Crazy Horse (chef amérindien)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Crazy Horse
Tašúŋke Witkó
Son-cheval-est-fou

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Un croquis de Crazy Horse fait par un missionnaire Mormon à l'occasion de l'audition de la soeur de Crazy Horse en 1934[1]

Nom de naissance Cha-O-Ha ("Dans une région sauvage" ou "Parmi les arbres")
Alias
Curly, Light Hair
Naissance env. 1840
Décès 5 septembre 1877 (à env. 37 ans)
Fort Robinson (en), Nebraska
Nationalité Oglala, Lakota
Pays de résidence Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession
Chef de guerre lors de la Bataille de Little Bighorn
Ascendants
  • Père, Crazy Horse (the elder), également connu sous le nom de Waglula (Ver)
  • Mère, Rattling Blanket Woman (en) (née en 1814).
Conjoint
Descendants
  • They Are Afraid of Her
Famille

Frère, Little Hawk (en), Oncle du même nom Little Hawk (en), sœur, Laughing One. Cousins, Touch the Clouds (en), Flying Hawk (en), Kicking Bear (en), Black Fox II, Eagle Thunder et Walking Eagle. Grand-parents, Black Buffalo et White Cow (aussi appelée Iron Cane). Oncles, Spotted Tail, Lone Horn (en). Tantes, Good Looking Woman, Looks At It (appelée plus tard They Are Afraid of Her), épouses du père, Iron Between Horns, Kills Enemy, et Red Leggins.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Crazy Horse.

Crazy Horse est un chef amérindien, né vers 1840 et mort le 5 septembre 1877, qui fut, avec Sitting Bull, l'un des grands leaders lakotas ayant lutté contre les militaires américains.

Son nom en langue anglaise (traduisible en français par « Cheval fou ») est la traduction depuis la langue lakota de Tashunca-Uitco ou, pour respecter la graphie, Tašúŋke Witkó, littéralement : « ses chevaux ont le feu sacré » en lakota.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Crazy Horse est né vers 1840[2]. Son lieu de naissance n’est pas non plus connu avec certitude. Certaines sources indiquent les bords de la South Cheyenne River, d’autres les environs de l’actuelle ville de Rapid City, d’autres encore les environs de Sturgis, dans le Dakota du Sud.

Crazy Horse est membre de la tribu des Lakotas Oglalas. Son père se nommait également Crazy Horse et l'a changé en celui de Worm lorsqu'il le lui a transmis. Sa mère, Rattling Blanket, est une lakota Miniconjou. Crazy Horse a également eu une sœur dont le nom n'est pas connu et un demi-frère, Little Hawk, né après le mariage de son père avec les deux sœurs de Spotted Tail, le chef des Lakotas Brûlés.

Le premier nom porté par Crazy Horse est celui de Little Hair ou Curly Hair, selon les sources. Il a hérité du nom de son père à l'âge de 18 ans après un combat fougueux contre les Inuna-ina.

Jeunesse et vision[modifier | modifier le code]

En 1854, il est présent dans le camp des Brûlés de Conquering Bear (en) et assiste au massacre de Grattan, ainsi qu'à la mort de Conquering Bear. Le jeune Curley s'isole dans la nature à la recherche d'une vision. Il restera couché durant trois jours en attente d'une vision qui ne viendra finalement pas. Il s’apprête alors à retourner au camp, mais s'évanouit en voulant monter sur son cheval. Il rêve alors d'un homme monté sur un cheval et traversant un nuage de balles et de flèches sans se faire blesser et un orage sans réagir. Un faucon à queue rouge vole au-dessus de sa tête. À la fin de la vision, alors qu'il a résisté aux balles et aux flèches, le cavalier est désarçonné et mis à terre par les gens de son peuple. L'orage lui dessine la foudre sur son visage et de la grêle sur son corps. Il attendra plusieurs années pour faire le récit de sa vision à son père. Celui-ci lui expliquera alors que l'homme de son rêve n'était autre que lui. Désormais Curley s'appelle Crazy Horse.

Par la suite, il se couvre de poussière de terrier de spermophile pour se protéger des balles, se peint la foudre sur son visage et la grêle sur son corps, et s'accroche un faucon rouge naturalisé dans ses cheveux qu'il laisse dénoués. Sa vision lui interdisant de prendre des scalps, il n'en prendra aucun.

Au cours des années suivantes, il se bâtit une solide réputation de guerrier courageux et efficace. En 1865, il devient membre de la prestigieuse société guerrière des Porteurs de Chemises.

