it)(en)« Bernini Gian Lorenzo Il Cardinale Scipione Borghese », sur thais.it.
  2. (en)« Bernini, Gianlorenzo Bust of Scipione Borghese », sur artchive.com.
  3. (en)« The Goat Amalthea with the Infant Jupiter and a Faun », sur Web Gallery of Art.
  4. (en)« Bernini, Gianlorenzo Bust of Scipione Borghese », sur artchive.com.
  5. (en)« Aeneas, Anchises, and Ascanius », sur Web Gallery of Art.
  6. (en)« Pluto and Proserpina », sur Galleria Borghese.
  7. (en)« Truth Unveiled by Time », sur Galleria Borghese
  8. (en) Anthony Majanlahti, The Families Who Made Rome, Londres, Chatto & Windus,‎ 2005 (ISBN 0-7011-7687-3), p. 180.

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