Jeremy Corbyn

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Jeremy Corbyn
Illustration.
Jeremy Corbyn en 2017.
Fonctions
Membre de la Chambre des communes
En fonction depuis le
(37 ans, 1 mois et 30 jours)
Élection 9 juin 1983
Réélection 11 juin 1987
9 avril 1992
1er mai 1997
7 juin 2001
5 mai 2005
6 mai 2010
7 mai 2015
8 juin 2017
12 décembre 2019
Circonscription Islington North
Législature 49e, 50e, 51e, 52e, 53e, 54e, 55e, 56e, 57e et 58e
Groupe politique Travailliste
Prédécesseur Michael O'Halloran
Chef de l'opposition officielle

(4 ans, 6 mois et 23 jours)
Monarque Élisabeth II
Premier ministre David Cameron
Theresa May
Boris Johnson
Gouvernement Corbyn
Législature 56e, 57e et 58e
Prédécesseur Harriet Harman
Successeur Keir Starmer
Chef du Parti travailliste

(4 ans, 6 mois et 23 jours)
Élection 12 septembre 2015
Réélection 24 septembre 2016
Prédécesseur Harriet Harman (intérim)
Ed Miliband
Successeur Keir Starmer
Biographie
Nom de naissance Jeremy Bernard Corbyn
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Chippenham (Wiltshire, Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Parti politique Parti travailliste
Diplômé de Adams' Grammar School

Jeremy Bernard Corbyn [ˈdʒɛɹɪmi kɔːbɪn][1], né le à Chippenham (Wiltshire), est un homme politique britannique.

Il est député pour Islington North à la Chambre des communes depuis 1983. Tenant de l’aile gauche du parti, opposant au New Labour de Tony Blair et à son orientation centriste, il remporte l’élection de 2015 à la direction du Parti travailliste et devient ainsi chef de l'opposition officielle.

Contesté par les cadres centristes de son parti au point de devoir remettre son mandat en jeu un an après son élection, il voit sa position stabilisée par sa réélection, notamment grâce à l'organisation Momentum, et mène son parti à un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis les débuts du blairisme à l'occasion des élections générales de 2017.

Critiqué par la suite pour son ambiguïté sur la question du Brexit, pour sa gestion des cas d'antisémitisme au sein du Labour ainsi que pour son orientation très à gauche, il essuie un revers face aux conservateurs de Boris Johnson aux élections générales de 2019, lors desquelles le Parti travailliste atteint un plus bas historique en termes de sièges. Après cette défaite, il quitte la direction du parti.

Famille[modifier | modifier le code]

Jeremy Corbyn naît le , dans le Wiltshire[2]. Son père est ingénieur, sa mère professeure de mathématiques[3].

Il entretient une relation avec la femme politique Diane Abbott à la fin des années 1970[4]. Il est marié trois fois ; son épouse actuelle est Laura Álvarez[5], une importatrice mexicaine de café issu du « commerce équitable ». Il a divorcé de sa deuxième femme chilienne, Claudia Bracchitta[6], qui souhaitait placer leurs fils dans une grammar school (école sélective de haut niveau éducatif payante) de Londres[7].

Formation et parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Il effectue sa scolarité à l’Adams' Grammar School à Newport dans le Shropshire[2]. Après son éducation secondaire, il travaille deux ans pour une organisation caritative de développement en Jamaïque, puis revient en Grande-Bretagne et travaille pour des organisations syndicales[8].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est encore à l'école, il rejoint le mouvement des jeunes socialistes de la branche locale du Parti travailliste dans la circonscription de The Wrekin[5]. Avant de se lancer dans la politique britannique au niveau national, Corbyn est élu conseiller municipal dans le borough londonien de Haringey[2].

Membre de la Chambre des communes[modifier | modifier le code]

Jeremy Corbyn en 2006.

Jeremy Corbyn est élu député dans la circonscription d'Islington-nord à la Chambre des Communes en 1983. Il est constamment réélu depuis[9].

