Oliver Stone

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Oliver Stone
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Oliver Stone en juillet 2016.

Nom de naissance William Oliver Stone
Surnom Oliver Stone
Naissance (70 ans)
Manhattan, New York, (État de New York), Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur
Acteur
Films notables Platoon
Wall Street
The Doors
Né un 4 juillet
JFK

William Oliver Stone, appelé Oliver Stone, né le à Manhattan, New York, dans l'État de New York, aux (États-Unis), est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain.

Il est le lauréat de 4 Oscars du cinéma : meilleur scénario adapté pour Midnight Express en 1978, meilleur film et meilleur réalisateur pour Platoon en 1986, et meilleur réalisateur pour Né un 4 juillet en 1989.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Oliver Stone naît le à New York, dans l'arrondissement de Manhattan. Il est l'unique enfant[1] de Louis Stone, un financier de Wall Street issu d'une famille juive américaine — qui lui inspirera plus tard le film Wall Street —, et de Jacqueline Goddet, une Française de confession catholique (ce qui explique l'aisance d'Oliver Stone en français). Âgée d'à peine 19 ans et d'une famille modeste[1], elle rencontre Louis Stone à Paris peu après la fin de la guerre en Europe, alors que celui-ci est officier chargé des finances dans le cabinet du général Dwight Eisenhower[1]. Ils se marient en novembre 1945[1] et partent pour New York. Oliver est élevé dans des conditions privilégiées même si, en raison des nombreux voyages de sa mère en France, une baby-sitter remplace le plus souvent ses deux parents.

Il entame des études à Yale tout en y faisant preuve d'esprit « aventurier et provocateur ». Il a ainsi été trouvé en possession de marijuana au Mexique à 21 ans et ne termine pas son second semestre au sein de l'université.

Volontaire au Viêt Nam et débuts dans le cinéma (années 1970)[modifier | modifier le code]

Comme de nombreux Américains, il s'engage dans la guerre du Viêt Nam : cet événement majeur aura un impact dans sa carrière, marquant ses œuvres d'une empreinte de révolte et de dégoût face à l'État et la violence contemporaine.

Il part s'entraîner avec son bataillon au Fort Jackson en Caroline du Sud, puis est envoyé au Viêt Nam le  : il servira dans la 25e division d'infanterie et la 1re division de cavalerie en place près de la frontière cambodgienne. Il se fera alors appeler Bill, le prénom Oliver faisant trop efféminé auprès du corps militaire. Il reviendra au pays muni de décorations prestigieuses : Purple Heart et Bronze Star. Mais c'est surtout au Viêt Nam qu'il développera l'aspect visuel de ses films, ayant expérimenté pendant le conflit ses talents de photographe.

Il reprend par ailleurs ses études, mais se tourne désormais vers le cinéma. Il intègre l'Université de New York. Il y rencontre Lloyd Kaufman, fondateur de la société Troma Entertainment, spécialisée dans le film d’horreur, et surtout, Martin Scorsese, qui devient son professeur, lui conseillant de puiser dans son expérience personnelle et sa vie pour écrire. Dès lors, il se concentrera sur l’épisode marquant de sa jeune vie : la guerre du Viêt Nam. Ainsi, il sort de l’Université diplôme en poche grâce à son très remarqué film de fin d’année, un court-métrage de 11 minutes intitulé Last Year in Viet Nam. Dès lors, il expérimentera le cinéma en diversifiant ses méthodes d’écriture et de réalisation et en passant tour à tour du rôle de réalisateur à celui de producteur et même d'acteur.

Révélation et consécration (années 1980)[modifier | modifier le code]

Le cinéaste en 1987.

Oliver Stone débute réellement en tant que scénariste : il écrira en outre durant sa carrière tous les scénarios de ses œuvres (mis à part U-Turn). Ainsi, il accouche de scripts stylisés qui plaisent aux producteurs et sera ainsi au générique de films des plus grands réalisateurs : Brian De Palma pour Scarface, Alan Parker pour Midnight Express et Evita ou encore Michael Cimino pour L'Année du dragon.

