Jeunesse ouvrière chrétienne

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Jeunesse ouvrière chrétienne
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association d'Éducation populaire
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1927
Fondateur Joseph Cardijn
Georges Guérin
Identité
Siège Courbevoie
Présidente Rinà Rajaonary
Affiliation internationale Coordination Internationale des JOC (CIJOC) [1]
Slogan « Un jeune travailleur vaut plus que tout l'or du monde car il est fils de Dieu »
Site web Le web de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne

La Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) est une association de jeunes chrétiens du monde ouvrier, fondée à Bruxelles en 1925 par l'abbé belge Joseph Cardijn et Georges Guérin. Cardijn est un prêtre issu d'un milieu modeste. Il est fortement influencé par son origine sociale et les convictions religieuses dans lesquelles il a baigné. Son objectif final est de ramener la classe ouvrière vers l’Église en assurant aux travailleurs des conditions de travail et d’existence qui leur permettent d’accéder au Salut. Il dénonce une impréparation causée par un manque de formation, la précarité de l’emploi, les déficiences de réglementations pour protéger les ouvriers, un fatalisme ainsi qu’un milieu de travail néfaste pour les mœurs. L’être humain a selon lui une destinée éternelle qui justifie l’action sociale de l’Église, dont le rôle est de former et éduquer les jeunes dans tous les aspects de la vie. Jusqu'en 1987, la JOC, qui appartient au mouvement plus général de l'Action catholique, était scindé en deux structures distinctes : la JOC (masculine) et la JOCF (féminine), créée en 1928 sous l'impulsion de Jeanne Aubert. Elle est reconnue parmi les principales associations d'éducation populaire.

Le siège de la JOC française est au 246, boulevard Saint-Denis, à Courbevoie.

La Coordination internationale de la JOC (CIJOC) est présente dans 60 pays à travers le monde.

Naissance et développement du mouvement (années 1920-1930)[modifier | modifier le code]

La JOC est créée en 1925 en Belgique par le prêtre Joseph Cardijn et par deux laïcs Paul Garcet et Fernand Tonnet. Cardijn affirme alors : « un jeune travailleur vaut plus que tout l'or du monde parce qu'il est fils de Dieu ». En France, en mars 1927, le P. Cardijn fait son premier voyage à Paris, invité au Congrès de l'Union des Œuvres, à Reims par le père Jean-Emile Anizan. Cardijn déchaine lors de cette rencontre un grand enthousiasme : on parla ensuite du « baptême de Reims » de la JOC[1].

Dans la lancée, le Père Georges Guérin fonde une branche française de la JOC, qu'il avait découverte en Belgique grâce au Manuel de la JOC et à la revue Jeunesse Ouvrière. Il en parle à Georges Quiclet, jeune aide-comptable d'une entreprise de Clichy, dans la banlieue de Paris. Ensemble, ils rédigent un tract intitulé La Jeunesse Ouvrière. Le a lieu une première réunion à Clichy. 700 invitations sont envoyées pour finalement réunir une soixantaine de jeunes. La JOC s'affilie à l'Association catholique de la jeunesse française (A.C.J.F.) comme mouvement autonome.

Le père Guérin propose aux jeunes ouvriers de réfléchir, d’analyser ce qu’ils vivent, de se former et d’agir selon la démarche « Voir, Juger, Agir », fondement de la méthode jociste. Il les encourage à militer dans des syndicats et à participer à des groupes d’étude de la doctrine sociale de l'Église.

Plaque commémorant la fondation de la JOC à Bruxelles

La JOC se fonde sur l'idée d'un mouvement ouvrier consacré aux chrétiens, selon le slogan « Entre eux, Par eux, Pour eux », qui vise entre autres à rechristianiser le monde ouvrier : « Nous referons Chrétiens nos frères ». Les équipes jocistes se réunissent pour faire « révision d'influence » qui deviendra rapidement la « révision de vie » sous l'influence, notamment, du Père Béjot[2], aumônier de la JOC et ami du père Guérin. La « révision de vie » devient la pratique fondamentale du mouvement et inspire l'ensemble des mouvements de l'Action catholique dite « spécialisée » : Action catholique des enfants (ACE), Jeunesse Indépendante Chrétienne JIC, JICF, Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (JAC-MRJC), Action catholique ouvrière (ACO), Action Catholique des milieux indépendants (ACI), Chrétiens dans le monde rural (CMR). Elle doit être la reconnaissance de l'accueil de la vie et de l'action des non-croyants. La démarche de la JOC traversera les travaux du concile Vatican II et sa commission préparatoire pour l'apostolat des laïcs en 1960.

En 1929, la JOC crée la Librairie de la Jeunesse ouvrière pour diffuser sa documentation. L'année suivante, des jeunes couples de la JOC fondent la LOC (Ligue ouvrière chrétienne).

La JOC se développe alors dans un contexte industriel et ouvrier de manière fulgurante dans toute la France et devient rapidement un mouvement de masse. Les jocistes s'engagent partout où vivent des jeunes travailleurs :

  • Par l’action en faveur des conditions de vie des apprentis et le statut des employées de maisons dans la période d’avant-guerre.
  • Dans les camps de travail parmi la masse des jeunes travailleurs déportés dans le cadre du STO, dans les maquis et les réseaux pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • Par la création de structures comme les Foyers de jeunes travailleurs en 1955, les permanences saison en 1966, les comités de chômeurs et les permanences précarité dans les années 1980.
  • L'enquête (« enquête campagne » ou « enquête action ») est une tradition de la Jeunesse ouvrière chrétienne qui a à cœur de faire des sondages sur l'opinion des 15-30 ans. Dès 1953, des enquêtes sont menées sur les conditions de travail des jeunes.

