Populisme de gauche

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Le populisme de gauche est une idéologie politique qui combine les valeurs de gauche et les thèmes et la rhétorique du populisme. Cette rhétorique est souvent constituée de sentiments anti-élitistes, antisystèmes et parlant au noms des « petites gens »[1]. Habituellement, les thèmes importants pour les populistes de gauche comprennent l'anticapitalisme, la justice sociale, le pacifisme et l'opposition à la mondialisation. La critique du capitalisme et de la mondialisation est liée à l'antiaméricanisme, qui est devenu plus important dans les mouvements populistes de gauche à la suite des interventions de l'armée américaine[2].

Les populistes de gauche n'excluent pas d'autres horizons et s'appuient sur des idées d'égalitarisme[1]. Certains chercheurs soulignent le nationalisme de gauche dans ces mouvements populistes, comme en Turquie avec le kémalisme[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers et seuls mouvements qui ont ouvertement revendiqué le label populiste et combattu en son nom sont apparus à la fin du dix-neuvième siècle et ont été promus soit par des intellectuels russes soit par les petits fermiers et ouvriers agricoles américains du Parti populiste[4]. Ils cherchaient à défendre les intérêts des groupes défavorisés par le système de domination social et politique existant en donnant une voix politique à ceux qui n'en avaient pas[4].

Par pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Le Parti du socialisme démocratique a été explicitement étudié pour le populisme de gauche, en particulier par des universitaires allemands[5]. Le parti a été formé après la réunification allemande et comparé aux populistes de droite fondé sur des discours anti-élitiste et attire l'attention des médias[6]. Le parti a participé, avec une certaine mesure, à la même base électorale que les populistes de droite, même si elle s'est appuyée sur un programme plus grave en Allemagne de l'Est. Cela a été limité par les sentiments anti-immigration préférés par certains électeurs[6]. Le PDS a fusionné avec Die Linke en 2007, et de nouveaux éléments populistes sont susceptibles de trouver un habitat plus accueillant à gauche qu'à droite[7]

Autriche[modifier | modifier le code]

Pour les politologues Gaël Brustier et David Djaïz, Alexander Van der Bellen doit son élection comme président fédéral de la République d'Autriche en 2016 « à l'intelligence stratégique impulsée par le stratège des Grünen autrichien Stefan Wallner » qui « a fait du « populisme de gauche », d'allure post-marxiste, le moteur de la stratégie électorale du candidat vert »[8].

Belgique[modifier | modifier le code]

Le PTB est un parti belge (wallon et flamand) qui s'inspire du populisme de gauche[réf. nécessaire].

Colombie[modifier | modifier le code]

L'avocat Jorge Eliécer Gaitán, probable futur président colombien et dont l'assassinat en 1948 précipita la Colombie dans la guerre civile, ne se référait pas explicitement au socialisme en dépit de ses positions marquées contre l'oligarchie et est par conséquent considéré comme populiste de gauche[9].

Bolivie[modifier | modifier le code]

Le président Hernán Siles Zuazo a pratiqué le populisme de gauche[10] ainsi que Evo Morales[11].

Équateur[modifier | modifier le code]

Rafael Correa a souligné l'importance d'un "discours populiste". Dans un conflit entre les peuples autochtones et le gouvernement, Correa a accusé les organisations non gouvernementales étrangers d'exploiter les populations autochtones[12].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Le candidat à la présidentielle de 2016 et sénateur du Vermont, Bernie Sanders a été décrit comme populiste[13].

France[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Mélenchon, ancien co-président du Parti de gauche, et fondateur du mouvement La France insoumise créé en février 2016, inscrit son discours dans ce qui est parfois qualifié, par la presse et quelques journalistes, de populisme de gauche[14],[15].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Le Parti socialiste a mené des discours populistes de gauche après la chute des régimes communistes en Europe durant les années 1990[16]. Bien que certains ont fait remarquer que le parti devient de moins en moins populiste au fil des années, il comprend encore des sentiments anti-élitistes dans ses programmes électoraux récents[17]. Il s'oppose à ce qu'il appelle European superstate.

Venezuela[modifier | modifier le code]

Le président Hugo Chávez combine la sagesse populaire et le socialisme doctrinaire[11]. Le gouvernement de Chávez a été également décrit pour avoir été un "retour en arrière" au nationalisme populiste et à la redistribution[18].

