Baron noir

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Baron noir
Type de série Série télévisée
Genre Politique
Thriller
Création Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Production Thomas Bourguignon (Kwaï)
Stéphanie Carrère (Kwaï)
Acteurs principaux Kad Merad
Niels Arestrup
Anna Mouglalis
Pays d'origine Drapeau de la France France
Chaîne d'origine Canal+
Nb. de saisons 1 (2e en production)
Nb. d'épisodes 8
Diff. originale

Baron noir est une série télévisée française créée par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, réalisée par Ziad Doueiri et diffusée sur Canal+ du 8 au

La saison 2 devrait être produite au moment de l'élection présidentielle française de 2017[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville de Dunkerque

La campagne présidentielle, en France, bat son plein, avec le second tour qui s'annonce. Francis Laugier, candidat du Parti socialiste (PS), doit affronter au second tour Jean-Marc Auzanet (UMP), le président sortant. Le soir du débat du second tour, l'un de ses plus fidèles alliés et conseillers, Philippe Rickwaert (député-maire de Dunkerque et promis à la direction du PS), apprend d'une source policière qu'une perquisition de la brigade financière doit avoir lieu le lendemain matin au siège de l’office HLM de Dunkerque. Craignant que les enquêteurs ne découvrent qu'une partie des fonds a servi à financer la campagne électorale de Laugier, Rickwaert, Véronique Bosso, sa première adjointe, et Joël Donfront, le trésorier de l'office, font disparaître les preuves durant la nuit.

Un problème de trou dans la trésorerie se pose alors et Rickwaert demande à Joël d'en prendre la responsabilité, tout en garantissant à Laugier qu'il n'y a aucun problème. Mais Joël choisit alors de se suicider et Laugier, élu président de la République, préfère lâcher Rickwaert en rase campagne. Meurtri, celui que l'on surnomme alors le "Baron noir" va parvenir à se faire réélire député du Nord contre le candidat officiel du PS que Laugier et sa conseillère, Amélie Dorendeu, ont lancé contre lui, et va se servir de son mandat et de son influence dans le parti pour se venger en pourrissant le quinquennat du nouveau président, tout en faisant face à la justice...

Distribution[modifier | modifier le code]

Niels Arestrup a remporté en 2014 le César du meilleur acteur dans un second rôle pour son rôle du directeur de cabinet ministériel dans Quai d'Orsay.

De nombreux journalistes participent, parmi lesquels Michaël Darmon, Jean-Pierre Elkabbach, Arnaud Leparmentier, Antoine Genton, Wendy Bouchard, Alice Rougerie et Audrey Pulvar.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Les scènes se déroulant dans les bureaux de la présidence de la République sont tournées à l’hôtel du Châtelet[2].

Épisodes[modifier | modifier le code]

Saison 1 (2016)[modifier | modifier le code]

# Titre Réalisation Scénario Première diffusion
01 01 Jupiter
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Le soir du débat du second tour entre Francis Laugier et Jean-Marc Auzanet, Philippe Rickwaert apprend qu’une perquisition se prépare contre les locaux de l’office HLM du Nord, il est soupçonné d’avoir mis en place un système de financement illicite de la campagne de Laugier. Rickwaert part immédiatement dans sa circonscription et retrouve Joël Donfront. Ils se mettent à la recherche d’argent liquide et détruisent les ordinateurs avant l’arrivée de la police. Philippe Rickwaert demande à Joël, trésorier de l’office, de prendre toute la responsabilité de l’affaire, au nom de la cause. Joël se suicide le matin. Philippe Rickwaert avec l’aide des syndicats de Clamex, fait croire que les sommes manquantes ont été prélevées pour financer des mouvements ouvriers. L’enquête est close et Francis Laugier est élu président de la République. 

02 02 1932
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Francis Laugier veut donner la 13e circonscription aux Verts, ce qui lui permettrait de rallier ce parti et d’écarter Rickwaert qui vise la direction du PS. Amélie Dorendeu organise le désistement du parti communiste. Rickwaert est tout de même élu et le PS obtient 323 députés. 

03 03 Solférino
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Le poste de premier secrétaire du PS devenu vacant, Rickwaert veut y installer Daniel Kalhenberg, le rival de Laugier. Laugier demande à Amélie Dorendeu, qui n’a jamais été élue de prendre le parti. Rickwaert découvre que Dorendeu n’a pas suffisamment d’ancienneté au PS pour se présenter. Le secrétaire général de l’Élysée menace Rickwaert : s’il fait échouer Amélie Dorendeu, le gouvernement annule son aide à Clamex. Rickwaert rallie alors le PS à Amélie Dorendeu qui est élue première secrétaire. 