Contexte social en Belgique avant la création de la JOC[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la révolution industrielle pousse une population majoritairement rurale à quitter les campagnes pour travailler dans les villes. À la fin du XIXe siècle une crise économique majeure éclate : la Grande Dépression (1873-1896) qui affecte grandement la Belgique et pousse la classe ouvrière encore plus dans la misère. Dans les années 1890 la dépression cède la place à une expansion de la société industrielle, la population est asservie, hommes, femmes et enfants sont mis au travail pour assouvir les besoins grandissants de main d’œuvre[3],[4]. Les enfants et les jeunes entrent massivement dans le circuit du travail, dans le monde des adultes sans aucune transition. Les jeunes sont engrenés dans la fatalité, le déracinement et le manque d’identité propre.

Les conditions de travail sont inhumaines, la rémunération très maigre et les journées de travail très longues allant de dix à douze heures sans couverture sociale. Au même moment, de nombreux mouvements sociaux et contestations ouvrières contre la domination de la bourgeoisie éclatent aux quatre coins du monde. En Belgique cette crise donne lieu aux « émeutes de la faim » en 1886[5],[3]. Le Parti catholique, alors seul au pouvoir de 1884 à 1916 cède aux pressions, et l’émancipation de la masse ouvrière débute. En 1893, le droit de vote plural réservé aux hommes remplace le vote censitaire. Le Parti Ouvrier Belge accède à la Chambre des représentants et les autorités publiques s’intéressent alors aux problèmes des classes ouvrières, et adoptent les premières lois sociales dès 1887, posant ainsi les premières pierres d’un système de protection des travailleurs et de sécurité sociale. Le Parti ouvrier belge accède à la Chambre des représentants et les autorités publiques s’intéressent alors aux problèmes des classes ouvrières et adoptent les premières lois sociales dès 1887 qui posent les premières pierres d’un système de protection des travailleurs et de sécurité sociale.

Les prémisses de la jeunesse catholique[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIXe siècle, le patronage[note 1] se développe en Belgique et constitue pendant longtemps la seule association catholique destinée aux jeunes de milieu populaire[6]. Des enfants et des jeunes travailleurs de 12 à 20 ans commencent à se réunir en petits cercles tous les dimanches sous la direction de bourgeois et de nobles. Lors de ces réunions, ils participent à des activités religieuses et sont instruits dans l’optique d’atténuer ce passage forcé et précoce de l’enfance à la vie professionnelle et donc adulte dans une perspective morale et religieuse[6]. À cette période, les convictions religieuses baissent dans les milieux populaires. La religion, paternaliste, est considérée comme un instrument des classes dirigeantes et une partie du clergé est défavorable à l’action ouvrière. Christianisme et socialisme semblent être des notions inconciliables et les deux courants politiques rivalisent à travers leurs partis politiques et syndicats[7]. La déchristianisation de la population ne cesse de croître, principalement dans les villes, et pour tenter d’atténuer ce phénomène, l’Église tente dans un premier temps de multiplier les églises et paroisses, sans succès. L’idée française selon laquelle l’avenir du prêtre est plus social et réside dans des œuvres sociales catholiques et dans la vie associative se répand[8].

Vers une organisation de la Jeunesse ouvrière chrétienne (1918-1925)[modifier | modifier le code]

À l’issue de la première guerre mondiale le Pape Pie XI lance alors l’Action Catholique qui regroupe des jeunes et des adultes en associations afin de tenter de restaurer l’influence de l’Église et d’anéantir la décadence morale avec pour référence « Omnia instaurare in Christo »[9](« Tout restaurer dans le Christ » (Eph. 1, 10)).

Cardijn demeure vicaire de Laeken jusqu’en 1918 et prend la direction des œuvres sociales catholiques de l’arrondissement de Bruxelles. En 1915, il met sur pied le syndicat des apprentis à Laeken et forme un cercle d’étude central des jeunes ouvriers. Ce cercle central d’étude donnera naissance à l’association Jeunesse Syndicaliste en 1919 affiliée à la fédération bruxelloise des syndicats chrétiens et créée sous l’impulsion de Cardijn et de Fernand Tonnet. Le « trio fondateur » est constitué de Paul Garcet, Jacques Meert et de Fernand Tonnet qui jouèrent un rôle essentiel dans le développement de la JOC[10],[11].

L’association dispose d’un secrétariat permanent et regroupe les jeunes de quatorze ans jusqu’au service militaire. Le cercle d’étude central constitue le cœur du mouvement, il s’assemble presque tous les mois et réunit les délégués des sections locales, qui se sont créées, chaque semaine pour discuter des mesures à prendre, du rôle de l’Église, des problèmes religieux et moraux[12],[13]. Les objectifs de l’association sont ceux d’aider et protéger les jeunes travailleurs sur les plans professionnel, social et moral. Des buts qu’elle tente d’atteindre par la formation et l’action syndicale. Les outils de formation pour les jeunes de ce cercle sont l’enquête, des rencontres et des discussions, des journées d’étude et des excursions.

Les sections locales sont au nombre de onze en 1920, et dix-huit en 1921 avec 300 membres[14],[15].

En 1923, le cercle d’étude central se réorganise et est divisé en une branche pour les anciens et une branche pour les jeunes. Par la suite ces deux sections se réorganisent en une branche néerlandophone et une branche francophone[12],[15]. Imprégné de la formation sociologique de Cardijn, le mouvement utilise l’enquête pour appréhender les problèmes sociaux et basait sa philosophie sur le triptyque: Voir (prendre conscience des injustices), Juger (analyser et confronter les injustices) et Agir (mener des actions collectives).

