Rapport sexuel

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La position du missionnaire lors d'un rapport sexuel, illustration de Paul Avril.
Lithographie d'Otto Mueller, 1919, format 22 × 17 cm.

Le coït ou rapport sexuel, en tant que relation humaine, implique de facto plus d'un individu dans un comportement sexuel humain aboutissant ou non à une pénétration. Exclue par cette définition, la masturbation demeure un acte sexuel pouvant provoquer les mêmes réponses physiologiques.

Il est possible de distinguer plusieurs phases dans un rapport sexuel : le désir, les préliminaires associés à l'excitation sexuelle, l'acte sexuel proprement dit (voir coït), l'orgasme et la résolution. Le terme coït, bien que définissant stricto sensu l'acte de reproduction sexuée chez les animaux (incluant la reproduction humaine) tend à devenir un synonyme du rapport sexuel, tout en désignant plus strictement les moments où il y a pénétration (soit en excluant toutes formes de préliminaires) : on distingue alors le coït vaginal et le coït anal. Les termes « copulation » et « fornication » ont également des sens proches mais connotés, voire péjoratifs.

Définitions et étymologie[modifier | modifier le code]

Les expressions « rapport sexuel », « relation sexuelle » et « faire l'amour » sont couramment utilisées pour désigner, souvent de manière implicite et sous-entendue, le coït vaginal hétérosexuel[1],[2]. Par extension, ces expressions générales englobent les préliminaires, et désignent également le coït anal, homo- ou hétérosexuel.

Le coït, du latin coire « aller ensemble » (de cum « avec » et ire « aller »)[2], désigne l'accouplement du mâle avec la femelle. Bien que la signification première du mot coït est la pénétration du pénis dans le vagin, il est également souvent utilisé pour désigner la pénétration dans d'autres orifices du corps comme l'anus ou la bouche[1].

La copulation, du latin copulatio « union », désigne l'accouplement du mâle avec la femelle chez les animaux à fécondation interne. Ce terme est parfois utilisé de manière humoristique ou péjorative pour désigner l'accouplement de la femme et de l'homme[2].

Description[modifier | modifier le code]

Préliminaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Préliminaires.

Afin de provoquer l'excitation sexuelle chez l'un et/ou l'autre des partenaires, le coït est généralement précédé de préliminaires tels que des baisers, caresses sur les organes sexuels, le thorax, le ventre, les cuisses, les fesses et autres parties du corps. Les activités bucco-génitales sont généralement incluses dans les préliminaires. Enfin, certains gestes (en dehors des caresses et attouchements), paroles ou regards construisent également cette première phase et provoquent un effet d'excitation non négligeable relativement aux stimuli physiques. De nombreux autres facteurs environnementaux peuvent renforcer cette première phase.

Le constat de l'excitation du partenaire est également un facteur très fort dans l'excitation de l'autre partenaire. Elle se remarque chez l'homme par l'érection du pénis avec parfois un écoulement de liquide pré-éjaculatoire et chez la femme par le gonflement du clitoris et des petites lèvres, ainsi qu'à la détente et à la lubrification du vagin par transsudation du plasma à travers l'épithélium vaginal.

Il est assez courant de considérer que la femme apprécie les longs préliminaires, par opposition à l'homme qui serait moins sensible à ces premières approches.

Coït vaginal[modifier | modifier le code]

Vue en coupe schématique d'un coït vaginal (Léonard de Vinci).

Au sens strict, le coït vaginal consiste en la pénétration du pénis de l'homme (en érection) dans le vagin de la femme. Le coït en lui-même se caractérise par des mouvements du pénis dans le vagin qui stimulent réciproquement le pénis de l'homme et le vagin, les petites lèvres et le clitoris de la femme. Outre cette stimulation physique, le prolongement des actes de types préliminaires (cf. supra) ouvre sur un plaisir qui dépendra également de nombreux autres facteurs environnementaux. Si l'on peut souligner parfois l'idée d'habileté des partenaires, ce facteur n'est pas plus déterminant que certaines conditions psychologiques.

La pénétration peut être pénible et douloureuse pour les deux partenaires si le vagin est trop étroit ou insuffisamment lubrifié. Le vagin et la vulve se lubrifient naturellement chez la femme pubère et non ménopausée lorsqu'elle est excitée, mais cette lubrification peut être insuffisante. Chez la femme vierge, la pénétration est souvent inconfortable, voire douloureuse, en raison de l'appréhension de l'acte et du déchirement de l'hymen. Chez la femme ménopausée, le vagin peut être atrophié et sec (ce phénomène est combattu par le traitement hormonal). En cas de lubrification insuffisante ou d'étroitesse excessive, on peut utiliser des lubrifiants intimes artificiels, notamment des gels à base d'eau.

