Préservatif

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Préservatif masculin enroulé.

Le préservatif ou condom est un étui mince et souple, imperméable au sang ainsi qu'aux sécrétions vaginales et péniennes, fabriqué en latex ou en polyuréthane. Il en existe deux types : le préservatif masculin et le préservatif féminin, d'introduction plus récente. Le premier est aussi nommé plus familièrement capote, ou capote anglaise en français européen.

Le préservatif, correctement utilisé lors d'une relation sexuelle, est le seul contraceptif qui protège également des infections sexuellement transmissibles (IST).

Histoire[modifier | modifier le code]

Une page extraite de De Morbo Gallico (La maladie française, traité de Gabriel Fallope sur la syphilis. Publié en 1564, il décrit, peut être pour la première fois, l'usage du préservatif.
Casanova et sa « redingote anglaise ».

3 000 ans avant J-C les soldats égyptiens souhaitant se protéger des maladies vénériennes utilisaient des boyaux de mouton ou des vessies de porc[1]. Par la suite, le préservatif deviendra aussi un moyen de contraception, qu'il soit en papier de soie ou de tissu huilé, de soie ou de velours.

Gabriel Fallope propose l'utilisation de ce que certains ont d'abord cru être un préservatif[2], « fourreau d'étoffe légère, fait sur mesure, pour protéger des maladies vénériennes », pour se protéger de la syphilis dans « De morbo gallico » publié après sa mort en 1564 après avoir testé son efficacité sur 1 100 hommes. Il écrivait en fait : « Demum cum coiverit ponat supra glandem et recurrat praeputium », indiquant qu'il s'agissait d'un remède posé après la relation[3].

En 1709, le journal anglais Tatler évoque le préservatif, appelé « condom », comme ayant été conçu par un « éminent » médecin anglais au nom éponyme, mais le succès de son invention aurait fini « par rendre toute allusion à son nom contraire aux usages de la décence ». De fait ce personnage n'a jamais existé.

Quelques dizaines d'années plus tard Giacomo Casanova lui donne le nom de « redingote anglaise » et fait un usage important de ce « petit sac de peau que les Anglais ont inventé pour éviter au beau sexe de s'inquiéter. »

Le premier préservatif en caoutchouc est inventé en 1880 par la compagnie de pneumatiques Goodyear Tire & Rubber, soit quarante ans après la découverte de la vulcanisation du caoutchouc. Il est lavable après usage et garanti cinq ans.

Lors de la Première Guerre mondiale, l'armée américaine dénombra plus de 18 000 soldats atteints de maladies vénériennes. De ce fait, le commandement fut incité à distribuer des « pro-kits » de prophylaxie.

En Allemagne, il était connu avant la Seconde Guerre mondiale sous le nom de « Fromm », du nom du fabricant juif qui en vendait cinquante millions d'unités par an. Avec l'arrivée des nazis, il dut abandonner son usine et s'exiler à Londres pour y trouver refuge[4][réf. insuffisante].

Efficacité[modifier | modifier le code]

Efficacité dans le contrôle des naissances[modifier | modifier le code]

L'efficacité du préservatif en tant que contraceptif est bien connue. Son indice de Pearl (qui donne le nombre de grossesses parmi 100 femmes utilisant régulièrement ce procédé de contraception durant une année) va de 2 à 15 % pour le préservatif masculin et de 5 à 25 % pour le préservatif féminin.

Efficacité dans la prévention des infections sexuellement transmissibles[modifier | modifier le code]

L'efficacité du préservatif dans la prévention des infections sexuellement transmissibles n'est connue qu'approximativement. Elle se mesure également en termes de réduction du risque sur une année pour un individu donné et varie, selon les études disponibles, entre 60 et 96 % environ (par exemple, une méta-étude de 1993 conclut à une réduction du risque de 69 %[5] ; une autre étude de 1994 donne 87 % moyenné (entre 60 % et 96 %)[6] même si ces études concluent au peu de fiabilité de leurs propres mesures). Elle est sensiblement moindre dans le cas de l'herpès génital[7].

Un rapport des National Institutes of Health (agences gouvernementales américaines), paru en 2000, relève une réduction de 85 % du risque de transmission du VIH en cas d'utilisation « correcte et systématique » de préservatifs en latex[8].

