Juan Branco

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Juan Branco
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Juan Branco en 2016.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (30 ans)
EsteponaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Français (depuis ), Espagnol (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Père
Autres informations
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Domaines
Partis politiques
Directeur de thèse

Juan Branco [ˈxwan ˈbɾɐ̃ko][note 1], né le à Estepona (Espagne), est un avocat et activiste politique franco-espagnol.

Fils du producteur de cinéma portugais Paulo Branco, il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, docteur en droit, et s’oppose à la loi Hadopi de 2009, puis devient conseiller juridique en France de WikiLeaks et de Julian Assange.

Après avoir été proche de Dominique de Villepin puis des Verts, il est un temps avocat de Jean-Luc Mélenchon et se présente aux élections législatives de 2017 avec le soutien de La France insoumise dans la douzième circonscription de la Seine-Saint-Denis, où il est éliminé au premier tour.

Il apporte ensuite son soutien au mouvement des Gilets jaunes et défend des figures du mouvement, dont Maxime Nicolle. En 2019, il publie Crépuscule, un pamphlet critiquant l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron.

Ses actions et propos font l'objet de plusieurs controverses.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Origines et vie privée[modifier | modifier le code]

Né en Espagne dans la commune d'Estepona, en Andalousie, Juan Branco est le fils du producteur de cinéma portugais Paulo Branco et de la psychanalyste espagnole Dolores López. Il grandit en Andalousie puis à Paris, entre le 5e et le 6e arrondissement[1]. Il a deux sœurs et un frère[2]. Il est naturalisé français en 2010[3].

Il vit une enfance « dorée » dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, où sa famille côtoie de nombreuses personnalités, notamment Catherine Deneuve et Raoul Ruiz[4].

En 2018 et 2019, il déclare percevoir le revenu de solidarité active après avoir renoncé à des revenus en tant qu’avocat[5].

Il habite dans le 6e arrondissement de Paris[4],[6].

Formation[modifier | modifier le code]

Après une scolarité passée au sein des écoles publiques de la rue Cujas et de la rue Victor-Cousin[7], il étudie à l'École alsacienne, un établissement privé. Selon ses propres termes, « on peut s'y reproduire et socialiser sans crainte d'être contaminé par de mauvaises fréquentations ». Il affirme également avoir « un grand mépris pour le conformisme de tous ces héritiers »[8]. Il utilise alors les réseaux sociaux pour critiquer le physique de ses camarades et a des différends avec Gabriel Attal, qui se plaint de ses agissements auprès de la direction de l’établissement[4].

Il intègre en 2007 l'Institut d'études politiques de Paris, où il relance le ciné-club et se fait remarquer par le directeur de l'établissement, Richard Descoings, qui lui confie la mission de prendre des photos pour alimenter son compte Facebook, ce qui lui attire le surnom de « gigolo du directeur »[8],[9]. Des années après que la veuve de celui-ci lui a demandé de prononcer un éloge funèbre au nom des étudiants de l’école à son enterrement, il déclare : « Toutes les flatteries étaient instrumentales, avaient l'objectif de m'absorber pour me faire servir le système[8] ». Il sort diplômé du master affaires publiques en 2012[10],[11].

En 2009, il est admis sur dossier au département littérature et langages (LILA) de l'École normale supérieure (ENS), dont il sort « étudiant diplômé » en 2013[5],[10],[12]. Il suit en parallèle des études aux universités Paris-Sorbonne (Paris-IV) et Panthéon-Sorbonne (Paris-I), où il obtient respectivement une maîtrise en littérature moderne (2011) et des masters en philosophie politique (2012) et en géopolitique (2013)[13].

Sous la direction de l'historien du droit Jean-Louis Halpérin, il commence un doctorat en droit international et philosophie du droit. Sa thèse, soutenue à l'ENS Ulm en 2014, lui confère le titre de docteur en droit[14],[15]. Ses travaux portant sur la Cour pénale internationale (CPI) sont récompensés par le prix de thèse de l'institut Varenne, attribué conjointement par la CPI et la présidence du Conseil constitutionnel[16].

