Dookie

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Dookie

Album par Green Day
Sortie 1er février 1994
Enregistré De septembre à octobre 1993
Fantasy Studios, Berkeley
Durée 39:48
Genre Punk rock, pop punk
Format CD, cassette
Auteur Billie Joe Armstrong
(excepté Emenius Sleepus par Mike Dirnt et All by Myself par Tré Cool)
Compositeur Green Day
(excepté All by Myself par Tré Cool)
Producteur Rob Cavallo et Green Day
Label Reprise

Albums par Green Day

Singles

  1. Longview
    Sortie : 1er février 1994
  2. Welcome to Paradise
    Sortie : 4 octobre 1994
  3. Basket Case
    Sortie : 29 novembre 1994
  4. When I Come Around
    Sortie : 31 janvier 1995
  5. She
    Sortie : 5 mai 1995

Dookie est le troisième album du groupe punk rock californien Green Day et leur premier sur un label majeur, Reprise. Il est sorti en 1994 et a permis au groupe d'atteindre une grande popularité. Ses principaux singles ont été Longview, Basket Case et When I Come Around. L'album a remporté le Grammy Award du meilleur album de musique alternative. Il s'en est vendu plus de 16 millions d'exemplaires à travers le monde.

Contexte et enregistrement[modifier | modifier le code]

Après le succès rencontré dans le milieu indépendant par leur deuxième album, Kerplunk! (1992), Green Day attire l'attention d'importants labels du disque[1]. Le groupe décline plusieurs propositions jusqu'à leur rencontre avec Rob Cavallo, représentant de Reprise Records. Ils sont impressionnées par le travail qu'il a effectué avec The Muffs, un autre groupe de punk rock californien, et affirment plus tard qu'il « était le seul avec qui on pouvait vraiment communiquer »[2]. Le groupe se sépare à l'amiable du label indépendant Lookout! Records et signe avec Reprise, ce qui leur vaut d'être considérés comme des vendus par nombre de fans de la première heure[3].

Rob Cavallo est choisi pour être le producteur du prochain album du groupe, avec Jerry Finn au mixage. Après avoir écouté la première démo que lui a fourni le groupe, Cavallo a le sentiment qu'il est « tombé sur quelque chose d'énorme »[1]. Les sessions d'enregistrement durent trois semaines en septembre et octobre 1993, et l'album est remixé deux fois car le groupe et Rob Cavallo ne sont pas satisfaits de la première version[2]. Billie Joe Armstrong affirme que le groupe voulait créer un son très sec, « semblable à celui de Never Mind the Bollocks, Here's the Sex Pistols ou du premier album de Black Sabbath ».

Composition[modifier | modifier le code]

L'album évoque essentiellement les expériences passées des membres du groupe. Basket Case, l'un des plus gros succès de Green Day, évoque les attaques de panique de Billie Joe Armstrong et le sentiment qu'il avait de devenir fou avant qu'on lui diagnostique ce trouble anxieux. Longview traite de l'ennui et a attiré l'attention par ses allusions ouvertes à la masturbation. Mike Dirnt affirme avoir composé sa ligne de basse une nuit où il était sous l'influence du LSD et les portions dont il se rappelait le lendemain figurent sur le morceau[4].

Welcome to Paradise est une reprise de leur deuxième album Kerplunk!, réenregistrée avec un son moins granuleux[1]. Elle parle de la difficulté de quitter son foyer et de perdre ses racines pour finalement s'adapter à son nouvel environnement, livré à soi-même et à la violence des rues. La version de Kerplunk! est légèrement plus rapide que celle de Dookie et on y entend plus distinctement la basse. Coming Clean traite de l'époque où Billie Joe Armstrong, alors âgé de 16/17 ans, se cherchait encore sur le plan sexuel et n'avait pas d'orientation sexuelle bien définie[5].

She, Sassafras Roots et Chump évoquent toutes les trois une ex-petite amie de Billie Joe Armstrong, partie en Équateur, alors que When I Come Around parle de sa rupture avec une autre de ses petites amies, Adrienne Nesser, avec qui il se réconciliera et qu'il épousera quelques mois après la sortie de l'album[1]. In the End évoque la mère et le beau-père de Billie Joe Armstrong. La piste cachée All by Myself est entièrement interprétée par le batteur Tré Cool, au chant et à la guitare sèche (il n'y a ni basse ni batterie, mais quelques percussions).