En avril 2009, un rapport publié par l'OMS abonde dans ce sens[9] : « L’utilisation correcte et systématique du préservatif masculin réduit le risque de transmission sexuelle du VIH de 80-90 %. D’après les données disponibles, le préservatif féminin offrirait des niveaux semblables de protection. »

Emploi dans la lutte contre l'épidémie de SIDA[modifier | modifier le code]

Dans les pays où la prévalence du SIDA est la plus importante, et notamment en Afrique sub-saharienne (qui compte 67 % des personnes infectées par le VIH et 75 % des décès dus au SIDA[10]), la question de l'efficacité des procédés de lutte contre l'infection se pose non seulement en termes d'efficacité de l'usage individuel, mais plus largement en termes de stratégie globale de réduction des risques.

Ainsi la stratégie CNN (en) (Condoms, needles, and negotiation, c'est-à-dire « préservatifs, seringues et négociations ») consiste à promouvoir avant tout des pratiques plus sûres parmi les groupes à risques : les prostitués et leurs clients, les consommateurs de drogues, et les femmes dans les milieux déshérités. La stratégie ABC (Abstinence, be faithful, use a condom, « Abstinence, fidélité, préservatif ») est basée sur l'idée d'une hiérarchisation des réponses, en promouvant un idéal d'abstinence et de fidélité et en proposant l'usage du préservatif comme troisième recours. Cette stratégie est également associée à une forme d'empowerment, la diffusion du message étant confiée à des acteurs locaux. Parmi les scientifiques l'efficacité et la doctrine d'emploi de ces stratégies fait débat[11].

Causes d'échec[modifier | modifier le code]

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  • Avec la détumescence, le préservatif peut glisser du pénis après l'éjaculation ;
  • Rupture possible liée à une utilisation incorrecte ou à des déchirures lors de l'ouverture de l'enveloppe de conditionnement ;
  • utilisation de préservatifs ayant dépassé leur date de péremption : rompt ou glisse ;
  • utilisation de corps gras rendant le matériel poreux et augmentant le risque de rupture, car le latex est fragilisé ;
  • manque de lubrifiant sexuel, surtout dans les rapports anaux, mais également lors de rapports vaginaux ;
  • Les préservatifs de taille standard conviennent à la plupart des pénis avec des niveaux de confort ou de risques de glisser variables ;
  • trop large, un préservatif ne tient pas en place ;
  • l'épaisseur des préservatifs n'est pas associée à plus de risque de rupture, les fins étant aussi efficaces que les épais. Cependant serait recommandé aux fabricants d'éviter les très fins ou très épais ;
  • des bulles d'air entre la verge et le préservatif mal déroulé provoquent des craquements ;
  • le non-respect de la poche de réserve peut aussi être à l'origine d'éclatements locaux et minuscules mais dangereux ;
  • l'utilisation de deux préservatifs en même temps souvent considéré comme augmentant le risque de rupture, n'a pas été identifié comme un sur-risque dans les études disponibles, voire l'inverse ;
  • Le sabotage est une cause d'échec. Un objectif serait une grossesse non désirée du ou de la partenaire. Des prostituées au Nigeria ont décrit des clients sabotant les préservatifs imposés.

Les différents modes d'échecs entrainent différents niveaux d'exposition au sperme. Les risques sont différents pour les rapports vaginal ou anal. Un certain nombre d'études donnent une idée de l'efficacité du préservatif quand il est correctement employé. Il convient alors de distinguer suivant l'effet principal mesuré : contraception ou protection contre les infections sexuellement transmissibles, et notamment le SIDA. Les études ont montré qu'une part non négligeable de l'inefficacité occasionnelle du préservatif provient souvent d'une mauvaise éducation quant à son usage.[réf. nécessaire] Le principal problème reste essentiellement celui d'une mauvaise pose du préservatif et d'une mauvaise connaissance du dispositif.

Préservatif masculin[modifier | modifier le code]

Préservatif masculin

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le préservatif masculin est généralement en latex. Il se place sur le pénis en érection, avant une relation sexuelle mettant en contact le sexe masculin et une muqueuse ; il remplit deux fonctions :

  • contraceptive, pour éviter la procréation non désirée ;
  • prophylactique, pour éviter la propagation de maladies et d'infections sexuellement transmissibles (MST et IST).

Le préservatif masculin doit respecter des normes strictes[12]. Les différents contrôles peuvent concerner les dimensions, les volumes et pressions d'éclatement, la résistance à la traction avant et après vieillissement, l'absence de perforations, la stabilité des couleurs, la résistance au stockage, les emballages.