La Jeunesse Syndicaliste fonde en 1920 un journal mensuel portant le nom de Jeunesse Syndicaliste. Ce journal revendique le respect pour la classe ouvrière et principalement les jeunes. Il donne une image négative de la société pour tenter de susciter un comportement plus digne d’inspiration chrétienne qui permettrait à la masse ouvrière de susciter « l’estime des autres classes sociales »[14]. En 1924, le journal abandonne son titre pour celui de Jeunesse Ouvrière juste avant le changement de nom du mouvement lui-même pour celui de Jeunesse Ouvrière Chrétienne[14].

Du côté néerlandophone du pays, l’abbé Joseph Bloquaux alors directeur adjoint des œuvres sociales d’Anvers fonde avec la collaboration du syndicaliste Arthur Donse une association appelée De Jonge Werkman. Elle est inspirée du mouvement de Cardijn et de celui du même nom qui s’est développé aux Pays-Bas[16]et dispose elle aussi d'un journal mensuel du même nom. Elle a été conçue comme « un mouvement syndical combatif, à orientation anti-socialiste, qui mènerait une action religieuse et morale dans le milieu ouvrier »[17]. Le cœur de l’association était la ville d’Anvers mais des succursales commencent à se créer un peu partout dans les communes flamandes, dans lesquelles la formation de ses membres devient l’objectif central. En 1924, toutes les entités sont regroupées pour ériger une fédération nationale flamande sous le nom de Kristene Arbeidersjeugd (KAJ) dont le secrétariat s’implante dans un premier temps à Anvers[18],<[19].

En juillet 1924, Cardijn a organisé des réunions auxquelles participent des prêtres, des directeurs d’œuvres sociales et des vicaires de Wallonie, où son projet d’une organisation pour les jeunes travailleurs est accepté. Cela marquera la naissance officielle de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC). Cardijn et le « trio fondateur» établissent une dizaine de fédérations régionales regroupées en une fédération nationale. Les statuts de cette association sont approuvés en avril 1925, date du premier congrès national qui a lieu à Bruxelles, au cours duquel une direction centrale est formée: le premier président de l’association sera Fernand Tonnet. Paul Garcet, Jacques Meert et Fernand Degive deviennent des membres permanents du secrétariat national de Bruxelles[19].

À partir d’avril 1925 le mouvement jociste existe officiellement dans tout le pays. La JOC féminine et la JOC masculine sont regroupés et de nombreux cercles de jeunesse se développent. Le président de la KAJ déclare lors du congrès de Bruxelles des 18 et 19 avril 1925 que « le mouvement néerlandophone et la JOC ne font qu’un »[20],[21]. Ce congrès est aussi l’occasion de définir les objectifs de l’association et les besoins de la classe ouvrière sur base des enquêtes faites par les différents groupes. Le 29 décembre 1924, la JOC est affiliée à l’Association Catholique de la Jeunesse Belge (ACJB)

La Jeunesse ouvrière féminine (JOCF)[modifier | modifier le code]

Autocollant de la JOC et de la JOCF, 1978

Cardijn a totalement transformé les œuvres paroissiales féminines et le patronage féminin du dimanche. Il promut le syndicalisme féminin qu’il conçoit à l’image du syndicalisme anglais comme « un moyen de défense des intérêts matériels des ouvrières, mais aussi, comme un instrument de formation professionnelle, générale et morale »[22]. Cardijn effectue plusieurs voyages qui influenceront sa cause au cours de ses études de sociologie à l’université de Louvain. Le voyage qui influencera particulièrement son projet futur sera celui qu’il effectuera en Angleterre en 1911. Au cours de ce voyage, il rencontre les dirigeants du mouvement ouvrier (les trade-unions) et s’éprend alors d’admiration pour l’approche du mouvement et des syndicats ouvriers. Ce sont des organisations à la fois fortes, car donnant de l’importance à l’éducation de leurs membres, et indépendantes car reposant sur la contribution de leurs affiliés[23],[22],[9]. Ce mouvement devient puissant, soucieux d’unité au plan national et international, respectueux de la religion et préoccupé par l’action éducative auprès de ses membres[24].

En 1912, Cardijn devient vicaire de la paroisse de Notre-Dame à Laeken, et se voit confier la direction des œuvres paroissiales féminines, son projet étant de mettre en place un réseau d’organisations sociales en s’inspirant de l’organisation des trade-unions anglais[23],[25]. Cardijn a totalement transformé les œuvres paroissiales féminines francophones et le patronage féminin du dimanche. Il promut le syndicalisme féminin qu’il conçoit à l’image du syndicalisme anglais comme « un moyen de défense des intérêts matériels des ouvrières, mais aussi, comme un instrument de formation professionnelle, générale et morale »[22].

En août 1912, il développe dans la paroisse un cercle d’étude social avec l’aide de Madeleine De Roo appelé noyau des demoiselles ou des dirigeantes. Ce cercle se réunit deux fois par mois sous la direction de Cardijn et est composé d’une vingtaine de jeunes filles de milieu aisé qui se consacrent à l’étude des problèmes sociaux et tente d’y apporter des solutions. En octobre de la même année, il crée une section locale du Syndicat féminin de l’Aiguille (lui-même fondé en 1906 par Victoire Cappe) suivi par la création d’un syndicat d’étude syndical et une ligue des femmes du monde ouvrier[26],[27]. Pour Cardijn et l’archevêque Mercier, le développement de ces œuvres sociales catholiques est une nécessité pour élever matériellement et spirituellement les ouvriers et ainsi restaurer la dignité humaine et chrétienne des ouvriers entachée par les conditions de travail inhumaines. L’Homme, en tant que créature de Dieu a une finalité plus grande que celle d’être asservi[28].

