Fist-fucking

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Femme pratiquant le fist-fucking.

Le fist-fucking (terme argotique anglais signifiant baiser avec le poing) est une pratique sexuelle consistant à pénétrer (fuck) le vagin ou le rectum avec le poing. La sexologie utilise les termes d'érotisme brachio-vaginal ou brachio-proctique.

Malgré son nom (fist signifie poing en anglais), le fist-fucking ne sous-entend pas la pénétration du poing fermé dans le vagin ou le rectum, mais plutôt une lente introduction de la main dont les doigts sont gardés tendus et groupés dans l'orifice préalablement abondamment lubrifié et distendu progressivement. Une fois l'introduction effectuée, le poing peut être fermé ou les doigts rester droits.

Histoire[modifier | modifier le code]

La pratique ne figure pas dans les rapports Kinsey de 1948 et 1953 du Dr. Alfred Kinsey répertoriant les pratiques sexuelles humaines[1].

Les années 1960 voient l'essor de cette pratique par la création du TAIL pour Total Anal Involvement League regroupant 1 500 personnes revendiquant leur pratique du fist-fucking[2].

Selon l'anthropologue Gayle Rubin, la pratique se popularise un peu plus dans les années 1970 durant lesquelles un club privé gay de San Francisco, appelé Les Catacombes, s'agrandit petit à petit et comptait autant de pratiquants de sexe masculin que de sexe féminin. De même, on dénombre certains pratiquants bisexuels parmi les pratiquants homosexuels du club ce qui accrédite sa popularisation croissante dans les différents milieux sociaux et culturels[3].

Incidence de la pratique[modifier | modifier le code]

Malgré l'association habituellement faite entre fist-fucking anal et homosexualité masculine, cette pratique est aussi pratiquée chez les hétérosexuels. Le fist-fucking anal est perçu comme agréable par les hommes qui le pratiquent en raison de la stimulation que cela engendre sur la prostate. L'enquête ACSF (« Analyse des comportements sexuels en France ») sur la sexualité des Français retrouvait 6 % des homosexuels ou bisexuels interrogés ayant pratiqué le fist-fucking sur un partenaire lors de leur dernier rapport sexuel et 6 % ayant reçu un fist-fucking au cours de leur dernier rapport[4].

Hygiène et sécurité[modifier | modifier le code]

De par la sollicitation intense qui est faite des muqueuses anales ou vaginales, le fist fucking est une pratique nécessitant une certaine préparation. Dans le cas de la pénétration anale, les sphincters doivent être préalablement étirés.

Le contact entre les fèces et des muqueuses irritées peuvent entraîner une inflammation ou une infection. Les ongles de l'individu qui pénètre doivent être coupés court et limés et ses mains protégées par des gants à usage médical (en latex ou en vinyle par exemple). Certains de ces gants, habituellement en latex noir résistant, que l'on peut retrouver dans certaines boutiques érotiques, peuvent monter jusqu'aux coudes et sont lavables. La main comme l'orifice choisi doivent être excessivement lubrifiés (avec un lubrifiant à base d'eau de préférence, mais pas un lubrifiant issu du pétrole comme la vaseline, qui attaque le latex). L'ajout d'eau favorise une meilleure lubrification, l'eau du lubrifiant à base de glycérine s'évaporant, laissant un dépôt de glycérine dans l'anus.

Le poppers (amyl-nitrite), agissant comme vasodilatateur, est parfois employé (en inhalation) pour le fist-fucking anal. L'utilisation de drogues, en particulier sédatives ou anesthésiques locales font courir un risque plus important de complications par altération de la douleur et de la réactivité, et par désinhibition.

À ce jour, peu de produits lubrifiants sont utilisés pour la pratique du fistfucking. Le J-lube est un produit à usage vétérinaire très dangereux pour l'homme mais détourné de son utilisation habituelle au profit des amateurs de fist et intrusions anales.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Littérature :
    • Renaud Camus le mentionne dans Tricks paru en 1979 et préfacé par Roland Barthes[5].
    • Le personnage principal du roman d'horreur Bloodfist de Schweinhund (Trash éd., 2013, coll. Trash n° 3) pratique un fist-fucking meurtrier.
    • Marco Vidal, FIST, éditions la Découverte, 2015.
  • Cinéma : il est fait mention du fist-fucking dans les films Irréversible, Scary Movie 4, La Chasse, Le Nouveau Jean-Claude.
  • Médias : La Fistinière, caméra au poing, film de Sébastien Bardos et Jérémie About. Reportage sur une maison d'hôte gay spécialisée dans le fist-fucking[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Fist et les débuts du christianisme », sur Blog Les 400 culs - Libération.fr,‎ (consulté le 22 mars 2015)
  2. « Le fist-fucking n'est pas la pratique brutale que vous pensez », sur Slate.fr,‎ (consulté le 22 mars 2015)
  3. (en) Gayle Rubin, "The Catacombs : A Temple of the Butthole" in Leatherflok : Radical Sex, People, Politics, and Practice (lire en ligne)
  4. Alfred Spira, Nathalie Bajos et le groupe ACSF, Les Comportements sexuels en France, La Documentation française, 1993, p. 159.
  5. Édité par POL (Hachette) et réédité en 1988, cité par M. Alizart in Dictionnaire de la pornographie (P. Di Folco dir.), PUF, 2005, p. 195.
  6. Voir sur dailymotion.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) B Donovan, B Tindall et D Cooper, « Brachioproctic eroticism and transmission of retrovirus associated with acquired immune deficiency syndrome (AIDS) », Genitourinary medicine, Londres, British Medical Association, vol. 62, no 6,‎ , p. 390-392 (ISSN 0266-4348, lire en ligne) [PDF]