La France insoumise

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La France insoumise
Image illustrative de l'article La France insoumise
Logotype officiel.
Présentation
Fondateur Jean-Luc Mélenchon
Fondation
Soutiens Parti de gauche
Parti communiste français
Ensemble !
Europe Écologie Les Verts (dissidents)
Mouvement républicain et citoyen (dissidents)
Positionnement Gauche radicale
Idéologie Écosocialisme
Social-républicanisme
Antilibéralisme
Souverainisme[1]
Populisme de gauche[2]
Altermondialisme
Euroscepticisme
Adhérents 473 525 revendiqués[3] ()[note 1]
Couleurs Bleu-vert et ocre
Site web jlm2017.fr

La France insoumise (FI[4], représenté sur le logotype officiel par la lettre Phi (φ)[5]) est un mouvement politique lancé le en vue de promouvoir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2017 et de permettre l'élection de députés aux élections législatives de 2017 pour l'application du programme L'Avenir en commun[6].

La campagne pour ces élections est dirigée par Manuel Bompard, secrétaire national du Parti de gauche (PG), a pour porte-parole Alexis Corbière, ancien conseiller de Paris et également secrétaire national du PG, et pour coordinateurs du projet Charlotte Girard, maître de conférence de droit public à l'université Paris-Nanterre, et l'économiste Jacques Généreux, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon arrive en 4e position avec 19,58 % des suffrages exprimés, ce qui ne lui permet pas d'accéder au second tour.

Historique[modifier | modifier le code]

L'idée de la création de la France insoumise prend racine dans la conviction de la nécessité d'un mouvement transversal qui sorte des organisations traditionnelles, partant du constat que ce ne sont plus les partis politiques traditionnels qui font la démocratie[7]. Il s'inspire notamment du parti espagnol Podemos et de la candidature de Bernie Sanders aux primaires présidentielles du Parti démocrate américain de 2016[7].

Le mouvement est publiquement lancé le [8]. Son 1er rassemblement a lieu place Stalingrad à Paris le , sous la forme d'un défilé auquel auraient participé 10 000 personnes, selon les organisateurs[9],[10]. Un second rassemblement a eu lieu dans les jardins de l’Observatoire de Toulouse, le [11].

Le programme L'Avenir en commun est adopté les et [12], lors de la convention de Lille, qui a vu se rassembler près de 1 000 personnes (dont les deux tiers tirées au sort) à Saint-André-lez-Lille. Lors de cette convention, plusieurs personnalités sont intervenues, tels Jérôme Kerviel, ancien trader de la Société générale, Antoine Deltour, lanceur d’alerte du scandale LuxLeaks, Paul Ariès, politologue, Aminata Traoré, ancienne ministre malienne de la Culture et Zoé Konstantopoúlou l'ex-présidente du parlement grec[13].

Cette convention a aussi été l'occasion de présenter 10 candidates et 10 candidats pour les élections législatives, parmi lesquels : le physicien directeur de recherches au CNRS et porte-parole du réseau Sortir du nucléaire Jean-Marie Brom, l'inspecteur des finances publiques et lanceur d'alerte de l'affaire Cahuzac Rémy Garnier, le syndicaliste CGT de l'usine sidérurgique ArcelorMittal de Florange Lionel Burriello, le secrétaire général adjoint de la CGT Air France Mehdi Kémoune, la comédienne Sophie de La Rochefoucauld, la syndicaliste vue dans Merci Patron ! Marie-Hélène Bourlard, la journaliste et fondatrice de l'association SOS Autisme France, Olivia Cattan, et Nathalie Seguin, syndicaliste membre du Parti communiste[14],[13].

Orientation idéologique et programmatique[modifier | modifier le code]

Processus constitutif de la 6e République selon la France Insoumise.

L'élaboration du programme a été coordonnée par l'économiste Jacques Généreux[15], membre des Économistes atterrés[16], et par la juriste Charlotte Girard[17],[18], maîtresse de conférences en droit public. Il s'inspire de L'Humain d'abord, le programme du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012, des travaux conduits par le PG au cours de ses assises pour l’écosocialisme et des sommets pour un plan B en Europe, mais aussi des nombreuses contributions des partisans du mouvement[15], que des rapporteurs ont été chargés de synthétiser.