Cardijn souhaite aller plus loin dans la formation des jeunes filles et pour cela, il réorganise le patronage des filles en quatre groupes différenciés selon les âges en 1916. Il réunit le patronage tous les quinze jours et forme des groupes d’adolescentes ouvrières et apprenties membres des syndicats et œuvres religieuses à qui il confie l’animation du groupement par le biais d’interventions et divers exposés sur divers aspects tirés de leur vie quotidienne. En 1919, il ressort des journées d’étude de la fédération bruxelloise des patronages de jeunes filles une affiliation de cette fédération aux Œuvres Socailes Féminines Chrétiennes (OSFC)[29],[28],[30]. En septembre 1922, lors du congrès des OSFC, une section jeunesse du mouvement social féminin est mise sur pied par le biais de groupements locaux de jeunesse (s’adressant aux jeunes filles du monde ouvrier de 14 à 21 ans) qui apparaissent un peu partout[31],[30]. Au niveau national le journal Joie et Travail est publié mensuellement à partir de septembre 1922. Le journal a été conçu pour principalement pour promouvoir les organisations sociales tout en comprenant une partie divertissement, une partie instructive[32].

En 1923, le mouvement est restructuré et les cercles de jeunesse bénéficient de moins d’autonomie. Elle deviennent une branche de l’organisation féminine des adultes qui regroupe les représentants des œuvres de jeunesse et des Ligues de Femmes sous le nom Fédération Joie et Travail. Cette fédération devient officiellement la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine (JOCF) en décembre 1924 mais la date de création officielle de l’association est considérée comme étant le , date de l’assemblée nationale des déléguées de tous les cercles de jeunesse ouvrière féminine et un comité national de onze membres est constitué[33],[34]. Lors de cette assemblée, Cardijn explique les buts de cette fédération: « former les jeunes filles au bien », « les assister, ne pas les abandonner à elles-mêmes », « les défendre », « les représenter auprès des pouvoirs publics, auprès des patrons »[34].

Du côté néerlandophone l’évolution du mouvement est assez similaire, différents cercles se développent dans les localités flamandes à partir de 1923. Le journal Lenteleven est créé en 1922. Ce mouvement porte dans un premier temps le nom de Christelijke Jeugdorgansatie voor Meisjes (CJOM) pour ensuite prendre celui de Vrouwelijke Kristene Arbeidersjeugd (KAJ)[18].

La JOC sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

En Belgique les deux cofondateurs de la JOC avec Joseph Cardijn, Paul Garcet et Fernand Tonnet, participent à la résistance. Ils sont arrêtés et déportés dans des camps de travail en Allemagne et ensuite au camp de Dachau. Ils y meurent en janvier 1945. Joseph Cardijn, séquestré à la Gestapo, puis mis au secret, survit et reprendra son œuvre dès la libération. Cependant, le président Victor Michel devenait, pendant l'occupation, une des chevilles ouvrières du Réseau Socrate qui va, entre autres, financer l'aide aux jeunes travailleurs réfractaires au service du travail obligatoire (STO) en Allemagne.

En France, sous l'impulsion de son nouveau vice-président, Henri Bourdais, la JOC refuse de se plier à l'ordonnance du 28 août 1940 qui interdit les associations et radicalise peu à peu son opposition au régime de Vichy. Le , la Gestapo ferme le secrétariat général de la JOC et arrête son aumônier général l'abbé Guérin. Le mouvement, contraint à la clandestinité, se rapproche alors du Conseil national de la Résistance.

De nombreux jocistes participent à la Résistance, notamment auprès des groupes du Témoignage Chrétien, mais sans le faire en tant que membres de la JOC, qui refuse d'imposer une ligne politique unitaire à ses membres. Pour fuir le service du travail obligatoire (STO), certains rejoignent le maquis. D'autres jocistes décident de continuer à se comporter en porte-parole de la JOC de façon clandestine auprès des Travailleurs forcés alors qu'ils se trouvent en Allemagne au titre du STO. La JOC est alors la seule organisation de France capable de leur apporter un soutien spirituel face au nouveau paganisme qu'ils rencontrent. Deux exemples parmi tant d'autres : Lucien Croci, et Marcel Callo, béatifié pour son action, sont arrêtés par la Gestapo à la suite d'un décret de Kaltenbrunner du 3/12/43 contre l'action catholique au sein des Travailleurs forcés sur le territoire de l' Allemagne nazie[35]. On trouve des jocistes aux Forces françaises de l'intérieur (Lucien Ganne) et aux Francs-tireurs et partisans[36].

Devant un engagement aussi important, les dirigeants de la JOC et de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) se concertent de manière à créer un corps de jeunes chrétiens engagés dans les réseaux de Résistance : les « Jeunes chrétiens combattants ». Leur action débute en 1943, et en 1944 ils participent à divers engagements des maquis dans les Alpes et dans le Massif Central, ainsi que dans le Nord (Eugène Descamps).

La JOC après-guerre[modifier | modifier le code]

En 1941, la LOC (Ligue Ouvrière Chrétienne) créée en 1930 par des couples militants de la JOC envisage un élargissement et constitue le Mouvement Populaire des Familles (MPF). Des militants choisiront de s'investir davantage dans l'action politique, des membres du MPF participants ainsi à la naissance du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien) de Georges Bidault après guerre.

La Ligue ouvrière chrétienne (LOC), issue de la fusion en 1935 des groupes d'Aînés de la JOC et de la JOCF, choisit, en août 1941, de changer de nom, devenant, pour mieux « pénétrer la masse ouvrière », le Mouvement populaire des familles. Il s’agit de marquer une ouverture, de ne pas « effrayer » par la référence chrétienne. L’objectif est toujours celui « d’un grand Mouvement populaire des familles qui amènera la classe ouvrière tout entière au christianisme », qui cherche à « humaniser pour christianiser ». Cet abandon de l’étiquette chrétienne ne se fait pas sans réticences car il semble renier l’héritage jociste de présence chrétienne dans la classe ouvrière, il est cependant la première étape de la déconfessionnalisation du mouvement. Elle se poursuit en 1946 par la sortie des aumôniers des équipes dirigeantes ce qui amène l'épiscopat à ne plus le « mandater » mais à le « missionner ». Le lien d’Église est encore maintenu mais distendu car l’autonomie du mouvement dans la définition de ses orientations « temporelles » est respecté. Bien que le MPF maintienne sa mise à distance officielle par rapport au politique, dès la fin de 1949, le processus de déconfessionnalisation s’accentue, le MPF n’est plus un mouvement catholique et la hiérarchie donne en 1950 mandat à une nouvelle création, l’ACO.

