Fidji

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République des Fidji

Republic of Fiji (en)

Matanitu ko Viti (fj)

फ़िजी (hif)

Drapeau
Drapeau des Fidji
Blason
Armoiries des Fidji
alt=Description de l'image Fiji on the globe (small islands magnified) (Polynesia centered).svg.
Devise nationale Rerevaka na Kalou ka Doka na Tui
(Craindre Dieu et honorer la reine ou Crains Dieu et honore la reine)
Hymne national God Bless Fiji
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président Epeli Nailatikau
Premier ministre Voreqe Bainimarama
Langues officielles Anglais
Fidjien
Hindi des Fidji
Capitale Suva

18° 10′ S 178° 27′ O / -18.17, -178.45

Géographie
Plus grande ville Suva
Superficie totale 18 270 km2
(classé 150e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +12
Histoire
Indépendance Du Royaume-Uni
Date
- République
10 octobre 1970
7 octobre 1987
Démographie
Gentilé Fidjiens
Population totale (juillet 2014) 903 207[1] hab.
(classé 152e)
Densité 46 hab./km2
Économie
Monnaie Dollar fidjien (FJD​)
Divers
Code ISO 3166-1 FJI, FJ​
Domaine Internet .fj
Indicatif téléphonique +679

Les Fidji ou les Îles Fidji, en forme longue la République des Fidji, en fidjien Viti et Matanitu ko Viti, en anglais Fiji et Republic of Fiji, en hindi des Fidji Fiji, फ़िजी et Fiji Dvip Qamooh Ganarajya, फ़िजी द्वीप समूह गणराज्य, est un pays d'Océanie situé dans l'océan Pacifique sud, à l'est du Vanuatu, à l'ouest des Tonga et au sud des Tuvalu. À la suite du coup d'État du 5 décembre 2006 de Frank Bainimarama et à la non-tenue d'élections en 2009[2], le pays a été exclu du Commonwealth[3] et suspendu du Forum des îles du Pacifique[4],[5]. La tenue d'élections démocratiques en septembre 2014, saluée par ces deux organisations[6], a mené à la pleine réintégration des Fidji dans le Commonwealth[7].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Fidji, écrit Fiji en anglais, est la prononciation tonguienne du nom de l'île de Viti Levu (« grande Viti »). Le terme de viti n'a pas de sens connu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Couple d'habitants des Fidji, en 1884
Article détaillé : Histoire des Fidji.

Les premiers habitants des îles Fidji, des Austronésiens, sont arrivés du sud-est asiatique longtemps avant que les îles fussent découvertes par l'explorateur Abel Tasman au XVIIe siècle. En 3000 av. J.-C., des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taiwan. Vers 2000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taiwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et, de là, vers les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont probablement les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.

Cependant ce n'est qu'au XIXe siècle que les Européens colonisèrent ces îles pour les occuper de manière permanente. En 1874, les îles furent sous contrôle britannique. L'indépendance fut accordée en 1970. Le régime démocratique fut interrompu par deux coups d'État militaires en 1987, car le gouvernement était perçu comme dominé par la communauté indienne.

La Constitution de 1990 favorisa le contrôle par les indigènes mélanésiens des Fidji mais provoqua une émigration importante de la population indienne. La perte de population eut comme conséquence des difficultés économiques, mais assura la majorité aux Mélanésiens. Les amendements décrétés en 1997 rendirent la constitution plus équitable. Les élections libres et paisibles de 1999 permirent de constituer un gouvernement mené par un Indo-fidjien, Mahendra Chaudhry, mais celui-ci fut renversé en 2000 lors d'un troisième coup d'État mené par George Speight, un homme d'affaires qui s'appuya sur une rhétorique nationaliste indigène. Speight, soutenu par une milice privée, prit Chaudhry en otage et réclama de nouvelles institutions qui établiraient la suprématie politique des indigènes, et interdiraient à nouveau (comme l'avait fait la Constitution de 1990) l'accès au sommet de l'État à tout Indo-fidjien. La crise fut désamorcée à travers les efforts de médiation menés par le chef des armées, Frank Bainimarama. Speight fut finalement arrêté et condamné à la prison à perpétuité. Chaudhry demeura néanmoins écarté du pouvoir ; le banquier et homme politique indigène Laisenia Qarase dirigea un gouvernement de transition, avant d'être élu par la voie démocratique en 2001. Il fut réélu en 2006.

Les Fidji ont été à plusieurs reprises un membre important des missions de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies dans diverses régions du monde.