Cas d'utilisation :

Précautions d'utilisation :

  • un préservatif est périmé au bout de 5 ans ;
  • il ne s'utilise qu'une seule fois ;
  • il doit être conservé dans un endroit frais et sec ;
  • il ne faut jamais utiliser deux préservatifs l'un sur l'autre ;
  • il doit être enlevé de sa pochette avec les mains et non à l'aide de ciseaux ou d'ustensiles coupants sous peine de l'endommager ; il doit ensuite être manipulé avec attention en évitant le contact avec les ongles ;
  • en cas de rapports vaginaux et en cas de rapports anaux l'usage des gels lubrifiants, vendus entre autres en pharmacies et en grandes surfaces, est recommandé. Les corps gras (crèmes, huiles, vaseline par exemple) sont fortement déconseillés avec les préservatifs en latex car ils les rendent poreux, et donc inefficaces.
Pose d'un préservatif masculin - 1 : Préservatif - 2 : Pénis en érection - 3 : Placer le préservatif sur le gland du pénis, en faisant bien attention au sens de déroulage - 4 : Pincer et maintenir le réservoir pour enlever l'air - 5 à 8 : Dérouler le préservatif jusqu'à la base du pénis

Les différents préservatifs masculins[modifier | modifier le code]

Des préservatifs avec des caractéristiques différentes existent : la taille, la texture, les parfums, mais aussi le lubrifiant varient.

  • Les préservatifs standards sont ceux disponibles dans les distributeurs (en France, situés devant les pharmacies, dans les lycées et certaines universités).
  • Les préservatifs plus fins ont une épaisseur de 40 à 55 micromètres.
  • Le préservatif le plus fin vendu en Europe a une épaisseur de 15 micromètres.
  • Certains préservatifs sont mieux lubrifiés. Cela permet de contourner les problèmes de sècheresse vaginale. La lubrification est aussi le garant d'un confort plus important et réduit aussi le risque de rupture... attention toutefois à bien utiliser des gels lubrifiant compatibles avec les préservatifs en latex (sans corps gras).
  • Des préservatifs grande et de petite taille existent.
  • Pour les personnes allergiques au latex, des préservatifs sans latex existent (ils sont alors constitués de polyuréthane par exemple). Attention, si certains modèles sont effectivement sans latex (cas du Durex avanti par exemple), d'autres ne sont que déprotéinéisés du latex... mais des traces peuvent demeurer présentes.
  • Des préservatifs avec des nervures existent.
  • Certains préservatifs sont colorés ou parfumés, par exemple : rose, orange, à la fraise, à la menthe, ou à la vanille. Il en existe même des phosphorescents.

Préservatif féminin[modifier | modifier le code]

Préservatif féminin.

Le préservatif féminin est le pendant du préservatif masculin adapté à la morphologie de l'organe sexuel féminin. Ce dispositif est composé d’une fine gaine en polyuréthane (pour éviter les problèmes d'allergie du latex) munie d'un anneau souple à chaque extrémité. L’anneau du côté fermé se tord et se place dans le vagin alors que l’autre bout prend place à l’extérieur et recouvre les parties génitales.

Au même titre que le préservatif masculin, le préservatif féminin est à la fois contraceptif et protège des maladies sexuellement transmissibles (MST). L'anneau interne peut être retiré pour plus de confort mais également pour les rapports anaux (cependant aucune étude scientifique à ce jour ne garantit que cette pratique est aussi fiable que lorsque l'anneau interne est présent). L'anneau sert alors de guide pour positionner le préservatif, ainsi que pour en favoriser le maintien lors des rapports sexuels. Une fois retiré, le préservatif féminin doit être jeté. Son utilisation doit impérativement être limitée à un seul partenaire, afin d'éviter les transmissions de virus entre deux partenaires masculins successifs.

Préservatif féminin.

En France, des efforts sont entrepris pour la promotion de ce préservatif car il est aujourd'hui le seul moyen de contraception et de protection contre le VIH et les IST entièrement contrôlé par les femmes[réf. nécessaire]. En effet, le préservatif féminin ne requiert pas l'approbation du partenaire masculin car il peut être mis en place facilement quelques heures avant un rapport sexuel ; bien que celui-ci se voie un peu de l'extérieur (sur les lèvres vaginales), et qu'il peut être préférable d'avertir son partenaire de l'utilisation d'un préservatif féminin. Les deux principaux obstacles à sa diffusion sont son aspect (rebutant au premier abord, il souffre en fait du même obstacle fait au préservatif masculin dans les années 1990) et son coût, qui a cependant diminué de moitié en 2007 (en 2008, de l'ordre de 1 € l'unité) grâce à une nouvelle formule en nitrile synthétique moins cher à produire que le polyuréthane.