Le MPF se divise en 1950-51, entre Mouvement de libération du peuple (MLP), proche du PCF, et Mouvement de libération ouvrière (MLO). Le MLP rassemble environ 5000 adhérents au milieu des années 50. Le MLO (Mouvement de Libération Ouvrière) et le CCO (Centre de Culture Ouvrière), sont à l’origine de l’association Culture et Liberté[37].

On retrouve des jocistes à l'initiative de la fondation du syndicalisme "familial" (logement et cadre de vie) : Confédération syndicale des familles (CSF), Comité national des associations populaires familiales syndicales (future APF), Consommation Logement Cadre de Vie, ainsi que dans les rangs de la CFTC, de la CFDT et de la CGT.

Internationalisation[modifier | modifier le code]

Parallèlement, des sections nationales de la JOC sont créées en Italie entre 1943 et 1945, autour du père Esterino Bosco (it) et d'un groupe de l'Action catholique, autour du dominicain; en Espagne franquiste (Congrès de Valladolid de 1956), etc. Le premier congrès mondial a lieu à Rome en 1957.

La prise de distance de la JOC envers l’Église[modifier | modifier le code]

L’année 1969 marquera un tournant dans l’histoire de la JOC. L’idéologie du mouvement va passer de ce que certain appelait un progressisme chrétien modéré vers « une célébration péremptoire de la lutte des classes»[38]. De 1925 à 1969, la JOC s’est globalement tenu à l’écart de la politique « tout en adoptant des positions sociales réformistes »[39]. Un virage à gauche va s’opérer et cela est perceptible tant au niveau des personnalités jugées emblématique par les dirigeants de la JOC à la formule interne du mouvement. Ainsi le pape Jean XXIII, le médecin missionnaire Albert Schweitzer, le Mahatma Gandhi seront rejoints par le révolutionnaire argentin Che Guevara, le président chinois Mao Zedong et le trotskyste mexicain Posadas. Tandis que la formule de 1964 « tous unis dans la même amitié partagée dans Notre Seigneur » deviendra en 1973 « unis dans la lutte »[39].

La JOC devient de plus en plus critique envers l’Église et notamment envers la hiérarchie ecclésiastique. Celle-ci étant jugé trop soumise à une "élite" ainsi que largement complaisante envers les dictatures de droite, « elle n’a plus ni véritable fibre apostolique, ni élan missionnaire »[39]. Ainsi la JOC se structure sur un nouveau départ et va rompre « les amarres avec une Action catholique spécialisée que beaucoup considèrent alors, non sans raisons d’ailleurs, comme dépourvue d’avenir »[39]. Le nouveau but va être « la transformation radicale des structures de la société »[39].

À l’instar de nombreux mouvements de jeunesses, « la JOC francophone est fortement influencée par la poussée contestataire et par la vague anti-impérialiste de la fin des années 1960 »[39]. Le parcours de la JOC est semblable à celui d’autres organisations chrétiennes comme la Jeunesse rurale catholique, la JEC et la KSA flamande[40],[41].

Un tournant idéologique pour la JOC[modifier | modifier le code]

En 2014, la JOC, Belge, change de nom afin d’abandonner toute référence chrétienne, passant ainsi de Jeunesse Ouvrière Chrétienne à Jeunes Organisés Combatifs. Au-delà de l’appartenance chrétienne, il s’agit d’un véritable repositionnement idéologique; l'argument avancé étant que les jeunes ne se reconnaissent plus forcément dans une jeunesse ouvrière chrétienne ou ouvrière, bien que nombreux sont les membres issus de milieux précarisés et sans emploi.

La JOC aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La JOC est une association qui œuvre à l’insertion des jeunes dans la société et dans la vie. Depuis plus de 90 ans, elle propose aux jeunes de se rassembler et leur offre les moyens concrets de mettre en œuvre des projets qu’ils auront eux-mêmes définis. Animée par les jeunes eux-mêmes (une JOC « avec, pour et par des jeunes »), la JOC lutte contre leur exclusion et vise à favoriser leur autonomisation en développant des solidarités actives.

La JOC offre aux jeunes des espaces pour se rencontrer, s’exprimer, débattre et agir ensemble. En dispensant des formations, en donnant accès à l’information et en favorisant la réalisation de projets personnels ou collectifs, la JOC donne à chacun les moyens de devenir acteur de sa vie.

En France, ce sont 10 000 jeunes de 13 à 30 ans, en formation, au travail ou en précarité, qui agissent pour :

  • Bousculer les a priori en montrant des jeunes solidaires et engagés
  • Permettre aux jeunes d’être autonomes en devenant les vrais acteurs de leur orientation professionnelle, en accédant à un emploi et au logement dignes.
  • Favoriser le vivre ensemble et le lien social, particulièrement dans les quartiers populaires.

En Belgique, l'acronyme « JOC » change de signification : de « Jeunesse Ouvrière Chrétienne », elle devient « Jeunes Organisés et Combatifs » lors de son assemblée générale extraordinaire du [42].

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, la JOC appelle implicitement dans une tribune avec soixante autres associations à faire barrage à la candidate FN[43].

Rassemblements[modifier | modifier le code]

L'histoire de la JOC est marquée par de grands rassemblements nationaux qui la dynamisent et affirment son identité de mouvement d'Église et de mouvement d'action en monde ouvrier.