L'Express indique en 2019 qu’il a mentionné sur son curriculum vitæ « chargé de séminaire à l'École normale supérieure » alors que ce n’était pas le cas. Juan Branco répond à l’hebdomadaire : « Cela ne change strictement rien dans les faits, que ce soit organisé par un élève ou non[5],[8]. »

Carrière[modifier | modifier le code]

Juriste puis avocat[modifier | modifier le code]

Juan Branco affirme avoir été assistant spécial du bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI)[17],[18]. Cependant, selon un responsable du Quai d’Orsay, il a simplement fait un stage au service de la communication de la CPI[4].

Il est ensuite collaborateur extérieur au ministère français des Affaires étrangères pendant un an[8].

Travaillant au département de français de l'université Yale entre 2013 et 2014, il devient chercheur invité à la Yale Law School[11], où il collabore au Yale Journal of International Law (en)[19]. En 2015, il est recruté en tant que Senior Research Fellow à l'Institut Max-Planck de droit international du Luxembourg[14].

Dans le même temps, après avoir collaboré avec l'organisation en tant que bénévole pendant quelques mois, il intègre l'équipe de défense de WikiLeaks et Julian Assange, sous la direction de Baltasar Garzón[8],[20]. En tant que conseiller juridique, il représente alors publiquement l'organisation, notamment lors des révélations d'espionnage de la National Security Agency (NSA) en 2015, relatives aux présidents de la République française ainsi qu'à ses grandes entreprises[21],[22]. Il participe aux négociations diplomatiques pour obtenir le droit d'asile à Assange, auxquelles l'Élysée finit par opposer une fin de non recevoir[23],[24]. Décrit par Le Supplément comme « l'homme dans l'ombre » de Julian Assange[25], chargé notamment des procédures auprès de l'ONU et des rapports avec certains États[26], il décrit à de nombreuses reprises les risques inhérents au travail avec WikiLeaks[27], notamment au contact des agences de renseignement, et définit l'organisation comme une « bibliothèque mondiale des appareils de pouvoir[28]. »

Avocat depuis , il défend notamment Jean-Luc Mélenchon lors de l'affaire dite « OAS »[29],[30], ainsi que son père, opposé à Terry Gilliam et au festival de Cannes dans le cadre de l’affaire « Don Quichotte »[31].

Recruté en par l'ONU en République centrafricaine en tant qu'expert indépendant[32], il est chargé de l'élaboration de la stratégie des poursuites du procureur de la Cour pénale spéciale centrafricaine[33]. Après avoir accusé les forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) d'être à l’origine d'un massacre à Bangui, il est expulsé du pays, moins d’une semaine après le début de sa mission, dénonçant la « culture d'impunité » de l'institution[34].

Lors du mouvement des Gilets jaunes, en 2018-2019, il est notamment l'avocat de l'une des figures de la contestation, Maxime Nicolle[35].

En , il dépose à la CPI une communication de 250 pages sur la politique migratoire européenne, accusant les dirigeants de l'Union européenne de crimes contre l'humanité[36]. Révélé par un consortium de médias internationaux[37],[38],[39],[40], le rapport affirme qu'une attaque systématique et généralisée a été menée contre des civils en mer Méditerranée et en Libye entre 2014 et 2019. Le jour même, selon le New York Times, la Commission européenne se justifie en affirmant avoir « rapidement compris son erreur en mettant fin à l'opération Mare Nostrum et [avoir] triplé sa capacité de sauvetage en 2015, contribuant ainsi à sauver 730 000 vies depuis cette année ». Les ministres français et espagnols des Affaires étrangères rejettent en bloc toute faute, tandis que Juan Branco et Omer Shatz, co-auteurs de l'enquête, affirment que leur enquête démontre les responsabilités pénales des dirigeants européens dans la mort d'au moins 14 000 personnes et la commission de crimes contre 40 000 autres victimes pendant la période concernée[41].

Visibilité médiatique[modifier | modifier le code]

Juan Branco contribue au Monde diplomatique[42] et à la chaîne de télévision russe RT, notamment à propos de l'affaire UraMin et sur les conséquences de la guerre du Yémen à Djibouti[43]. Il est reçu par Arrêt sur images et a contribué aux Inrockuptibles[44],[45]. Branco a écrit des chroniques pour L'Humanité, Libération, Lignes et Esprit[46],[47],[48],[49], ce qui ne l'empêche pas de se considérer ostracisé par les médias, notamment au moment de la sortie de son livre Crépuscule[50],[51],[52].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Villepinisme, Les Verts et PS[modifier | modifier le code]

Logo de Jeune République, mouvement lancé par Juan Branco et proche de Dominique de Villepin.

