Louis-Georges Tin
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Louis-Georges Tin (né en 1974 en Martinique) est un militant français impliqué dans la lutte contre l'homophobie et le racisme. Ancien élève de l'École normale supérieure, il est agrégé et docteur ès lettres. Il est actuellement maître de conférences à l’IUFM d’Orléans et enseigne également à l'École des hautes études en sciences sociales.
Sommaire |
[modifier] Lutte contre l'homophobie
En 1997, Louis-Georges Tin co-fonde une association étudiante à l'École normale supérieure, « Homonormalités ».
En 2003, il dirige le Dictionnaire de l'homophobie, livre collectif rassemblant 75 auteurs, publié aux Presses universitaires de France, avec une préface de Bertrand Delanoë. Les articles réunis analysent l'homophobie à travers les théories utilisées (de la théologie à la psychanalyse en passant par la biologie ou l'anthropologie), les principales figures de l'homophobie, qu'il s'agisse des victimes (comme Oscar Wilde ou Matthew Shepard) ou au contraire des homophobes notoires, les milieux sociaux où l'homophobie agit de manière particulière (famille, école, police, sport, etc.), les thèmes ordinaires de la rhétorique homophobe (anormal, débauche, sida, stérilité, etc), les divers pays ou régions du monde.
En 2004, il fonde une nouvelle association loi 1901 « An Nou Allé », pour regrouper des Noirs homosexuels.
En 2005, une autre de ses associations, le Comité IDAHO, dont il est le président, lance la journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Cette Journée est célébrée de fait dans plus de 70 pays à travers le monde. Elle est reconnue officiellement par le Parlement européen, par la Belgique, le Royaume-Uni, la France, le Luxembourg, les Pays-bas, le Mexique, le Costa Rica[réf. nécessaire], et le Brésil.
En 2006, il lance un appel « Pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité ». Le texte recueille les signatures de plusieurs prix Nobel (Desmond Tutu, Elfriede Jelinek, Dario Fo, Amartya Sen, José Saramago), et d'autres personnalités du monde des arts, du monde intellectuel ou de la politique.
Le 18 décembre 2008, une campagne du Comité IDAHO aboutit à une déclaration à l'Assemblée générale des Nations unies sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre visant à la dépénalisation de l'homosexualité.
En 2008, il publie, dans la collection dont il est lui-même directeur, un ouvrage intitulé L'invention de la culture hétérosexuelle. Comme il l'affirme lui-même, il désire faire sortir l'hétérosexualité de l'« ordre de la Nature » pour la faire entrer dans l'« ordre du Temps », c'est-à-dire dans l'Histoire. Ce livre entend démontrer comme la culture hétérosexuelle s'est construite socialement à partir du XIIe siècle dans l'Occident chrétien.
En 2009, en tant que président du Comité IDAHO, il lance une campagne contre la « transphobie », avec un appel signé par plus de 300 ONG issues de 75 pays à travers le monde, texte signé aussi par 3 prix Nobel, Elfriede Jelinek, Luc Montagnier, Françoise Barré-Sinoussi. À la veille de la Journée contre l'homophobie et la transphobie, Roselyne Bachelot annonce que le « transsexualisme » sera retiré de la liste des maladies mentales, la France devenant le premier pays à agir en ce sens.
En 2011, Louis georges Tin dans les 25 personnalités de l'année 2011 pour le magazine Tétu
[modifier] Lutte pour la « cause noire »
En 2004, Louis-Georges Tin adhère au Capdiv (Cercle d'action et de promotion de la diversité en France), et lance l'idée d'une fédération des associations noires de France. Le 26 novembre 2006, est lancé à l'Assemblée nationale le CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), dont il devient porte-parole et vice-président. Le mouvement s'engage très activement contre les discriminations raciales en promouvant notamment l'usage des « statistiques de la diversité » et en relançant le débat en France sur cette question.
En novembre 2011, Louis-Georges Tin est élu président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN)[1].
[modifier] Autres activités
Depuis 2011 Louis-Georges Tin participe au Monde des livres, dans lequel il écrit un article hebdomadaire[2].
[modifier] Publications
- Dom Juan de Molière. Étude du texte, Louis-Georges Tin, Breal 1998.
- La guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux. Étude du texte, Louis-Georges Tin, Breal, 1998.
- Séquence bac français 2e 1re histoire littéraire, Louis-Georges Tin, Breal, 2000.
- Homosexualités. Expression/répression, Louis-Georges Tin et Geneviève Pastre, Stock, 2000.
- Dictionnaire de l'homophobie sous la direction de Louis-Georges Tin, Puf, 2003.
- Anthologie de la poésie du XVIe siècle (en collaboration avec Jean Céard), Gallimard, 2005.
- Vivre à midi de Jean-Louis Bory, préface de Louis-Georges Tin, H&o, 2006.
- Le Théâtre catholique en France (en collaboration avec Henry Phillips et Aude Pichon), Champion, 2006.
- L'Invention de la culture hétérosexuelle, Éd. Autrement, 2008.
- Homosexualité : aimer en Grèce et à Rome, Sandra Boehringer et Louis-Georges Tin, Belles Lettres, 2010.
[modifier] Distinctions
- 2005 : prix Homoedu de l'homme de l'année
- 2005 : Golden Tupilak Award (Stockholm)
- 2006 : Tolerantia Award (Berlin)
- 2006 : Grizzly Award (Moscou)
- 2008 : prix de l'homme de l'année (Moscou)
- 2010 : prix de la Slavic Pride (Moscou)
[modifier] Notes et références
- (fr) Christophe Martet, « Louis-Georges Tin est élu président du Conseil représentatif des associations noires » sur yagg.com, 23 novembre 2011
- - Article du 21 octobre 2011 de Louis-Georges Tin