À l’issue de la convention de Lille, une synthèse de l’ensemble des propositions débouche sur un programme en 7 axes et 357 mesures. Celui-ci est adopté par plus de 90 % des votants[13].

Le mouvement a également adopté « 10 mesures emblématiques », mesures prioritaires votées par les militants lors de la convention de Lille, appelant à faire face à 4 « urgences majeures » : l'urgence démocratique, l'urgence sociale, l'urgence écologique et l'urgence géo-politique[19],[20]. Adoptées par 77 038 votes via Internet ces 10 mesures prioritaires sont[20],[21],[22] :

  1. la mise en place d'une assemblée constituante chargée de rédiger la constitution d'une Sixième République qui succèderait à l'actuelle Cinquième République. Celle-ci est qualifiée de « monarchie présidentielle » par le mouvement qui estime que le Président de la République concentre trop de pouvoirs, sans que le peuple puisse exercer un contrôle sur son action. Ce processus constituant serait aussi l'occasion de proposer d'autres modes de fonctionnement comme la proportionnelle aux élections législatives. Le changement de constitution, et donc des institutions, est jugé fondamental par le mouvement qui voit dans l'abstention électorale croissante le reflet d'un désaveu des français pour leur système institutionnel ;
  2. l'abrogation de la loi Travail, dont le mouvement estime qu'elle a notamment mis fin à la hiérarchie des normes en matière de droit du travail en inversant le principe de faveur, et qu'elle ne protège ainsi plus suffisamment les travailleurs ;
  3. la refondation des traités de l'Union européenne, avec notamment des changements de politique monétaire, de politique agricole commune et de politique environnementale. À défaut, le programme prévoit l'application d'un « plan B » consistant à sortir des traités européens de manière unilatérale pour ensuite proposer d'autres coopérations entre les pays ;
  4. la mise en place d'un plan de transition énergétique vers 100 % d'énergies renouvelables en 2050, en suivant les études de l'Association négaWatt et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Cette transition passe par la sortie du nucléaire civil dont le mouvement critique la dépendance pour l'approvisionnement en uranium, le manque de sûreté des installations, la gestion des déchets radioactifs et les coûts financiers ;
  5. l'instauration d'une « règle verte », consistant à ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu'elle peut reconstituer, ni produire plus que ce qu'elle peut supporter, et que le mouvement souhaite proposer lors du processus constituant afin qu'elle figure dans la nouvelle constitution ;
  6. le droit de révocation des élus par référendum comme moyen de remettre un mandat en question lorsque l'élu n'est pas fidèle à ses engagements, lorsqu'il n'est pas intègre ou lorsqu'il n'est pas assidu. Le mouvement souhaite également proposer cette mesure lors du processus constituant ;
  7. la protection des biens communs comme l'air, l'eau, l'alimentation, le vivant, la santé, l'énergie ou la monnaie, en agissant contre leur marchandisation afin de préserver l'intérêt général, et en développant des services publics correspondants ;
  8. la séparation des banques d'affaires et de détail, visant à séparer les activités spéculatives des activités de prêts et de dépôts afin de protéger ces dernières, ainsi que la création d'un pôle public bancaire, qui permettrait de financer les PME et de mener une politique du crédit sur des critères sociaux et écologiques ;
  9. l'instauration d'un SMIC mensuel à 1 326 euros nets pour 35 heures hebdomadaires et la revalorisation des salaires des fonctionnaires gelés depuis 2010 ;
  10. le refus de traités de libre-échange comme le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TAFTA) ou l'Accord économique et commercial global (CETA).

Le programme ainsi conçu et nommé L'Avenir en commun, est publié aux Éditions du Seuil le . Il est organisé selon sept « axes » : « Sixième République », « partage des richesses », « planification écologique », « sortie des traités de l'Union européenne », « paix et indépendance », « progrès humain » et « frontières de l'humanité » (mer[23], espace et numérique). Le livre se classe rapidement dans le top 10 des meilleures ventes, tiré à 110 000 exemplaires le [24],[25]. Il a fait l'objet d'une adaptation en bande dessinée numérique diffusée sur internet[26]. Trente-neuf livrets thématiques, approfondissant les propositions du mouvement, sont ensuite publiés au fur et à mesure de la campagne.