Partis de gauche populiste dans le monde[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Albertazzi and McDonnell, p. 123
  2. Hartleb, Florian Rechts- und Linkspopulismus. Eine Fallstudie anhand von Schill-Partei und PDS, p. 162
  3. Ozel, Soli After the tsunami, Journal of Democracy, v. 14, p. 80-94
  4. a et b Annie Collovald, « Le populisme : de la valorisation à la stigmatisation du populaire, Populism : From the Eulogy to the Stigmatization of “People’s Politics” », Hermès, La Revue, no 42,‎ , p. 154–160 (ISSN 0767-9513, lire en ligne)
  5. De Lange, Sarah Political extremism in Europe, European Political Science, p. 476–488
  6. a et b Albertazzi and McDonnell, p. 132
  7. Albertazzi and McDonnell, p. 133
  8. Gaël Brustier et David Djaïz, « Vers un nouveau monde : les monstres sont dans l'isoloir (1/3) », sur lefigaro.fr, (consulté le 11 décembre 2016).
  9. « COLOMBIE. 9 avril 1948: le jour où la guerre a commencé », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  10. Mayorga, Rene Antonio Bolivia's Silent Revolution, Journal of Democracy, vol.8, p. 142-156
  11. a et b Kirk Andrew Hawkins, Venezuela's Chavismo and Populism in Comparative Perspective. New York: Cambridge University Press, 2010, (ISBN 978-0-521-76503-9), page 84
  12. de la Torre, Carlos Populismus in Lateinamerika. Zwischen Demokratisierung und Autoritarismus http://library.fes.de/pdf-files/iez/10210.pdf
  13. John Cassidy, « Bernie Sanders and the New Populism », The New Yorker, (consulté le 24 août 2017)
  14. Jean-Laurent Cassely, « Le populisme "vintage" de Jean-Luc Mélenchon, trop élaboré pour être efficace », slate.fr, 15 avril 2013.
  15. Tugdual Denis, « Le Pen-Mélenchon: la mode est au langage populiste », lexpress.fr, 5 avril 2013.
  16. overnance and politics of the Netherlands Andeweg, R. B., p. 51
  17. Otjes, Simon Populists in Parliament: Comparing Left-Wing and Right-Wing Populism in the Netherlands, Political Studies
  18. Steve Ellner & Daniel Hellinger, eds., Venezuelan politics in the Chávez era: class, polarization, and conflict. Boulder: Lyne Rienner, 2003, (ISBN 1-58826-297-9), page 67
  19. « Red Tide: From 'economic freedom' to 'white genocide', extremism grabs the spotlight (in English) », Daily Maverick, (consulté le 1er novembre 2013)
  20. The Crisis of Social Democracy in Europe, Edinburgh University Press, (ISBN 978-0748665822, lire en ligne), p. 147
  21. (es) Juan José Cruces, « El puchero de gallina del populismo kirchnerista », La Nación, (consulté le 9 février 2017)
  22. Karl Oberascher, « Welche Chancen hätte eine "Liste Peter Pilz"? », Kurier,‎ (lire en ligne)
  23. a et b « South America’s New Caudillos », The New York Times, (consulté le 18 février 2017)
  24. Eduardo Porter, « Populist Policies Let Brazil’s Tomorrow Slip Away », The New York Times, (consulté le 9 février 2017)
  25. Parties and Elections in Europe: The database about parliamentary elections and political parties in Europe, by Wolfram Nordsieck
  26. Cristóval Rovira Kaltwasser, Explaining the Emergence of Populism in Europe and the Americas, University Press of Kentucky, (ISBN 978-0-8131-4687-4, lire en ligne), p. 211
  27. Christopher Ross, Bill Richardson et Begoña Sangrador-Vegas, Contemporary Spain, Routledge, (ISBN 978-1-317-75164-9, lire en ligne), p. 75
  28. Cas Mudde, « The problem with populism », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  29. « Populists, the Elites, and Us » (consulté le 10 août 2017)
  30. « Fighting Faux Populism » (consulté le 10 août 2017)
  31. Robert Pausch, « Populismus oder Extremismus? – Radikale Parteien in Europa »,
  32. a et b Denis Tugdual, « Le Pen-Mélenchon: la mode est au langage populiste », L'Express,‎ (lire en ligne)
  33. a et b Jean-Laurent Cassely, « Le populisme "vintage" de Jean-Luc Mélenchon, trop élaboré pour être efficace », Slate,‎ (lire en ligne)
  34. Luke March, Contemporary Far Left Parties in Europe, Berlin, Friedrich-Ebert-Stiftung, (ISBN 978-3-86872-000-6, lire en ligne), p. 3
  35. Giorgos Katsambekis, « Left-wing Populism in the European Periphery: The Case of SYRIZA », academia.edu
  36. Jane Suiter, Populist Political Communication in Europe, New York and London, Routledge, (ISBN 978-1-138-65480-8), « Ireland: The rise of Populism on the Left and Among Independents », p. 131
  37. R. B. Andeweg et Galen A. Irwin, Governance and politics of the Netherlands, Basingstoke, Palgrave Macmillan, (ISBN 0333961579), p. 51
  38. Cas Mudde, « Radikale Parteien in Europa – bpb », bpb.de, (consulté le 25 septembre 2015)
  39. Peter Učeň, « Populizmus Smeru... má to ešte vôbec význam? »,
  40. http://www.bisla.sk/sk/wp-content/uploads/2015/05/Chamulova_Barbora-Bakalarska_praca.pdf
  41. Miro Kern, « 11 nesplnených alebo meškajúcich sľubov premiéra Fica »
  42. « 人民作主的新政治 », newpowerparty.tw (consulté le 19 juin 2016)
  43. Robert Pausch, « Populismus oder Extremismus? – Radikale Parteien in Europa »,
  44. « Rechtspopulistische Parteien in Tschechien. - Vile Netzwerk », sur www.vile-netzwerk.de
  45. Ömer Tekdemir, « Is a socialist EU possible via left-wing populist parties such as Syriza, Podemos and the HDP? », openDemocracy,
  46. « Left-Wing Populists in Latin America? »
  47. Steve Ellner & Daniel Hellinger, eds., Venezuelan politics in the Chávez era: class, polarization, and conflict. Boulder: Lyne Rienner, 2003, (ISBN 1-58826-297-9), page 67
  48. Michael Drinkwater, The State and Agrarian Change in Zimbabwe's Communal Areas, Basingstoke, Palgrave-Macmillan, , 93–96 p. (ISBN 978-0312053505)

Références[modifier | modifier le code]

  • Daniele Albertazzi et Duncan McDonnell, Twenty-First CenturyPopulism, Palgrave MacMillan, (ISBN 9780230013490).
  • Kurt Weyland, « The Threat from the Populist Left », Journal of Democracy, vol. 24, no 3,‎ , p. 18-32 (DOI 10.1353/jod.2013.0045).
  • Luke March, « From Vanguard of the Proletariat to Vox Populi: Left-Populism as a 'Shadow' of Contemporary Socialism », SAIS Review of International Affairs, vol. 27, no 1,‎ , p. 63-77 (DOI 10.1353/sais.2007.0013).