Julian Assange

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Julian Assange
RUEDA DE PRENSA CONJUNTA ENTRE CANCILLER RICARDO PATIÑO Y JULIAN ASSANGE - 14953880621.jpg
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Julian Paul AssangeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Julian Paul HawkinsVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
ProffVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Australien, Équatorien ( - )Voir et modifier les données sur Wikidata
Domiciles
Melbourne, Magnetic Island, ambassade de l’Équateur au Royaume-Uni (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Central Queensland University (en)
Université de MelbourneVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
John Shipton (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Christine Ann Assange (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Partis politiques
The Wikileaks Party (en) (-)
Sans étiquette (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamné pour
Défaut de comparution (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieux de détention
Distinctions
Liste détaillée
Index Award ()
Sam Adams Award ()
Gold medal for Peace with Justice (d) ()
Martha Gellhorn Prize for Journalism (en) ()
Courage Award for the Arts ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Julian Assange /ˈʤuːlɪən əˈsɑːnʒ/[1], né le à Townsville, est un informaticien et cybermilitant australien.

Il est surtout connu comme fondateur, rédacteur en chef et porte-parole de WikiLeaks. Devant la menace d'une extradition aux États-Unis, où il fait l'objet de poursuites judiciaires, il vit réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres entre 2012 et 2019. Le président équatorien, Lenín Moreno, le déchoit en de la nationalité équatorienne — obtenue l’année précédente — et met fin à son droit d'asile ; la police britannique est alors invitée à pénétrer dans l'ambassade équatorienne, où il est arrêté. Les États-Unis demandent immédiatement son extradition.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et famille[modifier | modifier le code]

Julian Paul Assange affirme être né sur Magnetic Island[2],[3], au large de Townsville (Australie), où il passe une grande partie de son enfance ; Interpol prétend qu'il est né à Townsville même[4]. Alors qu'il a un an, sa mère, Christine, se marie avec le directeur de théâtre ambulant Brett Assange[5],[6] qui, bien que n'étant pas son père biologique, le reconnaît légalement et lui donne son nom. Son père biologique serait « un jeune homme, rencontré à Sydney, lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam[7]. »

En 1979, sa mère se remarie avec un musicien, « fils présumé d'Anne Hamilton-Byrne[8] », fondatrice de la secte New Age Kia Lama[9],[10],[11]. Le , au cours de l’émission Mise au Point[12] diffusée par la Télévision suisse romande, Julian Assange évoque son enfance, ainsi que les constantes pérégrinations qui l’ont amené — lui, sa mère et son demi-frère — à devoir fuir ce qu’il appelle « la secte d’Anne Hamilton-Byrne (Association du parc Santiniketan)[13],[12],[8] ».

En 1982, le couple divorce après la naissance du demi-frère de Julian. Les parents se disputent sa garde. Sa mère s'enfuit avec ses enfants et les cache pendant cinq ans. Cette vie d'errance conduit Assange à fréquenter 37 écoles différentes[12],[14].

À l'âge de 18 ans, Julian Assange emménage avec sa compagne ; elle donne naissance à leur fils Daniel[3],[15].

Informatique et études universitaires[modifier | modifier le code]

Julian Assange en 2006.

En 1993, Assange participe au lancement de l'un des premiers fournisseurs de services Internet grand public en Australie, Suburbia Public Access Network. À partir de 1994, il exerce des activités en tant que programmeur et développeur de logiciels libres. En 1995, il écrit le logiciel Strobe, un scanner de port. En 1996, il contribue à l’écriture de plusieurs correctifs pour le projet PostgreSQL[16]. Assange a participé à la rédaction du livre Underground: Tales of Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier (en) (« Dans la clandestinité : contes du piratage, de la folie et de l’obsession à la frontière électronique ») (1997), qui relate ce qu'il a vécu avec le groupe des International Subversives. Il co-invente, à partir de 1997, le système de chiffrement niable Rubberhose, un concept de cryptographie élaboré dans un progiciel pour GNU/Linux et conçu pour fournir un déni plausible contre la cryptanalyse du tuyau de caoutchouc (en). À l’origine, dans l’esprit d'Assange, ce système devait constituer « un outil au service des personnes œuvrant en faveur des droits de l’homme, et qui avaient besoin de protéger des données sensibles dans ce domaine ». Parmi les autres logiciels qu’il a écrits ou coécrits, on compte le logiciel de mise en cache NNTPCache pour Usenet et Surfraw (en), une interface en ligne de commande pour les moteurs de recherche Web. En 1999, Assange enregistre le nom de domaine leaks.org, « mais », dit-il, « ensuite, je n’en ai rien fait ».

Le , dans un entretien télévisé accordé à la Radio télévision suisse, il décrit ses premiers pas d'informaticien, grâce au Commodore 64 offert par sa mère[17]. Il a par la suite utilisé un ordinateur Amiga pour ses premières activités de hacking[18],[19].

