Fanzine

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Quelques fanzines de tailles et de sujets differents

Un fanzine (contraction de fan magazine) est un périodique (ou apériodique) indépendant, créé et réalisé de manière désintéressée par des passionnés et pour d'autres passionnés.

Sommaire

[modifier] Caractéristiques

Un fanzine est un « journal libre », parfois clandestin (une large majorité des fanzines n'ont pas de dépôt légal), publié sous l'égide du Do it yourself (« faîtes-le vous-même », slogan de Jerry Rubin repris par les punks en 1977), souvent spécialisé, qui n'est soumis à aucun impératif de vente et que l'on se procure dans quelques « distros », librairies, disquaires spécialisés, lycées, cégeps, universités, salles de concerts indépendantes, ou par le bouche-à-oreille.

Sa diffusion est réduite comparée à un magazine ; sa périodicité demeure le plus fréquemment aléatoire et sa durée de vie relativement courte, même si certaines exceptions sont à noter, tels que Cometbus ou Maximumrocknroll, deux fanzines américains publiés depuis le début des années 1980. En France, le fanzine punk Rad Party existe depuis 1991. Certains fanzines historiques comme New Wave sont reparus dans les années 2000, certains disparus trouvent une seconde vie sur Internet, par exemple Agent Orange sur le site web MySpace.

Un fanzine devient un magazine lorsqu'il cesse d'être le produit de l'activité d'un amateur passionné (un « fan ») pour devenir le produit d'un professionnel. Cela ne dispense pas pour autant le professionnel de rester passionné, bien que des « impératifs » de rentabilité peuvent influencer son activité, ainsi que sur le contenu et la forme du fanzine.

La forme intermédiaire entre le fanzine et le magazine est parfois appelée « prozine », notamment lorsque la forme devient plus professionnelle, plus recherchée, mais que l'esprit non-commercial persiste.

Souvent militant dans le champ culturel (au sens large), l'esprit des fanzines se retrouve dans le slogan du réseau alternatif Indymédia « Ne critiquez pas les médias, soyez les médias ».

Les fanzines sont consacrés le plus souvent à la musique rock, au cinéma, aux séries télévisées, à la sphère politique ou à la littérature populaire (et, en premier lieu, à la bande dessinée), au sport, notamment dans les groupes de supporters ultras.

[modifier] Histoire

Couverture du fanzine américain Sluggo! faite à la main

Les premiers fanzines apparaissent à l'aube des années 1930. Plus que les progrès accomplis dans le domaine de la xérographie, c'est sa diffusion au sein des sphères privée et publique qui contribue à l'essor de ces publications au milieu des années 1970, notamment dans le domaine musical où le fanzine reste l'un des médias fétiches du mouvement punk. On parle aussi de « Graff'zines » : fanzines graphiques aux ambitions artistiques affichées, généralement réalisés par des étudiants en école d'art.

Certains font démarrer l'histoire du fanzine plus tôt, avec la presse amatrice de science-fiction américaine et le journal The Time Planet, paru en 1926. Le premier fanzine avéré est The Comet, paru en 1930 et publiant des correspondances de fans de science-fiction.

Depuis 1981, le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême récompense chaque année les meilleurs fanzines.
Dans les années 80 s'est développé un fort courant, accompagnant le renouveau du Rock, notamment Garage ou néo-psychédélique. Les plus importants étaient alors Nineteen, Tant qu'il Y Aura du Rock, Thrills, Psychotic Reaction, New Scene, Inside Mind, Rock Ballad.
Si l'intérêt pour cette presse libre a connu un certain déclin au début des années 1990, le succès d'Internet a permis à l'esprit libertaire et généralement militant qui est le sien de se pérenniser. Le webzine ou e-zine, fanzinat sur Internet, touche un public beaucoup plus large : les coûts de production étant moins élevés, et l'interactivité réellement accrue.[réf. nécessaire] Au cours des années 1990 sont également apparues des « médiathèques alternatives » pour fanzines et disques autoproduits, notamment à Toulouse[1] et à Poitiers[2], qui collectent les fanzines.

Les musiques dites contestataires, comme le punk, le rock, le reggae, le hard-core, la techno ou encore le ska, sont encore aujourd'hui le terreau du fanzinat (New Wave, créé en 1981, existe toujours).

Il existe aussi de nombreux fanzines dérivant d'un livre ou d'une histoire pour aboutir à quelque chose de très différent. Les œuvres ainsi créées par les fans sont appelées fanfictions. La série de livres Harry Potter a ainsi suscité la création de nombreux fanzines qui font dériver l'histoire sur des sujets autres (le sexe, l'homosexualité, la guerre, etc.) ou transportent les personnages dans des univers différents, phénomène désigné par le néologisme « potterfiction ».

[modifier] Modes de diffusion

Plusieurs couvertures du fanzine Skintonic

Le fanzine est un support à diffusion limitée, de par son faible tirage et les frais occasionnés par une diffusion massive. On distingue quelques pratiques généralisées dans le monde du fanzinat afin de faciliter la diffusion des fanzines.

  • De « main à main » : Un fanzine se fait avant tout pour un cercle assez intime, proche de ses préoccupations et il est donc facile de rencontrer des lecteurs potentiels et de distribuer à ces occasions les exemplaires.
  • La poste : le fanzinat n'aurait quasiment aucune portée sans expédition postale. De nombreux échanges se font par courrier, que ce soit entre fanzines ou de fanzine à lecteurs. Des participations aux frais de ports sont souvent demandées lors de l’envoi de fanzine par la poste.
  • Lors d'événements spéciaux. Par exemple lors de concerts, de salons de bande dessinée, de salons associatifs ou autres rencontres, il peut arriver que les auteurs d'un fanzine tiennent une table de vente et proposent les numéros aux personnes présentes. L'intérêt est de toucher des personnes a priori sensibles au thème du fanzine. Les fanzines peuvent aussi être déposés à l'entrée par exemple pour permettre à chacun d'y avoir accès.
  • Les distros (distributeurs) : les distros sont tenus par des personnes qui se chargent de récolter le maximum de fanzines, les photocopient, puis les revendent à la demande. Souvent les distros tiennent des tables lors d'événements et proposent alors à la vente des multitudes de titres[3],[4],[5].
  • Dans des librairies spécialisées dans la culture underground (Regard moderne, Parallèles ou Thé-troc à Paris, par exemple), dans les librairies de bande dessinée, chez les disquaires, etc. Ce mode de distribution fonctionne de manière différente de la distribution grand public : certains lieux font des achats fermes (sans politique de retour), d'autres prennent les fanzines en dépôt et signent un bon de dépôt, puis paient ce qui a été vendu à l'éditeur du fanzine si ce dernier revient le réclamer.
  • Dans des infokiosques, à prix libre, avec des brochures et des livres apériodiques.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Notes et références

  1. La Fanzinothèque de Toulouse
  2. La Fanzinothèque de Poitiers, qui recense et conserve tous les fanzines qu'il lui est possible d'obtenir.
  3. L'association Meluzine, qui référence et distribue tous les fanzines qui lui sont confiés.
  4. La Pétroleuse, distributeur de nombreux zines français et internationaux.
  5. Microcosm Publishing, distributeur de fanzines traitant nombre de sujets divers et variés allant de l'antisexisme à la passion pour le vélo en passant par les récupérations de nourriture dans les poubelles.

[modifier] Bibliographie

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