Alors qu'il étudie à Sciences Po, il s'engage auprès du directeur Richard Descoings dans des projets de réforme de l'école[53]. Réputé soutien de Dominique de Villepin[4], il rejoint les Jeunes Verts, dirigeant la section Île-de-France et se mobilisant notamment contre la politique migratoire européenne et la directive retour[3],[54],[55].

France Info indique : « Après s'être présenté sur une liste des Verts aux municipales en 2008 à Paris, il crée à la fin de sa deuxième année le think tank Jeune République, identifié comme proche de Dominique de Villepin. « Sur les idées, il y a toujours eu une certaine cohérence, par contre je me suis cherché sur la façon de les défendre », explique-t-il[8]. »

Lors de la campagne présidentielle de 2012, il s’engage au sein du Parti socialiste. Il affirme que Dominique de Villepin lui a proposé d’intégrer son équipe au moment où celui-ci entendait briguer l’Élysée[5],[56]. Alors que son ancien camarade d’études Gabriel Attal intègre le cabinet de la ministre Marisol Touraine, ce n’est pas le cas de Juan Branco.

Impliqué dans le mouvement des Indignés, devenu proche de Julian Assange du fait de son implication dans le combat sur la loi Hadopi[57], édité par Alain Badiou, Michel Surya et Barbara Cassin[57], il intervient pendant cette période aux côtés de Noam Chomsky[57], Jean-Luc Godard[58] et Baltasar Garzón[59] sur des problématiques ayant trait aux droits d'auteur, aux violences de masse et à la surveillance dans l'ère numérique[60]. Il intègre l'équipe de campagne du Partido X (en), issu des indignés, lors des élections européennes de 2014 en Espagne[61],[62]. En 2016, lors du procès sur la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, qui avait donné lieu aux émeutes de 2005, il relate en direct le déroulement des audiences, écrits qui font l'objet d'une adaptation audiovisuelle interprétée notamment par Disiz et Kery James[63],[64].

En 2009, aux côtés de la Quadrature du Net[65], il s'engage contre le projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet[66] (dit « Hadopi ») en créant la plateforme Création, Public, Internet et en rédigeant, en , une lettre ouverte s'opposant au projet qui est signée par des personnalités du monde cinématographique, dont son père, Catherine Deneuve, Chantal Akerman et Christophe Honoré[67].

Son livre Réponses à Hadopi, paru un an après, propose l'élaboration d'un nouveau système légal et financier pour l'industrie du cinéma[68]. Membre du pôle « culture, audiovisuel et médias » — dirigé par Aurélie Filippetti — de la campagne présidentielle de François Hollande en 2012[69], Juan Branco défend une réforme de l'exception culturelle française avec l'abrogation de la loi Hadopi et la dépénalisation des échanges culturels non-commerciaux en pair-à-pair[70],[71]. Selon Juan Branco, c’est à la suite d'une campagne de lobbying provenant d'une partie des industries culturelles qu’il est révoqué, au lendemain de l'élection présidentielle[70],[72]. Aurélie Filippetti affirme pour sa part que c'est son refus d'accéder à la demande de Juan Branco de devenir son directeur de cabinet qui est la cause de son départ[73]. Celle-ci affirme :

« Il a travaillé quelques mois avec moi. Il était jeune et recommandé par Richard Descoings, l’ancien directeur de Sciences Po. Ensuite, il a exigé d’être mon directeur de cabinet lorsque je suis devenue ministre, à 22 ans. […] Quand j’ai refusé, il a vrillé totalement, affirmant avoir enregistré nos conversations […] et surtout plaidant l’idée que j’avais sacrifié mes idéaux, et lui-même, pour devenir ministre. […] Il est dangereux, intelligent et habile. […] Il est à la fois mégalo, mythomane et très, très manipulateur[4],[8]. »

La France insoumise et opposition à Emmanuel Macron[modifier | modifier le code]

Critique virulent d'Emmanuel Macron très en amont de son élection et appelant le journaliste Marc Endeweld à enquêter sur lui dès 2013[74], il affirme que les modalités d'accession au pouvoir de celui-ci détermineront l'exercice de son pouvoir[53]. À partir de 2016, il décrit la possible élection du candidat d’En marche comme le préalable à l'élection de Marine Le Pen, défendant le vote blanc entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017[75].

