Élections européennes de 2019 en France

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Élections européennes de 2019 en France
Postes à élire 79 sièges au Parlement européen
French party FN.svg (2014)
Listes « FN - RBM »
Sièges sortants 24
French party UMP.svg (2014)
Listes « UMP »
Sièges sortants 20
French party PS.svg (2014)
Listes « PS - PRG »
Sièges sortants 13
French party UDI.svg (2014)
Listes « L'Alternative (UDI-MoDem) »
Sièges sortants 7
French party EÉLV.svg (2014)
Listes « EÉLV »
Sièges sortants 6
French party FG.svg (2014)
Listes « FDG »
Sièges sortants 4

Les élections européennes de 2019 en France se dérouleront le [1] afin d'élire les soixante-dix-neuf députés européens représentant la France au Parlement européen.

Le principal changement par rapport aux élections de 2014 est l'abolition des circonscriptions régionales et le retour aux listes nationales[2]. Le projet de rendre possible des listes transnationales a été abandonné[3]. En , la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen adopte une proposition de redistribution des sièges, Les députés européens ont donné leur accord le 13 juin 2018. Cela mène à une réduction du nombre de sièges suite à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La France bénéficie de 79 sièges (cinq de plus par rapport à la précédente législature)[4].

Contexte[modifier | modifier le code]

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Circonscriptions utilisées lors des élections de 2014.

Alors que depuis 2004, l'élection des députés européens français se faisait au scrutin proportionnel plurinominal dans le cadre de huit circonscriptions, ces élections se feront à nouveau dans le cadre d'une circonscription nationale unique.

Les 20 et 21 novembre le président Emmanuel Macron a rencontré les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale ainsi que les dirigeants des principaux partis politiques afin d'évoquer l'éventuel changement du mode de scrutin pour un retour à une circonscription nationale unique[Note 1],[5].

Le projet de loi relatif au changement du mode de scrutin est ensuite présenté le . Le parti Les Républicains est alors le seul à s'opposer à ce nouveau mode de scrutin[6]. Pour Laurent Wauquiez, ce changement serait une « vulgaire tentative de tripatouillage institutionnel dont le seul objectif consiste à aider La République en marche »[7]. Selon Victorin Lurel, sénateur PS de la Guadeloupe, les territoires d'outre-mer sont sacrifiés pour les ambitions politiques du président de la République[8]. Le changement de scrutin permettrait à Emmanuel Macron, selon Le Parisien, de renforcer le clivage politique et de s'adapter à l'absence de figure politique forte au sein de La République en marche[7]. Au contraire, pour le gouvernement, cette mesure permettrait d'accroître l'intérêt des français pour cette élection[6]. Cette mesure est adoptée en mai, avec les voix des socialistes, des insoumis et des communistes[6], et promulguée le 25 juin après validation par le Conseil constitutionnel[9]. Cette loi préserve le seuil de 5 % pour la représentation et de 3 % pour le remboursement des dépenses électorales. De plus, le temps réservé aux clips de campagne sur les chaînes de télévision, auparavant réparti à égalité entre les partis représentés au Parlement français, est désormais attribué au prorata du nombre de parlementaires siégeant au parlement national[10], cette dernière mesure a été très critiquée par les partis d'opposition. Le temps de parole n'est pas modifié[11].

La possibilité de listes transnationales à la suite du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, proposée par Emmanuel Macron, doit également être examinée lors des discussions du projet de loi, bien qu'un moindre consensus existe pour cette proposition, le Front national et la France insoumise s'y opposant. Le , la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen approuve l'idée de réserver vingt-sept sièges à des députés transnationaux[12],[13] mais ce vote n'est pas confirmé par l'ensemble des eurodéputés. En février 2018, les parlementaires européens rejettent à 368 voix contre 274 le principe de réserver une trentaine de sièges dans le prochain hémicycle strasbourgeois à des candidats issus de toute l’Union, choisis indépendamment de leur nationalité par les différents partis politiques européens. Ce vote est toutefois consultatif, la décision finale revenant au Conseil de l'Union européenne[14].

Du fait de la suppression des circonscriptions, la représentation française élue en 2019 pourrait être plus paritaire que la précédente (44,4 % de femmes). En effet, bien que la loi impose des listes paritaires avec alternance des sexes[15], la plupart des têtes de liste dans les différentes circonscriptions étaient des hommes, ce qui éloignait le résultat de la parité à chaque fois qu'une liste régionale menée par un homme obtenait un nombre de sièges impair[16].