Avantages habituellement cités pour ce préservatif :

  • il est très solide, moins de risque de déchirure qu'avec les préservatifs en latex. Sa solidité a porté certains couples homosexuels à l'utiliser pour les rapports anaux, bien que cet usage ne soit pas recommandé par le fabricant.
  • il est doux et agréable.
  • il peut être utilisé avec un lubrifiant à base d'eau.
  • il peut être posé longtemps avant le rapport, ce qui n'interrompt pas les préliminaires.
  • après éjaculation, il n’impose pas le retrait immédiat.
  • il ne serre pas le sexe masculin, permettant de meilleures sensations au niveau du pénis (inconvénient souvent cité au sujet du préservatif masculin).
  • il ne provoque pas d’allergie, car il n’est pas en latex mais en polyuréthane pour sa première version ou en nitrile synthétique pour la seconde pour réduire le coût de production.
  • les préservatifs sans latex sont plus perméables aux échanges de chaleur et de mouvements.
  • le gel lavant intime pour femmes est compatible avec ce produit, sans l'altérer.

Quelques réserves sont cependant émises par les utilisateurs :

  • le coût, plus important que le préservatif masculin ;
  • l'apparence, qui n'est pas entrée dans les mœurs ;
  • la mise en place, peu connue, elle mérite un entrainement préalable ou une grande complicité dans le couple lors des premiers essais ;
  • cunnilingus et masturbation, l'anneau extérieur n'empêche pas la stimulation orale ou manuelle du clitoris, mais la rend moins aisée. Il en va de même pour la masturbation vaginale ;
  • les nuisances sonores. Étant moins ajusté que le préservatif masculin, le préservatif féminin peut provoquer des bruits de succion lors de la pénétration ;
  • l'anneau interne, qui ne doit normalement pas être ressenti par le partenaire masculin, peut l'être dans certaines positions ;
  • il existe malgré tout des risques de perforation avec les ongles ou bijoux ;
  • la texture du lubrifiant d'origine est considérée comme trop visqueux par certaines utilisatrices.

Fabrication des préservatifs[modifier | modifier le code]

Processus de fabrication[modifier | modifier le code]

Le processus de fabrication type d'un préservatif en latex est le suivant[13] :

Composition du bain de latex[modifier | modifier le code]

Le latex brut, qui se présente sous une forme liquide proche du lait, est testé, homogénéisé et stabilisé par l'adjonction de stabilisateurs et conservateurs. Il est solidifié par l'ajout d'agents vulcanisants ou par chauffage (prévulcanisation).

Trempage dans le bain de latex[modifier | modifier le code]

Des moules de porcelaine ou de verre de forme phallique sont immergés brièvement dans une cuve de latex. Un film en latex sous forme gélifiée se dépose ainsi sur le moule. Le revêtement en latex est séché à l’air avant d'être trempé une seconde fois. Après le second bain, l'extrémité ouverte du préservatif venant d’être moulée est enroulée pour former une ceinture ou un petit bourrelet.

Vulcanisation[modifier | modifier le code]

Alors qu’ils sont toujours sur les moules, les préservatifs passent dans un four de cuisson chauffés à une température s’élevant entre 50 et 120 degrés Celsius pour vulcaniser le latex. Cette opération établit les propriétés finales d'élasticité et résistance.

Lavage et rinçage[modifier | modifier le code]

Le film latex est démoulé et subit un certain nombre de lavages et de rinçages afin d’éliminer un maximum d’allergènes chimiques et protéiques afin d’obtenir des produits à faible allergénicité.

Séchage et conditionnement[modifier | modifier le code]

Les préservatifs sont séchés, roulés et poudrés ou enduits d’un lubrifiant. Ils sont conditionnés à l’unité sous sachet soudé, par fermeture thermique, puis emballés par boîte ou sachet individuel.

Contrôles[modifier | modifier le code]

Les préservatifs subissent des tests individuels ou par échantillonnage tout au long de la chaîne de fabrication (voir normes[12]). Entre autres, on peut citer les contrôles de taille et épaisseur, les tests de gonflage, de fuite ou de vieillissement artificiel.