Juan Branco se présente aux élections législatives de 2017 dans la douzième circonscription de la Seine-Saint-Denis sous l’étiquette de La France insoumise, dont le dirigeant Jean-Luc Mélenchon a été séduit par son soutien à Julian Assange[4],[53]. Juan Branco arrive en quatrième position, se voyant éliminé dès le premier tour, avec 13,9 % des suffrages exprimés et 5,5 % des inscrits. Il est devancé par Jordan Bardella (FN, 15,1 %), Ludovic Toro (UDI, 19,7 %) et Stéphane Testé (LREM, 33,8 %), ce dernier étant élu au second tour[76],[77].

Concernant le président de la République, il annonce, en , dans un entretien avec Aude Lancelin et dans un premier passage à Thinkerview, une « tentation autoritaire » découlant des modalités d'accession d'Emmanuel Macron au pouvoir, anticipant une rupture politique majeure ainsi que l'accroissement de la violence politique dans le pays[78].

Devenu l'avocat de Jean-Luc Mélenchon, il abandonne sa défense en , sans que les raisons de cette rupture soient dévoilées[4],[53].

Dans la foulée, il publie un long document sur son blog du Monde intitulé « Crépuscule », relatant de façon critique l'ascension d'Emmanuel Macron, appelant à une révolte populaire et proposant une attaque au vitriol d'une partie de l'élite parisienne[79]. Un premier texte d'ordre philosophique, intitulé Contre Macron, publié en et qui paraît chez Divergences en , fait état d'une aporie démocratique majeure. Après avoir été téléchargé environ 100 000 fois, « Crépuscule » est édité aux éditions Au diable vauvert et s'écoule à 150 000 exemplaires[80],[81]. À l'étranger, l'ouvrage bénéficie également d'une couverture, notamment en Espagne, en Belgique[82],[83], en Suisse,[84].

Peu après la parution de son texte, il est signalé au parquet de la République par la députée Aurore Bergé pour avoir « arm[é] les esprits pour légitimer [l]es violences dans [le] pays »[85]. Récusant toute faute et revendiquant ses écrits[86], il est défendu par WikiLeaks[5], Denis Robert, qui préface la version écrite de son texte, ou encore Pamela Anderson[87].

Il soutient dès ses débuts le mouvement des Gilets jaunes[5]. Il appelle à la destitution d’Emmanuel Macron mais se voit reprocher par certains d’appartenir au « système ». Le , il est présent sur les lieux lorsqu’un chariot élévateur force l’entrée du porte-parolat du gouvernement, exercé par Benjamin Griveaux[8].

Lors des élections européennes de 2019, Juan Branco appelle à l’abstention, ce qui lui attire la désapprobation de Jean-Luc Mélenchon[8].

Controverses[modifier | modifier le code]

Tentative de défense de Salah Abdeslam[modifier | modifier le code]

En , Valeurs actuelles révèle que, dans une lettre déposée en à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, Juan Branco propose de « congédier [s]es conseils » à Salah Abdeslam, un des terroristes responsables des attentats islamistes de en France. Juan Branco souligne le fait qu'il a le même âge que lui et qu'il est, comme lui, un « fils d’immigré » et « un enfant que ce pays ne considérera jamais comme le sien ». Il lui écrit aussi n’avoir « jamais partagé la position de [son] avocat bruxellois et de ses confrères » et que le « dégrader ne sert à rien ». Il affirme « partager [son] ressenti quant à la nécessité d'imposer une radicalité dans [sa] ligne de défense » et lui propose de continuer à garder le silence ou d'opter pour une « défense de rupture », stratégie choisie par l’avocat Jacques Vergès avec les « terroristes » du FLN algérien. Salah Abdeslam ne donne pas suite à cette lettre[88],[89]. Juan Branco reconnaît avoir écrit ce courrier[90],[91].