50e anniversaire, 14 mai 1978 - la Courneuve

Personnalités[modifier | modifier le code]

Présidents et Présidentes de la JOC et de la JOCF[modifier | modifier le code]

  • Georges Quiclet, premier jociste de France, premier président de la JOC de France de 1927 à 1937
  • Jeanne Aubert-Picard, première jociste de France puis première présidente de la JOCF
  • Georges Montaron (1941-1947), il fut ensuite administrateur de la Sécurité Sociale (1947-54) puis directeur de l'hebdomadaire Témoignage chrétien et fondateur de Télérama
  • Dominique Alunni (années 1950), Pionnier de la formation professionnelle. Fondateur du groupe de formation professionnelle INFAC-INFATH CREAR
  • Jack SALINAS, Président de la JOC de 1962 à 1965. JOC Internationale de 1967 à 1971 (Service International puis Bureau international)
  • Jacques Duraffourg, Président de la JOC de 1965 à 1968
  • Jean-Marc Boissard, Président de la JOC de 1971 à 1974, prêtre du diocèse d'Amiens
  • Bruno Léchevin, Président de la JOC de 1974 à 1978, syndicaliste, actuel président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) ;
  • Gaby Bonnand, Président de la JOC de 1978 à 1980, syndicaliste (CFDT), Président de l’Unédic
  • Daniel Faburel, Président de la JOC de 1984 à 1987
  • Isabelle Cerino Présidente de la JOCF
  • Annie Braire Présidente de la JOCF de 1985 à 1987
  • Jean Luc Fraux, Président de la JOC de 1986 à 1988
  • Philippe Guillemain, Président de la JOC de 1988 à 1990
  • Catherine Hoffarth Présidente de la JOC
  • Florence Dubonnet Présidente de la JOC
  • Christophe Lemoine Président de la JOC
  • Nicolas Millot Président de la JOC
  • Nathalie Willemetz Présidente de la JOC
  • Pascal Vincens, Président de la JOC de 1998 à 2001
  • Sophia De Oliveira (2002-2005)
  • Inès Minin (2005-2009)
  • Stéphane Haar (2009-2012)
  • Sarah Leclerc-Croci (2012- 2014)
  • Rinà Rajaonary (2015 - )[45]

Personnalités ayant été membre de la JOC-JOCF[modifier | modifier le code]

  • Paul Bacon, responsable JOC de Paris, député, plusieurs fois ministre du travail et de la sécurité sociale entre 1950 et 1962, père du SMIG
  • Jean-Pierre Balduyck, Maire de Tourcoing, député du Nord, conseiller régional.
  • Laurent Berger, Secrétaire National de la CFDT.
  • Rolande Birgy, résistante.
  • Henri Bourdais, Ancien vice-président de la JOC de 1941 à 1944
  • Fernand Bouxom, secrétaire général de 1934 à 1938, député MRP, vice-président de l'assemblée nationale, un des directeurs fondateurs des assurances chômage (Assedic).
  • Théo Braun, Permanent de la JOC durant l'occupation, dirigeant CFTC puis CFDT, ministre, président du Crédit Mutuel.
  • François Brottes, député de l'Isère.
  • Maurice Cayron, cofondateur des Villages vacances familles (VVF)
  • Marcel Callo, responsable de la JOC de Rennes, mort en déportation, béatifié le 4 octobre 1987 par Jean-Paul II
  • Germain Capelleman, syndicaliste belge et militant wallon.
  • Lucien Croci, jociste de Rennes, mort en déportation.
  • Gilbert Declercq, responsable de la CFDT.
  • Daniel Delaveau, maire de Rennes.
  • Jacques Delors, (pré-JOC), syndicaliste à la CFTC-CFDT, ministre de l'Économie de 1981 à 1984 et président de la Commission européenne de 1985 à 1994.
  • Abbé Roger Derry, 1900 - 1943, résistant, mort pour la France, ancien séminariste au Séminaire de Saint-Sulpice.
  • Roger Dessagne, mineur, responsable JOC de Montceau-les-Mines, militant syndical et politique.
  • Sophia De Oliveira, responsable JOC de l'Eure et Loir, Présidente nationale de 2002 à 2005.
  • Pierre Dharréville, écrivain, auteur-compositeur, secrétaire de la fédération du PCF des Bouches du Rhône, Membre du Conseil national du PCF chargé de la laïcité et des relations avec les croyants.
  • Élie Domota
  • Eugène Descamps
  • Louis Duval
  • Lucien Ganne, résistant, pendu en même temps que son beau-frère Pierre Souletie le 9 juin 1944 à Tulle.
  • Marcel Guénault, artisan, déporté à Buchenwald.
  • André Guignand cofondateur des Villages vacances familles (VVF)
  • Émile Halbout
  • Tiphaine Charles agent dgfip
  • Charles Hoareau, militant syndicaliste et politique à Marseille, formé à la JOC, créateur du concept des Comités Chômeurs.
  • Fredo Krumnow
  • André Jondeau
  • Émile Le Beller, syndicaliste français.
  • André Le Ruyet
  • Pierre Loquet
  • Georges Mamy
  • François de Menthon
  • Victor Michel, résistant dans le Réseau Socrate, Président de la JOC belge de 1940 à 1943, parlementaire européen
  • Inès Minin, jociste à Tremblay-en-France, présidente nationale de la JOC de 2005 à 2009, militante syndicale CFDT.
  • Catherine Peyge
  • Daniel Prin, dirigeant fédéral de la JOC de Loire-Atlantique (1962-1969), permanent national de la JOC (1969-1974) et vice-président de la JOC, ancien directeur des Éditions de l'Atelier, conseiller général PS de Rezé-Bouaye (1982-1994).
  • Georges Quiclet, membre de la première équipe du père Guérin
  • Michel Quoist
  • Sergio Regazzoni
  • Jacques Salvator
  • Charles Tissier
  • Yves Urieta
  • André Vallée (1919-1945), jociste déporté durant la Seconde Guerre mondiale, torturé par la Gestapo, mort en déportation à 23 ans.
  • Fernande Verschaeve
  • André Villette, président de la Fédération du Calvados en 1937, membre du secrétariat national de 1938 à 1948, directeur des Éditions ouvrières, maire de Fresnes (Seine) et conseiller général du Val-de-Marne.
  • Karl Auguste Offmann, Président de la République de l'Île Maurice.
  • Irénée Bourgois, syndicaliste, maire de la ville de Dieppe en Seine-Maritime de 1971 à 1989 et député de la Seine-Maritime de 1978 à 1981.
  • Bernard Comont, responsable fédéral JOC, syndicaliste, maire de Publier.
  • Jean Ivoula, responsable fédéral de la JOC de la Réunion de 1980 à 1985, syndicaliste, conseiller général.
  • Jean Van Lierde, militant pacifiste belge.
  • Paul Garcet, fondateur de la JOC belge, déporté et mort à Dachau
  • Oreste Galiano, prieur et restaurateur de la Société du St Sépulcre de Nice, cofondateur du groupe traditionnel Nice la Belle.
  • Renée Prévert, députée d’Ille-et-Vilaine de 1945 à 1951.
  • Henri Duteil, responsable du mouvement, résistant fusillé par les Allemands, le 10 février 1943.
  • Jean Courtecuisse, président de la section JOC d'Hellemmes, fédéral du département du Nord. Fondateur de la JOC au Maroc. Permanent de la JOC à Lille. Résistant. Député de la IVe République.
  • Jean-Marc Ayrault, militant jociste, maire de Nantes, premier ministre sous François Hollande
  • Jean Spautz, président de la JOC du Luxembourg (1954-1958), Ministre de l'Intérieur (1980-1995). Président du PCS (1982-1990). Président de la Chambre des députés (1995-2004). Député au Parlement européen (2004-...).
  • Robert Prigent, secrétaire fédéral de la JOC de Dunkerque puis de toute la région nord. Député du Nord de 1946 à 1951. Ministre de la population et de la santé publique (1945-1946). Ministre de l’agriculture. Sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil.
  • Henri Hulin, président départemental et responsable fédéral des équipes de la JOC de l'Aisne, Député de la IVe République.
  • Jean-Yves Le Drian, militant jociste, député du Morbihan (1978-2007), Maire de Lorient (1981-1998), Président du conseil régional de Bretagne (2004-2012).
  • Léon Morandat dit Yvon Morandat (1913-1972), Militant jociste. Résistant FFI, Compagnon de la Libération.
  • Albert Maton, Militant jociste. Résistant. Conseiller général. Député du Nord.
  • Joseph Wresinski, fondateur d'ATD Quart-monde
  • Cécile Duflot, ministre de l'égalité des territoires et du logement sous François Hollande

