Association négaWatt

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Association négaWatt
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Promouvoir et développer le concept et la pratique des négaWatts, c’est à dire le développement de la sobriété énergétique, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables.
Zone d’influence France
Fondation
Fondation
Identité
Siège Valence (Drôme)
Président Christian Couturier
Vice-président Thierry Salomon
Secrétaire Guy Archambault
Trésorier Philippe Bovet
Membres environ 1000
Slogan Sobriété, efficacité, énergies renouvelables
Site web negawatt.org

Fondée en France en 2001, l'Association négaWatt promeut et développe le concept et la pratique négawatt dans la société française. Depuis peu, une association négaWatt suisse existe aussi, inspirée du modèle français[1].
L'association souhaite ainsi contribuer à une moindre dépendance aux énergies fossiles et nucléaires, pour diminuer les impacts négatifs de l'économie humaine sur la biosphère et le climat, et permettre puis préserver un partage équitable des ressources naturelles, à la solidarité et la paix par le développement harmonieux des territoires, sans perte de qualité de vie et tout en répondant à tous les besoins humains et sociaux.

La « démarche négaWatt » de l'association s’appuie sur la sobriété, l’efficacité énergétique, et le recours aux énergies renouvelables[2]. Le « scénario négaWatt »[3] détaille une transition énergétique permettant de se passer de l'énergie nucléaire et presque totalement des énergies fossiles à l'horizon 2050.

L'Association négaWatt regroupe un grand nombre d'experts du domaine de l'énergie, mais également des économistes, sociologues, urbanistes, etc. qui mettent en commun leurs compétences pour proposer un scénario de transition énergétique et des mesures politiques associées.

Son travail d'expertise reconnu a permis à l'Association négaWatt de prendre part à de nombreux débats sur la politique énergétique nationale, comme le Grenelle de l'Environnement en 2007 ou le Débat National sur la Transition Énergétique[4] (2013) où le scénario négaWatt a été retenu comme l'une des 4 trajectoires énergétiques étudiées.

L'Association négaWatt apporte un support théorique à de nombreuses démarches de transition énergétique au niveau local (Ville en transition, Virage-Energie...).

Le scénario négaWatt[modifier | modifier le code]

Le « scénario négaWatt » est un scénario de transition énergétique sur la période 2010-2050[3]. Il détaille une trajectoire permettant de se passer à terme de l'énergie nucléaire et de diviser par 15 le recours aux énergies fossiles[5] :

Énergie primaire en TWh/a 2010 2050
Charbon 84 19
Pétrole 896 42
Gaz naturel 496 33
Uranium 1227 0
Énergies renouvelables 264 935
Total 2965 1028

Il prévoit une réduction de près de deux tiers des besoins en énergie primaire et la montée en puissance progressive des énergies renouvelables pour satisfaire les besoins restants. La réduction de la consommation d'énergie s'appuie sur les nombreux gisements d'économie d'énergie à notre portée, grâce aux actions de sobriété et d'efficacité énergétiques. Le scénario analyse en détail les besoins de chaleur, de mobilité et d'électricité spécifique dans les secteurs du bâtiment, des transports, de l'industrie et de l'agriculture.

Ce scénario a connu plusieurs versions intégrant diverses améliorations :

  • La première version date du printemps 2003, à l'occasion du lancement par le Premier ministre de l'objectif d'une division par 4 des émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici 2050 (principe du Facteur 4).
    Elle a alors imaginé un scénario de politique énergétique concret et prospectif, pour la période 2000-2050, visant à atteindre cet objectif ;
  • Ce scénario a été complété fin 2005 (« Scénario négaWatt 2006 ») ;
  • Il a ensuite été entièrement refondu et fortement enrichi à partir d'août 2010.
    La nouvelle version a officiellement été présenté à Paris le 29 septembre 2011, présenté comme séisme énergétique par Le Figaro[6] et sujet de débat pour la présidentielle par Les Échos[7].
    Sans « retour à la bougie » et sans nucléaire, ce scénario propose une bascule presque totale vers les renouvelables[8]. Il intègre une méthodologie beaucoup plus développée et de nouvelles préoccupations sociales[9]. Et selon le quotidien Libération, loin d’être une obsession, la sortie du nucléaire n’est qu’un aspect de ce scénario qui aborde tous les domaines de la vie avec une grille de lecture énergétique[10]. Cette version a intégré les dernières statistiques disponibles sur la consommations de biens et d'énergie, et des prospectives démographiques ainsi que sur l'urbanisme et la mobilité (pour la période 2020-2050), avec une intégration plus poussée des apports de l'écologie industrielle et d'une économie circulaire.