Prise en compte des allergies au latex[modifier | modifier le code]

La majorité des préservatifs masculins étant constitué de latex, ils peuvent déclencher des réactions allergiques (démangeaisons, rougeurs, brûlures). Il existe des produits alternatifs[14] (préservatifs masculins et féminins) sans latex permettant à tous de se protéger. Cependant, le coût de tels produits est un peu plus élevé.

Industrie du préservatif en France[modifier | modifier le code]

Après une hausse importante au début des années 1990, les ventes de préservatifs ont ensuite lentement baissé avant de connaître un rebond à partir de 2003. En France, le chiffre d'affaires du secteur est de 47 millions d'euros soit plus de 55 millions de préservatifs vendus en 2005 avec une forte saisonnalité, plus de 40 % des ventes se situant pendant la période estivale.

Les quatre leaders avec plus de 98 % du marché français sont les sociétés anglaise Durex (également leader mondial) 35 % des ventes, australienne Manix 24,5 %, allemande Hansaplast avec 21 % et française Laboratoires Juva (marque Intimy) avec 20 %. Depuis 2005 environ, le marketing des fabricants cherche à gommer l'aspect médical et prévention pour mettre en avant l'aspect sensation avec le lancement de nouveaux produits censés apporter plus de plaisir et de sensations aux utilisateurs, générant une valeur ajoutée au produit permettant d'augmenter leurs tarifs.

Quant aux préservatifs féminins (Fémidoms), les seules marques commercialisées actuellement sont celles qui sont fabriquées par Female Health Company par le biais de sa filiale Chartex International de Chicago, USA (Femidom, Feminon, Condom Féminin, Femi, Reality). Le laboratoire Terpan est fournisseur de produits d'hygiène et de prévention dont les préservatifs masculins, féminins (distributeur en France du Fémidom).

La polémique s'est amplifiée en 2006 sur le prix des préservatifs, jugé trop élevé au vu de son coût de fabrication (entre 5 et 10 centimes d'euros). Le ministère de la Santé, alarmé par la recrudescence d'IST auprès des jeunes ou des personnes défavorisées, a tenté en 2006 une médiation auprès des fabricants pour obtenir de ces derniers la commercialisation d'un préservatif à bas prix. Les Laboratoires Demapharm ont tout d'abord répondu à ce souhait en mettant au point un distributeur automatique de préservatifs de marque française "Star", distribuant une pochette unitaire de préservatif à forme anatomique à 20 centimes d'euros. Cette société propose aux établissements scolaires cet appareil depuis janvier 2006. Début septembre 2006, plusieurs dizaines d’établissements scolaires en avaient installé. En fin 2006, à l'occasion de la journée mondiale contre le SIDA, le ministère de la santé fait la promotion du préservatif masculin à 20 centimes d'euros en lançant finalement la généralisation de sa vente, distribué dès lors dans de nombreux points de presse, bureaux de tabac, et pharmacies[15]. La présence des préservatifs dans les lycées est ensuite promue par la circulaire n°2006-204 du 11 décembre 2006, afin de renforcer l'accessibilité des lycéens aux moyens de protection par l'installation de distributeurs automatiques de préservatifs à l’intérieur de l’établissement.

Positions et attitudes des religions[modifier | modifier le code]

Église catholique romaine[modifier | modifier le code]

Le rapport au préservatif au sein de l'Église catholique romaine est assez contrasté.

En 1968, l'usage du préservatif, comme moyen artificiel de contraception, est refusé par la hiérarchie de l'Église catholique. L'encyclique Humanae Vitae rédigée par Paul VI et datant de cette même année, précise dans son article 14 : « Moyens illicites de régulation des naissances : En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est absolument à exclure, […] toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation[16]. »

Après l'élection de Jean-Paul II le 16 octobre 1978, il a été jugé que l'encyclique Humanae Vitae avait une vision trop étroite de la sexualité[17]. L'approche du pape était donc d'expliquer et d'enrichir la position de l'Église dans le domaine de la sexualité, y compris en matière de contraception[18].