Il utilise comme pseudo de hacker « Mendax » (menteur en latin) puis « Proff ». Ce dernier nom ferait allusion au roman Cryptonomicon de l'auteur de science-fiction américain Neal Stephenson[20].

Assange a fréquenté six universités. De 2003 à 2006, il étudie la physique et les mathématiques à l'université de Melbourne. Il a également suivi des études de philosophie et de neurosciences.

Débuts de WikiLeaks[modifier | modifier le code]

Assange est connu pour ses actions au sein de l'organisation WikiLeaks[21] (« leaks » signifie « fuites » en anglais), il participe au conseil d'administration. Il est également l'un de ses porte-parole les plus connus. Il serait même le fondateur[22] (même s'il ne se présente pas ainsi[23]) et responsable du site Web de WikiLeaks[24]. Il possède un droit de veto sur la publication de tout document soumis à WikiLeaks[25]. Début 2010, il déclare qu’aucun des cinq membres du personnel de WikiLeaks ne perçoit de salaire[23].

En octobre 2010, il reçoit le soutien de Daniel Ellsberg qui, en 1971, avait été à l'origine de la divulgation des Pentagon Papers. Le 18 octobre 2010, les autorités suédoises rejettent sa demande de permis de travail et de résidence, alors qu'il avait spécifiquement opté pour la Suède, afin de bénéficier de la protection des sources des journalistes, à propos desquelles la législation de ce pays est particulièrement stricte[26]. Ce rejet intervient au moment où WikiLeaks s'apprêtait à publier des documents sur la guerre d'Irak[27].

Julian Assange a publié plusieurs millions de documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l'armée américaine en Irak sur le site WikiLeaks. Il a également dénoncé les circuits de corruption de dictateurs africains ou de certaines compagnies russes offshore.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Julian Assange a une philosophie crypto-anarchiste qui constate une asymétrie d'information entre les pouvoirs publics et les citoyens et que cette asymétrie profite essentiellement aux États. Cela signifie que les États sont, d’une part, en mesure de contrôler une grande partie des communications de leurs citoyens, et qu’ils tentent, d’autre part, de garder secrets de larges pans de l'information dont ils disposent.

Partant de ce constat, Assange estime que les innovations techniques proposées par Internet offrent désormais la possibilité d'inverser l'asymétrie observée en déployant une stratégie reposant sur deux axes essentiels.

Le premier de ces axes vise à protéger les informations à caractère personnel des citoyens par des moyens cryptographiques, moyens cryptographiques au développement desquels Assange a d’ailleurs déjà contribué activement et qu’il s’est attaché à diffuser gratuitement (voir supra). De tels moyens sont susceptibles de restreindre très fortement l'influence et le contrôle qu’exercent les États sur leurs citoyens.

Le second axe vise, lui, à organiser la publication-divulgation systématique des connaissances dont disposent les États et leurs dirigeants et de parvenir ainsi à une minimisation de la fonction étatique conçue en tant qu’autorité maîtrisant l'information. Pour Julian Assange, « l’organisation de fuites constitue une action intrinsèquement anti-autoritaire[28] ».

Partant du constat que les guerres du XXe siècle sont souvent parties de diffusion d'informations maîtrisées par les dirigeants qui voulaient la guerre, Assange déclare : « cela signifie que les populations n’aiment pas les guerres et qu’il faut leur mentir. Cela signifie que la vérité peut nous emmener vers la paix[29]. ».

L'asymétrie d'information constatée entre les autorités publiques et les citoyens constitue une grille de lecture que Julian Assange entend, dans le sillage d'un nombre croissant d'économistes, appliquer également à la compréhension du mode de fonctionnement des entreprises ; l'objectif final restant néanmoins pour Assange de corriger les défauts d'une telle asymétrie et, ce faisant, de mettre éventuellement à nu le cynisme susceptible d'en découler.

Principales affaires[modifier | modifier le code]

Assange aux New Media Days 09 à Copenhague.

Poursuites judiciaires aux États-Unis pour publications de documents classifiés[modifier | modifier le code]

En , WikiLeaks publie des documents classifiés sur la guerre d’Irak et notamment la vidéo Collateral murder.

Les autorités des États-Unis commencent à enquêter sur WikiLeaks et Assange en vertu de la loi sur l'Espionnage de 1917[30], ce que confirme en novembre 2010 le ministre de la Justice américain, Eric Holder. Un grand jury est constitué à Alexandria en Virginie[31],[32].

Chelsea Manning, l'analyste militaire qui a fourni les documents, sera condamnée pour espionnage, en 2013, à 35 ans de prison.

En outre des enquêtes sont lancées contre Assange par plusieurs agences gouvernementales[33], notamment le FBI[34]. Des documents judiciaires publiés en mai 2014 montrent que Assange était encore sous enquête « active et permanente » à cette date[35].