Le coït peut se pratiquer dans diverses positions ; le choix de la position dépend des anatomies, des goûts, des circonstances et des fantaisies des partenaires. La plus habituelle est la position du missionnaire : la femme est allongée sur le dos et l'homme s'allonge entre ses cuisses écartées.

Autres types[modifier | modifier le code]

Il existe de très nombreuses possibilités de rapports sexuels, la frontière peut être sujette à d'innombrables débats. Au sens strict, le rapport sexuel doit tout de même faire intervenir les organes sexuels d'au moins un des partenaires. Le nombre de partenaires n'étant a priori pas limité, on peut également signaler l'existence du coït multiple et simultané (voir sexualité de groupe). Plus simplement à deux, les types de rapport peuvent être cumulés ou combinés : l'agencement le plus connu est la position 69, combinant une fellation et un cunnilingus (homme/femme), deux fellations (homme/homme) ou deux cunnilingus (femme/femme).

Rapports anaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sodomie.

La sodomie est, dans le cadre des rapports sexuels, une pénétration par l'anus.

Rapports buccaux[modifier | modifier le code]

Le baiser, la succion et le léchage (soit avec la bouche et/ou la langue) portent des noms différents en fonctions des parties du corps concernées : le cunnilingus pour la vulve, l'anulingus pour l’anus et la fellation pour le pénis. Ces activités sont généralement considérées comme des préliminaires.

Masturbation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Masturbation.

La masturbation est une activité auto-érotique qui est parfois pratiquée lors d'un rapport sexuel, en complément des stimulations du partenaire ou pour terminer un rapport sexuel si le partenaire n'est plus sexuellement motivé.

Rapports avec jouets[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jouet sexuel.

Outils qui peuvent être utilisés lors d'un rapport sexuel; pour stimuler des parties sensibles du corps (vagin, anus…) plus ou moins accessibles (point G), les jouets sexuels sont désormais d'un usage courant[réf. nécessaire]. Les plus célèbres sont les boules de geisha et le godemichet ; le gode-ceinture ou harnais godemichet permet ainsi à une femme d'avoir des rapports évoquant très directement la pénétration masculine.

Importance de l'orgasme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Orgasme.

L'orgasme est généralement considéré comme le sommet du plaisir marquant la fin du rapport sexuel. Dans certaines formes de sexualités, comme le tantra, l'orgasme peut ne pas être recherché comme ultime but, afin de prolonger et approfondir culturellement la sensualité et le plaisir.

Contrôle neurobiologique du coït[modifier | modifier le code]

Les recherches scientifiques, menées principalement sur des mammifères non-primates, montrent que l'organisation neuroanatomique générale des organismes mammaliens est spécifiquement conçue pour la copulation hétérosexuelle : des phéromones sexuelles attirent réciproquement les mâles vers les femelles[3], puis le réflexe de lordose permet de bien présenter le vagin pour la pénétration[4], la lubrification vaginale facilite le réflexe d'éjaculation, les sensations vaginales, clitoridiennes et péniennes (via le système de récompense[5],[6]) favorisent la motivation sexuelle[7]etc.

Article détaillé : Comportement de reproduction.

La pénétration rythmée du pénis dans le vagin est le but fonctionnel de l'organisation anatomique et neurobiologique. Le but du seul réflexe sexuel moteur de la femelle (la lordose[4]) est de présenter le vagin au mâle, et le but des réflexes sexuels du mâle (érection, ajustement de l'intromission et poussées pelviennes[8]) est l'intromission rythmée du pénis, qui déclenche le réflexe éjaculatoire.

Les données neurobiologiques montrent que le coït vaginal hétérosexuel est le but fonctionnel du comportement de reproduction. Mais un rapport sexuel humain, en général, ne se limite pas uniquement au coït. Il existe des activités sexuelles qui n'ont aucun rapport avec la reproduction (comme la masturbation) et même des activités sans aucun rapport avec les organes génitaux (comme le baiser). Et le coït vaginal n'est pas nécessaire à la réponse sexuelle physiologique (excitation, plateau, orgasme, résolution). Comment expliquer ces différences entre la copulation animale et le rapport sexuel humain ?