Cette révélation fait réagir des avocats, qui dénoncent un « exercice illégal de la profession ». Quand Juan Branco sollicite Salah Abdeslam, il n'est en effet pas encore avocat. Maître Frank Berton, premier avocat français du terroriste, évoque de possibles poursuites : « Le parquet comme le bâtonnier pourraient enclencher les poursuites pour exercice illégal de la profession, voire tentative d'escroquerie. Salah Abdeslam sait parfaitement qui est Julian Assange. En se présentant comme son avocat, alors qu'il ne l'était pas, Monsieur Branco a franchi la ligne rouge[92]. »

Révélation de l’homosexualité de Gabriel Attal[modifier | modifier le code]

En , il critique sur Twitter la nomination du nouveau secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, lié par un pacs à Stéphane Séjourné, conseiller de la présidence de la République, affirmant qu'il s'agit d'une « promotion canapé ». À la suite de la polémique née de ses propos, qualifiés de « outing », Juan Branco déclare ne pas avoir voulu faire de la question de l'orientation sexuelle des personnes concernées le sujet de sa communication[93] mais dénoncer « des rapports de népotisme avérés », notamment « dans le cadre de l'attribution d'une circonscription à M. Attal par son conjoint » mais aussi « à l'Assemblée nationale, puis au gouvernement, où M. Séjourné a été un élément clef de l'ascension de son conjoint, sans ne jamais le révéler »[94].

Conflit avec L’Express[modifier | modifier le code]

Un article de L'Express, paru le , affirme qu’il n’a pas été « chargé de séminaire » à l'École normale supérieure, le qualifie de « radical chic qui veut la peau de la Macronie », critique sa proximité avec le mouvement des Gilets jaunes, rappelant la polémique avec Gabriel Attal et mettant en doute la sincérité de son engagement[5]. Exerçant son droit de réponse, publié par le journal le , Juan Branco reproche à l'article de produire « le portrait unilatéralement à charge d'un homme de 29 ans, en s'appuyant notamment sur des faits intervenus lors de [sa] minorité »[95] ; il souligne aussi que L'Express est la propriété de l'homme d'affaires Patrick Drahi, durement critiqué dans Crépuscule[96],[97],[98].

Portrait et révélations de L’Obs[modifier | modifier le code]

Dans un long portrait de L'Obs paru le , le journaliste Matthieu Aron affirme que Juan Branco aurait contacté en 2017 la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué afin qu'elle l'aide à obtenir un poste d'éditorialiste. Il affirme également que Juan Branco aurait proposé à Xavier Niel — l'un des actionnaires principaux du Monde et de L'Obs — de devenir précepteur de ses enfants, ce que Juan Branco rapporte dans l'ouvrage Signé Branco[99], ou encore qu'il déclare avoir été surveillé par la CIA et d'autres agences de renseignement, notamment du fait de son travail avec WikiLeaks[100]. Le , Mediapart affirme que Juan Branco a été espionné par la CIA lors de ses visites à Julian Assange à Londres[101].

Accusations de collusion Ruffin/Macron[modifier | modifier le code]

En , une polémique naît après qu'il a exhumé l'enregistrement d'un échange entre François Ruffin et Emmanuel Macron. Juan Branco crée la controverse en en livrant une interprétation considérée comme partiale. L'enregistrement, daté de et initialement publié par Radio Nova, est une discussion relative aux difficultés économiques de l'entreprise iséroise Ecopla. François Ruffin intervient alors qu'Emmanuel Macron a démissionné du gouvernement et qu'il prépare sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. Selon Juan Branco, cet enregistrement, censé révéler les dessous d'une communication politique montée de toutes pièces, est la preuve que les employés ont été « manipulés » par les deux hommes, qui auraient mis en scène leur opposition. Cette interprétation est contestée par François Ruffin et le magazine Marianne, qui rappellent que des ouvriers d'Ecopla étaient présents lors de l'échange en question[102],[103],[104]. Cette accusation de collusion entre le député et le président de la République dégrade durablement l’image de Juan Branco au sein de La France insoumise[4].