Selon d'autres documents publiés en 2014 par Edward Snowden, le gouvernement des États-Unis a inscrit Assange sur sa liste des personnes les plus recherchées (2010 Manhunting Timeline)[36] et a demandé à ses alliés d'ouvrir des enquêtes pénales contre lui[37]. Ces mêmes documents incluent une proposition de la NSA de traiter WikiLeaks comme un « acteur étranger malveillant ».

En , le site de WikiLeaks rapporte que trois de ses membres ont reçu un avis de Google les informant que cette entreprise avait dû, en avril 2012, remettre à la justice fédérale leur e-mails et métadonnées[38], du fait d'un mandat émis pour espionnage, complot en vue de commettre de l'espionnage, vol ou soustraction de biens appartenant au gouvernement des États-unis, violation du Computer fraud and Abuse Act, et conspiration générale — chefs d'accusation pouvant valoir jusqu'à 45 ans de prison.

En , des réquisitions judiciaires confirment que les poursuites contre Wikileaks restent en cours[39]. En , un fonctionnaire déclare à CNN que l'acte d'accusation formel contre Assange est en cours de rédaction[40].

L’analyste politique Bob Beckel déclare en sur Fox News qu'il faudrait éliminer Julian Assange en disant : « un homme mort ne peut plus divulguer quoi que ce soit. Ce type est un traître, et il a désobéi à toutes les lois des États-Unis. Ce type devrait — je veux dire, je ne suis pas pour la peine de mort, il n’y a qu’une chose à faire, tirer sur ce fils de pute illégalement[41] ». La même année, Donald Trump, déclare souhaiter qu’il soit exécuté. Christopher Matthews, ancien membre de la direction du Parti démocrate et animateur-vedette de la chaîne MSNBC, estime que les services secrets américains devraient « agir à l’israélienne et enlever Assange »[42].

Le , Michael Ratner (en), avocat d'Assange à New York, meurt d'un cancer[43],[44].

Les États-Unis décident le d’inculper Julian Assange pour espionnage[45].

Suisse : potentielle demande d'asile et rejet d'un compte bancaire[modifier | modifier le code]

Assange évoque son intention de solliciter l’asile politique en Suisse dans un entretien télévisé accordé à la RTS le 4 novembre 2010[46]. Au début du mois suivant, des comptes en banque destinés à la collecte de fonds pour la défense de Julian Assange sont consignés chez PostFinance[47].

Mais le , Donald S. Beyer, ambassadeur des États-Unis à Berne, met en garde le gouvernement suisse contre les conséquences qui pourraient découler d'un octroi de l'asile politique à Julian Assange[48],[49]. Le même jour, le porte-parole de PostFinance fait part de la nécessité de procéder à des investigations complémentaires, pour vérifier l’authenticité de l'adresse légale en Suisse communiquée par le souscripteur, en raison des doutes qui entoureraient sa légitimité, voire son existence factuelle[50],[51],[52].

Le , PostFinance décide de clôturer le compte de Julian Assange, pour cause de renseignements erronés[47],[53].

Mandat d'arrêt suédois pour délit sexuel et exil[modifier | modifier le code]

Le , la justice suédoise révèle suspecter Julian Assange de délits sexuels (viol mineur)[54],[55] à l'encontre de deux femmes suédoises. Les deux femmes, amies, ont fait une déposition commune auprès du commissariat local quelques jours après avoir eu des relations sexuelles séparées et répétées avec Julian Assange[56]. Quelques heures après l'émission du communiqué de presse, le Parquet lève l'avis de recherche « estimant qu'en fait M. Assange « n'était pas suspect de viol ». En revanche, l'enquête pour agression se poursuit[56]. » Julian Assange nie formellement les faits, et reconnaît avoir eu une relation sexuelle, consentie, avec les deux femmes. Ces dernières ne nient pas que la relation était initialement consentie, mais affirment qu'Assange aurait retiré son préservatif sans qu'elles l'y aient autorisé. De nombreux sites de presse rapportent que selon son avocat, Assange ne serait pas poursuivi pour un délit de « viol », mais pour un délit de « sexe par surprise » ou « viol mineur[57],[58] ». Le refus d’arrêter immédiatement les ébats après la rupture d'un préservatif est un acte condamnable en droit suédois[59],[60],[58].

Cette accusation survient peu de temps après que WikiLeaks a publié 77 000 documents confidentiels de l'armée américaine sur la guerre en Afghanistan[56], déclenchant la « fureur du Pentagone », puis annoncé, le , vouloir en publier 15 000 nouveaux. Cette concomitance ne semble pas fortuite à certains commentateurs. « Cette affaire ressemble fort à un coup tordu des services, à l'ancienne », affirme, par exemple, Le Canard enchaîné[61].

Le , quelques jours après les révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks, le parquet suédois, après avoir abandonné les poursuites et l'avoir autorisé à quitter le territoire, émet un mandat d'arrêt[62] à des fins d'interrogatoire contre Julian Assange, afin de l'interroger sur des suspicions de « viol mineur »[54] et d'agression sexuelle[63]. Julian Assange se déclare prêt à être interrogé.