Pochette et titre[modifier | modifier le code]

Le titre de l'album est un mot d'argot américain pour désigner la matière fécale et fait référence au fait que les membres du groupe souffraient souvent de diarrhée, qu'ils appelaient liquid dookie, quand ils étaient en tournée en raison de leur mauvaise alimentation. Le groupe voulait tout d'abord nommer l'album Liquid Dookie avant d'estimer que c'était trop grossier[2].

La pochette est une illustration de Richie Bucher qui représente une bombe tombant sur des gens et des bâtiments. Au centre figure une explosion avec le nom du groupe écrit au-dessus en marron. Au verso des premières copies du CD figurait une peluche de Ernie, un des personnages principaux de l'émission pour enfants 1, rue Sésame, qui a ensuite été retouchée pour ne pas risquer un procès[2].

Accueil[modifier | modifier le code]

Succès commercial[modifier | modifier le code]

L'album a été un très grand succès commercial aux États-Unis, se classant 2e du Billboard 200, ainsi que dans plusieurs autres pays, atteignant notamment la première place des classements de ventes d'albums en Australie, au Canada et en Nouvelle-Zélande. Il est désormais disque de diamant aux États-Unis et au Canada. Au début des années 2010, il s'est vendu plus de 16 millions d'exemplaires de l'album à travers le monde, ce qui en fait l'album de Green Day qui s'est le plus vendu[6].

Classements et certifications[modifier | modifier le code]

Classements[modifier | modifier le code]

Liste des classements de ventes pour l'album Dookie
Pays Positions
Drapeau de l'Allemagne Allemagne[7] 4
Drapeau de l'Australie Australie[8] 1
Drapeau de l'Autriche Autriche[8] 4
Drapeau de la Belgique Belgique[8] 13
Drapeau du Canada Canada[9] 1
Drapeau des États-Unis États-Unis[10] 2
Drapeau de la Finlande Finlande[8] 5
Drapeau de la France France[11] 19
Drapeau de la Norvège Norvège[8] 9
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande[8] 1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[8] 5
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni[12] 13
Drapeau de la Suède Suède[8] 3
Drapeau de la Suisse Suisse[8] 6

Certifications[modifier | modifier le code]

Liste des certifications pour l'album Dookie
Pays Ventes Certifications
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 750 000 + Disque d'or 3 × Or[13]
Drapeau de l’Argentine Argentine 60 000 + Disque de platine Platine[14]
Drapeau de l'Australie Australie 350 000 + Disque de platine 5 × Platine[15]
Drapeau de l'Autriche Autriche 20 000 + Disque de platine Platine[16]
Drapeau du Brésil Brésil 100 000 + Disque d'or Or[17]
Drapeau du Canada Canada 1 000 000 + Disque de diamant Diamant[18]
Drapeau de l'Espagne Espagne 100 000 + Disque de platine Platine[19]
Drapeau des États-Unis États-Unis 10 000 000 + Disque de diamant Diamant[20]
Drapeau de la Finlande Finlande 35 000 + Disque d'or Or[21]
Drapeau de la France France 100 000 + Disque d'or Or[22]
Drapeau de l'Irlande Irlande 60 000 + Disque de platine 4 × Platine[23]
Drapeau de la Pologne Pologne 20 000 + Disque d'or Or[24]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 900 000 + Disque de platine 3 × Platine[25]
Drapeau de la Suisse Suisse 25 000 + Disque d'or Or[26]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