La guerre de Red Cloud[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Red Cloud.

En 1866, malgré l’opposition des Lakotas, les militaires américains, sous la direction du colonel Henry B. Carrington, construisent plusieurs forts (Fort Reno, Fort Kearny) le long de la piste Bozeman allant de Fort Laramie au territoire minier des Big Horn Mountains. Les Lakotas menés par le chef Red Cloud décident de défendre leurs terres.

C’est dans ce contexte que se place le premier grand exploit de Crazy Horse. Le 21 décembre 1866, un parti de guerriers indiens attaque un groupe de soldats chargés d’une corvée de bois près du fort Kearny. Le capitaine William Fetterman est envoyé en renfort avec 80 soldats. Avec une dizaine d'hommes, Crazy Horse entraine les militaires à sa poursuite, les narguant en s'arrêtant à portée de fusil pour gratter la glace des sabots de son cheval, faisant mine de se reposer… Les guerriers attirent les soldats dans une embuscade. Encerclé par 500 guerriers Sioux et Cheyennes, le détachement américain est anéanti. Il s’agissait à cette date de la pire défaite de l’armée américaine lors des guerres indiennes dans les Grandes Plaines de l’Ouest. On appelle cet affrontement la bataille de Fetterman

Par la suite, les troupes de l’Union décident d'évacuer les forts. Des négociations aboutissent au traité de 1868 dans lequel le gouvernement américain reconnaît la région comprise entre le Missouri supérieur, le Wyoming, les Rocheuses et la Yellowstone River comme territoire indien. De leur côté, les Lakotas s’engagent à laisser passer les officiers, agents et employés gouvernementaux munis d’une autorisation.

Cependant, si Red Cloud, Spotted Tail et tous les chefs Sioux influents signent le traité, Crazy Horse et Sitting Bull le refusent et continuent à vivre en dehors des réserves, à faire la guerre à leurs ennemis traditionnels et aux Blancs.

Le mariage[modifier | modifier le code]

En 1870, Crazy Horse tombe amoureux de Black Buffalo Woman. Il décide de la courtiser, mais c'est No Water, un homme réputé violent et issu d'une famille influente, qui obtient la main de la jeune femme. Elle divorce cependant pour épouser Crazy Horse. No Water n'accepte pas le divorce. Échauffé par ce qu'il estime être un vol, il se rend dans le village de Crazy Horse avec un groupe d’amis. Entrant dans le tipi de Crazy Horse, No Water lui tire une balle dans la mâchoire. Sérieusement blessé, Crazy Horse survit cependant à sa blessure. Afin d’éviter de nouveaux troubles, sa femme Black Buffalo Woman repart vivre avec No Water. Les Lakotas obligent celui-ci à offrir trois chevaux à Crazy Horse pour clore la dispute.

En 1871, Little Hawk, le jeune frère de Crazy Horse, est tué lors d'une expédition sur la Platte River. Le chef lakota épouse alors la jeune veuve, Black Shawl.

Il a finalement une fille avec Black Shawl. Sa femme contracte la tuberculose et sa fille (encore toute jeune) meurt du choléra.

La nouvelle guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre des Black Hills.

La découverte d'or dans les Black Hills en 1874 incite les militaires américains à investir la région malgré le traité de Fort Laramie de 1868. Le 17 septembre 1875, une commission officielle rencontre Red Cloud, Spotted Tail et les autres chefs lakotas et leur propose d'acheter le territoire à un prix ridiculement bas (six millions de dollars), ce qu'ils s'empressent de refuser. C'est de nouveau la guerre.

En avril 1876, le chef Sitting Bull invite les autres chefs lakotas à un grand conseil. Une grande coalition indienne se forme sous ses ordres ayant pour premier objectif d'empêcher l'infiltration croissante des Blancs sur leur territoire. Trois colonnes militaires convergent vers les Indiens.

C'est Crazy Horse qui conduit la première bataille le 17 juin lorsque son armée de Lakotas et de Cheyennes attaque les 1 000 soldats et 300 éclaireurs indiens du brigadier-général George Crook sur les bords de la Rosebud River. Le combat, indécis, se termine par la perte de 22 guerriers et d'une quarantaine de blessés de part et d'autre. Le général Crook s’étant replié sur sa base de départ le lendemain, cette bataille est généralement considérée comme une victoire stratégique pour les Amérindiens.