Les candidats investis pour les élections législatives de juin 2017 sont à 60 % issus de la société civile (n'ont jamais été adhérents ou élus d'un parti politique), ils sont plutôt jeunes, avec une moyenne d'âge se situant vers 43 ans. Les candidats investis signent la charte du mouvement[27]. Ils signent également la charte éthique de l'association indépendante Anticor, engagée pour l'éthique en politique, la lutte contre la corruption et la fraude fiscale[28].

Organisation[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle de 2017.

L'organisation n'est pas figée et se veut permettre un champ important de liberté, différemment de celle d'un parti politique.

La France insoumise indique qu'elle « n’est pas un parti politique. C’est un mouvement de citoyens individuels qui se reconnaissent dans la démarche de Jean-Luc Mélenchon sans pour autant rejoindre un parti politique ou une association »[29].

La campagne est dirigée par Manuel Bompard, secrétaire national du Parti de gauche (PG), a pour porte-parole Alexis Corbière, ancien conseiller de Paris et également secrétaire national du PG, et pour coordinateurs du projet Charlotte Girard, maître de conférence de droit public à l'université Paris-Nanterre, et l'économiste Jacques Généreux, maître de conférences à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris. La conseillère politique Sophia Chikirou est la responsable de la communication du mouvement[30].

Le mouvement est appuyé par un serveur de discussion vocale et textuelle, hébergé sur la plate-forme Discord[31],[32] , où sont organisés plusieurs projets et où sont relayées toutes les informations sur la campagne. Cette initiative n'est nullement liée à FI directement, elle est en effet l'initiative de jeunes internautes supportant le mouvement[33].

Le mouvement France Insoumise a diffusé ses idées à travers des émissions diffusées en direct sur YouTube, sur Facebook et sur Twitter, nommées Esprit de Campagne et C'est l'heure du Peuple !.

Identité juridique[modifier | modifier le code]

Le mouvement repose juridiquement sur deux associations : « La France insoumise » et l'« Association de financement de la formation politique « La France insoumise » » (AFLFI). Elles sont toutes les deux déclarées à la sous-préfecture de Palaiseau le et domiciliées 6 bis, rue des Anglais, à Massy[34],[4]. La seconde est habilitée à recevoir des dons par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques depuis le [35].

Appuis[modifier | modifier le code]

Le mouvement est composé des signataires ayant appuyé la candidature de Jean-Luc Mélenchon sur le site de la campagne et ayant communiqué leur courriel, leur code postal et éventuellement un numéro téléphonique. Il ne leur est cependant pas nécessaire de verser d'argent, contrairement aux partis politiques traditionnels.

Les membres et signataires de la France insoumise, à la base, peuvent s'organiser librement en créant des comités locaux, dénommés « groupes d'appui »[36], mis en place dans toute la France ainsi qu'à l'étranger[37]. Chacun des ces comités est, en principe, composé entre 5 et 12 membres. La France insoumise comptait ainsi début plus de 2 800 comités[38].

Les appuis sont enregistrés sur la plateforme jlm2017.fr qui utilise NationBuilder. Le , plus de 30 000 personnes appuient la candidature de Jean-Luc Mélenchon[39]. Le , deux semaines plus tard, ils sont environ 67 000[40]. À la fin du mois de , 87 898 personnes soutiennent le candidat de la France Insoumise[41]. Le , le seuil des 100 000 appuis d'insoumis est dépassé[42]. Au , les 150 000 soutiens sont dépassés avec plus de 153 000 signataires sur la plateforme[43].

Le 12 janvier 2017, plus de 200 000 insoumis soutiennent Jean-Luc Mélenchon[44]. Au , 263 000 personnes sont affichées sur le compteur[45]. Entre le et le , le nombre d'insoumis inscrits sur la plateforme a augmenté de plus de 40 000 personnes passant de 286 000 appuis à 332 000, soit une augmentation de 14 % en moins de deux semaines[46],[47]. Au , 431 000 personnes appuient la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle française de 2017[48][réf. insuffisante].

Le lendemain du 1er tour le compteur affiche plus de 450 000 appuis.