Le scénario négaWatt 2011 est couplé au scénario Afterres2050, scénario prospectif sur l'utilisation des terres agricoles en France. Le scénario Afterres2050 prend en compte l'évolution des usages alimentaires des français et des besoins de matériaux biosourcés (bois dans le bâtiment...) et permet d'en déduire les quantités de biomasse (bois, biogaz, agrocarburants) disponibles pour la production d'énergie[11].

La version 2011 du scénario négaWatt intègre aussi une modélisation en puissance sur l’électricité, au pas horaire (vérification heure par heure jusqu'en 2050 de l'équilibre entre la consommation et la production d'électricité, intégrant les énergies renouvelables variables : éolien et photovoltaïque), pour développer un jeu plus complet de politiques et mesures stratégiques utiles à sa réalisation.

Une nouvelle version, le scénario négaWatt 2017-2050, sera officiellement présentée le 25 janvier 2017 à Paris[12].

Scénario négaWatt & économie[modifier | modifier le code]

Afin d'étudier l'impact de la mise en œuvre du scénario négaWatt 2011 sur l'économie française, l'Association négaWatt s'est entourée de deux centres de recherche pour mener à bien deux études distinctes[13] :

  • L’effet net sur l'emploi de la transition énergétique en France : une analyse input-output du scénario négaWatt[14] - Étude menée par le CNRS-CIRED

Cette étude montre qu'à l'horizon 2030 le scénario négaWatt pourrait conduire à la création nette (= créations - destructions d'emplois) de 630 000 emplois en France.

  • Impacts macroéconomiques du scénario négaWatt, modèle Three-me - Étude menée par l'OFCE et l'ADEME

Critiques[modifier | modifier le code]

  • Le scénario négaWatt se fonde sur des hypothèses techniques ambitieuses concernant les possibilités de réduction de consommation et la capacité de faire face à la variabilité des énergies fluctuantes[15].
  • Le scénario négaWatt n'est qu'un scénario, il reste donc à trouver des financements et des techniques qui permettent de le faire vivre[16].
  • La mise en œuvre du scénario négaWatt nécessitera de créer des mécanismes incitatifs politiques et financiers qui le rendront possible[17].
  • Le scénario négaWatt mise à 75 % sur l'efficacité énergétique et seulement à 25 % sur la sobriété, ce qui selon Benoît Thévard impliquerait une économie de croissance, et donc une dépendance trop importante au pétrole[18]. En réalité, la moitié des réductions de consommation dues à l'efficacité énergétique est mécaniquement liée à la réduction des pertes thermiques du secteur électrique, il s'agit d'un effet structurel.

Déclinaisons régionales en France[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations "Virage-énergie" développent aujourd'hui des déclinaisons régionales inspirées du scénario négaWatt France :

Actions de l'association[modifier | modifier le code]

L'association a créé en 2015 le site Décrypter l'énergie[19] pour lutter contre les idées reçues sur la transition énergétique et répondre à des questions comme : Les énergies renouvelables coûtent-elles trop cher ? Sont-elles intermittentes ? Le nucléaire est-il nécessaire à la lutte contre le dérèglement climatique ? Les émissions de CO2 augmentent-elles en Allemagne ? Le véhicule électrique permet-il de réduire les émissions de CO2 ?

Ouvrages publiés par l'association[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

L'association négaWatt est animée et dirigée par un collège exécutif de 23 experts et praticiens de l’énergie, la Compagnie des négaWatts[20] :

Son conseil d'administration est présidé par Christian Couturier depuis , qui a succédé à Thierry Salomon.