Républicain[8] dès les années 1980, il est critiqué pour son soutien au Sinn Féin et à la cause de l'unification irlandaise[10]. Dans le même temps, il fait campagne contre l'apartheid en Afrique du Sud[8]. Il est membre de longue date et vice-président de la Campagne pour le désarmement nucléaire (CND) et publie une chronique hebdomadaire dans le journal socialiste The Morning Star[2].

Membre d'Amnesty International, il fait campagne en vain en 1999 pour que l'ancien dictateur-président du Chili Augusto Pinochet soit jugé au Royaume-Uni pour le meurtre d'un citoyen britannique, et extradé vers l'Espagne qui souhaite le juger pour crimes contre l'humanité[11],[2]. Végétarien[12],[13], il a également pris position pour les droits des animaux et pour une meilleure prise en compte du danger que pose à l'environnement le réchauffement climatique[2]. Corbyn est aussi l'un des principaux porte-parole de la campagne pour que les Chagossiens puissent avoir le droit de retourner à l'archipel des Chagos[14].

Sous les gouvernements travaillistes de Tony Blair (1997-2007), il dénonce publiquement ce qu'il perçoit comme les violations des droits de l'homme et des libertés publiques commises par ce gouvernement, notamment à l'encontre de candidats à l'asile politique[10]. Il est membre du comité de direction de la Stop the War Coalition, qui fait campagne contre la guerre d'Irak en 2003[2]. De 2005 à 2015, il vote à l'encontre des instructions du Whip travailliste à cent-quarante-huit reprises, « faisant de lui de loin le député socialiste le plus rebelle »[2].

Lorsque éclate en 2009 le scandale des dépenses des députés britanniques, il est l'un des députés les moins dépensiers de l'argent public[15].

À partir de 2013, il fait campagne contre le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TAFTA)[8].

Candidature à la direction du Parti travailliste[modifier | modifier le code]

Jeremy Corbyn à une manifestation en 2014.

En 2015, il est candidat à la direction du Parti travailliste, promettant une « politique anti-austérité ». Cette position le distingue des trois autres candidats (Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall)[8]. Soutenu par les principaux syndicats (qui souhaitent « enterrer le New Labour » de Tony Blair), il crée la surprise durant la campagne en étant donné favori par les instituts de sondages[16],[13],[17],[18].

Cette situation amène « l’appareil du Labour, acquis au libéralisme économique débridé et au retrait de l’État », à faire campagne contre lui[19]. Mi-août, Liz Kendall et Yvette Cooper appellent toutes deux leurs partisans à voter pour « n'importe qui sauf Corbyn »[20] ; Tony Blair affirme qu'une victoire de Corbyn mènerait à la « déroute, peut-être [à] l'annihilation » du parti, qui serait alors, à ses yeux, trop à gauche pour l'électorat[21] et certaines personnalités de l'aile blairiste du parti tentent de faire suspendre la primaire[7]. Outre l'appareil de son propre parti, la candidature de Corbyn rencontre l'hostilité de la presse britannique[22].

Jeremy Corbyn est élu le , dès le premier tour, avec 59,5 % des voix exprimées[23]. Il obtient la majorité des voix dans les trois collèges d’électeurs : les membres du parti, les adhérents des syndicats et les sympathisants qui pouvaient voter après avoir payé la somme de trois livres sterling[24]. Par là même, en tant que dirigeant du principal parti d'opposition au Parlement, il devient chef de l'Opposition officielle[25]. Son élection (saluée par les partis Podemos en Espagne et SYRIZA en Grèce, ainsi que par le Front de gauche en France) marque un retour aux racines socialistes du Parti travailliste, après le tournant centriste des années 1990[25],[26],[24]. Plusieurs membres du cabinet fantôme travailliste indiquent toutefois qu'ils ne travailleront pas avec lui[26].