Affaire Benjamin Griveaux[modifier | modifier le code]

Le , le magazine Le Point révèle que Juan Branco a été consulté en tant qu'avocat par l’activiste russe Piotr Pavlenski, avant que celui-ci mette en ligne des vidéos à caractère sexuel attribuées à Benjamin Griveaux, ce qui conduit ce dernier à retirer sa candidature à la mairie de Paris. Selon l'hebdomadaire, « le rôle de Juan Branco dans cette affaire pourrait en réalité dépasser celui de simple avocat. Selon plusieurs sources, ce dernier aurait lui-même sollicité des personnes début février afin de réfléchir au moyen de diffuser les vidéos intimes du candidat LREM », ce que l'avocat dément[105]. Le site Mediapart révèle en outre que Piotr Pavlenski et Juan Branco se connaissaient auparavant[106]. Le , le bâtonnier de Paris annonce l'ouverture d'une enquête déontologique afin de déterminer s'il existe un conflit d'intérêts entre Juan Branco et Piotr Pavlenski[107].

La première personne à avoir diffusé la vidéo serait une écrivaine sous pseudo, Zoé Sagan, qui affirme que Juan Branco lui a envoyé le lien[108]. La presse dénonce le rôle « trouble » joué par Juan Branco dans l'affaire[109]. Dans le cadre de ses entretiens, Marianne relève l'emploi confus des pronoms « je » et « on », en référence à Juan Branco[110]. D'après LCI, Alexandra de Taddeo, compagne de Piotr Pavlenski et destinataire des vidéos intimes, aurait même évoqué dans un message adressé à Juan Branco « la stratégie de Juan »[111],[112]. Dans ce contexte, Juan Branco saisit le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) après un entretien mouvementé avec la journaliste Apolline de Malherbe[113].

Le , Juan Branco, de plus en plus régulièrement présenté comme le « troisième homme » de l'affaire, prend ses distances avec Piotr Pavlenski : « Pour ma part, je n'aurais jamais diffusé ces vidéos », explique-t-il au quotidien Le Parisien. Il accuse même de « complicité », voire de « recel », « ceux qui ont relayé la vidéo, comme [le député] Joachim Son-Forget »[114]. Le Canard enchaîné note alors le revirement de l'avocat, qui cautionnait la veille « l'énorme succès » et le « courage » de l'activiste russe[115]. Dans le même temps, Paris Match dévoile une vidéo de dans laquelle Juan Branco imagine la chute de Benjamin Griveaux « en le forçant à une confrontation [aux élections municipales à Paris] qui […] forcerait à le voir nu, dans sa laideur »[116],[117].

Après avoir renoncé à défendre Piotr Pavlenski sur demande du bâtonnier de Paris[118], Juan Branco revient sur sa décision et se joint à maître Yassine Bouzrou dans la défense de l'activiste russe. Il demande également une expertise psychiatrique de Griveaux[119].

Auto-promotion et interventions hostiles sur Wikipédia[modifier | modifier le code]

En , trois ans après un article similaire de L’Obs[120], le journaliste Pierre Sautreuil du Figaro écrit dans un article documenté que, « depuis quinze ans, l'essayiste et avocat se sert de l’encyclopédie en ligne sous diverses identités pour embellir sa biographie et régler ses comptes »[121].

Il démontre que Juan Branco édite régulièrement du contenu sur Wikipédia en français et en anglais, sous diverses identités, et qu’il a notamment utilisé l’encyclopédie à des fins d’auto-promotion. Parmi les changements effectués sur son article, il aurait supprimé le fait que Le Monde n'aurait pas voulu qu'il devienne éditorialiste, que Xavier Niel n'aurait pas accepté qu'il devienne le précepteur de ses enfants, ou encore qu'il serait entré à l'École normale supérieure sur dossier (et donc pas par la voie du concours), ce qui l’aurait empêché à l’époque de prétendre au « prestigieux titre de « normalien »[121] ».

Juan Branco effectuerait également de nombreuses modifications « sur les articles et les débats relatifs à des hauts fonctionnaires, personnalités politiques, hommes d'affaires et anciens élèves de l'École normale supérieure » et « réécrit les biographies en leur donnant une teinte négative, quand il ne propose pas simplement leur effacement ». En 2019, se faisant passer pour un administrateur de Wikipédia, il envoie un courriel critique à l’employeur d’une contributrice avec qui il a des différends sur l’article de Manuel Flam, son ancien professeur à Sciences Po qui lui avait mis un zéro pour absentéisme[122]. Celui-ci porte plainte pour diffamation à la suite des modifications effectuées par Juan Branco, ce qui provoque l’ouverture d’une enquête judiciaire[121].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

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  1. La prononciation usuelle en France se rapproche plus de [bʁɑ̃ko].

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]