Répartition partisane des députés européens sortants[modifier | modifier le code]

Lors des élections européennes de 2014 en France, le Front national était arrivé en tête.

Répartition des députés européens français par parti politique national.
  •      PCF: 2
  •      FG: 1
  •      FI: 1
  •      G.s: 2
  •      PS: 10
  •      RDG: 1
  •      EELV: 6
  •      MRSL: 2
  •      MoDem: 2
  •      AC/LREM: 1
  •      GC: 1
  •      UDI: 1
  •      Agir: 1
  •      DVD: 3
  •      LR: 16
  •      DLF: 1
  •      LP: 2
  •      SE: 2
  •      LFL: 1
  •      RN: 16
  •      RBM: 1
  •      CJ: 1
Répartition des députés européens français par groupe parlementaire européen.
Répartition partisane des députés européens français[17]
Groupe Sièges Listes d'élection de 2014 Parti Sièges Parti européen[18]
PPE 20 Listes « UMP » Les Républicains (LR) 16 Parti populaire européen
Divers droite (DVD) 3 Parti populaire européen [19]
Agir 1
ENL 16 Listes « FN-RBM » Rassemblement national (RN) 15 Mouvement pour l'Europe des nations et des libertés
Rassemblement bleu Marine (RBM) 1 Mouvement pour l'Europe des nations et des libertés
S&D 13 Listes « PS-PRG » Parti socialiste (PS) 10 Parti socialiste européen
Génération.s 2
Les Radicaux de gauche (LRG) 1 Parti socialiste européen[20]
ADLE 7 Listes « UDI-MoDem » Mouvement démocrate (MoDem) 2 Parti démocrate européen
Mouvement radical, social et libéral (MR) 2 Parti de l'ALDE[21][21][18] [21]
Union des démocrates et indépendants (UDI) 1 Parti de l'ALDE[22][22][18] [22]
La République en marcheAlliance centriste (LREM-AC) 1 Parti de l'ALDE[23][23][18] [23]
Génération citoyens (GC) 1 Parti démocrate européen[24]
Verts/ALE 6 Listes « EÉLV » Europe Écologie Les Verts (EÉLV) 5 Parti vert européen
Sans étiquette (SE) 1
ELDD 6 Listes « FN-RBM » Les Patriotes (LP) 2
Les Français libres (LFL) 1
Debout la France (DLF) 1 Alliance pour la démocratie directe en Europe
Sans étiquette (SE) 2
GUE/NGL 4 Listes « FDG » Parti communiste françaisFront de gauche (PCF-FG) 2 Parti de la gauche européenne
Front de gauche (FG) 1 Parti de la gauche européenne
La France insoumise – Union pour les Outremers (FI-UOM) 1 Parti de la gauche européenne
Non-inscrits 2 Listes « FN-RBM » Rassemblement national (RN) 1
Comités Jeanne (CJ) 1 Alliance pour la paix et la liberté[25]

Positionnement des partis politiques[modifier | modifier le code]

Tableau de synthèse
Parti Nombre de députés sortants Modalités de participation au scrutin Positionnements politiques et idéologiques Tête de liste Affiliation européenne
Liste indépendante envisagée Alliés envisagés ou cités par les médias Refus d'alliance avec Liste investie ou soutenue Personnalités citées par les médias pour l'être Personnalités ayant exclu de l'être Candidats déclarés Chef de file désigné Tête de liste désignée Actuelle Envisagée Actée pour 2019
PCF 1 LFI, Gs, EÉLV, E!, GDS, ND, NPA, PCOF, PG, R&S PS Gauche

Communisme

Ian Brossat

(juin 2018)

PGE PGE PGE
LFI 1 Oui 13 places réservées à des candidats non-membres de LFI sur la liste. Gs Gauche

« pour une révolution citoyenne »

Younous Omarjee[26], Charlotte Girard, Manuel Bompard[27] Jean-Luc Mélenchon app. PGE Alliance avec Podemos et le Bloc de gauche
Gs 2 Oui LFI, EÉLV Gauche

Europhilie

Christiane Taubira Noël Mamère app. PSE DiEM25
EÉLV 5 Oui Gs LFI Écologisme

Gauche

Fédéralisme

Christiane Taubira Noël Mamère Yannick Jadot

(juillet 2018)

PVE PVE PVE
PS 10 Oui Gauche

Europhilie

Pierre Moscovici, Christiane Taubira Najat Vallaud-Belkacem, Ségolène Royal Julien Dray PSE PSE PSE
RDG 1 Non PS, EÉLV, Gs, PCF Gauche

Europhilie

app.PSE
LREM 1 Oui MoDem

et un « grand mouvement central »

UDI, Agir, MRSL

Europhilie Alain Juppé, Edouard Philippe, Sylvie Goulard, Daniel Cohn-Bendit, Michel Barnier[28] Pierre Moscovici app.