Le , alors qu'il se rendait à une convocation judiciaire concernant cette affaire, Assange est arrêté par la police britannique, qui lui fait savoir son intention de l'extrader vers la Suède.

Une semaine après son arrestation, Julian Assange bénéficie d'une décision de remise en liberté surveillée sous réserve du paiement d'une caution fixée à hauteur de 240 000 £ (282 000 )[64]. La décision contestée par l'accusation est confirmée en appel par la Haute Cour de justice de Londres le 16 décembre 2010[65]. Un comité de soutien, qui réunit des personnalités comme Michael Moore[66], Ken Loach, Jemima Khan ou Bianca Jagger[65], se mobilise pour réunir la caution requise et obtenir la libération effective de Julian Assange[67].

Le , après le versement d'une caution de 282 000  exigée pour sa libération conditionnelle, Julian Assange est libéré mais doit porter un bracelet électronique[68].

Finalement, Julian Assange fait appel devant la Cour suprême du Royaume-Uni, récemment créée, laquelle rejette en mai 2012 sa demande de ne pas être extradé vers la Suède, considérant ainsi que le mandat d'arrêt européen lancé contre Assange pour interrogatoire est valide[69].

Interviewé sur CNN, il réfute la pertinence de la procédure pénale à son encontre (il n'est d'ailleurs pas mis en examen)[70], déclarant comme infondées les accusations portées contre lui, puis ajoute : « On ne peut pas mettre sur le même plan l'énormité des informations que je révèle, concernant la mort de 109 000 civils en Irak, avec les accusations triviales portées contre moi ». Depuis le , il est l'objet d'un mandat d'arrêt international de la part de la Suède relayé par Interpol[71],[72],[73] pour cette affaire[74].

Le 13 mai 2019, la justice suédoise rouvre l'enquête pour viol[75].

Refuge à l'ambassade de l'Équateur à Londres[modifier | modifier le code]

Du 19 juin 2012 au 11 avril 2019, date de son arrestation par la police britannique[76], Julian Assange vit reclus dans une pièce exiguë aménagée en studio, au sein de l'ambassade de l'Équateur à Londres (en), qui lui accorde l'asile. Ne pouvant sortir et recevant peu de visiteurs, il y séjourne dans des conditions qu’il relate comme éprouvantes[77],[78].

Poursuivi par la justice britannique du fait d'un mandat suédois, il est entré dans cette ambassade le 19 juin 2012 pour y déposer une demande d'asile politique. Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, confirme alors la demande, déclare que son gouvernement va l'étudier et qu'en attendant Julian Assange peut rester à l'intérieur de l'ambassade[79],[80],[52].

Le Metropolitan Police Service de Londres explique que Julian Assange a violé les obligations de sa liberté conditionnelle, et qu'il sera arrêté dès que possible[81]. L'Équateur analyse sa requête, mais doit démontrer qu'il a été persécuté dans son pays d'origine, à savoir l'Australie.

Le , le ministre des Affaires étrangères de l'Équateur, M. Ricardo Patiño, annonce que l’Équateur accorde l'asile politique à Julian Assange[82] malgré des pressions insistantes du Royaume-Uni[83].

S'exprimant au balcon de l'ambassade équatorienne à Londres le , Julien Assange déclare « WikiLeaks est sous le coup de menaces, tout comme la liberté d'expression et la santé de l'ensemble de nos sociétés. Les États-Unis doivent renoncer à la chasse aux sorcières lancée contre WikiLeaks »[84].

Le ministère des Affaires étrangères britannique fait savoir qu'il va faire arrêter M. Assange en vue de son extradition dès qu'il posera le pied dehors. L'ambassade équatorienne occupe seulement une partie de son immeuble, les escaliers, les ascenseurs et la porte d'entrée n'en font pas partie. Scotland Yard affirme dépenser 65 000  par jour pour surveiller le pâté de maisons à l'aide de deux camionnettes et 50 hommes, dont plusieurs à l'intérieur du bâtiment[85],[52].

En avril 2014, Scotland Yard affirme qu'en presque deux ans passés à l'ambassade, les coûts de surveillance policière se sont élevés à 5,9 millions de livres[52] (plus de sept millions d'euros). Ces charges sont le résultat d'une garde ininterrompue effectuée par trois agents, coûtant chacun 11 000 livres par jour (plus de 13 000 euros). Plusieurs députés, dont Jenny Jones, se sont insurgés contre ces dépenses[86].

Le , les accusations d'agression sexuelle sont prescrites, mais Julian Assange reste enfermé dans l'ambassade d'Équateur où il s'est réfugié (voir ci-dessus), disant craindre une extradition vers les États-Unis[87] et toujours sous le coup du mandat d'arrêt international lancé par la Suède, malgré l'avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU rendu le , après un an et demi d’enquête, qui estime qu’il est victime d’une détention arbitraire et demandant qu'il retrouve sa liberté de mouvement[88],[89]. Le , le tribunal suédois chargé de l'affaire confirme le mandat d'arrêt européen pour les faits présumés de viol qu'il aurait commis. Ses avocats annoncent dans la foulée faire un recours devant la Cour Suprême[90].