Un nouveau coup d'État militaire, le 5 décembre 2006, voit l'accession au pouvoir du chef des forces armées, le commodore Frank Bainimarama, et le renversement du gouvernement Qarase, jugé coupable par Bainimarama d'avoir attisé les tensions entre les deux principales communautés ethniques (Fidjiens indigènes et Indo-fidjiens). Le gouvernement de Qarase avait mené une politique de « discrimination positive » favorisant les indigènes, et certains membres du gouvernement avaient tenu des propos racistes et incendiaires à l'encontre des Indo-fidjiens. La ministre des Femmes, Asenaca Caucau, avait ainsi annoncé devant le Parlement : « Nous devons surveiller de près les Indo-fidjiens, car ils sont comme des mauvaises herbes. Ils ont tendance à pousser, à saisir et à s'approprier les terres et la nation ». Bainimarama, lui-même indigène, reproche également à Qarase d'être corrompu et d'avoir préparé une législation qui faciliterait l'amnistie pour les complices de Speight. Qarase dément toute accusation de corruption (mais est condamné en 2012 à un an de prison pour corruption[8]), et dénonce le refus de Bainimarama de désamorcer la crise par le dialogue plutôt que par un coup d’État. Les élections de septembre 2014 sont remportées par Bainimarama, lui conférant un mandat démocratique de quatre ans, tandis que les anciens partisans de Qarase (le Sodelpa) constituent la principale force d'opposition au nouveau Parlement.

Politique[modifier | modifier le code]

Jusqu'en mars 2012, le président de la République était élu par le Grand Conseil des Chefs pour une durée de cinq ans. Il nommait un Premier ministre et un cabinet issu de la Chambre des représentants, qui comprenait 71 sièges : 25 élus au suffrage universel, 23 élus uniquement par les électeurs indigènes, 19 par les électeurs « indo-fidjiens », 1 par les indigènes de Rotuma, 3 par l'ensemble des électeurs appartenant aux autres catégories ethniques (« Européens », « Chinois »…)[9]. La Chambre haute du Parlement, le Sénat, avait 32 sièges. Les sénateurs étaient nommés par le président de la République. En pratique, les 14 conseils provinciaux nommaient chacun un sénateur. Le Premier ministre en désignait neuf, et le chef de l'opposition huit. Le trente-deuxième siège revenait à un représentant du Conseil de Rotuma. Le Sénat possédait le droit de retarder et d'amender la législation issue de la Chambre des représentants, et pouvait mettre son veto à toute modification de la Constitution[10].

L'actuel président de la République des Fidji est Ratu Epeli Nailatikau. Il succède à Ratu Josefa Iloilo, décédé en 2013.

Les institutions politiques ont été réformées suite au coup d'État de décembre 2006. En 2013, le gouvernement civil appuyé par l'armée et dirigé par le contre-amiral Frank Bainimarama introduit une nouvelle Constitution.Celle-ci, visant à mettre fin aux politiques fondées sur les clivages inter-ethniques, remplace les listes électorales communautaires par des listes sans aucune distinction ethnique. Le Parlement, désormais monocaméral, élu avec un mandat de quatre ans, élit le Premier ministre, qui lui demeure redevable, selon le principe de gouvernement responsable. Le Président de la république est également élu par le Parlement, avec un mandat de trois ans reconductible une fois ; ses fonctions sont purement cérémonielles[11].

Les élections qui se tiennent en 2014 sur la base de cette nouvelle Constitution fournissent une majorité absolue des sièges au parti Fidji d'abord de Frank Bainimarama, et lui permettent de conserver le pouvoir avec le soutien d'une assemblée démocratiquement élue[12],[13].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Les Fidji sont divisées en quatre parties, appelées divisions. Celles-ci sont simplement appelées division du centre, division du nord, division orientale et division occidentale. L'île de Rotuma, au nord de l'archipel principal, a le statut de dépendance.

Géographie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Géographie des Fidji et Liste des îles Fidji.
Carte des Fidji

Les Fidji se composent de 322 îles, dont environ un tiers sont habitées. Les deux îles les plus importantes sont Viti Levu et Vanua Levu. Viti Levu accueille la capitale Suva et presque les trois quarts de la population y habite. D'autres villes importantes sont Lautoka et Nausori. L'aéroport international principal est situé à Nadi (prononcé Nandi), du côté occidental de Viti Levu, à l'opposé de Suva.

Les îles sont montagneuses, avec des sommets jusqu'à 1 200 m, et couvertes de forêts tropicales.

Le pays a une superficie de 18 270 km2 et une densité de population de 46 hab./km2. Son littoral mesure 1 129 km de longueur. Le point le plus haut est situé à une altitude de 1 324 m.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie des Fidji.

Les Fidji, dotées de forêts, de minerais et ressources en poissons, possèdent l'une des économies les plus développées des îles du Pacifique, malgré un secteur d'économie de subsistance toujours important. Les exportations de sucre et une industrie du tourisme en croissance (plus de 600 000 touristes annuellement) sont les principales sources de devises étrangères. Le traitement du sucre compose un tiers de l'activité industrielle. Les îles Fidji sont également l'un des tout premiers pays exportateur de coraux vivants menacés d'extinction, et ont rejoint la convention CITES en 1998. Les problèmes à long terme sont, entre autres, les faibles taux d'investissement et des droits de propriété assez incertains. L'agitation politique aux Fidji a eu un impact grave : son économie diminua de 2,8 % en 2000 et ne s'accrut que de 1 % en 2001. Le bureau du tourisme des Fidji s'attend à ce que les arrivées de visiteurs atteignent un niveau comparable voire supérieur à celui d'avant le coup d'État en 2002. La capacité du gouvernement à contrôler son budget (prévision d'un déficit net de 6 % pour 2002) dépendra du retour de la stabilité politique et de la confiance des épargnants. Un aéroport international dessert les Fidji, à Nadi.