ADLE

MoDem 2 LREM

UDI, Agir, MRSL

Centre

Europhilie

PDE PDE PDE
MRSL 2 Partis s'engageant à siéger au groupe ADLE

LREM, MoDem, UDI, Agir

Centre

Europhilie

app.

ADLE

ADLE ADLE
UDI 1 Oui LREM

Agir, MoDem, MRSL

LR, RN, LFI Centre

Fédéralisme

Jean-Christophe Lagarde

(juin 2018)

ADLE ADLE ADLE
Agir 1 Oui Autres partis pro-européens

UDI, LREM

MoDem, MRSL

Droite

Europhilie

app.

PPE

PPE PPE
LR 16 Oui RN Droite Virginie Calmels, Damien Abad, Geoffroy Didier, Laurent Wauquiez,Jean Leonetti, Nadine Morano Rachida Dati

Virginie Calmels, Luc Ferry, Pierre de Villiers

PPE PPE PPE
DLF 1 Oui RN RN Droite, extrême droite

Euroscepticisme

Souverainisme

Nicolas Dupont-Aignan ADDE
LP 2 Oui Ouverture aux personnalités « patriotes de gauche et de droite ». RN Extrême droite, droite

Euroscepticisme

Nationalisme

Florian Philippot app.

ADDE

CJ 1 RN Extrême droite

Euroscepticisme

Nationalisme

Jean-Marie Le Pen Alliance pour la paix et la liberté
RN 16 Oui DLF Extrême droite, droite

Euroscepticisme

Nationalisme

MENL « Union des nations européennes »
R! 0 Oui Euroscepticisme Jean Lassalle

(mai 2018)

Aucune
UPR 0 Oui Euroscepticisme

Souverainisme

François Asselineau Aucune
REV 0 Oui Antispécisme

Écologisme

Aymeric Caron Aucune
PFE 0 Oui Fédéralisme Yves Gernigon PFE PFE PFE
EDE 0 Espéranto langue équitable pour l'Europe EDE Allemagne EDE Pologne Europhilie

Equité linguistique

section française de la fédération européenne EDE

Parti communiste français[modifier | modifier le code]

Le , Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), déclare vouloir rassembler « le groupe de gauche le plus fort possible » pour les élections européennes de 2019, en lançant un appel à Jean-Luc Mélenchon de La France insoumise et Benoît Hamon de Génération.s pour « travailler ensemble », avant de prendre une décision en mars 2018[29]. Le , le parti annonce avoir choisi Ian Brossat comme « chef de file » des communistes pour travailler à la construction d'une liste avec d'autres mouvements de gauche[30]

Le 14 juin 2018, Pierre Laurent adresse une lettre ouverte à un grand nombre de partis de gauche (EÉLV, Ensemble !, LFI, Gauche démocratique et sociale, Gs, Nouvelle Donne, NPA, PCOF, Parti de gauche, République et socialisme), à l'exception du PS, pour leur proposer « une plate-forme commune et la construction d'une liste large » qui favoriserait la création d'un « un groupe uni et confédéral de toutes les forces de gauche et écologistes » au Parlement européen[31].

La France insoumise[modifier | modifier le code]

Lors de la convention du parti le , Jean-Luc Mélenchon annonce que La France insoumise, qui dispose alors d'un député européen, Younous Omarjee, présenterait une liste en 2019 sous le nom de « L'Europe insoumise ». Il ajoute qu'il considère ces élections comme un « référendum sur la question européenne », affirmant vouloir « briser les chaînes, sortir des traités budgétaires européens qui ont été préparés et signés par Sarkozy et, plus tard, Hollande », ces textes « poussent le continent entier dans la misère et dans la guerre ». Mélenchon, qui ne devrait pas être candidat[32], entend faire de ces élections un duel entre son parti et celui de Macron en portant un message clairement souverainiste[33].