Alex Nunns, dans Le Monde diplomatique, identifie trois groupes d'électeurs importants ayant mené à son élection : les jeunes, politisés par le débat autour des frais d'université, les participants du mouvement antiguerre et le monde syndical[27]. Le chercheur Fabien Escalona relève que « c’est le mécanisme de primaire ouverte, conçu par les modernisateurs comme un moyen de diluer l’influence des responsables et des activistes les plus « archaïques », qui aura favorisé l’ascension de l’un d’entre eux à la tête du parti »[28]. Il indique que « même si des militants d’âge mûr sont aussi mobilisés derrière Corbyn, il est incontestable que sa dynamique a pris appui sur des jeunes générations de militants dotés d’un haut niveau d’instruction, mais en butte à la précarité matérielle et révoltés contre l’absence de réelle alternative » : il s'agit selon lui d'un phénomène similaire au « mouvement lancé par Bernie Sanders » aux États-Unis, à « l’ascension de Podemos et des candidatures citoyennes » en Espagne, à « l’irruption du Mouvement 5 étoiles » en Italie, au « surgissement des Pirates et la progression heurtée du mouvement « rouge-vert » » en Islande, ou encore « à l’inattendu mouvement « Nuit debout » en France »[28].

Commentant son élection, le Premier ministre David Cameron déclare que « le Labour représente maintenant une menace pour notre sécurité nationale, pour la sécurité de notre économie et celle de votre famille[29] ». Le nombre d'adhérents du Parti travailliste augmente considérablement, passant de 190 000 à 300 000, puis atteignant 515 000 à la mi-2016, un an après son élection[30]. Le , un mouvement populaire intitulé Momentum pour soutenir sa ligne politique.

Chef du Parti travailliste et de l’opposition[modifier | modifier le code]

Dans son cabinet fantôme, tout en nommant John McDonnell, figure de la gauche du parti, au poste clé de chancelier de l'Échiquier fantôme, il s'efforce de rassembler les différents courants du parti[31],[32].

Le Parti travailliste enregistre une progression considérable de ses effectifs militants sous sa direction : près de 570 000 en 2018, soit 300 000 de plus qu'en 2015 ; à elle seule, l'organisation de jeunesse travailliste, Young Labour, compterait en 2018 davantage de membres que le Parti conservateur tous âges confondus[33]. Sous sa direction, le Parti travailliste ne remporte pas les élections législatives anticipées de 2017 mais connaît sa meilleure progression en proportion des voix depuis les élections de 1945[34]. Les adversaires de Jeremy Corbyn au sein du parti, qui prévoyaient un déclin électoral des travaillistes sous sa direction, renoncent ainsi à tenter une seconde fois de le destituer[35].

Élections de 2017[modifier | modifier le code]

En , dix mois après le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, la Première ministre conservatrice, Theresa May, décide de convoquer des élections législatives anticipées, alors que les conservateurs sont crédités du double des voix des travaillistes dans les enquêtes d'opinion. Lors de la campagne, après la publication d'un programme politique très à gauche, Jeremy Corbyn mène le Parti travailliste à l'élection. En remontée constante dans les enquêtes d'opinion pendant la campagne, le vote du se traduit par un gain modeste de 30 sièges par rapport à l'échéance précédente, mais d'un gain de 9,6 points et de plus de 3,5 millions de voix, offrant au Parti travailliste sa plus grande progression depuis les élections de 1945. Le Parti conservateur est privé de majorité, mais se maintient à la tête d'un gouvernement minoritaire.

Débats sur le Brexit[modifier | modifier le code]

Jeremy Corbyn en 2016.

Il prend position en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, tout en qualifiant l'accord obtenu en par David Cameron de « pur spectacle »[36]. D'après Mediapart, il se montre cependant « extrêmement réticent à se lancer dans la campagne référendaire »[37]. Si l'aile gauche du Parti travailliste a historiquement considéré la Communauté économique européenne puis l'Union européenne comme étant « anti-démocratique et anti-socialiste »[38], Corbyn souhaite que le Royaume-Uni demeure membre de l'Union européenne, mais que celle-ci soit réformée avec davantage de démocratie et de social[39]. Globalement, il apparaît comme eurosceptique dans un parti aux élus largement europhiles[40]. Clément Claret évoque « une théorie est très répandue, selon laquelle Corbyn est un eurosceptique qui aurait voté pour le Brexit dans le secret de l’isoloir », mais considère qu'il s'agit d'« une rumeur entretenue par ses détracteurs » et souligne qu'« il est assez difficile de dire ce que Corbyn pense vraiment », même s'« il n’a pas fait campagne de manière vigoureuse en 2016, pour le maintien » et que « les soupçons d’euroscepticisme, dans son entourage, sont plus encore plus élevés, à l’instar du conseiller Seumas Milne (en) »[41].