Les 14 et 15 novembre 2016, Julian Assange fait sa première déposition auprès d’Ingrid Isgren, magistrate suédoise, dans les locaux de l'ambassade équatorienne[91],[92]. Il y expose les accusations dont il fait l'objet, et le contexte politique et journalistique entourant la publication des câbles diplomatiques américains[93],[94].

Le parquet suédois annonce abandonner les poursuites pour viol contre Julian Assange le [95]. L'affaire est classée sans suite en raison de la longueur de la procédure.

Implication dans l’élection présidentielle américaine de 2016[modifier | modifier le code]

Assange s'implique dans la campagne présidentielle américaine de 2016, d'une part par ses jugements sur Hillary Clinton, d'autre part avec des documents révélés par Wikileaks.

Sur Hillary Clinton, Assange écrit en février 2016 sur WikiLeaks : « J’ai des années d'expérience dans le suivi d'Hillary Clinton et j'ai lu des milliers de ses courriels. Hillary manque de jugement et poussera les États-Unis dans des guerres stupides et sans fin, qui propageront le terrorisme. »[96] Cependant il ne soutient pas son adversaire, disant qu'entre elle et lui, « c'est comme choisir entre le choléra et la gonorrhée »[97],[98],[99].

Quant aux fuites, WikiLeaks rend public le , durant l'élection primaire du parti Démocrate, le contenu des courriels envoyés et reçus sur le serveur personnel de Clinton lorsqu'elle était secrétaire d'État ; ces documents avaient été remis par le Secrétariat d'État en février 2016 à la suite d'une demande basée sur le Freedom of Information Act[100]. Puis le , WikiLeaks publie des courriels et des documents du Comité national démocrate qui, révélant des biais contre le candidat Bernie Sanders, conduisent à la démission du président du parti Debbie Wasserman Schultz[101],[102].

Le 26 août 2016, au micro de Fox News, Assange accuse Hillary Clinton d'être à l'origine de l'hystérie antirusse, après que le parti Démocrate et des experts en cybersécurité ont affirmé que les fuites de Wikileaks provenaient des services secrets russes[103] ; ce qu'il dément absolument[104],[105],[106].

Le 7 octobre 2016, sur WikiLeaks, Assange publie un communiqué de presse accompagnant plus de 2 000 courriels de John Podesta, le président de la campagne démocrate soutenant Clinton[107]. Ces courriels, datant de 2007 à 2016, révèlent des extraits d'une conférence, payée par Goldman Sachs, de Clinton en 2013[108], explicitant sa relation à Wall Street et la mettant en difficulté vis-à-vis de son électorat populaire[109],[110]. Cette publication avait été précédée trois jours plus tôt d'une vidéo conférence télévisée célébrant à Berlin le dixième anniversaire de Wikileaks, où depuis Londres Assange annonçait que ces informations contre Clinton, qu'il appelait « The October Surprise », couleraient sa candidature[111].

Le 16 octobre 2016, après la publication des discours d’Hillary Clinton à Goldman Sachs, le gouvernement équatorien bloque l’accès internet de Julian Assange que lui fournissait l’ambassade pour qu'il n'interfère plus dans l’élection présidentielle américaine du 8 novembre, tout en réaffirmant l’asile politique qui lui est accordé[112].

La communication de Wikileaks amène les commentateurs politiques considérer que l’organisation fait « ouvertement campagne pour le candidat républicain »[113]. À la veille de l'élection présidentielle, Assange publie un communiqué réfutant l'accusation de parti pris en affirmant ne pas avoir « reçu d’information critique sur Donald Trump », le candidat républicain opposé à Hillary Clinton[114].

Le le Comité du sénat américain pour le renseignement adresse une lettre à Julian Assange pour l'inviter à apporter son témoignage « en temps et lieu convenant aux deux parties » à l'enquête sur les présumées interférences de la Russie lors de l'élection présidentielle de 2016[115].

Théorie du complot après la mort de personnes liées au comité national démocrate[modifier | modifier le code]

Le , Seth Rich (en), informateur d'Assange au sein du Comité national démocrate (DNC), est tué par balles dans le dos[116],[117]. Trois autres personnalités liées au DNC meurent sur une période de six semaines, dont John William Ashe, le , asphyxié par une barre de musculation dans sa maison. Ces décès alimentent une théorie du complot selon laquelle ces personnes allaient témoigner contre Hillary Clinton, ce qui n’est pas vraisemblable selon le site Snopes, spécialisé dans la vérification de rumeurs[118].

Mandat d’arrêt britannique[modifier | modifier le code]

Julian Assange s’est réfugié en 2012 dans l’ambassade équatorienne de Londres alors qu’il était en liberté sous caution au Royaume-Uni. Un mandat d'arrêt est donc émis contre lui, pour ne pas avoir respecté les clauses de sa liberté sous caution[119],[120].