En avril 2018, le mouvement ouvre les candidatures pour sa liste et prépare son programme, qui devrait être adopté en juillet. Un manifeste Maintenant le peuple ! Pour une révolution citoyenne en Europe est signé avec Pablo Iglesias Turrión, secrétaire général de Podemos en Espagne, et Catarina Martins coordinatrice du Bloc de gauche au Portugal[34],[35]. Le 5 juin 2018, une liste non définitive et non ordonnancée de 70 candidats est publiée. Elle comporte des membres historiques du parti de gauche tels que Gabriel Amard, Manuel Bompard, Corinne Morel-Darleux, ou encore Charlotte Girard, des membres d'autres partis, comme Sergio Coronado (EÉLV)[36].

Le 27 juin, un élargissement de l'alliance européenne menée avec le manifeste Maintenant le peuple ! est annoncé en conférence de presse, avec le Parti de gauche suédois, l'Alliance de gauche finlandaise et l'Alliance rouge-verte danoise[37].

Le 30 juin, le comité électoral de la France insoumise publie un rapport proposant deux listes ordonnancées de 33 hommes et 33 femmes candidats à l'investiture, qui serait complétée ultérieurement par 13 « candidatures d'ouverture » à des personnalités non membres du mouvement. La tête de liste sera choisie ultérieurement et les candidatures seront alors ordonnancées en alternant les sexes[38]. À la suite de la publication de ces listes, Liêm Hoang Ngoc, Sarah Soilihi se sont retirés des listes pour en contester la composition[39]. Lilian Guelfi, membre du comité électoral a également dénoncé leurs modalités d'élaboration « verrouillées » selon lui par Manuel Bompard[40].

Génération.s[modifier | modifier le code]

Dès le congrès fondateur de Génération.s, en décembre 2017, Benoît Hamon se positionne pour les élections européennes, désignant pour adversaires les « nationalistes » et les « néolibéraux ». Il annonce par ailleurs travailler avec l'ancien ministre grec des Finances Yánis Varoufákis pour constituer des listes « transnationales, socialistes, écologistes, progressistes et féministes », au sein du mouvement politique pan-européen DiEM25[41],[42],[43].

Benoît Hamon s'était déclaré prêt à s'allier avec La France insoumise en vue de ces élections, à condition que celle-ci abandonne l'idée d'une sortie de l'Union en cas d'échec de renégociation des traités[44], mais Jean-Luc Mélenchon lui a répondu qu'il n'était pas question de renoncer à des idées dans le seul but de conclure un accord électoral[45].

Le 10 mars 2018, le mouvement lance, conjointement avec Yánis Varoufákis, Luigi de Magistris (maire de Naples et fondateur du mouvement Democrazia e Autonomia) et les partis Razem (Pologne), L'Alternative (Danemark), Livre (Portugal) et MeRa25 (Grèce), l'Appel de Naples, pour créer la « première liste paneuropéenne transnationale » avec un candidat commun pour la présidence de l'Union européenne[46],[47]. Les partis membres de l'Appel de Naples se réunissent à Lisbonne en avril et choisissent le nom de Printemps Européen pour désigner la liste transnationale qu'ils vont conduire[48]. En juin, un programme européen commun composé de 10 New Deal, soumis à amendements, est révélé. Le parti allemand Demokratie in Bewegung (de) rejoint à cette occasion le Printemps européen sous condition de former une coalition avec l'aille électorale allemande de DIEM25, Demokratie in Europa[49]. Fin juin 2018, les membres du Printemps européen se réunissent à Varsovie où ils tiennent une réunion publique sur le thème de la solidarité en Europe en présence du parti slovène La Gauche et du parti roumain Demos[50].

Europe Écologie Les Verts[modifier | modifier le code]

Europe Écologie Les Verts (EÉLV) présentera une liste aux élections européennes de 2019, dans le cadre du Parti Vert Européen.

A la suite du retrait de la candidature de Yannick Jadot à la présidentielle en faveur de Benoît Hamon, la possibilité d'une alliance avec Génération.s pour les élections européennes avait été un temps envisagée par des membres d'Europe Écologie les Verts. Certains comme Pierre Serne ou Claire Monod ayant même décidé de rejoindre les instances dirigeantes du mouvement de Benoît Hamon. Au contraire, plusieurs membres du parti, dont les eurodéputés sortants Yannick Jadot[51] et Karima Delli, se sont prononcé en faveur d'une liste écologiste autonome lors des élections[52]. Le parti écarte aussi la possibilité d'une alliance avec La France insoumise[53]. Le 29 juin 2018, le secrétaire national d'EÉLV, David Cormand, affirme qu'il n'y aura pas de liste commune avec Génération.s[54].