Les recherches récentes en neurosciences, depuis le début du XXIe siècle, permettent d'expliquer ces différences entre le coït animal et humain. Elles ont montré qu'au cours de l’évolution, le contrôle neurobiologique du comportement sexuel a changé. Chez les primates et surtout chez les hominidés (être humain, chimpanzé, bonobo, orang-outan, gorilleetc.), la sexualité s'est progressivement dissociée des cycles hormonaux[9],[10], 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones ont été altérés[11],[12] et le réflexe sexuel de la lordose n'est plus fonctionnel. Tandis qu'au contraire, l'importance du système de récompense et de la cognition est devenue majeure[13]. En raison de ces modifications du système nerveux, on observe que les activités sexuelles des hominidés changent : elles ne sont plus limitées à la copulation vaginale[14],[15], mais se développent principalement autour de la stimulation des zones érogènes, car ces stimulations procurent des récompenses / renforcements dans le cerveau[13]. Ces récompenses, en particulier l'orgasme, sont perçues au niveau de la conscience comme des sensations de plaisirs érotiques et de jouissances. Chez l’être humain, le but fonctionnel du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal, mais la recherche des récompenses érotiques, procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes. Le comportement de reproduction a évolué vers un comportement érotique[16],[note 1].

Article détaillé : Comportement érotique.

Le plaisir est devenu le principal (mais pas unique) facteur de la sexualité humaine. En résumé, l’être humain recherche les activités sexuelles principalement car elles procurent des plaisirs érotiques intenses.

Par ailleurs, les chercheurs Masters et Johnson ont observé et mesuré avec des appareils spécialisés plus de 10 000 réponses sexuelles auprès de 694 hommes et femmes. Ils ont montré que le pénis de l’homme et le clitoris de la femme étaient les principales régions du corps à l’origine du plaisir sexuel[17]. Pour ces raisons physiologiques, le rapport sexuel, qui implique justement des stimulations intenses du clitoris et du pénis, est une des activités érotiques préférées des humains.

Mais le plaisir n'est pas la seule raison à l'origine des rapports sexuels. Les principaux facteurs donnés par les femmes sont, dans l'ordre : le plaisir, l'amour, le contact physique, le désir d'être pénétrée par le partenaire, la complicité, la tendresse, une pulsion, les caresses sensuelles et le désir d'être reconnue par le partenaire. Les hommes indiquent, dans l'ordre : le plaisir, l'amour, le contact physique, la complicité, la tendresse, le désir de pénétrer la (ou le) partenaire, une pulsion, le désir d'être reconnu par le partenaire et les caresses sensuelles. En conclusion, on remarque que les facteurs à l'origine des rapports sexuels sont similaires entre les femmes et les hommes. Le plaisir érotique est un facteur important, mais il n'est pas le seul. Les émotions positives, la qualité de la relation avec le partenaire et le besoin d'être aimé sont également très importants[16].

Phases physiologiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réponse sexuelle humaine.

Le gynécologue William Masters et la psychologue Virginia Johnson ont défini quatre phases de la réponse sexuelle humaine dans un ouvrage de référence intitulé Les réactions sexuelles en anglais : Human Sexual Response. À ces phases, le docteur Helen Singer Kaplan a ajouté celle du désir.

D'après ces auteurs, les différentes phases sont, par ordre : le désir, l'excitation, le plateau, l'orgasme, et la résolution. Ces différentes phases, observables aussi bien chez l'homme que chez la femme, se manifestent par des variations physiologiques et humaines.

Variations physiologiques observées[modifier | modifier le code]

Phase de désir[modifier | modifier le code]

  • Léger gonflement des organes génitaux.

Phase d'excitation[modifier | modifier le code]

Chez la femme :

  • Lubrification des parois du vagin ;
  • Augmentation du volume du clitoris ;
  • Érection des mamelons ;
  • Augmentation du volume de la poitrine ;

Chez l'homme :

Phase du plateau[modifier | modifier le code]

Chez la femme :

Chez l'homme :

  • Augmentation de la circonférence du pénis ;
  • Élargissement des testicules et poursuite de leur élévation tout près du muscle périnée.