Le 18 avril 2016, John Jones, avocat d'Assange au Royaume-Uni, meurt percuté par un train[121].

Après l’arrêt de la procédure suédoise en , subsiste le mandat d’arrêt britannique[119]. Le , l'Équateur délivre à Julian Assange la nationalité équatorienne[122],[123].

Assange parle sur les marches de la Cathédrale Saint-Paul de Londres le 16 octobre 2011.
Ambassade de l'Équateur à Londres, 16 août 2012.

Le 6 février 2018, la justice britannique refuse à Julian Assange la levée du mandat d’arrêt à son encontre[119] ; elle s'est prononcée à nouveau sur le maintien de ce mandat d’arrêt le 13 février et a décidé que son maintien n'allait « pas à l’encontre de l’intérêt public »[124].

Quelques jours plus tard, le quotidien The Guardian révèle que depuis 2013 la justice suédoise souhaitait clore l'affaire mais subissait des pressions britanniques[125].

Le 27 mars 2018, le gouvernement de l’Équateur suspend les communications d'Assange avec l'extérieur. Cette décision sanctionne la « violation de son engagement, pris à la fin de 2017, de ne pas émettre des messages comportant une ingérence dans les affaires d'autres États »[126]. Le 20 juillet 2018 le président équatorien Lenín Moreno se rend à Londres. Selon le journaliste Glenn Greenwald, cette visite pourrait donner lieu à un accord entre le Royaume-Uni et l’Équateur aux termes duquel Assange serait expulsé de l'ambassade et remis aux autorités britanniques[127].

Arrestation à l'ambassade de l'Équateur à Londres[modifier | modifier le code]

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Le , Assange est arrêté dans l'enceinte de l'ambassade par la police britannique (Metropolitan Police Service)[128],[76]. Il y était confiné depuis 2 487 jours[129]. Visiblement affaibli, il est porté par six policiers et embarqué à bord d’un fourgon de police. Selon un communiqué de la police britannique, c’est l’ambassadeur d’Équateur lui-même qui a « invité » les policiers à se rendre dans ses locaux. Le président équatorien, Lenín Moreno, évoque une décision « souveraine après les violations répétées des conventions internationales et des protocoles de cohabitation » au sein de l'ambassade. La nationalité équatorienne d’Assange est également révoquée[130].

En pleine tourmente du Brexit, la Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, déclare devant les députés que « personne n'est au-dessus des lois ». Le secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth, Jeremy Hunt, ajoute que Julian Assange « a fui la vérité pendant des années et il est juste que son avenir soit décidé par le système judiciaire britannique »[131].

Possible extradition vers les États-Unis[modifier | modifier le code]

Les États-Unis demandent l’extradition de Julian Assange pour être jugé pour piratage informatique. Sous l’administration Obama, les États-Unis ont fait de son arrestation une « priorité », quand Hillary Clinton était secrétaire d'État[132]. Cette dernière se déclare satisfaite de cette arrestation en estimant qu'il était temps qu'Assange s'explique devant la justice[133].

Une seule charge est retenue par les États-Unis contre Julian Assange[134]. Il s'agit d'une inculpation liée à l'aide qu'il aurait fournie à Chelsea Manning pour éviter d'être identifiée lorsqu'elle s'est introduite dans le système informatique de l'armée américaine[135]. C'est donc un crime informatique et non un acte de trahison ou d'espionnage qui est reproché à Assange.

Les journalistes pensent que la justice américaine est embarrassée pour aller plus loin du fait d'une part de la haute importance de la liberté de la presse aux États-Unis et d'autre part de la complicité « objective » accordée à Assange par des grands journaux dans la diffusion des informations qui ont mis en cause les Etats-Unis. « Si Julian Assange était poursuivi pour la publication de documents, cela ferait logiquement des médias ayant collaboré avec lui des complices, impliquant ainsi dans la procédure des journaux tels que le New York Times, le Guardian, le Spiegel, Le Monde, Libération, ou encore Mediapart[136]. »

Le ministère de la Justice américaine a cependant indiqué qu'il se réservait le droit d'engager d'autres poursuites contre Assange[137]. C'est la raison pour laquelle Amnesty International demande au Royaume-Uni de refuser d'extrader ou de renvoyer aux États-Unis Julian Assange, qui risque selon elle d'y être torturé ou exécuté[138]. Des experts indépendants de l’ONU déclarent que son arrestation « l'exposait au risque de graves violations des droits humains s’il est extradé aux États-Unis »[139],[140].

Saisie de ses affaires personnelles sur demande des États-Unis[modifier | modifier le code]

Après une tentative infructueuse de la rédactrice en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, de récupérer les affaires personnelles d'Assange à l'ambassade de l'Équateur au Royaume-Uni, le procureur général de ce pays a informé un avocat de Julian Assange que les fichiers, l'ordinateur, les téléphones portables et autres appareils électroniques du cofondateur de WikiLeaks seraient saisis lors d'une perquisition à l'ambassade de Londres et envoyés aux États-Unis[141].