EÉLV présente une première liste de 16 candidates et candidats, à la suite d'un vote des adhérentes et adhérents[55]. Yannick Jadot a été désigné par les militants pour conduire cette liste. Figurent ensuite dans l'ordre : Michèle Rivasi, David Cormand[56], Marie Toussaint, membre du bureau exécutif, Mounir Satouri, conseiller régional d'Ile-de-France, et Karima Delli[57]. Par ailleurs, EÉLV entend constituer « une liste de rassemblement, pour refonder une Europe écologiste, solidaire et fédérale »[57].

Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Selon un article publié dans Le Figaro le [58], Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et candidate défaite aux élections législatives de 2017, souhaiterait être désignée tête de liste du Parti socialiste pour les élections européennes en 2019 avant d'accepter la direction du parti, en plus de vouloir que le poste de secrétaire général soit rémunéré dans le cas où elle occuperait cette fonction[59]. Cette demande a été rejetée par certains membres du parti, notamment Olivier Faure, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Pierre Moscovici, ancien ministre, est également fréquemment évoqué pour être le chef de file socialiste[33] et, éventuellement, le candidat des sociaux-démocrates pour la présidence de la Commission européenne[60]. Approchée en juin 2018 par la direction nationale du PS pour mener sa liste, Ségolène Royal refuse la proposition[61]. Julien Dray se déclare néanmoins candidat pour la tête de liste socialiste aux européennes, le [62].

Les Radicaux de gauche[modifier | modifier le code]

Issue du PRG, la députée européenne Virginie Rozière, coprésidente des RdG, s'est prononcée le 4 juin 2018 en faveur d'une liste pro-européenne d'union de la gauche alliant le PS, EÉLV, Génération.s, le PCF et les Radicaux de gauche[63].

La République en marche[modifier | modifier le code]

Le choix de la tête de la liste de La République en marche (LREM) pour les élections européennes de 2019 fait l'objet de spéculations importantes, Alain Juppé évoquant lui-même la possibilité de mener un « grand mouvement central »[64], en réaction notamment à la victoire de Laurent Wauquiez, qu'il accuse d'être ouvert aux idées du Front national et de l'extrême droite, lors de l'élection à la direction des Républicains (LR)[65]. D'autres possibles têtes de liste pour ce « grand mouvement central » sont mentionnées, notamment Édouard Philippe, Nicolas Hulot, Nathalie Kosciusko-Morizet, Sylvie Goulard, Daniel Cohn-Bendit ou encore Michel Barnier[66],[32]. En revanche, Pierre Moscovici a écarté cette possibilité[33].

Le , il est révélé qu'Alain Juppé a rencontré Emmanuel Macron lors d'un déjeuner à l'Élysée. Alain Juppé a tenté de contenir les spéculations en tweetant « Liste commune avec E. Macron aux européennes ? On n'en est pas là ». Dans un entretien au Point, il a précisé qu'il voulait seulement montrer qu'il était en accord avec les vues du président Emmanuel Macron sur l'Europe, précisant qu'il n'est pas « en Marche » mais « en mouvement »[65].

Mouvement démocrate[modifier | modifier le code]

Au congrès du Mouvement démocrate (MoDem), allié de La République en marche, tenu le , le président du parti François Bayrou a plaidé pour une « maison commune » avec le parti présidentiel pour les élections européennes de 2019, idée également soutenue par Christophe Castaner, délégué général de La République en marche. Est également envisagée la possibilité d'une « liste élargie », allant au-delà des deux partis[67]. François Bayrou a déclaré qu'il ne souhaitait pas être candidat, soutenant le « renouvellement »[33],[68].

En juin 2017, le magazine Le Point rapporte[69] que François Bayrou aurait émis des doutes sur un renouvellement, lors des élections européennes, de l'alliance LREM-MoDem conclue pour les législatives de 2017[70].