Démographie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Démographie des Fidji et Indiens de Fidji.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

La population autochtone a été définie comme mélanésienne par Jules Dumont d'Urville, en raison de la couleur noire de sa peau. Cette catégorisation a subsisté, bien que ces Mélanésiens soient proches parents des autres populations austronésiennes, comme les Polynésiens. Le 30 juin 2010, le gouvernement a approuvé le Fijian Affairs Decree 2010 et de ce fait remplace les mots Fidjien, indigène ou indigène fidjien par iTaukei dans toutes les lois et documents officiels[14].

Les émigrés indiens sont venus dans les îles au XIXe siècle, à la demande des autorités britanniques, pour cultiver le sucre. Les individus d'origine indienne furent longtemps victimes de discriminations, soutenues ou tolérées par certains gouvernements ayant limité leurs droits civiques. Ces discriminations persistent encore résiduellement aujourd'hui.

Le recensement de 2007 dénombre 475 739 Fidjiens (56,82 %), 313 798 Indiens (37,48 %) et 47 734 autres personnes (5,7 %) pour un total de 877 271 personnes[15]. L'espérance de vie des femmes est de 71 ans et celle des hommes de 66 ans, en 2001. En 2001, le taux de croissance de la population est de 1,41 %, avec un taux de natalité de 23,33 ‰, un taux de mortalité de 5,75 ‰, un taux de mortalité infantile de 14,08 ‰, un taux de fécondité de 2,9 enfants/femme et un taux de migration de -3,45 ‰. En 2001, la population était composé à 32,92 % de 0-14 ans, à 63,52 % de 15-64 ans et à 3,56 % de 65 ans ou plus.

La langue officielle du pays est l'anglais, mais les deux groupes ethniques parlent leurs propres langues, le fidjien et l'hindî.

Gentilé[modifier | modifier le code]

En langue anglaise, avant le coup d'État de 2006, la population des Fidji opérait une distinction entre les termes Fijian (« Fidjien ») et Fiji Islander (« habitant des îles Fidji »). Le premier désignait une appartenance ethnique, et le second une nationalité.

Cette terminologie était sujette à controverse. Peu de Fiji Islanders, quelle que soit leur appartenance ethnique, employaient le terme « Fidjien » pour désigner un Indo-fidjien. Les nationalistes indigènes, très influents, récusaient (et récusent toujours) le droit des Indo-fidjiens d'employer ce terme à leur propre égard[16], et beaucoup d'Indo-fidjiens préféraient se désigner eux-mêmes comme étant Indians (« Indiens »), ou à la rigueur Indo-Fijians (« Indo-fidjiens »). Le terme Fiji Islanders avait été créé justement (en 1997) afin que tous les habitants des Fidji puissent disposer d'un terme de nationalité commun, mais les descriptifs d'appartenance ethnique primaient encore bien souvent sur tout terme de nationalité.

La Constitution de 1997 et la législation définissaient le terme « Fidjien » comme étant un terme d'appartenance ethnique. Les Fiji Islanders non indigènes étaient citoyens des Fidji mais n'étaient pas Fidjiens aux yeux de la loi.

Frank Bainimarama, auteur du coup d'État de 2006, s'est évertué à consolider un sentiment d'appartenance nationale commune. Le Constitution de 2013 dispose ainsi dans son article 5 que « [t]ous les citoyens des Fidji sont Fidjiens », consolidant un décret de 2010 à cet effet. Le terme désigne désormais la nationalité, tandis que la population autochtone est désignée par le terme autochtone itaukei[17].

Sport[modifier | modifier le code]

Le sport national est le rugby.

Rugby à XV[modifier | modifier le code]

L'équipe des Fidji de rugby à XV a participé à cinq reprises à la coupe du monde, la première en 1987 où l'équipe a réalisé sa meilleure performance en arrivant en quart de finale, tout comme en 2007.

Rugby à XIII[modifier | modifier le code]

Le rugby à XIII a fait son apparition dans les îles Fidji en 1991/92. L'Équipe nationale des Fidji de rugby à XIII a participé à trois reprises à la coupe du monde, la première fois en 1995, puis en 2000 et 2008 où elle fut demi-finaliste. Elle est aussi qualifiée pour les demi-finales de la coupe du monde 2013. En parallèle son sponsor historique a renouvelé sa participation pour les trois prochaines années et versera quatre millions de Dollars.

Rugby à VII[modifier | modifier le code]

L'équipe de rugby à sept des Fidji est l'une des meilleures au monde et a remporté deux fois la coupe du monde.

Les sportifs[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture des îles Fidji.
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
10 octobre Fête nationale

Codes[modifier | modifier le code]

Les îles Fidji ont pour codes :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]