Financement[modifier | modifier le code]

Début , le mouvement annonce avoir récolté près de 2 millions d'euros de dons, via son site internet. Il précise qu'environ une personne sur six ayant appuyé la candidature de Mélenchon a effectué un don[38]. Ces 2 millions d'euros se répartissent en 83 000 dons, d'en moyenne 24 € chacun[49]. Le mouvement a également obtenu 5 millions d'euros grâce à un emprunt auprès d'une banque coopérative[50].

Discord Insoumis[modifier | modifier le code]

À l'instar de ce qu'avait connu la campagne présidentielle américaine de 2016[33], le mouvement FI est soutenu par un serveur sur l'application Discord[51].

Ses membres sont ainsi à l'origine de nombreux projets[52] visant à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. On y compte par exemple une numérisation de son livre-programme L'Avenir en Commun, des sites comparant ce programme avec ceux des autres candidats, d'autres détaillant certains points du programme ainsi qu'une FAQ[53] sur l'ouvrage. Des jeux vidéo satiriques sont également créés (tel Fiscal Kombat)[54]. On compte aussi une webradio[55], une banque d'images, une bande dessinée numérisée (de Mélaka et Reno)[56], et un serveur d'appel téléphonique, le Mélenphone, pour informer sur le programme ou annoncer la tenue d'une réunion publique[57].

Campagne présidentielle de 2017[modifier | modifier le code]

Intervention de Jean-Luc Mélenchon lors du « défilé de la France insoumise », place Stalingrad à Paris, le .

Dans le cadre de sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon organise plusieurs meetings, notamment le à Paris[58] auquel participent environ 10 000 personnes, le à Toulouse[59] auquel participent environ 2 500 personnes, le à La Courneuve[60] avec environ 1 000 participants, le à Boulogne-sur-Mer[61] avec plus de 700 personnes, les et à Saint-André-lez-Lille[62] pour la Convention de la France Insoumise à laquelle participent environ 1 000 personnes, le au Centre de congrès Le Manège à Chambéry[63] sous forme d'une réunion publique[64] avec environ 1 000 participants, le au Théâtre Femina à Bordeaux[65] et environ 2 000 participants et durant lequel plusieurs centaines de personnes restent dehors[66]. Dans le cadre d'un déplacement aux Antilles françaises, le candidat tient deux réunions publiques[67] premièrement au Lamentin en Martinique le , devant 500 personnes[68],[69] puis le 19 décembre en Guadeloupe devant 500 personnes[70].

Un « déboulé », sorte de réunion organisée dans une ville ayant une actualité particulière, sur les conditions de travail dans les entreprises réunit 1 500 personnes à Tourcoing le [71].

Une réunion publique au Mans le sur la question de la santé attire plus de 2 400 personnes[72].

Le , il organise deux meetings simultanément, un à Lyon et un autre à Paris grâce à un hologramme[73], première mondiale pour un hologramme en direct[74]. Ce meeting rassemble 6 000 personnes à Paris, 12 000 à Lyon, tandis qu'environ 80 000 internautes ont regardé le meeting en direct sur Facebook[75] et plus de 330 000, en moins de 24 heures, l'ont regardé en différé sur YouTube[76].

Le , le mouvement organise une émission en direct de 5 heures sur YouTube, Esprit de campagne, visant à chiffrer son programme. Le candidat à la présidentielle, accompagné de membres de son équipe de campagne (son directeur de campagne Manuel Bompard, les économistes Jacques Généreux et Liêm Hoang-Ngoc et la juriste Charlotte Girard), y débat avec Marc Landré, journaliste du service économie du Figaro, Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef politique de Challenges, Hedwige Chevrillon, journaliste de BFM Business et Sébastien Crépel, éditorialiste de L'Humanité[77],[78]. Il profite de cette date pour présenter la version en ligne du programme[79]. Le , soit moins de quinze jours après ce direct, le compteur de vues Youtube de la vidéo de l'émission[80] affiche environ 345 000 vues.

Le , le mouvement tient sa Journée de l’Écologie à la Chesnaie du Roy, centre de conférences du parc floral de Paris[81].

Défilé pour la VIe République le 18 mars 2017, place de la République à Paris.