04 04 Bleu
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Le gouvernement prépare un plan pour l’Éducation nationale. Philippe Rickwaert soutient le mouvement de lycéens professionnels, qui souhaite des quotas de places en IUT. Pour saborder ce mouvement, des membres des jeunes socialistes s’infiltrent à l’assemblée des lycéens et arrangent le vote pour saper l'organisation d'une manifestation d'ampleur. À l’Assemblée nationale, Philippe Rickwaert, vêtu d’un bleu de travail, interroge le gouvernement sur les quotas, mais Laurent Mirmont, le Premier ministre s’y oppose fermement, au nom du mérite républicain et parle de « faute morale ». En réaction à ses mots, la manifestation des lycéens contre le gouvernement est énorme. 

05 05 Grenelle
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Pour mettre un terme aux mouvements lycéens, le gouvernement, en accord avec le patronat, propose une revalorisation des stages des lycéens professionnels. Philippe Rickwaert envoie Mahdi Fatani, le leader des lycéens, négocier avec Jean-Marc Auzanet le refus du patronat. Mais la droite veut qu’il s’engage avec elle aux élections européennes. La CGPME s’oppose à la revalorisation des stages. Francis Laugier décide donc d’accorder les quotas demandés mais Laurent Mirmont y reste fermement opposé et démissionne. Dans son départ, il prend des mesures pour faire tomber Gérard Balleroy. Daniel Kalhenberg est nommé Premier ministre et Philippe Rickwaert ministre du Travail. Une photo de la rencontre entre Mehdi et Auzanet circule dans la presse, manquant de faire capoter l'arrangement mais Dorendeu et Rickwaert parviennent à trouver une façon de présenter les événements sans compromettre la place de Rickwaert. 

06 06 Shutdown
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Véronique Bosso se destine à succéder à Philippe Rickwaert à la mairie de Dunkerque. Gérard Balleroy est mis en examen pour emplois fictifs, et Véronique Bosso veut porter plainte contre lui. Rickwaert veut alors faire échouer Bosso en forçant une élection municipale partielle et en faisant présenter son frère contre elle. La France a dépassé son déficit autorisé par les traités européens et doit payer une amende. Francis Laugier refuse et avec l'aide de Rickwaert, met au point une stratégie : tenter de convaincre les autres pays européens d’une renégociation des traités afin d’instaurer une harmonisation fiscale. Mediapart dévoile un lien entre les comptes de l’OHL et le financement du divorce de Francis Laugier ; Rickwaert découvre ainsi à quoi a véritablement servi l’argent de la caisse noire qu'il a alimentée. 

07 07 Pianoforte
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Francis Laugier confie à Philippe Rickwaert la vente de son piano-forte qui justifierait la somme versée à son ex-femme lors de leur divorce. Dans le climat des « affaires » et avec l'ambition de Bruno Rickwaert qui a refusé la fusion des listes électorales au second tour, Les Républicains remportent la mairie de Dunkerque. Sentant le vent tourner, Balleroy négocie ses informations avec les Républicains. À la télévision, Francis Laugier affirme à Audrey Pulvar qu’« il n’y a pas d’amitiés en politique » alors que l’enregistrement de la conversation entre Philippe Rickwaert et Joël Donfront, le syndicaliste qui s'est suicidé, est publié. 

08 08 Pardon
Ziad Doueiri Eric Benzekri
Jean-Baptiste Delafon
Drapeau de la France France : sur Canal+

Daniel Kalhenberg demande la démission de Philippe Rickwaert, mais Francis Laugier refuse dans un premier temps, craignant de nouvelles révélations et restant focalisé sur la renégociation des traités européens, puis « accepte la démission » de Rickwaert. Après avoir obtenu la preuve que l'histoire du pianoforte était fausse, la droite veut viser Laugier plutôt que Rickwaert et lance une procédure de destitution du président de la République, soutenue par Amélie Dorendeu et Laurent Mirmont. Véronique Bosso dit ce qu’elle sait à la police et Gérard Balleroy est arrêté. La procédure de destitution échoue, Dorendeu comprend aussitôt que Mirmont est revenu vers le Président. L’accord européen échoue à cause des affaires autour de Laugier qui démissionne. Rickwaert parle lui aussi à la police et est écroué. Amélie Dorendeu est candidate à la présidence, Rickwaert continue à la conseiller depuis sa cellule, mais Boudard propose que la droite arrange une libération rapide en échange d'informations sur la campagne de Dorendeu. Le Baron noir hésite. 

Saison 2[modifier | modifier le code]

Canal + a annoncé le lancement de la production d'une deuxième saison[3]. Selon BFM TV, elle sera diffusé début 2018. Le siège du PS, rue de Solférino devrait apparaître dans cette saison[4].

Production[modifier | modifier le code]

La série s’inspire de plusieurs faits de la vie politique française. Eric Benzekri, coscénariste de Baron noir, a été impliqué dans des mouvements lycéens et étudiants avant de travailler avec Julien Dray, qui a quelques points communs avec le personnage de Philippe Rickwaert : en octobre 1988, Le Monde pointe l’influence des trotskistes dans une grève des infirmières contre le gouvernement de Michel Rocard. Julien Dray y est qualifié de « baron noir de l’agitation sociale »[5]. En 1997, le député Patrice Carvalho participe à une séance de l’Assemblée nationale en bleu de travail[6].