Quelques jours plus tard, le 25 juin, le 7e de Cavalerie du général George Armstrong Custer lance ses troupes sur le village des Sioux, des Cheyennes et des Arapahos coalisés sur les bords de la rivière Little Big Horn. Les Amérindiens repoussent le premier assaut mené par le commandant Marcus Reno, puis décident de contre-attaquer. Le détachement de Custer, en infériorité numérique, est écrasé par les guerriers de Crazy Horse et Gall. Il y a 268 tués et 52 blessés chez les militaires.

Après cette victoire, Crazy Horse et Sitting Bull sont contraints de séparer leurs troupes, car leurs chevaux nécessitaient de grandes quantités d'herbe. Crazy Horse va s'installer sur les bords de la Rosebud River pendant que Sitting Bull part chasser le bison sur la Big Dry. Le colonel Nelson A. Miles attaque celui-ci par surprise et réussit à le battre. Sitting Bull parvient à s'enfuir au Canada par les Bad Lands.

Crazy Horse et les siens en route pour se rendre (gravure de 1877).

Le 8 janvier 1877, Miles attaque Crazy Horse à Wolf Mountain. Les Amérindiens parviennent à décrocher, profitant d'une tempête de neige. Démoralisés, les membres de sa tribu étant affamés et malades, Crazy Horse se rend à Fort Robinson dans le Nebraska, le 6 mai 1877, avec 889 Oglalas.

Circonstances troubles de la mort de Crazy Horse[modifier | modifier le code]

Plaque commémorant l'endroit où fut tué Crazy Horse.

Dans la réserve, les agents américains créent des dissensions entre les différents chefs. Le chef Red Cloud, jaloux de la réputation de Crazy Horse propage des rumeurs à son sujet.

Peu après, les Américains demandent à Crazy Horse de les accompagner et de les servir comme éclaireur pour faire la guerre contre les Nez-Percés de Chef Joseph, enfuis de leur réserve. Crazy Horse refuse dans un premier temps, puis, devant l'insistance des soldats, accepte et déclare : « faire la guerre et tuer tous les Nez-Percés ». Cependant, l'interprète, probablement à la solde de Red Cloud, jaloux du succès de Crazy Horse, déclare que celui-ci souhaite « tuer tous les Blancs ».

Inquiété par cet événement et par des rumeurs, le général Crook annonce qu'il souhaite rencontrer Crazy Horse.

Ce dernier est conduit dans un bâtiment de fort Robinson. Le chef Oglala entre, pensant trouver Crook et pouvoir s'expliquer avec lui. Il s'aperçoit alors qu'il s'agit d'une prison avec des barreaux aux portes. Crazy Horse se débat et tente de s'échapper, sort un couteau qu'il avait gardé caché sur lui. Il est alors retenu par le gardien de la prison, son ancien compagnon d'armes et ami, qui fut un temps l'un de ses lieutenants, Little Big Man. Le soldat de garde lui enfonce sa baïonnette dans l'abdomen (d'autres sources affirment que Little Big Man l'aurait poignardé avec le couteau que tenait Crazy Horse).

Crazy Horse est porté sur un lit et meurt dans la nuit, entouré de ses parents, le 5 septembre 1877. Selon des sources, ses derniers mots auraient été : « Mon père, je suis grièvement blessé, dis au peuple de ne plus compter sur moi ».

Enterrement[modifier | modifier le code]

Le corps de Crazy Horse a été rendu à ses parents qui l'enterrèrent dans un lieu tenu secret, quelque part dans la vallée de Wounded Knee.

Description physique et morale[modifier | modifier le code]

Le capitaine Bourke, qui a assisté à sa reddition en 1877, le décrit ainsi :

« Je vis devant moi un jeune homme ne dépassant pas 30 ans et d'une taille d'un mètre quatre-vingts, avec une cicatrice en pleine face. Son expression et sa contenance étaient remplies de noblesse, mais aussi de hargne et de tristesse. Il ressemblait à un homme acceptant son destin avec dignité. Pendant qu'il parlait à Frank Gouard (l'interprète) il semblait prendre un certain plaisir mais, en d'autres temps, il demeurait morose et réservé. Tous les Indiens le tenaient en une haute réputation de courage et de générosité. Quand il courait au-devant de l'ennemi, aucun de ses guerriers n'avait le droit de le dépasser. Il s'était fait une centaine d'amis à cause de sa charité envers les pauvres, et il se faisait un point d'honneur à ne rien garder pour lui lors du partage du butin, à part les armes de guerre. Jamais je n'ai entendu un Indien prononcer son nom sans y mettre un accent de profond respect. »