Mouvement radical (social libéral)[modifier | modifier le code]

Issu de la fusion du Parti radical et du PRG, le MRSL détient deux sièges de députés sortants, élus sur les listes UDI-MoDem en 2014. Deux députées européennes qui étaient membres des partis fondateurs du MRSL ne l'ont pas rejoint : Virginie Rozière (cofondratrice des Radicaux de gauche) et Patricia Lalonde (restée à l'UDI). Souvent considéré comme un allié probable de LREM, le MRSL prend ses distances vis-à-vis de l'option d'une liste commune lors de son conseil national du 10 juin 2018 consacré à l'Europe. Laurent Hénart y pose comme condition que les tous partis qui s'uniraient s'engagent à siéger au groupe ADLE et Sylvia Pinel a exprimé ses doutes sur le principe même d'une liste commune « je ne suis pas certaine qu'on ait la même vision que LREM. »[71]

Union des démocrates et indépendants[modifier | modifier le code]

L'UDI détient un siège de députée sortante, élue sur la liste commune qu'elle avait conclu avec le MoDem en 2014. Comme le MRSL et Agir, l'UDI est l'un des partis régulièrement cité comme potentiel allié de la LREM pour la constitution d'une liste commune intégrant également le MoDem. Dans une interview parue le 7 juin 2018, Jean-Christophe Lagarde s'est déclaré prêt à prendre la tête d'une liste indépendante de l'UDI portant un « projet européen fédéraliste » sans écarter la possibilité de conclure une alliance avec LREM. Dans la même interview il exclut toute alliance avec LR, le RN et LFI. Enfin, il se prononce en faveur d'un élargissement du groupe ADLE, mais s'oppose à sa dissolution.

L'UDI réunit un conseil national le 23 juin 2018 consacré aux questions européennes[72]. Elle y adopte un projet « eurobâtisseur »[73] qui prône l'établissement d'une Europe fédérale. Cela se traduirait par une redéfinition des compétences de l'Union européenne (priorités données à la défense, l'écologie, l'agriculture, la convergence des fiscalités des entreprises, le codéveloppement avec l'Afrique), la création de plusieurs organes européens : ministère de l'Économie de la zone euro, parquet européen et police fédérale (sur le modèle du FBI américain), ministère des migrations ainsi qu'une réforme de son financement (baisse des contributions nationales compensée par des ressources fiscales propres)[74],[73].

Agir[modifier | modifier le code]

Le , Franck Riester annonce que son nouveau parti Agir, composé de plusieurs élus « Macron-compatibles » de droite soutenant le gouvernement, présenterait des candidats aux élections européennes de 2019, n'excluant pas une alliance avec l'Union des démocrates et indépendants (UDI) et d'autres partis réformistes pro-européens[75].

Les Républicains[modifier | modifier le code]

Le , le président des Républicains Laurent Wauquiez confirme qu'il ne mènera pas la liste du parti pour ces élections européennes[76]. Il avait déjà fait cette annonce avant son élection à la présidence du parti, expliquant ne pas vouloir démissionner de son poste de président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes[77]. Virginie Calmels et Damien Abad figurent parmi les meneurs potentiels de la liste LR. Geoffroy Didier, député européen du parti, considère que le défi de Laurent Wauquiez est de présenter un projet « alternatif » à la « dilution de la souveraineté » promue par Emmanuel Macron[33]. Nicolas Sarkozy et d'autres personnalités LR auraient encouragé Laurent Wauquiez à prendre la tête de la liste[78]. En juin 2018, Virginie Calmels, encore « numéro 2 » du parti, exclut de figurer sur la liste de Les Républicains aux européennes[79]. À la suite de son éviction de son poste de vice-présidente, son successeur Jean Leonetti est à son tour cité comme tête de liste possible[78]. Pierre de Villiers et Luc Ferry auraient quant à eux refusé de conduire la liste, tandis que la candidature « improbable » de Brice Hortefeux est évoquée et que Nadine Morano se déclare volontaire : « la tête de liste nationale n'est pas un défi qui me ferait peur. »[80]

Debout la France[modifier | modifier le code]

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, écarte la possibilité de s'allier avec le Front national (FN), comme cela s'était fait pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017 en déclarant ne pas vouloir « jouer les roues de secours ». Le parti souverainiste considère également que le Front national est allié, au Parlement européen, avec des « fous » et des « xénophobes »[81].

Avec Jean-Frédéric Poisson, président du PCD, et Bruno North, président du CNIP, Nicolas Dupont-Aignan a rencontré plusieurs euro-députés du PiS (Droit et Justice) dont Ryszard Legutko, co-président du groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), 3ème groupe du Parlement européen. Actuellement aucun Français n'appartient à ce groupe. La possibilité d'une liste « Amoureux de la France » prend alors forme[82].