Le , Jean-Luc Mélenchon ainsi que la France insoumise effectuent une « marche pour la VIe République », de la Place de la Bastille à la Place de la République, à Paris[82]. Selon les chiffres du mouvement, 130 000 personnes y participent[83]. Ce défilé, organisé le jour du 146e anniversaire de la Commune de Paris, s'inscrit dans la continuité de la « marche pour la VIe République » du 18 mars 2012 (qui était alors organisé par le Front de gauche dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012).

Le , 10 000 personnes assistent à Rennes au meeting de Jean-Luc Mélenchon, dont la trame principale repose sur la question du travail. Il y évoque également la grève générale en cours en Guyane[84].

Le , un jeu vidéo est lancé par le Discord insoumis, Fiscal Kombat, un beat them all mettant en scène Jean-Luc Mélenchon en train d'affronter des oligarques tels Nicolas Sarkozy ou Pierre Gattaz pour récupérer de l'argent afin de récolter virtuellement les 279 milliards d'euros de budget que prévoit le candidat s'il est élu[85].

Le 9 avril 2017, le meeting de Jean-Luc Mélenchon rassemble plus de 70 000 personnes au Vieux-Port à Marseille. Principalement axé sur le thème de la paix, il a rendu hommage aux 30 000 personnes mortes dans la Méditerranée par une minute de silence. Sur les enjeux géopolitiques, il a réaffirmé sa volonté de sortir de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), afin de ne pas entraîner la France dans les guerres menées par les États-Unis, et ainsi d'agir dans le seul cadre de l'Organisation des nations unies (ONU). Pour finir il a brandit un rameau d'olivier en affirmant : « Je serai le président de la paix »[86].

Le 12 avril 2017, Jean-Luc Mélenchon tient un meeting à Lille avec plus de 25 000 personnes venues à Lille Grand Palais[87]. Abordant la une du Figaro titrée : Mélenchon : le délirant projet du Chavez français, il remet en cause l’indépendance du journal, qui appartient à Serge Dassault, rappelant au passage que ce dernier faisait affaire avec le régime saoudien pour la vente des avions de combat Rafale[88]. Au long de près de deux heures de discours, il est revenu sur de nombreux points de son programme, abordant économie, social, fiscalité, environnement, santé, éducation, recherche dans un seul et même meeting[87].

Meeting devant 70 000 personnes à la prairie des Filtres de Toulouse, le .

Lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon arrive en 4e position avec 19,58 % des suffrages exprimés[89], ce qui ne lui permet pas d'accéder au second tour.

Au soir du 1er tour de l'élection présidentielle, il déclare à propos du second tour : « Je n’ai reçu aucun mandat des 450 000 personnes qui ont décidé de présenter ma candidature pour m’exprimer à leur place sur la suite. Elles seront donc appelées à se prononcer sur la plateforme et le résultat de leur expression sera rendu public »[90], conformément aux engagements pris en ce sens au cours de la campagne.

Le 25 avril 2017, une consultation est lancée, ses résultats et seront rendus public le 2 mai 2017. Le choix d'un vote en faveur de Marine Le Pen y est cependant écarté[91].

Campagne législative de 2017[modifier | modifier le code]

Soutiens[modifier | modifier le code]

Plusieurs partis et courants politiques de gauche radicale ont apporté leur soutien au mouvement et constituent son « espace politique » : le Parti de gauche[92], Ensemble ![93], le Parti communiste français (PCF)[94] et certains élus et responsables du parti Europe Écologie Les Verts (EELV).

Plusieurs petites organisations politiques de gauche et d'extrême gauche comme la Nouvelle Gauche socialiste[95], Révolution[96], le Pôle de renaissance communiste en France[97] et Gauche révolutionnaire[98], le Parti communiste réunionnais[réf. nécessaire] ont annoncé soutenir cette candidature.

La France Insoumise étant un mouvement citoyen et non une coalition, ces organisations et partis n'en font cependant pas partie à proprement parler.

Composantes du Front de gauche[modifier | modifier le code]

Le Parti de Gauche, dont Jean-Luc Mélenchon fait partie, est la principale force politique impliquée dans le mouvement. Plusieurs de ses cadres organisent notamment la campagne.

