Taha Bouhafs

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Taha Bouhafs
Image illustrative de l’article Taha Bouhafs
Taha Bouhafs en 2017.

Naissance (25 ans)
Aïn Beïda (Algérie)
Nationalité Algérienne
Française
Profession Journaliste
Spécialité Reporter
Autres activités Militant antiraciste
Médias actuels
Pays France
Média Internet
Historique
Autres médias Là-bas si j'y suis
Le Média

Taha Bouhafs [ta.a bu.afs][1], né le à Aïn Beïda (Algérie), est un journaliste et militant franco-algérien.

Il participe à plusieurs mobilisations sociales à partir de 2016, notamment en tant que militant au sein du comité Adama, puis est candidat aux élections législatives de 2017 sous l’étiquette La France insoumise (LFI). Il est l'auteur de la vidéo à l'origine de l'affaire Benalla en 2018. En tant que reporter, il couvre différents mouvements protestataires pour Là-bas si j'y suis puis pour Le Média.

Il est décrit par ses contradicteurs comme un « journaliste militant » ou un « activiste » et est accusé d'avoir tenu des propos antisémites. Il est l'objet de plusieurs accusations de harcèlement et de violences sexuelles et est condamné en 2021 pour « injure publique en raison de l'origine » arabe à l'encontre de la policière Linda Kebbab.

Biographie

Taha Bouhafs naît à Aïn Beïda en Algérie[2] le [3] et arrive en France à l'âge de quatre ans, en 2001[2], où il est naturalisé[3]. Sa famille s'installe à Échirolles, dans l'Isère[2]. Ses parents, qui étaient professeurs en Algérie, sont pauvres et ne trouvent pas d'emploi stable en France[4]. Ses deux grands-pères, berbères, sont des anciens combattants du Front de libération nationale (FLN) lors de la guerre d'indépendance[5].

Son père Zaim est adjoint au maire d'Échirolles depuis mars 2020, dans une majorité Front de gauche. Il milite à La France insoumise de 2016 à 2019[6].

Orienté vers un baccalauréat professionnel en électronique, Taha Bouhafs arrête l'école dès la seconde[5], à l'âge de seize ans. Il enchaîne alors les petits boulots[7].

Militantisme

Participation à des mouvements sociaux

Taha Bouhafs rapporte dans un entretien publié en 2019 qu'au moment des révoltes urbaines de 2005, âgé de huit ans, il décide « de plus du tout [s]'informer par les médias, la télévision, les journaux », affirmant : « ils sont contre nous »[8].

S'engageant jeune en politique, il la découvre « de façon autodidacte », selon ses propres mots. Il milite d'abord pour la cause palestinienne. Puis, en 2016, il s'engage dans le mouvement d'opposition contre la loi Travail[2]. La même année, il découvre Nuit debout, et au sein de ce mouvement le féminisme et l'écologisme. La plupart des autres participants « ignorant totalement la vie des jeunes des quartiers »[5], il crée une commission « Quartiers populaires » à Grenoble[4]. En 2019, il est proche de Youcef Brakni du comité Adama et de Madjid Messaoudene, conseiller municipal du Front de gauche de Saint-Denis[4].

Taha Bouhafs quitte sa famille durant le premier semestre de l'année 2018 pour s'installer à Paris et participer au mouvement universitaire en cours contre la loi sur l'accès à l'université[7]. Il se rend très actif sur les réseaux sociaux[9], filmant toutes les mobilisations auquel il se rend[10] : mouvements étudiant et cheminot de 2018, révolte des quartiers nantais après le décès d'Aboubacar Fofana, tué par un CRS. Il diffuse son travail sur Twitter, pour « informer, montrer ce qui se passe dans les quartiers », et donner une vision opposée à la « version policière » reprise par les médias mainstream[8].