Le tournage de la saison 2 se déroule entre Dunkerque (notamment le château Duriez, à Steene, près de la ville, pour figurer La Lanterne), Bordeaux et Paris[7].

Réception[modifier | modifier le code]

Les scènes se déroulant dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale sont tournées au palais d'Iéna.

Critiques[modifier | modifier le code]

La série a été particulièrement bien accueillie par la presse. Selon Pierre Langlais de Télérama, Baron noir est « une vraie série politique dramatique, qui profite d’une écriture soignée, de bons dialogues, d’une mise en scène intelligente et de comédiens de qualité » et vient après plusieurs productions internationales (À la Maison-Blanche, House of Cards, The Thick of It, Borgen) mais peu de séries françaises véritablement axées sur une version réaliste de la politique, citant notamment L'État de Grace, Reporters ou Les Hommes de l'ombre[8],[9]. Le Parisien évoque une série « palpitante », où « tout est plausible » [10]. Daniel Psenny, pour Le Monde, décrit Baron noir comme « la meilleure série politique française produite à ce jour », servie par « un casting impeccable », à commencer par « un très impressionnant Kad Merad » [11]. Libération parle d'un résultat « imparfait, mais fortement intrigant (…) Dans un contre-emploi surprenant, le choix de Kad Merad fonctionne étonnamment bien (…) [La série] décrit très bien cette quotidienneté politicienne, mains dans le cambouis, où l’on vole des tracts dans les boîtes à lettres pour gagner une élection. » [12] Selon Le Figaro, « Baron noir est avant tout une fiction addictive, un plaisir d'esthète, servie par une distribution et un scénario brillants » [13]. Igor Hansen-Løve, dans L'Express, loue un « feuilleton magistral », qui « fera date dans l'histoire de la télé française » [14]. Pour Olivier Joyard, des Inrockuptibles, la série « s'ancre avec justesse dans la réalité française » et « éclaire sans populisme une situation politique bloquée, à coups de jeux d'appareil brutaux et de méthodes périmées » [15]. Le quotidien britannique The Guardian y voit « un parfait mélange entre House of Cards et Les Soprano » [16].

Accueil du public[modifier | modifier le code]

Avec une moyenne d'un million de spectateurs par soirée, prime et vidéo à la demande confondus, la saison 1 de la série rencontre un vrai succès. Le tournage de la saison 2 est prévu pour le printemps 2017[17],[18].

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix du Producteur Français de Télévision 2017[19]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Baron Noir : la saison 2 sera tournée "au moment de la présidentielle", Europe 1, 29 février 2016, Anaïs Huet
  2. Pierre Langlais, « Au ministère du Travail, sur le tournage de “Baron noir”, série politique de Canal+ », sur www.telerama.fr,
  3. AlloCine, « Baron Noir : la série Canal Plus aura une saison 2 ! », AlloCiné,‎ (lire en ligne)
  4. Mélody Husson Garnier, « Baron Noir, saison 2 : le PS loue ses locaux de Solférino pour le tournage », sur www.telestar.fr,
  5. Louis Hausalter, « "Baron noir" sur Canal+ : cet éléphant du PS qui se cache derrière Kad Merad », sur www.marianne.net,
  6. Lilian Alemagna et Tristan Berteloot, «Baron noir» : un air de déjà-vu, sur www.liberation.fr,
  7. François Aubel, « Baron noir au défit de Macron », Le Figaro, samedi 8 / dimanche 9 juillet 2017, page 15.
  8. Pierre Langlais, « Fipa 2016 : on a vu “Baron noir”, la nouvelle série de Canal+ », sur www.telerama.fr,
  9. Pierre Langlais, « “Baron Noir” est-elle vraiment un “échec” d'audience pour Canal+ ? », sur www.telerama.fr,
  10. « Ces séries vont vous scotcher », sur www.leparisien.fr,
  11. Daniel Psenny, « Baron noir et parrain rose », sur www.lemonde.fr,
  12. Clélia Cohen, « Série «Baron noir» : Quoi, magouille ? », sur next.liberation.fr,
  13. Blaise de Chabalier et Constance Jamet, « Figaro Top, Figaro Flop », sur www.lefigaro.fr,
  14. Igor Hansen-Løve, « Votez Baron noir », sur www.lexpress.fr,
  15. Olivier Joyard, « "Baron noir", la première série politique de Canal+ », sur www.lesinrocks.com,
  16. Gwilym Mumford, « Baron Noir: it's the French House of Cards – and it's cracking fun », sur www.theguardian.com,
  17. « Baron Noir : tout ce que l'on sait déjà sur la saison 2 », sur www.premiere.fr
  18. «Baron noir» prolongé pour une deuxième saison, sur www.liberation.fr,
  19. Baron Noir récompensé lors du Prix du Producteur Français de Télévision 2017, Allocine, 14 mars 2017

Liens externes[modifier | modifier le code]