En , à la suite du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, lors duquel plus d'un tiers des votants travaillistes s'est prononcé pour le départ de l'Union européenne, il doit faire face à une contestation importante au sein du Parti travailliste : il limoge de son cabinet fantôme le ministre des Affaires étrangères, Hilary Benn, puis est confronté à la démission de la plupart des membres de son cabinet, qui l'accusent de ne pas s'être assez investi durant la campagne[42],[43]. Les principaux syndicats lui renouvellent leur soutien, et quelque 10 000 personnes se rassemblent devant le Parlement pour le soutenir, alors que les députés travaillistes se préparent à voter pour ou contre une motion pour le destituer[44],[45]. Une motion de défiance, non contraignante, est adoptée par les députés travaillistes le , par 172 voix contre 40[46]. Arguant qu'il a été élu par le parti dans son ensemble, et non pas par les députés, Jeremy Corbyn ne démissionne pas. Le , la députée Angela Eagle annonce qu'elle brigue la direction du parti ; elle devra recueillir le soutien d'au moins 20 % des députés et députés européens du parti pour enclencher une élection interne[47]. Finalement, Corbyn affronte Owen Smith après qu'Eagle lui apporte son soutien lors d'un scrutin se tenant d'août à . Il est réélu chef du parti avec 61,8 % des voix[48].

En , Jeremy Corbyn exprime son soutien à l'idée d'un second référendum pouvant annuler le Brexit. Si des députés hostiles au Brexit saluent sa décision, d'autres, favorables au Brexit, le critiquent[49],[50]. Neuf députés travaillistes issus de l’aile droite du Labour quittent le parti en reprochant à Jeremy Corbyn son ambiguïté face aux Brexit et sa responsabilité dans la montée de l'antisémitisme au sein du parti[51]. Huit de ces députés fondent « le Groupe indépendant » avec trois députés qui ont quitté le Parti conservateur en raison de la crise interne de celui-ci autour du Brexit[52],[53].

Jeremy Corbyn dépose le suivant une motion à la Chambre des communes visant à permettre à cette dernière d'initier une proposition de loi qui interdirait une sortie de l'Union européenne sans accord avec celle-ci. La motion, soutenue par tous les partis d'opposition et par dix députés conservateurs (dont notamment Kenneth Clarke, Justine Greening, Dominic Grieve, Sam Gyimah et Oliver Letwin) est toutefois rejetée par 309 voix contre 298, huit travaillistes favorables au Brexit (dont Caroline Flint et John Mann) ayant notamment voté contre[54],[55].

Le , il publie une proposition pour empêcher que le gouvernement conservateur de Boris Johnson ne sorte le Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord. Il demande aux députés hostiles à une telle sortie sans accord d'approuver une motion de censure qu'il déposerait contre le gouvernement à la Chambre des communes début septembre. Il demanderait alors la confiance de la Chambre pour devenir Premier ministre par intérim, avec un mandat très court destiné uniquement à lui permettre d'organiser des élections législatives anticipées. Durant la campagne pour ces élections, le Parti travailliste sous sa direction demanderait aux citoyens un mandat pour la tenue d'un nouveau référendum sur le Brexit. Si les travaillistes remportaient les élections, son gouvernement organiserait un référendum, qui proposerait une alternative entre la possibilité d'annuler le Brexit et un nouvel accord incluant une union douanière et l’alignement des normes de protection sociale et environnementale avec l’UE — ce que l'universitaire Clément Claret présente comme un « soft Brexit »[56],[41]. En , il déclare qu'il renégocierait un accord de sortie avec l’Union européenne dans les trois mois suivant son arrivée au pouvoir et qu’il resterait « neutre » pour le nouveau référendum qu'il souhaiterait organiser trois mois plus tard[57].