Le nouveau pape revoit la question du préservatif à travers la théologie du corps ; l'Église donne un objectif  : la pleine communion spirituelle et corporelle entre deux personnes, mais si cet objectif est impossible à atteindre (famille déjà trop nombreuse, risque de maladie sexuellement transmissible…), alors la question de la contraception peut se poser[19]. C'est ce qui justifie les divergences de point de vue dans l'Église  : elle n'impose rien dans ce domaine, elle propose un chemin à suivre. Ainsi certains évêques considèrent l'usage du préservatif comme un moindre mal (c'est-à-dire pas tout-à-fait un bien)[20], d'autres vont jusqu'à déclarer que le préservatif contribue à la propagation du sida, arguant les avantages économiques de l'industrie du préservatif, multimillionnaire et le « fatalisme » des populations[21] ; la propagation de préservatifs pousserait une population à avoir des relations sexuelles plus fréquentes, avec d'avantage de partenaires différents et de plus en plus jeune. Autant de conditions qui rendraient possible la propagation du virus du SIDA.

En novembre 2006, Benoît XVI a demandé un rapport sur la licité de l'utilisation du préservatif dans le combat contre la propagation des infections sexuellement transmissibles au cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé. En 2009, les résultats de ce rapport n'ont pas encore été publiés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire du préservatif
  2. (en)« Searching for Dr Condom » BMJ 2008;337:a1166
  3. Gabriel Fallope (1523-1562) sur medarus.org
  4. The New York Times du 30 avril 2010, Le préservatif, objet de musée
  5. (en) Weller SC. « A meta-analysis of condom effectiveness in reducing sexually transmitted HIV » Soc Sci Med. 1993;36(12):1635-44. PMID 8327927
  6. (en) Davis KR, Weller SC. « The effectiveness of condoms in reducing heterosexual transmission of HIV » Fam Plann Perspect. 1999;31(6):272-9. PMID 10614517
  7. (en)Martin ET, Krantz E, GottliebSL et al. « A pooled analysis of the effect of condoms in preventing HSV-2 acquisition » Arch Intern Med. 2009;169:1233-1240 PMID 19597073
  8. (en) National Institute of Allergy and Infectious Diseases; National Institutes of Health, Department of Health and Human Services Workshop Summary: Scientific Evidence on Condom Effectiveness for Sexually Transmitted Disease (STD) Prevention
  9. Organisation mondiale de la Santé, département VIH/Sida Interventions prioritaires - prévention, traitement et soins du VIH/SIDA dans le secteur de la santé p. 27 du pdf
  10. Chiffres de l'ONUSIDA, voir le chapitre 2 du rapport sur l'épidémie mondiale de SIDA 2008.
  11. Actions traitements, CNN contre ABC.
  12. a et b La norme qui s'applique en France est la norme ISO 4074:2002. Le fabricant est seul responsable de garantir le respect de l'EuroNorm pour les préservatifs. La norme NF EN 600, plus stricte, impose des contrôles sur chaque lot effectués par un laboratoire indépendant mandaté par l’AFNOR. Elle est cependant facultative. En Suisse, l'Association pour le label de qualité des préservatifs a mis en place le label "OK" qui garanti également des tests indépendants avant la mise sur le marché
  13. sources: preservatif-masculin.com, durex.com et manix.net
  14. Allergies aux préservatifs et solutions
  15. « En France, le préservatif à 20 centimes d'euro généralisé » sur www.sidanet.info
  16. Humanæ vitæ
  17. […] il est certain que Karol Wojtyla resta profondément marqué par l'échec d'Humanae Vitae et déçu de n'avoir pu faire valoir davantage les travaux […] auxquels il avait personnellement participé. Il est permis de penser qu'il réfléchissait à la manière de projeter sur l'amour humain et l'éthique sexuelle une lumière nouvelle. Yves Semen, La sexualité selon Jean-Paul II, p. 59
  18. La « théologie du corps » de Jean-Paul II, une « bombe à retardement »
  19. L’Église et le Pape sont t-ils contre le préservatif ?
  20. En 1996, la Conférence des évêques de France déclare le préservatif était un moyen nécessaire, quoique insuffisant pour lutter contre l'épidémie. Le cardinal Georges Cottier, théologien personnel de Jean Paul II, déclare en 2005 que l'usage du préservatif pouvait être légitime dans certaines limites strictes. Le cardinal Godfried Danneels, s'est aussi prononcé en 2006 en faveur du préservatif « dans le cas où la vie d'un des partenaires serait en danger. » Tout cela parmi d'autres in Golias, 16/12/2006
  21. Hugh Slattery, évêque sud africain de Tzaneen : « […] plus de préservatifs signifient plus de cas de SIDA et plus de morts » in Zenit, 13/01/2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]