Il est également observé chez de nombreux hommes et de nombreuses femmes :

  • Une vasodilatation se traduisant par une rougeur du visage, un triangle rouge sur la poitrine, etc., avec toutes les variations individuelles ;
  • Un rétrécissement du champ visuel et un rétrécissement du champ auditif ;
  • Un accroissement de la transpiration.

Orgasme[modifier | modifier le code]

Des contractions répétées au niveau du vagin ou du pénis toutes les 0,8 secondes. « Après les quatre à six premières, celles-ci diminueront en force et en fréquence ». L'orgasme chez certaines personnes s'accompagne de manifestations sonores plus ou moins intenses et plus ou moins discrètes (cris, soupirs, gémissements, couinement, râles, etc.)

L'orgasme est plus physiologiquement identifiable chez l'homme avec l'éjaculation. Il est parfois moins lisible chez la femme.

L'idée d'un orgasme féminin identique à celui de l'homme est très ancrée dans les comportements sexuels. L'orgasme s'identifie alors comme des spasmes du vagin, généralement accompagnés par une intense lubrification ; il est particulièrement remarquable dans le cas relativement rare des femmes dites fontaines pour lesquels on parle d'éjaculation féminine (expulsion en jet surtout d'urine et de liquide provenant de la vessie, accompagnée d'une faible sécrétion des glandes de Skene[18].

Phase de résolution[modifier | modifier le code]

Les organes génitaux reprennent leur apparence initiale peu à peu.

Normes et limites des rapports[modifier | modifier le code]

Si le XIXe siècle met en place les normes des « bonnes mœurs », ce tableau de 1873 figurant des nymphes assaillant un faune de William Bouguereau inverse de manière narquoise la distribution alors admise des rôles[19].

Il est nécessaire de souligner, avant de décrire les variations personnelles, culturelles, sociales, ou tenant à l'orientation sexuelle des individus, que les rapports sexuels de la très grande majorité des personnes, dans les sociétés occidentales, consistent en une pénétration vaginale avec un partenaire de sexe opposé, associé à des caresses comme préliminaires. Ceci représente 96 % des pratiques sexuelles. Les autres pratiques représentent entre 3 et 8 % des pratiques des personnes interrogées à propos de leur dernier rapport sexuel[20].

Référents de la définition[modifier | modifier le code]

L'ex-président des États-Unis, Bill Clinton, interrogé au sujet d'éventuelles relations extraconjugales, avait répondu qu'il n'avait pas eu de rapport sexuel avec Monica Lewinsky en arguant du fait que sa définition (personnelle) reposait sur un rapport strictement vaginal. Cette activité sexuelle de Bill Clinton, très médiatisée à l'époque, pose la question de la définition du « rapport sexuel » ou des « relations sexuelles ».

En fonction des observations neurobiologiques, chez l'animal, la définition du coït correspond effectivement à l'organisation des circuits neuraux du comportement de reproduction, spécifiquement organisé pour la copulation hétérosexuelle. Par contre, chez les hominidés, l'altération et la modification de certains circuits neuraux induisent une modification de la dynamique fonctionnelle. La recherche des récompenses érotiques n'est plus lié au coït vaginal. La définition habituelle du « rapport sexuel », qui n'est plus limitée au coït vaginal, et qui par extension englobe les préliminaires et le coït anal homo- ou hétérosexuel, correspond assez bien à la dynamique du comportement érotique[note 1] des hominidés.

Paraphilie[modifier | modifier le code]

Les paraphilies ne désignent pas des rapports sexuels mais une attirance ; cependant, sans passer à la réalisation physique dans un rapport sexuel, l'individu paraphile peut souffrir de ses attirances du fait d'une réprobation par son environnement social. C'est pourquoi certains spécialistes classent quelques paraphilies parmi les maladies psychiatriques. Dans le cas du passage à l'acte, ces « déviances» peuvent poser des problèmes d'ordres moraux et juridiques. Si, par exemple, la gérontophilie - soit l'attirance sexuelle pour des personnes du troisième âge - est tolérable, celle pour des animaux (autres qu'humains, la zoophilie) sera souvent prohibée, tout comme la nécrophilie (pour les cadavres) ainsi que la scatophilie (pour les excréments). Le cas le plus délicat et le plus sévèrement puni est la pédophilie, soit l'attirance sexuelle d'une personne juridiquement majeure pour des enfants (n'ayant pas atteint leur majorité sexuelle).