Son action pendant la crise autour du Brexit lui attire des critiques au sein de son parti, les sondages indiquant qu'une nette majorité d'électeurs travaillistes souhaite alors sa démission ; cependant, il parvient à faire repousser par les délégués du Labour une motion devant le conduire à faire campagne pour rester dans l’Union européenne[58],[59]. Clément Claret estime que « de manière générale, le Labour a du mal à faire entendre ses arguments dans ce débat, parce qu’il ne propose pas une solution toute faite, comme le font ses adversaires »[41].

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Jeremy Corbyn lors d'une rencontre avec le président des États-Unis, Barack Obama, en 2016.

Jeremy Corbyn a présidé le collectif « Stop the War », qui a organisé de grandes manifestations contre les guerres en Afghanistan et en Irak, et est considéré comme propalestinien[60]. Populaire au sein de la communauté musulmane, il a fait campagne auprès d'elle pour la primaire travailliste qu'il a remportée[60]. Impliqué auprès de la mosquée de Finsbury Park qui est située sur sa circonscription, il a, d'après Le Monde, « été l’un des acteurs majeurs de sa déradicalisation et de sa réouverture selon un processus suivi de près par Scotland Yard, après qu’elle eut été fermée en 2003 et son imam Abou Hamza, proche d’Al-Qaïda, arrêté pour terrorisme l’année suivante »[60]. Il se montre en 2016 très critique de l'intervention militaire saoudienne au Yémen, touché par une guerre civile, et demande, après qu'un tribunal des Nations unies l'a considérée contraire au droit international, qu'une enquête indépendante soit menée au sujet des ventes d'armes par le gouvernement britannique à l'Arabie saoudite. Il demande également à David Cameron de s'expliquer sur la présence de militaires britanniques côté saoudien[61]. En 2018, il est critiqué pour avoir été présent en 2014 à une cérémonie en hommage à des terroristes palestiniens du groupe Septembre noir éliminés par Israël après avoir assassiné des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Münich en 1972[62].

Il affirme « ne pas être un admirateur de la politique étrangère de Poutine » et considère que la Russie a violé la souveraineté de l’Ukraine en annexant la Crimée[63]. Bien qu'il ne soit en effet généralement pas considéré comme favorable au gouvernement russe, il est régulièrement invité sur le plateau de la chaîne russe RT, qui relaye la propagande du Kremlin. Il considère pour sa part que la chaîne est souvent plus objective que les médias occidentaux, et appelle ses partisans à la regarder[63].

Lors d’une conférence de presse tenue conjointement le à Londres avec le secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth, Jeremy Hunt, le Secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, déclare que le soutien apparent du président du Parti travailliste Jeremy Corbyn au président vénézuélien Nicolas Maduro est « dégoûtant ». En effet, contrairement au gouvernement britannique, le Parti travailliste a refusé de condamner le gouvernement de Maduro[64].

Accusation d'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Sous la direction de Jeremy Corbyn, le Parti travailliste est régulièrement critiqué pour ses liens avec « l'extrême gauche antisémite, voire négationniste » et d'avoir toléré des membres ou des partisans antisémites. Plusieurs membres du parti sont ainsi suspendus ou forcés de démissionner à la suite de déclarations controversées : c’est notamment le cas l’ancien maire de Londres Ken Livingstone[65]. Jeremy Corbyn présente ses excuses pour sa présence en 2014 à une conférence consacrée à la Palestine et à l'issue de laquelle un double hommage a été rendu à des dirigeants palestiniens, dont certains accusés d’être liés à la mort de onze athlètes israéliens en 1972, et aux dizaines de victimes d'un raid aérien israélien en 1985[66]'[67],[68]. Hostile au gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, il regrette publiquement en 2016 avoir précédemment qualifié le Hezbollah et le Hamas d'« amis ». Selon le New York Times, Jeremy Corbyn a laissé une vision démonologique d'Israël nourrir la haine des Juifs au sein du Parti travailliste[69],[70].

