Élisabeth Badinter
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| Élisabeth Badinter | |
| Naissance | 5 mars 1944 Boulogne-Billancourt |
|---|---|
| Profession(s) | femme de lettres et philosophe féministe |
| Conjoint(s) | Robert Badinter |
| Famille | Trois enfants |
Élisabeth Badinter est une femme de lettres et une philosophe féministe (mais contestée en tant que telle) française, née Bleustein-Blanchet, le 5 mars 1944 à Boulogne-Billancourt. Elle est actionnaire de référence et membre du conseil de surveillance du groupe Publicis.
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[modifier] Biographie
Élisabeth Badinter est une des trois filles du publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet. Elle est la présidente du conseil de surveillance de Publicis depuis 1996. Elle est aussi la deuxième actionnaire du groupe, dont elle détient environ 10 % et figure au palmarès des 500 premières fortunes de France[1].
Elle est l'épouse de Robert Badinter, dont elle a eu trois enfants.
Agrégée de philosophie, spécialiste du siècle des Lumières, observatrice de l'évolution des mentalités et des mœurs, elle a été maître de conférences à l'École polytechnique.
Son essai Fausse route, publié en 2003 et qui fustige la misandrie contemporaine, ainsi que divers écrits critiques quant aux nouvelles lois concernant la parité politique ou le traitement des crimes et délits sexuels ont suscité une vive polémique, et de nombreuses féministes lui contestent désormais l'épithète de « féministe ». De son côté, elle continue de s'en réclamer, arguant que la vocation du féminisme n'est pas de conduire une guerre des sexes visant à une revanche contre les hommes. Dans cet ouvrage, elle dénonce aussi les enquêtes statistiques sur la violence conjugale où on n'interroge que les femmes et où on amalgame le subjectif et l'objectif, les pressions psychologiques et les agressions physiques, ce qui a pour effet d'établir une hiérarchie morale entre les sexes : « À vouloir ignorer systématiquement la violence et le pouvoir des femmes, à les proclamer constamment opprimées, donc innocentes, on trace en creux le portrait d'une humanité coupée en deux peu conforme à la vérité. D'un côté, les victimes de l'oppression masculine, de l'autre, les bourreaux tout-puissants. » [2]
Son originalité et sa liberté de ton par rapport à son milieu de pensée s'étaient déjà manifestés avant cet essai, puisqu'elle développe depuis longtemps sa théorie de la « ressemblance » des sexes: « La ressemblance des sexes est une telle innovation qu'on peut légitimement l'envisager en termes de mutation. »[3] Lors de la parution de Qu'est-ce qu'une femme ?, le journal Le Monde résumait ainsi sa position sur la question : « Élisabeth Badinter pense que l'humanisme rationaliste, l'accent mis sur la ressemblance entre les hommes et les femmes, sont historiquement porteurs du progrès de la condition féminine, alors que toutes les pensées de la différence sont potentiellement porteuses de discrimination et d'inégalité. » (17 mars 1989)
Lors du débat sur la parité en politique, elle s'était opposée à cette loi qui, selon elle, considérait que les femmes étaient incapables d'arriver au pouvoir par elles-mêmes.
Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.
[modifier] Œuvres
- L'Amour en plus : histoire de l'amour maternel (XVIIe au XXe siècle), 1980 (ISBN 2253029440) ;
- Les Goncourt : « Romanciers et historiens des femmes », préface de « La Femme au XVIIe siècle d'Edmond et Jules de Goncourt », 1981 ;
- Émilie, Émilie, L'ambition féminine au XVIIIe siècle, 1983 (ISBN 2082100898) ;
- Cahiers Suzanne Lilar, Gallimard, Paris, 1986 (ISBN 2-07-0700632-X), p. 15-26 ;
- Les Remontrances de Malesherbes (1771-1775), 1985 ;
- L'Un est l'autre, 1986 (ISBN 2738113648) ;
- Condorcet. Un intellectuel en politique, 1988, avec Robert Badinter ;
- Correspondance inédite de Condorcet et Madame Suard (1771-1791), 1988 ;
- Madame d'Épinay, Histoire de Madame de Montbrillant ou les Contreconfessions, préface d'Élisabeth Badinter, 1989 ;
- Thomas, Diderot, Madame d'Épinay : Qu'est-ce qu'une femme ?, débat préfacé par Élisabeth Badinter, 1989 ;
- Condorcet, Prudhomme, Guyomar : Paroles d'hommes (1790-1793), présentées par Élisabeth Badinter, 1989 ;
- XY, de l'identité masculine, 1992 (ISBN 2253097837) ;
- Madame du Châtelet, Discours sur le bonheur, préface 1997 ;
- Les Passions intellectuelles, tome 1 : Désirs de gloire (1735-1751), 1999 ;
- Les Passions intellectuelles, tome 2 : L'exigence de dignité (1751-1762), 2002 ;
- Les Passions intellectuelles, tome 3 : Volonté de pouvoir (1762-1778), 2007 ;
- Simone de Beauvoir, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, 2002. Conférence d'Élisabeth Badinter, Jacques Lassalle et Lucette Finas, ISBN 2-7177-2220-3
- Fausse route : Réflexions sur 30 années de féminisme, 2003 (ISBN 225311264X) ;
- Dead End Feminism, 2006 (ISBN 0745633803) ;
- Madame du Châtelet, Madame d'Épinay : Ou l'Ambition féminine au XVIIIe siècle, 2006 (ISBN 2082105636) ;
- Les Passions intellectuelles, tome 3 : Volonté de pouvoir (1762-1778), 18 avril 2007;
- Je meurs d'amour pour toi, Isabelle de Bourbon-Parme, lettres à l'archiduchesse Marie-Christine, 2008.
[modifier] Notes
- ↑ Publicis : activité, actionnaires, dirigeants, coordonnées
- ↑ Fausse route, Éditions Odile Jacob, p. 113
- ↑ L'Un est l'Autre, Éditions Odile Jacob, p. 249
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- Autres ressources (dont notamment ses prises de positions par rapport au naturalisme et la gestation pour autrui) ;
- Entretien avec Élisabeth Badinter dans L'@mateur d'idées sur les lettres de Marie-Isabelle de Bourbon-Parme.

