Sociologue

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Sociologue
Présentation
Appellation
Sociologue
Secteur
Métiers voisins
Intervention sociale, recherchiste, conseillé politique
Compétences
Compétences requises
Études supérieures en sociologie réussies (bac+5)
Évolutions de carrière
Fonction publique, enseignement, recherche scientifique, consultant, secteur privé
Codes
CITP
IDEO (France)
ROME (France)
K2401

Un sociologue ou une sociologue est une personne qui étudie les faits et les groupes sociaux en produisant un discours ou un écrit respectant une méthode scientifique. Les résultats produits par les sociologues sont publiés et discutés par leurs pairs.

En France, la plupart des sociologues sont des enseignants-chercheurs dans des universités ou des chercheurs. D'autres, moins nombreux, sont professeurs dans l'enseignement secondaire, travaillent dans ministères ou des établissements publics tels que l'INSEE, l'ARACT ou l'ADEME, ou encore dans des structures privées (instituts de sondages, cabinets d'expertise, etc.).

L'émergence d'un métier de sociologue[modifier | modifier le code]

La plupart des « Pères fondateurs » de la sociologie, comme Émile Durkheim, Georg Simmel ou Max Weber ont à l'origine une formation de philosophie. Leurs travaux ont permis de faire émerger une discipline nouvelle, à des vitesses différentes selon les pays. Ainsi, les sociologues sont longtemps restés sous la tutelle d'autres disciplines, à l'instar d'Émile Durkheim qui a longtemps occupé des chaires de philosophie[réf. nécessaire].

En France, ce n'est qu'en 1958 qu'un diplôme de licence et de doctorat de sociologie sont créées[1]. Ainsi, avant de soutenir une thèse de sociologie, certaines des figures de la sociologie française du XXème siècle ont été formés à d'autres disciplines. Par exemple, Pierre Bourdieu et Raymond Boudon sont tous deux agrégés de philosophie, tandis que qu'Alain Tourraine est agrégé d'histoire.


formation spécifique et multiplication des employeurs, reconnaissance de la discipline, institutionnalisation (cf. histoire de la discipline) : commissariat au plan, urbanisme, etc.

Un sociologue est indubitablement un chercheur, puisqu'il doit mener des enquêtes qualitatives ou quantitatives auprès de tel groupe ou telle population, avant d'étudier, analyser, et bien entendu interpréter ses observations ou ses résultats[2].

Le sociologue a également une facette de psychologue, en ce qu'il analyse des comportements sociaux interactifs faits par des individus. Il ne pourrait interpréter ses résultats sans cela, et la sociologie n'existerait donc pas. Ainsi la psychologie sociale et la psychosociologie sont des disciplines communes à la sociologie et à la psychologie

Le sociologue peut également être vu comme un ethnologue particulier. L'ethnologue étudie les sociétés et communautés humaines, bien que se concentrant plus particulièrement sur les sociétés dites "traditionnelles" ou "primitives", en un certain sens plus proches de la nature brute de l'homme. Quant à lui, le sociologue se focalise sur les sociétés dites modernes et celles dites développées, étudiant ce que sont les individus même après les modifications profondes apportées par l'éducation et la culture. L'ethnologie est ainsi indispensable pour la création de principes sociologiques, même si les sociologues ne travaillent et n'étudient pas toujours conjointement aux ethnologues.

Le sociologue doit aussi s'intéresser à l'économie, celle-ci intervenant directement ou indirectement dans les comportements sociaux.

Méthodes[modifier | modifier le code]

Le sociologue travaille de différentes manières, qu'il est possible de diviser en deux grands ordres :

  • Les méthodes quantitatives : consistant en l'analyse de données statistiques, recueillies par lui-même par le biais de l'administration de questionnaires ou à travers celles agrégées par les instituts de statistique publique, à l'instar de l'Insee. Ces données seront ensuite travaillées au moyen d'outils statistiques divers (tris croisés, régression linéaire, échantillonnage, etc.).
  • Les méthodes qualitatives : il s'agit des techniques d'enquête fondées sur la pratique sociale des individus, retracée à l'aide d'observations, participantes ou non, d'entretiens ethnographiques, voire d'immersion plus ou moins longue au sein de l'espace social étudié[3]. Les données ainsi recueillies seront ainsi analysées au moyen d'une théorie du monde social, c'est-à-dire une grille de lecture théorique de la vie en collectivité.

De manière plus générale, à la fois en héritage et en rupture de la philosophie, le sociologue se donne des concepts pour l'analyse du social. Toutefois, si l'activité conceptuelle en philosophie vise à la schématisation du réel, le sociologue utilise les concepts pour le découper. Ainsi, les notions d'habitus, de champ ou solidarité ne sont pas élevées au rang de choses pratiques mais servent à l'appréhension des faits sociaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Salvador Juan, « La sociologie française d’aujourd’hui : au cinquantième anniversaire de la création de la licence de sociologie à l’université française », Socio-logos . Revue de l'association française de sociologie, no 5,‎ (ISSN 1950-6724, DOI 10.4000/socio-logos.2500, lire en ligne, consulté le )
  2. voir Les Règles de la Méthode sociologique d'Émile Durkheim
  3. Stéphane Beaud et Florence Weber, Guide de l'enquête de terrain, Paris, La Découverte,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Rodriguez, Le pauvre et le sociologue. La construction de la tradition sociologique anglaise 19e-20e siècles, Presses Univ. Septentrion, 2007.
  • Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon, Jean Claude Passeron, Beate Krais, Le métier de sociologue. Préalables épistémologiques, 5e éd., Walter de Gruyter, 2005.
  • Michel Wieviorka, Julien Ténédos, Sociologue sous tension.Entretiens (La Courneuve), vol 1 de Sociologue sous tension : entretien, Michel Wieviorka, Aux lieux d'être, 2006.
  • Nuno Rarrye, Existe-t-il une explication des normes sociales? (¿Hay una explicación de las normas sociales?), P.U.F, Collection Major, 356 pages, 1972.
  • Marcel Fournier, Profession sociologue, P.U.M., 92 pages, 2011.
  • Cuin, C.-H., 2000. Ce que (ne) font (pas) les sociologues: petit essai d’épistémologie critique, Travaux de sciences sociales. Droz, Genève.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]