En , Jeremy Corbyn présente ses excuses pour n'avoir pas suffisamment reconnu le problème, et ajoute : « Je reconnais que l'antisémitisme a fait surface dans le Parti travailliste, et a trop souvent été minimisé […]. Ceci a peiné et blessé les membres juifs de notre parti, et plus largement la communauté juive du Royaume-Uni. Je suis sincèrement désolé pour la douleur provoquée, et je m'engage à redoubler d'efforts pour mettre fin à cette anxiété. […] Je serai toujours un opposant militant à l'antisémitisme »[71],[72],[73]. Il s'excuse également pour s'être opposé dans un commentaire sur Facebook en 2012 à la destruction d'une peinture murale à Londres figurant des banquiers au nez crochu jouant au Monopoly, et déclare n'avoir pas vu l'image de près et n'avoir donc pas compris à l'époque que la peinture jouait sur des thèmes antisémites[74],[75]. En , une commission parlementaire indique n'avoir pu établir « aucune preuve fiable et empirique attestant l’idée d’une prévalence plus prononcée des comportements antisémites au sein du Parti travailliste que dans les autres formations politiques ». Une enquête commandée par l’organisme Campaign Against Anti-semitism (CAA) en 2017 relève que les préjugés antisémites ont diminué au sein du Parti travailliste depuis 2015 et qu'ils y sont moins présents qu'au Parti conservateur et qu'au Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP)[76].

En 2018 et 2019, Jeremy Corbyn s'engage à plusieurs reprises à combattre les manifestations d'antisémitisme au sein du Labour[77],[72],[73],[78]. Cette mise au point intervient alors que le Parti travailliste a adopté la définition de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste, mais a reformulé quatre des onze exemples associés à cette définition, afin de préciser que critiquer les actions du gouvernement israélien n'est pas toujours un acte antisémite[79],[80]. Cette reformulation a conduit trois journaux juifs britanniques[81] à accuser de concert Jeremy Corbyn de poser « une menace existentielle » à la communauté juive[65]. En septembre, la direction du parti adopte l'intégralité des exemples mis en avant par l'AISH[82]. Tandis que le Jewish Labour Movement prend ses distances avec la direction du parti, l'organisation Jewish Voice for Labour[83], exprime son soutien à Jeremy Corbyn, soulignant ses « initiatives contre l'antisémitisme »[84].

En , la Commission pour l'égalité et les droits humains (EHRC) annonce qu'elle ouvre une enquête pour discrimination antisémite au sein du Parti travailliste, ayant reçu un nombre suffisant de plaintes sur le sujet. Le numéro deux du parti, Tom Watson, demande à la direction de s'assurer qu'aucune preuve ne soit détruite[85]. En , la diffusion d'un documentaire sur l'antisémitisme au sein du Parti travailliste par la BBC aggrave la crise[86] : Corbyn est interpellé sur le sujet à la fois par des organisations juives, 60 lords travaillistes et des employés du parti, qui se plaignent des attaques contre les lanceurs d'alerte[87].

Plusieurs personnalités travaillistes, indignées par cette situation, quittent le parti[51]. En particulier, neuf députés travaillistes quittent le parti au début de l'année 2019 en reprochant à Jeremy Corbyn sa responsabilité dans la montée de l'antisémitisme au sein du parti, son ambiguïté face aux Brexit et ses prises de position en matières de politique internationale[51]. Issus de l'aile droite du parti, ils s'étaient employés à contrer les initiatives de Corbyn et n'avaient pas obtenu l'investiture du Labour pour les élections générales de 2019[51]. En , une autre députée, Louise Ellman, démissionne du parti accusant Corbyn d'avoir laissé prospérer l’antisémitisme au sein de sa formation[88]. Le gouvernement israélien fait savoir, à l'occasion des élections générales britanniques de , qu'une arrivée au pouvoir de Jeremy Corbyn constituerait « une menace pour les relations entre les deux pays et un sujet d'inquiétude pour les Juifs britanniques »[89]. Le grand rabbin du Commonwealth, Ephraïm Mirvis, reproche quant à lui à Jeremy Corbyn d'avoir laissé le « poison » s’enraciner au sein du Parti travailliste[90].