Rassemblement national[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la première élection du parti dirigé par Marine Le Pen sous cette appellation. Le Front national a en effet changé de nom le 1er juin 2018[83].

Le , Nicolas Bay, secrétaire général et député européen du Rassemblement national annonce que Marine Le Pen ne dirigerait pas la liste du parti en 2019, déclarant qu'elle a décidé de continuer de rester députée à l'Assemblée nationale, après avoir été élue aux élections législatives de 2017, bien qu'elle-même exprime encore son désir de mener la campagne[84]. Pour Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national, la tête de liste ne sera « pas forcément » un membre du parti[32]. Ce serait ainsi la première fois que la liste du RN aux élections européennes ne serait pas conduite par un membre de la famille Le Pen[85].

Le 13 décembre, Marine Le Pen indique vouloir une alliance avec Nicolas Dupont-Aignan[86], David Rachline émet en janvier 2018 le souhait que ce dernier mène la liste du RN[87], mais le président de Debout la France finit par écarter cette idée après s'être laissé un temps de réflexion[81]. La dirigeante du Rassemblement national réitère son appel au président de Debout la France dans une lettre ouverte diffusée le 31 mai 2018, en vain[88].

En parallèle, le RN développe une alliance transnationale intitulée « Union des nations européennes », basée sur un programme commun mais « à la carte », pour unir les partis populistes européens[89].

Les Patriotes[modifier | modifier le code]

Le , Florian Philippot, ancien vice-président et numéro deux de facto du Front national (FN), annonce que son parti, Les Patriotes, présentera des candidats aux élections européennes de 2019, continuant à se battre pour la sortie de la France de l'Union européenne. Il estime qu'une ouverture existe pour les « patriotes de droite et de gauche »[90]. En janvier 2018, Florian Philippot est le premier à se déclarer candidat tête de liste pour les élections européennes[91].

En mai 2018, Florian Philippot annonce qu'il a tendu la main à François Asselineau, Jean Lassalle et Henri Guaino en vue d'une alliance aux élections européennes. Il assure qu'il déclarerait s'il avait une réponse de l'une ou l'autre de ces personnalités[92].

Les Patriotes comptent actuellement deux députés européens : Florian Philippot et Mireille d'Ornano[17],[93].

Comités Jeanne[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Le Pen, président des Comités Jeanne et député européen, laisse entendre le qu'il n'exclut pas d'être candidat aux élections européennes[94],[95]. À 90 ans, il appelle également à l'émergence d'une nouvelle génération de candidats[96]. Il émet la possibilité de « refaire un rassemblement commun » avec le RN comme « une démonstration publique et dynamique pour les élections futures »[97].

Résistons ![modifier | modifier le code]

En janvier 2018, l'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2017, Jean Lassalle, indique dans un entretien pour Valeurs actuelles avoir la « volonté de conduire » sa propre liste avec une ligne clairement eurosceptique en déclarant : « si j’avais été anglais, j’aurais voté pour le Brexit »[98]. Dans le même journal, le 3 mai 2018, il précise cette intention : une « Europe des nations et des peuples… est la seule voie… permettant de conjuguer l'intérêt supérieur des nations et la nécessaire poursuite de l'idée européenne ». Début mai 2018, Valeurs actuelles publie un sondage Harris Interactive, selon lequel 9 % des sondés pourraient « certainement », et 18 % « probablement », « envisager de voter pour une liste de promotion des territoires conduite par Jean Lassalle »[99].

Union populaire républicaine[modifier | modifier le code]

En novembre 2017, lors des universités d'automne de son parti, François Asselineau annonce que l’UPR compte participer aux élections européennes[100].

Rassemblement des écologistes pour le vivant[modifier | modifier le code]

Dans une tribune publiée dans Le Monde le , le journaliste et écrivain Aymeric Caron annonce la création de son organisation politique, le Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV). Parti écologiste et antispéciste, le REV a pour objectif d'être présent lors des élections européennes de 2019[101].

Parti fédéraliste européen[modifier | modifier le code]

Au cours de sa 6e « convention européenne », le Parti fédéraliste européen fait part de sa volonté de présenter des listes dans plusieurs pays européens pour défendre l'idée d'une fédération européenne[102].

