Gauche verte (Pays-Bas)

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Gauche verte
(nl) GroenLinks
Image illustrative de l'article Gauche verte (Pays-Bas)
Logo officiel
Présentation
Président Henk Nijhof
Fondation 1er mars 1989
Siège Utrecht
Idéologie politique écologique, progressisme
Affiliation européenne Parti vert européen
Affiliation internationale Global Greens
Couleurs vert
Site web http://groenlinks.nl
Représentation
Première Chambre
5 / 75
Seconde Chambre
10 / 150
Parlement européen
2 / 26

La Gauche verte (en néerlandais : GroenLinks, abrégé en GL) est un parti politique néerlandais. Il défend une société écologiste, socialement progressiste et tolérante. Le mouvement de jeunesse du parti est DWARS. Le parti cohabite avec Les Verts, qui ont plus une vocation régionale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1989[modifier | modifier le code]

La Gauche verte est créée le , de la fusion du Parti communiste des Pays-Bas (CPN), du Parti politique des radicaux (PPR, gauche chrétienne), du Parti socialiste pacifiste (PSP) et du Parti populaire évangélique (EVP).

Ces quatre partis, situés à la gauche du Parti travailliste, sont alors nommés « la petite gauche ». Lors des élections de 1972, ils obtiennent séparément encore un total de 16 sièges, avant de chuter à six sièges seulement en 1977. À partir de ce moment-là, certains militants commencent à plaider pour une coopération entre ces formations.

Cette coopération prend forme dans les années 1980, à l'occasion des élections municipales, provinciales et législatives en raison du haut pourcentage de votes nécessaire pour obtenir des sièges. En 1984, le PPR, le CPN et le PSP forment l'Accord progressiste vert (Groen Progressief Akkoord) qui présente une liste commune pour les élections européennes. Ils gagnent un siège, occupé successivement par le PSP et le PPR.

Les membres de ces partis se retrouvent également dans les mouvements de protestation extraparlementaires contre l'énergie nucléaire et les armes nucléaires. Plus de 80 % des membres du PSP, du CPN et du PPR adhèrent aux manifestations de masse contre le nucléaire en 1981 et 1983.

La coopération entre ces partis et les changements idéologiques qui l'accompagnent, conduisent à des dissensions internes. Le CPN, qui est un mouvement révolutionnaire marxiste-léniniste, se transforme en un parti révolutionnaire. En 1982, une partie de ses membres fait sécession pour fonder la Ligue des communistes aux Pays-Bas.

Avant les élections de 1986, le CPN et le PPR proposent une coopération électorale au PSP. Cela provoque une crise au sein de ce parti. Son président, Fred van der Spek, opposé à cette coopération, est alors remplacé par Andrée van Es. Van der Spek fonde par la suite sa propre formation, le Parti pour le socialisme et le désarmement. Le congrès du PSP de 1986 rejete toutefois la proposition de coopération.

Lors des élections de 1986, ces partis perdent tous des sièges. Le CPN et l'EVP disparaissent même du Parlement, le PPR et le PSP n'ayant respectivement plus que deux et un siège. La pression à collaborer s'accentue encore.

En 1989, le PSP ouvre des discussions avec le PPR et le PCN. Cette initiative est soutenue par une lettre ouverte de syndicalistes, écologistes et intellectuels qui appellent à la création d'une formation progressiste à la gauche du Parti travailliste. Lorsqu'il devient clair que le CPN veut conserver son identité communiste, le PPR quitte les discussions.

Cependant, cette même année, le gouvernement tombe et des élections anticipées sont convoquées. Des négociations reprennent entre les trois formations, auxquelles se joint cette fois l'EVP. Même si la direction du PPR est quelque peu réticente au début, les congrès des partis approuvent le programme commun et une liste de candidats l'été suivant. Une association nommée Gauche verte est créée pour permettre aux sympathisants, membres d'aucun des quatre partis, de soutenir tout de même le mouvement. Au même temps, une liste commune baptisée Arc-en-ciel (Regenboog) est présentée aux élections européennes.

Le 24 novembre 1990, le parti la Gauche Verte est officiellement fondée.

1989-1994[modifier | modifier le code]

Les quatre partis - PPR, CPN, PSP et EVP, se présentent donc aux élections législatives avec une liste commune sous l'étiquette Gauche verte. La liste est organisée de façon que chaque parti soit représenté et que de nouvelles personnalités puissent faire leur entrée au Parlement. Le PPR, le plus grand parti, obtient la première et la cinquième place de la liste; le PSP la deuxième et la sixième; le CPN la troisième; l'EVP la onzième. Paul Rosenmöller, un leader syndicaliste de Rotterdam, est le premier candidat indépendant, sur la quatrième place de la liste. Lors des élections, les partis, avec six sièges, doublent leur nombre de sièges par rapport à 1986 (de 3 à 6), en dépit d'attentes plus élevées.

Le processus de fusion se poursuit quand même entre 1989 et 1991. Un comité est organisé pour le parti en formation, ainsi qu'un Conseil Gauche verte où les quatre partis et les membres de l'association Gauche verte sont représentés. Réticentes à l'origine, les trois organisations de jeunesse (La ligue générale de la jeunesse néerlandaise (CPN), les Groupes de travail de la jeunesse pacifiste et socialiste (PSP) et le Parti de la jeunesse radicale (PPR)) fusionnent finalement pour former DWARS.