Dès , des cadres du PCF, comme son secrétaire national Pierre Laurent[94] et la députée Marie-George Buffet[99], penchent pour un soutien à sa candidature. Et malgré l'opposition des cadres du parti lors de leur Conférence nationale, qui rejettent ce soutien à 55 % le [100], les militants communistes votent trois semaines plus tard en faveur de son soutien, à près de 54 %[101].

En novembre 2016, le parti Ensemble !, troisième force de la coalition du Front de Gauche, annonce également son soutien au mouvement, voté à 72 % par les militants. Ceux-ci avaient le choix entre trois options : soutenir Mélenchon et travailler à un cadre commun (42 % des voix), participer plus directement à la campagne de La France insoumise (30 %) ou rejeter « à ce stade » tout soutien à Mélenchon (25 %)[93].

Le PCF et Ensemble ! ont cependant choisis de faire chacun une « campagne autonome », souhaitant garder leur indépendance par rapport au mouvement. Les deux partis impriment ainsi leurs tracts et leurs affiches, et organisent leurs meetings, sans pour autant être associés aux décisions politiques de la campagne[102].

Dissidents Europe Écologie Les Verts[modifier | modifier le code]

Sergio Coronado, député EELV annonce en soutenir la candidature de La France insoumise.

Dès , la Coopérative écologie sociale, dont sont notamment membres des personnalités politiques d'EELV comme Francine Bavay, conseillère fédérale du parti, et Sergio Coronado, député des Français de l'étranger, publie un texte plaidant pour l'appui de la candidature de Mélenchon[103]. Plus tard, en , à la suite de l'annonce du retrait de Yannick Jadot (candidat désigné par la primaire de l'écologie organisée par EELV) au profit de Benoît Hamon (PS) sur la base d'un accord non encore approuvé par les militants, un certain nombre d'entre eux ainsi que d'élus annoncent leur intention de soutenir La France insoumise[104].

Le , 27 écologistes, dont le député Sergio Coronado, des militants, des responsables locaux, des candidats investis en vue des législatives de juin et des membres du Conseil fédéral d'EELV, publient une tribune dans Reporterre annonçant qu'il ne soutiendront pas la candidature de Benoît Hamon au premier tour de l'élection présidentielle, mais celle de La France insoumise[105]. Ils expliquent notamment leur choix en pointant la contradiction entre le fait que Hamon ait « besoin d’un PS fort pour sa campagne » alors que « l’espoir d’une gauche écologiste exige au contraire de s’en affranchir », critiquant le quinquennat de François Hollande, et en jugeant que l'intégration de l'écologie politique dans les programmes des candidats est « récente et incohérente » pour Hamon, tandis qu'elle est « profonde et durable » pour Mélenchon[106].

Le 12 avril, sept conseillers fédéraux du parti publient à leur tour une tribune pour annoncer leur soutient à la candidature de La France insoumise, plutôt qu'à celle de Benoît Hamon, estimant que « dans l’hypothèse où [ce dernier] remporterait la présidentielle et réussirait à obtenir une majorité parlementaire, celle-ci serait majoritairement composée de ceux qui ont jusqu’au bout soutenu la politique de François Hollande et Manuel Valls » ajoutant « Qui peut penser qu’une majorité PS défendant aujourd’hui le bilan du quinquennat légifèrerait en faveur d’une plateforme programmatique radicalement différente sur le plan social et environnemental ? »[107]. Le 14 avril, Éric Piolle, maire EELV de Grenoble, annonce également soutenir la candidature de la France insoumise[108].

Personnalités[modifier | modifier le code]

La philosophe belge Chantal Mouffe est également un soutien affiché du mouvement[109].

Jean Ziegler, altermondialiste et sociologue suisse, rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde, membre du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations unies depuis 2009, soutient également Jean-Luc Mélenchon[110].

Plus d'une centaines d'économistes de 17 pays différents ont jugés que le programme économique de Jean-Luc Mélenchon était le seul « capable de répondre aux urgences majeures de notre temps »[111].

L'actrice Pamela Anderson, motivée par le soutien de la cause animale porté par le mouvement et de la possibilité offerte à Julian Assange et Edward Snowden d'être accueillis en France en cas d'élection de Jean-Luc Mélenchon, a également appelé les français à voter pour le mouvement[112].