Limites juridiques et culturelles[modifier | modifier le code]

Certains rapports sexuels sont interdits par la loi et/ou la morale, soit en tant que tels, soit pour les dommages qu'ils impliquent. Le harcèlement sexuel est également punissable.

Le viol comme rapport sexuel se faisant par l'agression et considérant la violence exercée sur une personne est puni très sévèrement par de nombreux États, parfois même quand il a lieu entre époux (en France). Tous les abus sexuels sur des individus vulnérables ou en situation de vulnérabilité sont réprouvés — en particulier quand il s'agit d'un enfant abusé par un adulte (avec ou sans viol) : on parle d'acte de pédophilie, ce qui constitue en France un abus sexuel sur mineur.

Les rapports sexuels avec un membre de la famille semblent être universellement réprouvés — cette prohibition de l'inceste constitue un point-clef de la sexualité humaine parfois considéré comme la structure initiale de la société[note 2]. Tous les rapports sortant de la normativité du coït vaginal sont également susceptibles d'être considérés comme immoraux, en particulier dans la civilisation occidentale[réf. nécessaire] : la sodomie, la fellation et/ou le cunnilingus sont parfois jugés comme des « pratiques déviantes » et réprimés pénalement.

Pour la plupart des religions établies, le mariage est un cadre strict qui tend à exiger la fidélité sexuelle dans le couple — les rapports hors-mariage sont alors mis à l'index. Un rapport sexuel entre un homme et une femme non mariés est qualifié de fornication. La fornication est réprimée pénalement dans certains États, avec cependant une certaine inapplicabilité pratique. Un rapport sexuel entre une personne mariée et une autre personne qui n'est pas son époux est nommé adultère. L'adultère est réprimé pénalement dans certains États ; c'est en général un motif de divorce aux torts de celui qui le commet.

L'Église catholique encourage la chasteté entre époux en tant qu'acte d'adoration mutuelle et une théologie du corps enseigne également que l'amour sexuel est un transfert d'Éros en Agapè et qu'il y existe une « théologie de l'orgasme » qui exalte ce plaisir comme étant voulu par Dieu, si bien que les transgressions de la position sexuelle recommandée par l'Église et les médecins médiévaux, à savoir la femme couchée et l'homme dessus, sont tolérées[21]. Au Moyen Âge, l'Église catholique interdit le rapport sexuel la plupart des lundi et mercredi (jours de jeûne), le vendredi (jour des morts), le samedi (veille du jour du Seigneur), pendant l'Avent ou le Carême, ainsi plus de la moitié de l'année est interdite[22].

Chez les animaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sexualité animale.
Un couple de lions copulant au Maasai Mara, Kenya.

Bon nombre de mammifères marins utilisent la fertilisation externe. La fertilisation interne avec la plupart des invertébrés (tels que les reptiles, certains poissons, et la plupart des oiseaux) occurrent via une copulation cloaquale (voir hémipénis), tandis que les mammifères copulent vaginalement et que certains vertébrés se reproduisent sexuellement par fertilisation externe. Cependant, certains arthropodes terrestres utilisent également la fertilisation externe.

Les humains, et les bonobos[23], les chimpanzés et les dauphins sont des espèces connues pour engager un comportement hétérosexuel même lorsque la femelle n'est pas en chaleur. Ces espèces, parmi d'autres, sont également connues pour engager un comportement bisexuel[15] (généralement, chaque individu a des activités hétérosexuelles et homosexuelles). Les humains, les bonobos et les dauphins sont des animaux socialement intelligents, et l'utilisation du sexe a évolué au-delà de la reproduction, pour apparemment renforcer certaines fonctions sociales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Les distinctions entre “comportement sexuel”, “comportement de reproduction” et “comportement érotique” sont expliquées dans les articles Comportement érotique et Comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin H. Johnson et Barry J. Everitt dans leur ouvrage Reproduction, 5e edition, publié chez De Boeck Université en 2001, car les différences neurobiologiques, cognitives et comportementales entre les espèces modifient la dynamique du comportement sexuel. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de ces distinctions est Functional and dysfunctional sexual behavior du neurobiologiste Anders Agmo.
  2. Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté, éd. Mouton, 2002. « La prohibition de l'inceste (…) en laquelle s'accomplit le passage de la nature à la culture. » pp. 28-29. « La prohibition de l'inceste est moins une règle qui interdit d'épouser mère, sœur ou fille, qu'une règle qui oblige à donner mère, sœur ou fille à autrui. C'est la règle du don par excellence. » conclusion p552. D'après Lévi-Strauss, dans les sociétés traditionnelles, généralement dominées par les hommes, l'échange des femmes permet de créer des liens de parenté et ainsi des relations et des obligations sociales avec d'autres familles et d'autres villages. Car « si tu épouses ta propre sœur, tu n'auras pas de beau-frère. Et avec qui iras-tu chasser ? Avec qui feras-tu les plantations ? Qui auras-tu à visiter ? p556