Défaite historique de 2019[modifier | modifier le code]

Lors des élections générales anticipées de , Jeremy Corbyn tente de mettre l’accent sur le social et la défense du système de santé publique (NHS) alors que Boris Johnson mène campagne sur le Brexit, un sujet sur lequel Corbyn a une position jugée peu claire : eurosceptique historique, il fait en sorte de rallier les pro-UE, notamment les Libéraux-démocrates, en appelant à un référendum qui proposerait un nouvel accord de sortie plus favorable aux travailleurs et, comme alternative, le maintien dans l'Union. Ayant longtemps évité d'exprimer sa préférence entre les deux options, il déclare finalement qu'il ne prendrait pas position pendant une telle campagne[40].

Le , le Parti travailliste obtient son plus faible nombre d'élus depuis 1935 — tout en recueillant un plus grand nombre de voix qu'en 2015 et en 2010 ; son ambiguïté sur le Brexit, dans un scrutin dominé par cet enjeu, et son programme très orienté à gauche sont avancés pour expliquer ce résultat[91],[92],[93]. Selon le journaliste et activiste de gauche Aaron Bastani, le parti eut à affronter l'hostilité de la presque totalité des médias britanniques[94]. Si John McDonnell, bras droit de Jeremy Corbyn et tenant d'une ligne favorable à l'UE, prend sur lui la responsabilité de la défaite, en déclarant que « le désastre est de [son] fait », Fabien Escalona de Mediapart considère que « Corbyn n’était pas la marionnette de McDonnell », et souligne que « toute une fraction de la base militante qui le soutenait l’a poussé dans cette orientation qui s’est révélée si dommageable en sièges »[93]. Jeremy Corbyn annonce qu'il quittera ses fonctions après une période de « réflexion »[95]. Son successeur, élu par les membres du parti, est Keir Starmer, qui le remplace le 4 avril 2020 ; il l'emporte notamment sur Rebecca Long Bailey, tenante d'une ligne plus proche de celle de Jeremy Corbyn[96],[97].

Après la direction du Parti travailliste[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Chambres des communes[modifier | modifier le code]

Élection Circonscription Parti Voix % Résultats
Générales de 1983 Islington North Travailliste 14 951 40,4 Élu
Générales de 1987 Islington North Travailliste 19 577 50,0 Élu
Générales de 1992 Islington North Travailliste 21 742 57,4 Élu
Générales de 1997 Islington North Travailliste 24 834 69,3 Élu
Générales de 2001 Islington North Travailliste 18 699 61,9 Élu
Générales de 2005 Islington North Travailliste 16 118 51,2 Élu
Générales de 2010 Islington North Travailliste 24 276 54,5 Élu
Générales de 2015 Islington North Travailliste 29 659 60,2 Élu
Générales de 2017 Islington North Travailliste 40 086 73,0 Élu
Générales de 2019 Islington North Travailliste 34 603 64,3 Élu

Élections locales[modifier | modifier le code]

Date Conseil District Parti Voix Rang Résultats
1974 Haringey London Borough Council South Hornsey Travailliste 1 190 1er Élu
1978 Haringey London Borough Council Haringay Travailliste 1 729 2e Élu
1982 Haringey London Borough Council Haringay Travailliste 1 839 1er Élu

Orientations politiques[modifier | modifier le code]

Propositions formulées en 2015[modifier | modifier le code]

Corbyn en 2007.

Ses propositions principales, lorsqu'il brigue la direction du parti en 2015 (et donc la possibilité de mener les travaillistes aux prochaines élections législatives en 2020), incluent[99],[6] :

Économie[modifier | modifier le code]

Jeremy Corbyn se positionne contre l'austérité et propose une stratégie économique fondée sur l'investissement. Pour relancer l'économie et rompre avec l'austérité, il promet en 2016 de prélever 500 milliards de livres sterling dans l'économie[100] : renationaliser en partie les chemins de fer, les compagnies énergétiques, renflouer les caisses du National Health Service sont certaines de ses propositions. Afin de lutter contre les inégalités, il promet d'introduire un salaire minimum horaire de 10 livres[101]. Il entend aussi lutter contre la fraude fiscale en investissant un milliard de livres dans la HMRC, organisme non-ministeriel du gouvernement et responsable de la collecte des taxes et des cotisations à la sécurité sociale.