L'album a globalement été bien accueilli par la critique. Stephen Erlewine, d'Allmusic, lui donne 4,5 étoiles sur 5, le qualifiant d'« œuvre sidérale du punk moderne que beaucoup ont essayé de copier mais que personne n'a égalé »[27]. Jon Pareles, du New York Times, écrit que « le punk se transforme en pop avec ces chansons rapides, amusantes, accrocheuses et puissantes […] l'apathie a rarement sonné de façon aussi passionnée »[28]. Paul Evans, de Rolling Stone, estime que Green Day « retrouve l'esprit de 1976 » et est « convaincant car ils a conservé les anti-valeurs prétentieuses du punk : accusation, apitoiement sur soi, haine de soi arrogante, humour, narcissisme et plaisir », « restituant le vide politique adolescent avec l'humour pince-sans-rire le plus précis »[29]. Le site Sputnikmusic lui donne 4 étoiles sur 5, évoquant des chansons « directes et entraînantes mais aussi sarcastiques et emplies d'autodérision », des lignes de basse « mélodiques et accrocheuses » et un jeu de batterie « de premier ordre » mais regrettant que la deuxième partie de l'album comporte quelques chansons « ennuyeuses et répétitives » comme Sassafras Roots, Coming Clean et In the End[30].

Christophe Deniau, de Music Story, lui donne 4 étoiles sur 5, estimant que « Green Day a remis au goût du jour avec Dookie le rock efficace et percutant de The Ramones et des Buzzcocks »[31]. Le site albumrock lui donne 4,5 guitares sur 5, évoquant un « goût prononcé pour l’humour potache [qui] ne doit cependant pas occulter l’exceptionnelle qualité du disque, […] À partir d’un canevas inamovible et strictement limité à un nombre d’accords se comptant sur les doigts d’une main amputée, Green Day dégoupille d’authentiques joyaux mélodiques, aussi amers sur le fond qu’enjoués et railleurs sur la forme »[32]. Le site forces parallèles, délivre une critique négative, estimant que « Dookie se veut morveux, choquant, mais c’est du punk sans griffes, aussi inoffensif qu’une bombe puante et corrélativement plutôt ennuyeux » et que seul Basket Case « est vraiment au-dessus du lot »[33]. Pour Gilles Verlant et Thomas Caussé, dans la Discothèque parfaite de l'odyssée du rock, c'est un « concentré de pop punk parfaite » avec « de grandes chansons mariant riffs efficaces, énergie démente et sarcasmes bien sentis »[34].

Distinctions[modifier | modifier le code]

L'album a remporté le Grammy Award du meilleur album de musique alternative en 1995[35]. Il fait partie des albums présentés dans le livre Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, avec en commentaire « les puristes du punk grincent encore des dents à l'écoute de ce disque révolutionnaire mais personne ne peut nier que Dookie a permis à Green Day de redonner vie à ce genre obsolète » grâce à une formule simple : « quelques accords puissants, un air entraînant, un zeste d'humour ironique, le tout accéléré au maximum »[36]. Il figure à la 193e place du classement des 500 meilleurs albums de tous les temps établi par le magazine Rolling Stone en 2003[37].

Tournée[modifier | modifier le code]

Green Day débute une tournée aux États-Unis juste après la sortie de Dookie, utilisant pour leurs déplacements un bibliobus appartenant au père de Tré Cool[2]. Le groupe se produit notamment au festival Woodstock '94, déclenchant au cours de leur concert une bataille de boue entre eux et le public[38]. Durant la bataille, Mike Dirnt est violemment projeté contre un moniteur par un garde de la sécurité qui l'a pris pour un fan, récoltant une blessure au bras et perdant deux dents. Le groupe se produit aussi à Lollapalooza et au Madison Square Garden, où Billie Joe Armstrong interprète la chanson She tout nu[39]. Le groupe tourne ensuite au Canada et en Europe.

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les paroles sont écrites par Billie Joe Armstrong sauf mention contraire, toute la musique est composée par Green Day.

Dookie
No Titre Auteur(s) Durée
1. Burnout 2:07
2. Having a Blast 2:44
3. Chump 2:54
4. Longview 3:59
5. Welcome to Paradise 3:44
6. Pulling Teeth 2:30
7. Basket Case 3:03
8. She 2:14
9. Sassafras Roots 2:37
10. When I Come Around 2:58
11. Coming Clean 1:34
12. Emenius Sleepus Mike Dirnt 1:43
13. In the End 1:46
14. F.O.D. 2:49
15. All by Myself (piste cachée) Tré Cool 1:37

Crédits[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

Green Day

Équipe de production et artistique[modifier | modifier le code]