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Langis P., Germain B. La sexualité humaine. De Boeck, 2010.
  2. a, b et c Le nouveau petit Robert de la langue française, version électronique 2009
  3. (en) Keller M., Bakker J. « Pheromonal communication in higher vertebrates and its implication on reproductive function ». Editorial. Behavioural Brain Research, 200(2):237-238, 2009
  4. a et b (en) Kow L.M., Florea C., Schwanzel-Fukuda M., Devidze N., Kami K.H., Lee A., Zhou J., Maclaughlin D., Donahoe P., Pfaff D. « Development of a sexually differentiated behavior [lordosis] and its underlying CNS arousal functions ». Curr. Top. Dev. Biol., 79:37-59, 2007
  5. (en) Cibrian-Llanderal T., Tecamachaltzi-Silvaran M., Triana-Del R.R., Pfaus J.G., Manzo J., Coria-Avila G.A. « Clitoral stimulation modulates appetitive sexual behavior and facilitates reproduction in rats ». Physiology & Behavior, 100(2):148-153, 2010
  6. (en) Matsumoto J., Urakawa S., Hori E., de Araujo M.F., Sakuma Y., Ono T., Nishijo H. « Neuronal responses in the nucleus accumbens shell during sexual behavior in male rats ». The Journal of Neuroscience, 32(5):1672-1686, 2012
  7. (en) Pfaus J.G., Kippin T.E., Coria-Avila G.A., Gelez H., Afonso V.M., Ismail N., Parada M. « Who, what, where, when (and maybe even why)? How the experience of sexual reward connects sexual desire, preference, and performance » Archives of Sexual Behavior, 41(1):31-62, 2012
  8. (en) Meisel Robert L. , Sachs Benjamin D. « The physiology of male sexual behavior » in Knobil Ernest, Neill Jimmy D. The physiology of reproduction, Raven Press, 2nd edition, 1994
  9. Jean-Pierre Signoret, « Sexuel (Comportement) », Encyclopædia Universalis, vol. 11.0,‎ 2006
    version électronique
  10. J. Buvat, « Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques », Contracept Fertil Sex, vol. 24, no 10,‎ 1996, p. 767-778
  11. (en) Nei M., Niimura Y., Nozawa M. « The evolution of animal chemosensory receptor gene repertoires: roles of chance and necessity » Nat. Rev. Genet., 9(12):951-963, 2008
  12. (en) Zhang J, Webb DM. « Evolutionary deterioration of the vomeronasal pheromone transduction pathway in catarrhine primates » Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 100(14):8337-8341, 2003.
  13. a et b (en) AGMO Anders Functional and dysfunctional sexual behavior Elsevier 2007.
  14. (en) FORD Clellan S. , BEACH Frank A. : Patterns of sexual behavior, Methuen & Co, London, 1965. Le livre existe en français, mais il est plus difficile à trouver : Le comportement sexuel chez l'homme et l'animal, R. Laffont, 1970
  15. a et b (en) Bagemihl B. Biological Exuberance. St Martin's Press, 2000
  16. a et b [PDF] (fr) Wunsch Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel, EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  17. (en) MASTERS William, JOHNSON Virginia. Human sexual response, Bantam Books 1980.
  18. (en)Gary Schubach « Urethral expulsions during sensual arousal and bladder catheterization in seven human females ». Ed.D. thesis, Institute for Advanced Study of Human Sexuality, 1996
  19. cf. allégorie de William Bouguereau - XIXe siècle) - source analyse du tableau
  20. Bajos N. Bozon M. Enquête CSF Contexte de la sexualité en France 2006
  21. Lettre encyclique du pape Benoît XVI
  22. Jean-Pierre Bardet, Jacques Dupâquier, « Contraception : les Français les premiers, mais pourquoi ? », Communications, vol. 44, no 44,‎ 1986, p. 7
  23. Frans de Waal, "Bonobo Sex and Society", Scientific American (mars 1995): 82–86.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]