Soutiens déclarés à Assange pour défendre la liberté de la presse[modifier | modifier le code]

Plusieurs magistrats, personnalités politiques et associations considèrent que l'arrestation du journaliste constitue une attaque à la Liberté de la presse et au droit international.

Le président du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, Tiny Kox, a ainsi demandé à la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic si l'arrestation de Julian Assange et une éventuelle extradition vers les Etats-Unis sont bien conformes aux critères de la Convention européenne des droits de l’homme, parce que désormais d'après ce député néerlandais, le journaliste arrêté en Grande-Bretagne peut bénéficier de la protection de l' Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme[142]. WikiLeaks a en effet été reconnu comme un média par un tribunal britannique[143].

Eva Joly, magistrate et députée européenne, a déclaré que l'arrestation de Julian Assange constituait une attaque à la liberté de la presse, au droit international et au droit d'asile[144]. De même, la députée allemande au Bundestag, spécialisée dans les questions de droit international et de droit de la presse, Sevim Dagdelen, a qualifié l'arrestation de l'informateur d'« une attaque contre le journalisme indépendant » et a déclaré qu'il « est aujourd’hui gravement en danger »[145],[146]. Dick Marty, ancien procureur général du Tessin et rapporteur sur les prisons secrètes de la CIA pour le Conseil de l'Europe juge que l'arrestation du lanceur d'alerte est « très choquante » parce qu'il « n’a fait que dire la vérité »[147]. Plusieurs juristes suisses de renoms ont même demandé au conseil fédéral d'accorder l'asile du fondateur de Wikileaks parce qu'il est menacé d'extradition vers les Etats-Unis, qui a par le passé "réduit au silence des lanceurs d'alertes" [148] .

Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, a déclaré sur Twitter que « le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange vers les États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités commises en Irak et en Afghanistan »[149]. Ron Paul, représentant du Texas à la Chambre des représentants et candidat à l'élection présidentielle de 1988, s'est également prononcé en faveur de Julian Assange. En 2010, il a déclaré que « dans une société libre, nous sommes censés connaître la vérité. Si dans notre société la vérité devient trahison, alors nous avons de sérieux problèmes. En ce moment même, des personnes sont persécutées pour avoir révélé la vérité. » Il ajoute « C’est un média, non ? Je veux dire, pourquoi ne poursuivons-nous pas en justice le New York Times ou quiconque publierait cette information ? »[150].

Plusieurs associations s'inquiètent également des risques encourus par le fondateur de WikiLeaks s'il venait à être extradé au Etats-Unis. Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, a déclaré que « viser Assange […] serait une mesure strictement punitive et constituerait un dangereux précédent pour les journalistes, leurs sources et les lanceurs d’alerte »[132]. Le Syndicat national des journalistes CGT « refuse que la diffusion de documents ou d’informations d’intérêt public puisse être considérée comme un délit. Ces documents et informations mettent le projecteur sur les pratiques inavouables d’Etats, d’entreprises ou d’autres institutions, qui n’ont bien entendu pas intérêt à leur divulgation ». Ce syndicat appelle la Grande-Bretagne « à refuser l'extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis et à le remettre en liberté »[151]. L'association d'anciens combattants britanniques Veterans for Peace UK a demandé à leur gouvernement de « respecter les droits des journalistes et des dénonciateurs et de refuser d’extrader Julian Assange vers les États-Unis »[152] et a déclaré être préoccupée « par le fait que le journalisme et la dénonciation sont criminalisés par les États-Unis et soutenus activement par les autorités britanniques »[152].

Des Gilets jaunes soutiennent le fondateur de Wikileaks [153], [154], [155], [156], [157].

Selon Oliver Stone, réalisateur, scénariste et producteur, « Julian Assange est un éditeur pour la vérité. Il a accompli un travail remarquable pour le compte de l'humanité malgré son traitement inhumain. Cette affaire est cruciale pour la survie de notre droit de savoir et de notre liberté essentielle pour lutter contre l'oppression des USA et du Royaume-Uni — et maintenant contre la tyrannie[158] ! »

Relation à la France[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'il se trouve dans l'ambassade d'Équateur à Londres, il accepte l'invitation du Parti de gauche et de Jean-Luc Mélenchon qui décide de lui offrir la tribune en direct via Skype en meeting de clôture du Remue-Méninges du Parti de gauche[159] sans que les chaînes de télévision chargées de retransmettre le meeting en direct (LCI notamment) aient été averties. Une interprète assure la liaison[160]. Julian Assange profite de cette occasion pour décrire sa situation et expliquer les enjeux à venir quant aux négociations diplomatiques. Il se fait le porte-parole des médias « libres et indépendants » et en profite pour remercier publiquement les gouvernements d'Amérique latine pour leur soutien[Lesquels ?]. Le Parti de gauche est alors le seul parti français à avoir manifesté publiquement son soutien à Julian Assange. Jeudi 6 décembre 2012, notamment, Jean-Luc Mélenchon vient à sa rencontre, demandant publiquement à la Suède de renoncer à le faire extrader vers les États-Unis[161].