Citations autour de Crazy Horse[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.
  • « Crazy Horse est l'homme le plus brave que j'aie jamais vu. », le guerrier arapaho (Inuna-ina) Waterman, à propos de Crazy Horse lors de la bataille de Little Big Horn.
  • « Ils l'ont tué parce qu'ils ne pouvaient pas le conquérir. », le guerrier oglala Fying Hawk, commentant le meurtre (qui n'est peut-être qu'un accident selon certains témoins indiens) de Crazy Horse à Fort Robinson.
  • « On ne vend pas la terre sur laquelle on marche ! », Crazy Horse.

La naissance d'une légende[modifier | modifier le code]

L'absence de photographies, le fait que Crazy Horse refusa toujours de vivre dans une maison et de renoncer aux traditions de son peuple, d'apprendre l'Anglais et également le fait que l'emplacement de sa sépulture est inconnu contribuent à faire de lui l'un des chefs amérindiens les plus appréciés, un mythe, un véritable héro de la résistance amérindienne.

En 1948, en réponse à la profanation des Black Hills par les Blancs avec la construction du mont Rushmore, une gigantesque sculpture monumentale fut construite non loin du Mont Rushmore. La sculpture du Crazy Horse Memorial n'est toujours pas achevée. Le Crazy Horse Memorial devrait être la plus grande sculpture du monde quand il sera fini.

Crazy Horse est considéré comme étant l'un des plus grands chefs de guerre de l'Ouest.

Photographie[modifier | modifier le code]

Photo présumée de Crazy Horse prise en 1877, son attribution est controversée.

Il existe de nombreuses controverses au sujet de prétendues photographies, mais il est dur de savoir si elles sont authentiques ou non. Il est cependant plus probable qu'il n'ait jamais été photographié, pour plusieurs raisons : Crazy Horse était très méfiant vis-à-vis des Blancs, et ne passa que quelques mois dans la réserve, durant lesquels il évitait le plus souvent possible le contact avec ceux-ci. Il est de plus difficile de penser que Crazy Horse aurait pu rester immobile pendant les longues minutes nécessaires pour l'obtention d'un bon cliché, en face de ceux qu'il considérait comme ses ennemis. Enfin, pour conclure, il suffit de citer les paroles du jeune chef à un photographe qui lui demandait de prendre une photo de lui : « Pourquoi voudriez vous me prendre mon ombre ? »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. .History Detectives (2009). PBS.org
  2. Bray 2006, p. 5

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kingsley M. Bray, Crazy Horse : a Lakota life, Norman, University of Oklahoma,‎ 2006, 510 p. (ISBN 978-0-8061-3785-8, OCLC 65165476, lire en ligne)
  • David Cornut, Little Big Horn : autopsie d'une bataille légendaire, Parçay-sur-Vienne, Anovi,‎ 2008 (1re éd. 2006), 389 p. (ISBN 978-2-914818-28-5, OCLC 470923249)
  • Joseph Marshall, Crazy horse : une vie de héros [« The journey of Crazy Horse »], Paris, Albin Michel, coll. « Terre indienne »,‎ 2007, 338 p. (ISBN 978-2-226-17709-4, OCLC 191858654)
  • Jean-Louis Rieupeyrout, Histoire du Far West, Paris, Tchou,‎ 1967, 443 p. (OCLC 489870939)
  • Mari Sandoz (trad. Daniel Bismuth), Crazy Horse : l'homme étrange des Oglalas [« Crazy Horse : the strange man of the Oglalas »], Monaco, Édition du Rocher,‎ 1994, 499 p. (ISBN 978-2-268-01726-6, OCLC 31702105)
  • James Welch (trad. Michel Valmary), C'est un beau jour pour mourir : l'Amérique de Custer contre les indiens des plaines (1865-1890) [« Killing Custer : the Battle of the Little Bighorn and the fate of the Plains Indians »], Paris, Albin Michel, coll. « Terre indienne »,‎ 1999, 299 p. (ISBN 978-2-226-10716-9, OCLC 42693612)
  • (en) The authorized biography of Crazy Horse and his family : Part one. Creation, spirituality, and the family tree, de Mark Frethem (prod.) et de William Matson (réal.), Reel Contact, 2005

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]