Oliver Stone réalise quelques séries B d’horreur comme La Main du cauchemar, puis apparaît sous le feu des projecteurs en 1986 avec deux films retentissants et contestataires : Salvador et Platoon. Ce dernier remporte quatre Oscars en 1987 dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Il s'agit du premier opus de sa trilogie sur le Viêt Nam avec Né un 4 juillet et Entre Ciel et Terre quasi autobiographiques. Né un 4 juillet lui vaut en 1990 un nouvel Oscar pour sa réalisation et la reconnaissance de ses pairs.

Son côté critique se développe de plus en plus tout au long de son parcours cinématographique, au point qu’il est comparé à Robert Altman ou encore Samuel Fuller, autres contestataires américains[réf. nécessaire].

Biopics et documentaires (années 1990-2000)[modifier | modifier le code]

A la 66e Mostra de Venise, en septembre 2009, pour la présentation du documentaire South of the border.

Il égratigne ainsi maints éléments de la société civile et militaire : les yuppies dans Wall Street, qui s'inspire d'un épisode célèbre de l'histoire financière américaine, l’État dans Né un 4 juillet ou encore la CIA et le complexe militaro-industriel dans JFK.

Oliver Stone s'intéresse ensuite au dopage dans le milieu du sport avec son film axé sur le football américain L'Enfer du dimanche. Il marque ensuite une pause par la réalisation de deux documentaires, l’un sur la Palestine et Yasser Arafat (Persona non grata) et un autre très controversé sur Fidel Castro (Comandante). Ce documentaire est une synthèse de 30 heures d’interviews entre Stone, grand admirateur du dirigeant cubain et Fidel Castro. Diffusé en mai 2003 sur les écrans américains, il a dû être remonté à cause de la pression des anti-castristes.

Enfin, Oliver Stone repart avec de nouveaux films controversés : le film épique Alexandre en 2005 qui, fort d’un budget de plus de 150 millions d’euros, n’aura pas trouvé son public et reste pour Stone un échec, lui qui voulait réaliser le plus grand film de sa carrière[réf. souhaitée]. Il s’attaque sans temps mort à un autre sujet brûlant, concernant les États-Unis – et c’est une constante dans sa carrière (sauf Alexandre) – les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Longtemps baptisé The 11 September’s Oliver Stone Project, le film prend le nom de World Trade Center et s’attachera aux secours déployés par les autorités durant ces attentats et les pompiers en particulier.

Après JFK et Nixon, il s'intéresse à George W. Bush dans W. : L'Improbable Président, sorti en 2008. Josh Brolin incarne le 43e Président des États-Unis. Dans le monde, W. a rapporté 29 506 464 $ au box-office[2]. Les recettes au box-office du film sont assez décevantes, au vu de son budget de 25 100 000 $[2].

Confirmation (années 2010)[modifier | modifier le code]

En 2010, il signe la suite de son Wall Street de 1989, intitulée Wall Street : L'argent ne dort jamais. Michael Douglas reprend son rôle de Gordon Gekko, alors que Shia LaBeouf incarne un jeune trader.

En 2012, il adapte un roman de Don Winslow, pour le film Savages. Taylor Kitsch, Blake Lively et Aaron Taylor-Johnson incarnent les membres d'un ménage à trois qui deale de la marijuana. On retrouve également dans ce film John Travolta, Benicio del Toro et Salma Hayek.

En 2013, il réalise un spot publicitaire pour la Coupe du monde de football de 2014, où il apparaît lui-même aux côtés des footballeurs Radamel Falcao, David Luiz et Sergio Agüero[3].

En 2014, il projette de réaliser un film sur l'histoire du lanceur d'alerte Edward Snowden, le scénario est basé sur l'ouvrage du journaliste Luke Harding (The Guardian), The Snowden files : the inside story of the world's most wanted man[4]. Le tournage de Snowden débute en , et le film sort en 2016.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jacqueline Goddet, la mère d'Oliver est décédée le 28 avril 2015, à l'âge de 93 ans, à Indian Wells[5].