En juin 2014, Assange confie à Antoine de Caunes, dans le Grand Journal, recevoir la visite et le soutien de personnalités telles Lady Gaga, Oliver Stone, Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon[162]. Le 16 juillet 2014, Éric Cantona rend visite à l'ambassade d'Équateur pour lui apporter son soutien[163].

En juin 2015, à la suite des révélations relatives à l'espionnage de la France par les États-Unis, de nombreuses voix s'élèvent dans la classe politique française et de son gouvernement, et notamment au sein du Parti socialiste, de l'Union pour un mouvement populaire, du Front national, d'Europe Écologie Les Verts et du Mouvement démocrate pour que la France lui accorde l'asile politique. Une lettre de soutien signée par plusieurs dizaines d'artistes et intellectuels appelle à son asile politique[164]. En août 2015, Julian Assange participe aux journées d'été des Verts via vidéo-conférence.

Le , à la suite de déclarations de la ministre de la justice Christiane Taubira se disant favorable à son accueil en France[165], Julian Assange adresse une « lettre au peuple français » publiée par Le Monde, révélant notamment avoir créé Wikileaks à Paris et être père d'un enfant français, et demandant au président de la République de lui « offrir la protection nécessaire »[78],[166]. Il La lettre est interprétée comme une demande d'asile par l'Élysée, qui la rejette 45 minutes après sa publication par voie de communiqué, invoquant « l'absence d'urgence » de la situation et l'existence d'un mandat d'arrêt européen[167]. La décision est largement critiquée par la société civile et la classe politique française, EELV parlant notamment de « déshonneur de la République[164] ». Le conseiller juridique de Wikileaks et de Julian Assange en France, Juan Branco, par ailleurs avocat de plusieurs Gillets Jaunes, révélera par la suite avoir été en contact avec le président de la République et le ministère de la Justice à ce propos[168]. Julian Assange réagira en déclarant avoir reçu un « coup de poignard dans le dos » de la part de François Hollande[169]. Dans une lettre ouverte à François Hollande, Assange rapelle que son plus jeune enfant vit en France avec sa mère. Il précise que sa famille avait fait face à des menaces de mort et à du harcèlement à cause de son activisme, les forçant à changer d'identité et à réduire les contacts avec lui[78].

En décembre 2016, dans un entretien à l’émission Questions politiques, Jean-Luc Mélenchon déclare que s'il venait à gagner l'élection présidentielle française de 2017, il accorderait la nationalité française à Julian Assange ainsi qu'à Edward Snowden et que la France les accueillerait[170].

Prises de position et autres actions[modifier | modifier le code]

Dans une interview de novembre 2010, Julian Assange se déclare en faveur de la transparence de l'information et du libéralisme économique. Il se montre sceptique quant à la régulation qu'il perçoit comme un risque pour la Liberté, mais l'estime néanmoins nécessaire pour combattre la corruption et la tendance qu'auraient selon lui les marchés à tendre vers des situations de monopole[171].

En mars 2012, il décide de se présenter aux élections sénatoriales de 2013 en Australie[172].

En , Julian Assange lance la diffusion hebdomadaire de douze émissions intitulées « The World Tomorrow » sur le réseau câblé financé par l'État russe RT Network, émissions présentant des entretiens avec des « acteurs, penseurs et révolutionnaires politiques »[173].

En , il se prononce en faveur du Brexit[174].

En , à l'occasion du quatrième anniversaire de la mort d'Hugo Chávez, il fait l'éloge de la lutte de l'ancien président vénézuélien contre l'impérialisme, contre toutes les formes d’oppression et pour la démocratisation de l'information[175].

En mai 2017, à l'issue de l'élection d'Emmanuel Macron, il demande sur son compte Twitter si la défaite de Marine Le Pen est due au sexisme[176]. Malgré des réponses et réactions sans équivoque sur Twitter, cette interrogation se transforme en sous-entendu plus marqué lors d'un second tweet, faisant au passage le parallèle avec l'élection américaine où, selon lui, la défaite d'Hillary Clinton serait également due au sexisme. Cette opinion est d'autant plus surprenante que, outre-Atlantique, une théorie du complot tient WikiLeaks responsable de la défaite de la candidate démocrate[177],[178].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Julian Assange a fait son entrée en 2010 dans le palmarès des 68 personnes les plus influentes du monde du magazine Forbes[179]. Il est élu personnalité de l'année 2010 par les lecteurs du site de Time[180], ainsi que par la rédaction du journal Le Monde[181].

Il a en outre reçu de nombreux prix[182], parmi lesquels :

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • (en) State and Terrorist Conspiracies (2006)
  • (en) Conspiracy as Governance (2006)
  • (en) The Hidden Curse of Thomas Paine (2008)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Julian Assange » (voir la liste des auteurs).
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