Personnalités ayant été aumônier ou accompagnateur de la JOC-JOCF[modifier | modifier le code]

  • Joseph Cardijn, premier aumônier de la JOC belge, fondateur du mouvement.
  • Georges Guérin, premier aumônier de la JOC de France.
  • Jean Rodhain, aumônier de la JOCF de Paris-sud, premier secrétaire général du Secours Catholique.
  • Emmanuel Lafont, Aumônier diocésain et régional de la JOC de Tours de 1977 à 1983, Aumônier de la JOC d’Afrique du Sud, Évêque de Cayenne.
  • André Lacrampe, Aumônier national de la JOC de France de 1975 à 1978.
  • François-Mathurin Gourvès, Aumônier diocésain de la JOC du Morbihan de 1957 à 1967, Évêque de Vannes.
  • Hubert Barbier, Aumônier diocésain de la JOC de Vendée de 1955 à 1970, Évêque d'Annecy puis de Bourges.
  • Christian Nourrichard, Aumônier diocésain de la JOC de Rouen, Évêque d’Évreux.
  • Camille Folliet, Aumônier diocésain de la JOC d'Annecy, Résistant mort au combat.
  • Sauveur Casanova, Aumônier diocésain de la JOC de Corse, Évêque d'Ajaccio.
  • Yves de Montcheuil, Aumônier diocésain de la JOC, résistant, fusillé par les allemands.
  • Michel Pollien, Aumônier ACO-JOC de 1968 à 1978, Évêque auxiliaire de Paris.
  • Georges Béjot, Aumônier JOC, Évêque auxiliaire de Reims.
  • Noël Roncet aumonier général JOC
  • Jean Pierre Bourget aumonier national JOC