L'Institut négaWatt[modifier | modifier le code]

L'Institut négaWatt a été créé avec un statut d'EURL (œuvrant dans des domaines concurrentiels) « sur le modèle de plusieurs Instituts fonctionnant à travers le monde : Öko-Institut en Allemagne, Rocky Mountain Institute aux États-Unis ou encore l’Institut de l’Énergie en Autriche ». C'est à la fois un lieu et outil de formation, d'étude (en mutualisant les moyens et la connaissance) sur les questions relatives à l'énergie et au développement soutenable, afin de préparer et d'accompagner la transition énergétique devenue selon ses membres « indispensable et inéluctable ». L'institut négaWatt défend le scénario négaWatt, les travaux de l'Association négaWatt, maintenant « largement reconnus par les acteurs de l'énergie », et les principes qui les sous-tendent (sobriété, efficacité énergétique, énergies renouvelables), approchés dans un esprit d'indépendance, d'approche systémique des questions énergétiques, d'intégration des enjeux globaux autant que locaux, dans une approche prospective, éthique et de travail coopératif[21].
Ses objectifs[21] sont :

  • « renforcer les compétences et la capacité d'expertise des acteurs de l'énergie » ;
  • « développer les propositions d'évolution des politiques énergétiques et climatiques » ;
  • « accompagner la mise en œuvre de ces propositions, sur la base des orientations et des travaux du scénario négaWatt ».

Il a accompagné par ses données et expertises (dont prospectives) les acteurs du Grenelle de l’environnement.
Actuellement dirigé par Vincent Legrand, c'est une filiale de l’association qui en est l'unique associé et qui fixe chaque année le cadre de travail de l'institut.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) et (de) négawatt-Suisse site web ch.negawatt.org
  2. « Sobriété, efficacité, énergies renouvelables : la démarche négaWatt ! », sur negawatt.org (consulté le 24 avril 2016)
  3. a et b « Scénario négaWatt », sur negawatt.org,‎ (consulté le 9 février 2016)
  4. http://www.transition-energetique.gouv.fr/
  5. « Dossier de présentation. Scénario négaWatt 2011 », sur negawatt.org,‎ (consulté le 19 mars 2016)
  6. Le figaro, 29 septembre 2011, Sortie du nucléaire en 2033, un scénario qui bouscule
  7. Les Echos, 29 septembre 2009 - Une association juge techniquement possible une sortie de l'atome dès 2034
  8. AFP, 29 septembre 2011 - Un scénario alternatif pour 2050
  9. Le Monde, 29 septembre 2011 - En 2050, une France sans émissions de CO2 ni nucléaire
  10. Libération, 29 septembre 2011 - Énergie nucléaire - par ici la sortie
  11. http://www.solagro.org/site/393.html
  12. « Scénario négaWatt 2017 », sur negawatt.org (consulté le 29 octobre 2016).
  13. http://www.negawatt.org/etude-emplois-economie-p120.html
  14. http://www.negawatt.org/telechargement/Etude%20eco//Etude_P.Quirion_Emplois%20et%20scenario%20negaWatt_28-03-2013.pdf
  15. http://www.sauvonsleclimat.org/etudeshtml/analyse-du-scenario-negawatt-2011/35-fparticles/943-analyse-du-scenario-negawatt-2011.html#_ftn1
  16. Agoravox - 2/11/2011 : Les faiblesses du scénario négaWatt
  17. Terra Eco - 27/03/2011 : Nucléaire : Le scénario négaWatt est-il plausible ?
  18. critique constructive du scénario négaWatt par Benoît Thévard
  19. « Décrypter l’énergie : un nouveau site de référence pour mieux comprendre et agir ! », sur negawatt.org,‎ (consulté le 23 février 2016)
  20. http://www.negawatt.org/la-compagnie-des-negawatts-p8.html
  21. a et b Portail de l'Institut négaWatt, consulté 2011-11-26

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]