Interrogé par Andrew Marr sur sa vision du capitalisme, il répond qu'il ne veut pas d'une économie socialiste ou dirigiste, mais d'une « économie mixte », avec un État régulateur qui investit dans certains secteurs clés de l'économie comme la santé, l'éducation ou les transports et qui permette d'atténuer les inégalités sociales[102],[103]. Des économistes comme Steve Keen écrivent dans une lettre au journal The Guardian que, contrairement à ce qui se dit chez ses opposants, les propositions anti-austéritaires de Corbyn ne sont pas d’extrême gauche[104]. Le modèle qu'il propose serait éloigné du marxisme et post-keynésianiste[105],[106],[107].

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Lors d'un discours en , Jeremy Corbyn inclut parmi les points clefs de sa politique étrangère une participation britannique aux missions onusiennes de maintien de la paix, une répression des paradis fiscaux notamment pour « aider à protéger l'autonomie fiscale des pays en développement », un soutien fortement accru aux réfugiés, et un engagement plus fort dans la lutte contre le réchauffement climatique. Plus généralement, ses prises de position favorisent le respect du droit international, le multilatéralisme dans la résolution des conflits, et la nécessité de résoudre les problèmes de pauvreté et d'inégalité dans le monde[108].

Propositions formulées en 2019[modifier | modifier le code]

Le , s'adressant à la conférence annuelle du Parti travailliste, Jeremy Corbyn prévoit des élections législatives anticipées et présente quelles positions le parti s'est engagé à y défendre sous sa direction[109] :

  • empêcher un Brexit sans accord, et organiser à la place un second référendum où les citoyens britanniques puissent décider entre approuver un accord de sortie que négocierait son gouvernement ou bien annuler le Brexit et permettre au Royaume-Uni de rester membre de l'Union européenne ;
  • renforcer le financement des services publics (Service national de Santé, écoles, service de police...) ;
  • permettre aux employés des grandes entreprises de bénéficier directement des profits de ces entreprises, avec un dividende pouvant aller jusqu'à £500 par an par employé selon le montant de ces profits ;
  • interdire les contrats zéro heure ;
  • relever à £10 par heure le salaire minimum pour qu'il permette à tout employé de vivre décemment, et l'appliquer également aux employés nouvellement recrutés et aux jeunes employés (à partir de l'âge de 16 ans) ;
  • agir (sans plus de précision) sur les inégalités de revenu qui affectent les femmes, les personnes handicapées et les personnes issues de minorités ethniques ;
  • permettre aux employées qui le souhaitent d'avoir des horaires de travail flexibles durant leur ménopause ;
  • abroger la loi de 2016 qui restreint les modalités d'action collective des syndicats ;
  • (re-)nationaliser les chemins de fer, le service postal (Royal Mail), les services d'eau et d'électricité ;
  • créer une entreprise publique de fabrication de médicaments génériques à un coût abordable pour le Service national de Santé (NHS) ; n'accorder de financement public à la recherche aux entreprises pharmaceutiques que si elles vendent leurs médicaments au NHS à un coût abordable ;
  • créer un Service national de l'Éducation sur le modèle du Service national de Santé ; abroger les frais d'inscription à l'université, mettre en place des formations techniques et professionnalisantes gratuites, mettre en place un service gratuit de garde d'enfant ;
  • au moyen d'une « stratégie industrielle », investir £250 milliards à travers le pays dans l'amélioration des infrastructures de transport, d'énergie et d'accès à Internet, et investir également £250 milliards dans les entreprises et les coopératives pour redynamiser l'économie et l'emploi, notamment dans les régions qui en ont le plus besoin ;
  • investir « massivement » dans les énergies renouvelables et les technologies vertes pour permettre la création de « centaines de milliers d'emplois hautement qualifiés et bien payés » ainsi qu'atteindre à terme la neutralité carbone de l'économie britannique ;
  • avoir une politique étrangère définie par « notre engagement pour les droits de l'homme et la justice internationale » et refuser de participer à des guerres à l'étranger ;
  • financer en partie ces mesures en accroissant les impôts uniquement pour les grandes entreprises et les 5% de contribuables les plus fortunés.

Distinction[modifier | modifier le code]

En , le Bureau International de la paix lui décerne le Prix Sean MacBride pour son engagement contre les armes nucléaires[110].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]