En 1990, une opposition se forme contre le cours modéré et écologiste de la Gauche verte. De nombreux membres du PSP s'unissent dans le Forum de gauche en 1992 et sont rejoints par leur ancien leader, Van der Spek. De la même manière, des anciens membres du CPN rejoignent la Ligue des communistes, qui devint le Nouveau Parti communiste. Néanmoins les congrès des quatre partis fondateurs acceptent de dissoudre leur parti pour donner naissance à la Gauche verte en 1991.

Malgré les dissensions internes, la Gauche verte est la seule formation politique présente au Parlement hollandais à s'opposer à la Guerre du Golfe en 1991. Ils déclarent en revanche soutenir les missions de maintien de la paix si celles-ci sont dirigées par les Nations unies.

En 1992, Ria Beckers démissionne du Parlement afin d'avoir plus de temps pour sa vie privée. Peter Lankhorst reprend alors temporairement la tête du groupe.

1994-2002[modifier | modifier le code]

Avant les élections de 1994, la Gauche verte organise une élection interne pour désigner son nouveau président. C'est une coprésidence qui est élue, associant Ina Brouwer, ancienne membre du CPN, et Mohammed Rabbae, ancien président du Centre hollandais pour les étrangers.

Lors des élections législatives de 1994, la Gauche verte perd un siège pour n'en avoir plus que cinq. Le Parti travailliste connait également des pertes.

Après les élections Ina Brouwer quitte le Parlement et son poste de coprésidente. Elle est remplacée par Paul Rosenmöller, qui devient le leader non officiel de l'opposition au cabinet Kok, le principal parti d'opposition, la CDA (démocrate-chrétienne) étant incapable de s'adapter à son nouveau rôle de parti d'opposition. Rosenmöller instaure une nouvelle stratégie: la Gauche verte doit présenter des alternatives au lieu de se contenter de rejeter les propositions faites par le gouvernement.

À l'occasion des élections de 1998, la Gauche verte fait plus que doubler son nombre de sièges, passant de cinq à onze. Le charisme de Rosenmöller n'y est pas étranger. Ces résultats permettent à de nouvelles personnalités d'émerger au sein du parti.

La guerre du Kosovo, en 1999, divise le parti : les parlementaires du Sénat soutiennent l'intervention de la communauté internationale, tandis que ceux de la chambre basse s'y opposent. Après un débat interne, le parti se réunit derrière la ligne suivante : oui à une intervention militaire tant qu'elle se limite aux cibles militaires.

En 2001, le groupe parlementaire soutient tout d'abord l'intervention en Afghanistan après les attaques terroristes du 11 septembre. Il doit toutefois faire marche arrière devant l'opposition de nombreux anciens membres du PSP ainsi que de l'organisation de jeunesse du parti, la DWARS. Le parti demande alors d'arrêter cette intervention.

Depuis 2002[modifier | modifier le code]

Les élections de 2002 sont caractérisées par un changement du climat politique aux Pays-Bas. Ces élections sont marquées par l'entrée en politique de Pim Fortuyn, commentateur politique de droite anti-establishment demandant des restrictions de l'immigration. Quelques jours avant les élections, Pim Fortuyn est assassiné par un militant pour les droits des animaux. La Gauche verte perd un siège lors des législatives, bien qu'elle n'obtienne davantage de voix qu'en 1998.

Rosenmöller commence à recevoir des menaces de mort contre lui, sa femme et ses enfants avant les élections et cela continue après. Il quitte le Parlement avant les élections anticipées de 2003, ces menaces persistantes étant la principale motivation de son retrait. Femke Halsema lui succéde à la présidence et en tant que tête de liste. Le parti perd deux sièges aux élections de 2003.

Le parti s'oppose vigoureusement à la guerre d'Irak. Le parti prend part aux manifestations, organisant notamment son congrès à Amsterdam le jour de la principale manifestation, laissant un intervalle de temps pour permettre à ses membres d'aller manifester.

Le parti a toujours fait partie de l'opposition depuis sa création. Sa première tête de liste est Ria Beckers. Les têtes de liste suivantes sont Ina Brouwer, Paul Rosenmöller et Femke Halsema. La chef politique est maintenant Jolande Sap.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année Voix  % Sièges Rang
1989 362 304 4,1 %
6 / 150
6e
1994 311 399 3,5 %
5 / 150
6e
1998 625 968 7,3 %
11 / 150
5e
2002 660 692 7,0 %
10 / 150
5e
2003 495 802 5,1 %
8 / 150
6e
2006 453 054 4,6 %
7 / 150
6e
2010 628 096 6,7 %
10 / 150
7e
2012 213 757 4,3 %
4 / 150
8e

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Rang Groupe
1994 3,7 %
1 / 38
6e Verts
1999 11,9 %
4 / 31
4e Verts/ALE
2004 7,4 %
2 / 27
4e Verts/ALE
2009 8,9 %
3 / 25
6e Verts/ALE
2014 7,0 %
2 / 26
8e Verts/ALE