Production

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Émission Ultimate Albums sur VH1, diffusée le 17 mars 2002
  2. a, b, c, d et e Émission Behind the Music sur VH1, épisode 208, 2001
  3. (en) « What Happened Next », Guitar Legends,‎ septembre 2006, p. 8
  4. (en) Karl Coryat, « Green Day's Mike Dirnt », Bass Player Magazine,‎ novembre 1994, p. 9
  5. (en) Judy Wieder, « Coming Clean », sur advocate.com (consulté le 4 octobre 2012)
  6. (en) « Green Day confirm surprise 'Dookie' performance at Reading », The Independent (consulté le 4 octobre 2012)
  7. (de) « Green Day - Longplay Chartverfolgung », sur musicline.de (consulté le 4 octobre 2012)
  8. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Green Day - Dookie », sur lescharts.com (consulté le 4 octobre 2012)
  9. (en) « RPM 100 Albums 23 janvier 1995 », sur collectionscanada.gc.ca (consulté le 4 octobre 2012)
  10. (en) « Green Day - Billboard 200 », Billboard (consulté le 4 octobre 2012)
  11. « Détails Albums Green Day », sur infodisc.fr (consulté le 4 octobre 2012)
  12. (en) « Green Day - Albums », sur officialcharts.com (consulté le 4 octobre 2012)
  13. (de) « Gold-/Platin-Datenbank - Green Day », sur musikindustrie.de (consulté le 4 octobre 2012)
  14. (es) « Disco de oro y platino », sur capif.org.ar (consulté le 5 mars 2013)
  15. (en) « ARIA Charts - Accreditations - 2011 Albums », Australian Recording Industry Association (consulté le 4 octobre 2012)
  16. (de) « Gold & Platin - Green Day », sur ifpi.at (consulté le 5 mars 2013)
  17. (pt) « Certificados - Green Day », sur abpd.org.br (consulté le 5 mars 2013)
  18. (en) « Gold Platinum Database - Green Day », sur musiccanada.com (consulté le 4 octobre 2012)
  19. (es) Fernando Salaverri, Sólo éxitos: año a año : 1959-2002, Iberautor Promociones Culturales,‎ 2005 (ISBN 8480486392), p. 939
  20. (en) « Searchable Database - Dookie », RIAA (consulté le 4 octobre 2012)
  21. (fi) « Tilastot - Green Day », sur ifpi.fi (consulté le 5 mars 2013)
  22. (en) « Certifications Albums Or - année 1998 », Syndicat national de l'édition phonographique (consulté le 4 octobre 2012)
  23. (en) « 2005 Certification Awards Multi Platinum », sur irishcharts.ie (consulté le 5 mars 2013)
  24. (pl) « Zlote CD », sur zpav.pl (consulté le 5 mars 2013)
  25. (en) « Cerified Awards Search - Green Day », BPI (consulté le 4 octobre 2012)
  26. (en) « Awards Database - Green Day », sur swisscharts.com (consulté le 5 mars 2013)
  27. (en) Stephen Erlewine, « Dookie Review », Allmusic (consulté le 4 octobre 2012)
  28. (en) Jon Pareles, « The Pop Life », The New York Times (consulté le 4 octobre 2012)
  29. (en) Paul Evans, « Dookie Review », Rolling Stone (consulté le 4 octobre 2012)
  30. (en) « Dookie Review », Sputnikmusic (consulté le 28 novembre 2013)
  31. Christophe Deniau, « Chronique Dookie », Music Story (consulté le 4 octobre 2012)
  32. « Chronique Dookie », sur albumrock.net (consulté le 4 octobre 2012)
  33. « Chronique Dookie », sur nightfall.fr (consulté le 4 octobre 2012)
  34. Gilles Verlant et Thomas Caussé, La Discothèque parfaite de l'odyssée du rock, Presses de la Cité,‎ 2009 (ISBN 2-2580-8007-X), p. 262
  35. (en) « Past Winners Search - Dookie », sur grammy.com (consulté le 4 octobre 2012)
  36. Robert Dimery, Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, Flammarion,‎ 2006 (ISBN 2-0820-1539-4), p. 751
  37. (en) « 500 Greatest Albums of All Time », Rolling Stone (consulté le 4 octobre 2012)
  38. (en) « Green Day », sur chiff.com (consulté le 4 octobre 2012)
  39. (en) « Green Day Tour », sur geekstinkbreath.net (consulté le 4 octobre 2012)