Les acteurs Danny Glover, Mark Ruffalo et Oliver Stone, la philosophe Nancy Fraser, le linguiste et critique des médias Noam Chomsky ainsi que la dramaturge Eve Ensler, ont également lancé en commun une pétition appelant les français à ne pas répéter ce qu'ont connu les américains en 2016 : « La tragédie Clinton contre Trump », c'est-à-dire ne pas avoir à choisir entre « le corporatisme libéral de l'establishment » (incarné par Emmanuel Macron et François Fillon) et « le populisme de la droite xénophobe » (incarné par Marine Le Pen)[113].

Plusieurs personnalités américaines, comme la journaliste et essayiste Naomi Klein[réf. nécessaire] ou Richard Stallman[114], connu comme l'un des pionniers du logiciel libre, créateur de la Licence GNU GPL, ont aussi exprimé un soutien envers le candidat.

Un collectif de personnes ayant organisé la campagne de Bernie Sanders lors des primaires présidentielles du Parti démocrate américain de 2016 publient une tribune dans Le Monde pour appellent à voter en sa faveur, tout en dénonçant les attaques dont les deux hommes ont été victimes[115].

Le secrétaire général du parti espagnol Podemos, Pablo Iglesias, apporte son soutient à la candidature de Mélenchon, en annonçant sa venue aux « apéros insoumis » organisés par le mouvement le 21 avril[116].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le mode d'adhésion diffère de celui des partis politiques traditionnels, notamment en raison de sa gratuité. Voir La France insoumise#Organisation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Dupin, « Jean-Luc Mélenchon, l'homme qui cherche le salut collectif dans l'aventure personnelle », sur Slate,‎ (consulté le 5 mars 2017).
  2. Raphaëlle Besse Desmoulières et Chantal Mouffe, « Chantal Mouffe, la philosophe qui inspire Mélenchon », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 15 janvier 2017).
  3. « JLM 2017 », sur jlm2017.fr,‎ nil (consulté le 26 avril 2017).
  4. a et b Plus rarement LFI « Annonce n° 1653 - page 100, 91 - Essonne, ASSOCIATIONS, Créations », sur journal-officiel.gouv.fr (consulté le 25 février 2017).
  5. « Ce que signifie le nouveau logo de Jean-Luc Mélenchon », sur Le Huffington Post (consulté le 14 janvier 2017).
  6. « L'Avenir En Commun – Programme de Jean-Luc Mélenchon – France insoumise », sur LAEC.fr (consulté le 21 février 2017).
  7. a et b (es) Ediciones El País, « La remontada del movimiento Francia Insumisa... y su referente Podemos », EL PAÍS,‎ (lire en ligne).
  8. « Jean-Luc Mélenchon, le vent dans le dos », sur liberation.fr,‎ .
  9. « Pour son premier meeting de campagne, Jean-Luc Mélenchon appelle à “changer la civilisation humaine” », sur lesinrocks.com,‎ .
  10. « Avec sa "France insoumise", Jean-Luc Mélenchon met le PCF et la gauche au pied du mur », sur huffingtonpost.fr,‎ .
  11. « Mélenchon veut prendre de la hauteur », sur lejdd.fr,‎ .
  12. « Convention de la «France insoumise»: Dans le Nord, Mélenchon à gauche toute », sur 20minutes.fr,‎ .
  13. a, b et c « La France insoumise détaille son projet et son calendrier », sur humanite.fr,‎ .
  14. « La France insoumise de Mélenchon présente ses 20 premiers candidats aux législatives », sur actu.orange.fr,‎ .
  15. a et b « Jean-Luc Mélenchon et ses « insoumis » au travail sur un programme », sur humanite.fr,‎ .
  16. « Jacques Généreux : stop à l’ânerie économique », sur liberation.fr,‎ .
  17. « Convention de «La France insoumise»: Mélenchon expérimente d’autres formes de participation politique », sur 20minutes.fr,‎ .
  18. « Mélenchon veut «ouvrir les bras aux millions de personnes qui ne savent plus où elles en sont» », sur liberation.fr,‎ .
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