Durant le mouvement étudiant du campus de la rue de Tolbiac en , il est au centre d'une polémique, en diffusant une fausse information annonçant le décès d'un étudiant après une intervention des forces de l'ordre[9]. Le , place de la Contrescarpe à Paris, Taha Bouhafs filme avec son téléphone[11] Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président de la République Emmanuel Macron, étranglant puis frappant à terre deux manifestants. Il poste sa vidéo sur Twitter[12] sans savoir qui est l'homme qu'il filme. Au mois de juillet, une journaliste du Monde, Ariane Chemin, reconnaît le chef de cabinet sur les vidéos, la publication de son article est alors à l'origine de l'affaire Benalla[13],[9],[14],[15].

Pourtant sceptique au début, il appelle les quartiers populaires à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes en avec le collectif Vérité pour Adama, ainsi que la mise en place d'une grève générale[2]. Il souhaite une convergence des luttes entre banlieues et milieux ruraux tout en évitant une récupération par l'extrême droite[2],[4].

Parcours au sein de La France insoumise

La première campagne électorale à laquelle participe Taha Bouhafs est l'élection présidentielle de 2017, où il milite pour le candidat de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon. Il rencontre à cette occasion plusieurs cadres du parti, notamment les futurs députés Danièle Obono et Éric Coquerel[4]. En juin 2017, à l'âge de vingt ans, il se présente sous l'étiquette de LFI aux élections législatives dans la deuxième circonscription de l'Isère : il obtient 3 911 voix, soit 11,1 % des suffrages, et est éliminé au premier tour[16],[17].

Il quitte LFI dans les deux années qui suivent ; en , interrogé, il déclare s'être éloigné du parti[4]. Le , au colloque de rentrée du parti — intitulé les AmFis d'été —, le philosophe Henri Peña-Ruiz déclare : « On a le droit d'être athéophobe, comme on a le droit d’être islamophobe ; en revanche, on n'a pas le droit de rejeter des hommes ou des femmes parce qu'ils sont musulmans »[18]. Taha Bouhafs relaye alors sur Twitter une citation tronquée des propos de Peña-Ruiz — « on a le droit d'être islamophobe ». Aux AmFis, un cadre Insoumis, Benoît Schneckenburger, l'interpelle sèchement en lui reprochant ce tweet, le ton monte et le service d'ordre doit intervenir. Taha Bouhafs dénonce une « agression physique », tandis que les dirigeants du parti parlent d'une « erreur », d'une « perte de contrôle » regrettable[19].

Taha Bouhafs confirme alors sa prise de distance à l'égard de La France insoumise en ces termes : « Elle est le résultat de deux ans de sorties islamophobes, notamment de certains élus qui n'en ont jamais raté une pour rabaisser les femmes voilées[20]. » Libération relève qu'il ne faisait pas l'unanimité dans le mouvement, suscitant la désapprobation de nombreux dirigeants[19].

Taha Bouhafs est progressivement réintégré au sein de LFI (La France insoumise), où il bénéficie du soutien d'Éric Coquerel et de Jean-Luc Mélenchon[21]. Le , il officialise sa candidature aux élections législatives dans la quatorzième circonscription du Rhône, dans le cadre de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES). Jean-Luc Mélenchon y a obtenu 49 % des suffrages au premier tour de la présidentielle[22],[23]. Sa candidature génère rapidement une polémique nationale, liée aux polémiques dans lesquelles il est impliqué et à sa condamnation passée. Il est en outre victime de nombreuses injures racistes[24]. Face à lui, les partis d’extrême droite investissent deux policiers : le CRS Damien Monchau pour le Rassemblement national, et le secrétaire national du syndicat France Police – Policiers, Bruno Attal, pour le parti Reconquête d'Éric Zemmour. Sa candidature crée également une tension au sein de la NUPES, la maire communiste de Vénissieux Michèle Picard maintenant sa candidature face à lui[25] avec le soutien du secrétaire national du PCF Fabien Roussel, qui refuse la candidature d'un homme « condamné en première instance pour injure raciale »[26].

