Abaya

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Femmes portant une abaya au Yémen.

L'abaya (en arabe : عباية ʿabāyah) est un vêtement féminin porté au-dessus des autres, traditionnel dans les pays musulmans du Moyen-Orient — principalement en Arabie saoudite et dans les pays du golfe Persique — et du Maghreb.

Description[modifier | modifier le code]

L'abaya couvre l’ensemble du corps à l’exception du visage, des pieds et des mains.

Elle est une des formes traditionnelles de la robe islamique « modeste » et peut se voir comme une extension des voiles couvrant les cheveux (hidjab, tarha). Elle peut être complétée par un voile couvrant la face (niqab, shayla).

L'abaya se porte généralement lors de grandes occasions telles que la fête de l'Aïd ou lors de grands événements ou de fêtes en Europe. Elle se porte plus régulièrement voire quotidiennement dans les pays du Golfe.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Selon la législation de chaque État, le port d’une tenue modeste, respectueuse de la culture du pays, est obligatoire (ou non) pour toutes les femmes, quelle que soit leur religion.

Elle est en particulier obligatoire en Arabie saoudite (sauf pour les touristes)[1], dans plusieurs pays du Golfe (mais non la totalité, ex. : Émirats arabes unis), et ne l’est pas dans le reste du Moyen-Orient (Liban, Syrie, Yémenetc.) ni au Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte)

Évolution[modifier | modifier le code]

Les pressions d’évolution sont devenues fortes en Arabie saoudite opposant les réformateurs désirant une vision plus moderne de l’islam aux tenants d’une vision plus rigoriste.

L’obligation légale de la tenue modeste est contestée (sur la nécessité, la forme des vêtements…) par certains hauts dignitaires religieux dont le cheikh Abdullah al-Mutlaq qui déclare : « Plus de 90 % des femmes pieuses dans le monde musulman ne portent pas d’abaya[2] ». D'après lui, les Saoudiennes ne devraient pas être contraintes à porter l’abaya[3].

La mode vestimentaire influence elle aussi ces tendances tendant à remettre en cause le port de l'abaya longue, ce notamment par le biais du sport[4] ou de l’esthétique (grands couturiers libanais et/ou occidentaux).

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane Al Saoud s’est publiquement prononcé — dans une interview donnée à CBS le [5] — pour une réforme assouplissant fortement la législation, tout en préservant la décence selon la charia, déclarant notamment : « La décision est entièrement laissée aux femmes de décider quel type de tenue décente et respectueuse elles souhaitent revêtir[6]. » […] « Ces idées rigoristes contredisent l’art de vivre du temps du Prophète et des califats[7]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Saudi Arabia opens to foreign holidaymakers, chases tourism investment » [« L'Arabie saoudite ouvre ses portes aux vacanciers étrangers, recherche l'investissement touristique »], Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. « Plus de 90 % des femmes pieuses dans le monde musulman ne portent pas d’abaya » sur leparisien.fr.
  3. « Les Saoudiennes n’ont pas l’obligation de porter l’abaya » sur lorientlejour.com.
  4. « Avec l’abaya “sportive”, des Saoudiennes font évoluer les normes vestimentaires » sur rfi.fr.
  5. Interview CBS du 19 mars 2018.
  6. The laws are very clear and stipulated in the laws of Sharia: that women wear decent, respectful clothing, like men. This, however, does not particularly specify a black abaya or a black head cover. The decision is entirely left for women to decide what type of decent and respectful attire she chooses to wear.
  7. « Prince Mohammed ben Salmane Al Saoud : Le port de l’abaya ne devrait pas être obligatoire » sur astuces-hijab.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]