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le patronage désigne à la fois l’association et le lieu de rencontre pour les jeunes[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Moy 1997, p. 781.
  2. Georges-Stanislas-Jean Béjot, Évêque auxiliaire de Reims
  3. a et b Bragard 1990, p. 56.
  4. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 426.
  5. http://solidaire.org/articles/1886-premiere-grande-revolte-ouvriere-en-belgique
  6. a, b et c Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 428.
  7. Bragard 1990, p. 56–61.
  8. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 429.
  9. a et b Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 430.
  10. Bragard 1990, p. 70.
  11. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 431–434.
  12. a et b Bragard 1990, p. 73.
  13. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 434.
  14. a, b et c Bragard 1990, p. 76.
  15. a et b Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 433–434.
  16. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 435–436.
  17. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 436.
  18. a et b Bragard 1990, p. 87–88.
  19. a et b Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 437.
  20. Bragard 1990, p. 95–96.
  21. Bragard 1990, p. 109.
  22. a, b et c Bragard 1990, p. 61.
  23. a et b Bragard 1990, p. 55–56.
  24. Bragard 1990, p. 55.
  25. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 428–430.
  26. Bragard 1990, p. 63–67.
  27. Tihon et Vos Wynants, p. 430–431.
  28. a et b Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 431.
  29. Bragard 1990, p. 63–65.
  30. a et b Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 438.
  31. Tihon, Vos et Wynants 1994, p. 63–65.
  32. Bragard 1990, p. 82–83.
  33. Bragard 1990, p. 85–86.
  34. a et b Bragard 1990, p. 93.
  35. Morin 2014.
  36. Launay, Pierrard et Trempé 1984.
  37. Culture et Liberté
  38. Dorval 1975.
  39. a, b, c, d, e et f http://www.cegesoma.be/docs/media/chtp_beg/chtp_11/chtp11_005_Wynants.pdf
  40. Louis Vos, “Katholieke jeugdbewegingen in Vlaanderen : ontstaan en evolutie”, in Luk Bral (dir.), Jeugdbeweging vandaag. Identiteit en plaats in de samenleving, Deurne, 1987, p. 3-16
  41. Id., “Traditie als bron van vernieuwing. De katholieke studentenactie in Vlaanderen, 1955-1975”, in Cahiers d’Histoire du Temps présent, no 8, 2001, p. 133-179.
  42. http://www.joc.be/images/Presse/cp-changementdenom.pdf
  43. « "Le pire est malheureusement possible!" : l’appel de 61 associations et ONG avant le second tour », lejdd.fr, 29 avril 2017.
  44. Les JOC veulent agir dans le monde du travail
  45. http://www.joc.asso.fr/rina-rajaonary-nouvelle-presidente-de-la-joc-de-france/

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Aubert 1990] Jeanne Aubert, JOC qu'as-tu fait de nos vies ? La Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine. 1928-1945, Paris, Les Éditions ouvrières, , 460 p.
  • [Bourdais 1995] Henri Bourdais, La JOC sous l’occupation allemande : Témoignages et souvenirs de Henri Bourdais, vice-président national de la JOC à Paris de 1941 à 1944, Paris, Les Éditions de l’Atelier, , 224 p.
  • [Bragard 1990] L. Bragard et al., Wallonie-Bruxelles 1912-1957 : La Jeunesse Ouvrière Chrétienne, t. 1, Bruxelles, Vie Ouvrière, .
  • [Coco et Debès 1989] Jean-Pierre Coco et Joseph Debès, 1937, l’élan jociste : Le Xe anniversaire de la JOC, Paris, Les Éditions ouvrières, , 186 p.
  • [Davodeau 2005] Étienne Davodeau, Les Mauvaises gens : Une histoire de militants (bande dessinée), Paris, Delcourt, , 183 p.
  • [Debès et Poulat 1986] Joseph Debès et Émile Poulat, L'appel de la J.O.C. : 1926–1928, Cerf, , 292 p. (ISBN 9782204025294).
  • [Dorval 1975] Guy Dorval, « L'étrange évolution de la JOC », La Dernière Heure,‎ .
  • [Favier 2012] Anthony Favier, Discours historiques et pratiques militantes dans la JOC-F (France, 1930-1980) (version préparatoire d'une communication orale à un colloque), (lire en ligne).
  • [JOC 2005] Jeunesse ouvrière chrétienne, Qu’est-ce que la JOC ?, Paris, L’Archipel, coll. « L'information citoyenne », , 128 p. (ISBN 978-2-84187-621-1, OCLC 420584373, notice BnF no FRBNF40056683).
  • [Launay, Pierrard et Trempé 1984] Michel Launay, Pierre Pierrard et Rolande Trempé, La JOC Regards d’historiens, Paris, Les Éditions ouvrières, , 235 p. (ISBN 9782708224575, OCLC 299400072).
  • [Montaron, Laurin et Bouxoum 1989] Georges Montaron (dir.), René-Georges Laurin, Fernand Bouxoum et al. (préf. Georges Montaron, postface Georges Montaron), Jocistes dans la Tourmente : Histoire des jocistes(JOC-JOCF) de la région parisienne 1937-1947, Paris, France, Éditions du Témoignage Chrétien, Les Éditions Ouvrières, , 219 p., 16 × 24 cm (ISBN 2-900016-22-3 et 2-7082-2608-8, notice BnF no FRBNF35065843, SUDOC 054593220).
  • [Morin 2014] D. Morin, Résistance chrétienne dans l'Allemagne nazie : Fernand Morin, compagnon de cellule de Marcel Callo, éd. Karthala, .
  • [Moy 1997] Jean-Yves Moy, Le Père Anizan, prêtre du peuple, Paris, éditions du Cerf, .
  • [Pierrard et Guérin 1997] Pierre Pierrard et Georges Guérin, Une vie pour la JOC, Paris, Les Éditions de l’Atelier, , 317 p.
  • [Richou 1997] Françoise Richou, La Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) : Genèse d’une jeunesse militante, Paris, L’Harmattan, coll. « Logiques sociales », , 240 p.
  • [Stuccilli, Ramond, Michaud et Berthon 2011] Jean-Christophe Stuccilli (dir.), Sylvie Ramond (dir.), Marcel Michaud et Laurence Berthon, Le Poids du monde : Marcel Michaud (1898-1958), Lyon, Fages éditions, , 320 p. (ISBN 9782849752517), « À l'image de Dieu : Marcel Michaud et l'art sacré ».
  • [Tihon, Vos et Wynants 1994] A. Tihon, L. Vos et P. Wynants, La jeunesse ouvrière chrétienne : Histoire du mouvement ouvrier chrétien en Belgique, t. 2, Louvain, Leuven University Press, .
  • [Van der Meersch 1940] Maxence Van der Meersch, Pêcheurs d'hommes, Paris, Albin Michel,
    Roman sur la JOC.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]