Faits polémiques et prises de position[modifier | modifier le code]

En 2007, alors qu'il intervenait en Colombie pour la libération de trois otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, considérés comme terroriste par l'Union européenne et les États-Unis), il accuse le controversé chef d’État colombien Álvaro Uribe d'avoir délibérément fait échouer leurs libérations en faisant intensifier les opérations militaires dans le secteur. Il déclare par ailleurs au sujet des guérilleros qu'ils ne sont pas des terroristes mais « une armée de paysans semblable à celle d’Emiliano Zapata » et, tout en condamnant la pratique des enlèvements, les juge « héroïques de se battre et de mourir pour ce qu'ils pensent être juste »[6].

Déjà attaqué par "l'élite médiatique" américaine à cause de ses vues sur l’assassinat de John F. Kennedy, Stone est carrément attaqué en justice pour son film Tueurs nés, accusé d’avoir incité par ce film un fait divers sanglant.

Il apporte son soutien à Julian Assange et Chelsea Manning.

Oliver Stone ne supporte ni Hillary Clinton ni Donald Trump à l'élection présidentielle américaine de 2016. Il déclare ne pas avoir le désir de réaliser de film sur Trump suite à la victoire de celui-ci, et ne pas être autant « fasciné par lui » que la majorité des gens[7]. Quant à Clinton, Stone lui reproche principalement son agressivité dans les relations internationales, évoquant son rôle dans le soutien des États-Unis aux paramilitaires Contras (Nicaragua), les bombardements de l'OTAN en ex-Yougoslavie, l'invasion de l'Irak et de l'Afghanistan, la destruction de l’État laïc libyen et les tentatives de changement de régime en Syrie. Il avait cependant soutenu Bernie Sanders dans la primaire démocrate[8]. En avril 2017, il signe avec Danny Glover, Noam Chomsky, Eve Ensler, Mark Ruffalo et Nancy Fraser une pétition de soutien à Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle en France (« France: Please Don't Repeat Clinton vs. Trump Tragedy »).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Oliver Stone récompensé pour l'ensemble de sa carrière à Stiges, en octobre 2015.
Année Cérémonie Prix Film
1978 Oscars Oscar du meilleur scénario adapté Midnight Express
1986 Oscars Oscar du meilleur film Platoon
1986 Nomination à l'Oscar du meilleur scénario original Platoon
1986 Oscar du meilleur réalisateur Platoon
1986 Oscars Nomination à l'Oscar du meilleur scénario original Salvador
1989 Oscars Nomination à l'Oscar du meilleur film Né un 4 juillet
1989 Oscar du meilleur réalisateur Né un 4 juillet
1989 Nomination à l'Oscar du meilleur scénario adapté Né un 4 juillet
1991 Oscars Nomination à l'Oscar du meilleur film JFK
1991 Nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur JFK
1991 Nomination à l'Oscar du meilleur scénario adapté JFK
1995 Oscars Nomination à l'Oscar du meilleur scénario original Nixon
2012 Festival de Saint-Sébastien 2012 Prix Donostia pour l'ensemble de sa carrière
2013 Festival du film subversif de Zagreb pour l'ensemble de sa carrière

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Steven Mintz et Randy W. Roberts, Hollywood's America : Twentieth-Century America Through Film (lire en ligne), p. 282.
  2. a et b (en) « W. », sur Box Office Mojo.com (consulté le 18 décembre 2012).
  3. Oliver Stone réalise... un clip pour la Coupe du Monde de Football ! - AlloCiné.fr
  4. Oliver Stone réalise un film sur le «traître» Edward Snowden, Le Figaro, 3 juin 2014
  5. Oliver Stone : Mort à 93 ans de sa maman, la Française Jacqueline Goddet
  6. (en) « Stone: my part in hostage baby saga », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « Oliver Stone Says He Has No Plans for a Trump Biopic: "People Are Fascinated by Him, but I’m Not" », sur hollywoodreporter.com,
  8. (en) Oliver Stone, « Why I'm for Bernie Sanders », sur Huffington Post,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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