Ceci est confirmé à l'occasion de la Fête de l'Europe en mai 2018 : « Le PFE présentera des candidats dans plusieurs États de l’UE sous la même bannière et avec le même programme ». Ce programme vise à établir une souveraineté européenne sur cinq compétences régaliennes : la diplomatie, la défense, les frontières, la monnaie et un budget[103].

Parti animaliste[modifier | modifier le code]

Le Parti animaliste présentera une liste aux élections européennes de 2019[104].

Europe Démocratie Espéranto[modifier | modifier le code]

Le parti Europe Démocratie Espéranto prévoit de présenter une liste de candidats, la décision devant être validée par l'Assemblée générale de septembre 2018[105].

Sondages[modifier | modifier le code]

Au niveau national
Sondeur Date Échantillon Abstention EXG PCF FI G-s EÉLV PS LREM - MoDem UDI - Agir LR DLF RN LP UPR Résistons ! Autres
Ifop 29 novembre - 1er décembre 2017 1 007 1 % 2 % 14 % 4 % 8 % 26 % 3,5 % 12 % 6 % 17 % 2 % 1,5 % 3 %
Ifop 7-9 mai 2018 920 2 % 14 % 3 % 3 % 7 % 27 % 15 % 6 % 17 % 1 % 1 % 1 % 3 %
2 % 2 % 13 % 4 % 8 % 27 % 3 % 13 % 6 % 17 % 1 % 1 % 3 %
Viavoice 7 - 11 mai 2018 1 506 4 % 1 % 9 % 7 % 9 % 6 % 32 % 12 % 6 % 14 %
5 % 2 % 11 % 13 % 7 % 33 % 11 % 6 % 12 %
Harris Interactive 22 - 23 mai 2018 1 673 1 % 2 % 12 % 2 % 4 % 8 % 28 % 2 % 13 % 7 % 15 % 1 % 1 % 1 % 3 %
Elabe 29 - 30 mai 2018 1 004 1 % 1 % 10 % 1,5 % 8 % 6 % 24 % 2 % 15 % 5,5 % 19,5 % 1,5 % 1 % 4 %
Ifop 25 - 27 juin 2018 1 504 - 1 % 2,5 % 11 % 3 % 6 % 6 % 23 % 2,5 % 15 % 6 % 19 % 1 % 1 % - 3 %
Ipsos 27 juin - 2 juillet 2018 998 - 2 % 1 % 13 % 4 % 4 % 4 % 26 % 3 % 15 % 7 % 18 % 1 % 1 % 1 %
Projections en sièges
Date Source EXG PCF FI G-s EÉLV PS LREM - MoDem UDI - Agir LR DLF RN LP UPR Autres
4 mai 2017 Eu.Föderalist 0 0 0 - 2 18 0 7 23 0 24 0 0 0
28 juin 2017 Eu.Föderalist 0 0 9 - 0 6 31 0 19 0 9 0 0 0
23 août 2017 Eu.Föderalist 0 0 9 - 0 6 31 0 19 0 9 0 0 0
16 octobre 2017 Eu.Föderalist 0 0 9 - 0 6 31 0 19 0 9 0 0 0
15 décembre 2017 Eu.Föderalist 0 0 9 - 0 6 31 0 19 0 9 0 0 0
5 février 2018 Eu.Föderalist 0 0 15 - 0 6 26 0 9 2 16 0 0 0
5 avril 2018 Eu.Föderalist 0 0 12 - 0 7 24 0 11 5 15 0 0 0
18 avril 2018 Treffpunkteuropa.de 0 0 13 - 0 8 25 0 11 6 16 0 0 0
mai 2018 Treffpunkteuropa.de 0 0 13 - 0 8 26 0 11 6 15 0 0 0
31 mai 2018 Eu.Föderalist 0 0 9 - 5 6 27 0 10 5 12 0 0 0
9 juillet 2018 Ipsos (Mathieu Gallard) 0 0 13 0 0 0 26 0 15 7 18 0 0 0
juillet 2018[106] Eu.Föderalist 0 0 11 0 4 4 23 0 14 6 17 0 0 0

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  94. « Jean-Marie Le Pen "ne se sent pas incapable" d'être candidat aux européennes », HuffPost,‎ (lire en ligne)
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  105. Article dans le site officiel de EDE
  106. Projection réalisée sur le fondement des sondages Ifop publiés en juin et Ipsos en juillet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]