En interne, LFI confronte Taha Bouhafs après avoir reçu deux témoignages l'accusant de harcèlement sexuel et de violences sexuelles le 5 mai. Parallèlement, le parti soutient publiquement Taha Bouhafs jusqu’à ce que ce dernier retire sa candidature le [21], ce qu’il justifie par le fait qu’il soit victime « tout les jours » d'une « nouvelle calomnie, d'une nouvelle insulte, d'une nouvelle menace de mort, d'une nouvelle accusation », déclarant avoir « sous-estimé la puissance de ce système quand il veut vous broyer »[26]. Les témoignages sont révélés publiquement le 11 mai. La NUPES investit Idir Boumertit, le quatrième adjoint de Michèle Picard, en lieu et place de Taha Bouhafs, malgré la dissidence du PCF[27].

Implication dans les mouvements antiracistes

Impliqué dans les mouvements antiracistes[28] et contre les violences policières, Taha Bouhafs est membre du comité Vérité pour Adama d'Assa Traoré, né après la mort d'Adama Traoré lors d'une interpellation policière en 2016[4].

Après plusieurs polémiques sur le hijab et une attaque contre la mosquée de Bayonne, il lance, avec Madjid Messaoudene et plusieurs organisations et partis, soit le Comité Adama, le Collectif contre l'islamophobie en France, le Nouveau Parti anticapitaliste, l'Union communiste libertaire), un appel à une « Marche contre l'islamophobie » le à Paris, qui fait controverse jusqu'à gauche en raison de liens entre certains organisateurs et l'islamisme[29],[30].

Taha Bouhafs est accusé de défendre un antiracisme communautariste ; selon Hadrien Mathoux de Marianne, il aurait tenu des propos agressifs envers les « Blancs »[31],[32].

Journalisme

Reporter pour Là-bas si j'y suis

Il est embauché par Là-bas si j'y suis en [10], un site web d'information dirigé par Daniel Mermet[33]. Reporter[34], il suit et filme avec son téléphone manifestations et protestations des quartiers populaires[35], de Gilets jaunes, d'étudiants, de syndicalistes ou d'Algériens anti-Bouteflika. En , il compte environ 180 vidéos publiées sur le compte Twitter de Là-bas si j'y suis[33], qui atteignent parfois le million de vues[5]. Il signe aussi des enquêtes, dont l'une mettant en cause le conseiller du président Ismaël Emelien à propos de sa gestion de la cellule de riposte de l'Élysée durant l'affaire Benalla[33].

En , deux jeunes de moins de vingt ans meurent à l'issue d'une course-poursuite avec la police à Grenoble. Taha Bouhafs couvre les nuits d'émeutes qui suivent[35]. Un mois après, il est poursuivi pour « diffamation publique à l'encontre de la police nationale », après avoir déclaré sur le réseau que « deux jeunes de quartier de 17 et 19 ans sont morts à cause de la police à la suite d'une course-poursuite »[36]. Il est aussi accusé par le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure de « jeter de l'huile sur le feu » : « On appelle les gens à se soulever, et après on va filmer[35]. »

En décembre 2020, il est recruté par Le Média[37],[38].

Arrestation de juin 2019

Le , alors qu'il couvre une manifestation de soutien à des travailleurs sans papiers de Chronopost à Alfortville dans le Val-de-Marne[39], il est violemment interpellé[40],[41]. Après avoir reçu l'ordre d'arrêter de filmer par un policier en civil, Bouhafs est repoussé puis frappé au thorax. Il est ensuite interpellé « avec violence, en le projetant et maintenant à terre et en lui tordant le bras », d'après un témoignage de Bouhafs rapporté par Amnesty International France. Il est menotté et conduit au commissariat, et « il aurait été frappé à plusieurs reprises au visage » pendant le déplacement[42]. Il se plaint également d'insultes racistes[43]. Il est maintenu en garde à vue pendant vingt-quatre heures. Libéré le lendemain, il est poursuivi pour « outrage et rébellion sur une personne dépositaire de l'autorité publique »[39], le policier l'accusant de l'avoir traité à deux reprises de « racaille de flic »[44]. Son téléphone, avec lequel il a filmé son arrestation, est mis sous scellé[39]. Sorti avec une épaule déboîtée, des ecchymoses au visage[45] et trois semaines d'arrêt de travail[46], il porte plainte avec son avocat Arié Alimi pour « violence en réunion par des personnes dépositaires de l'autorité publique »[47], mais aussi pour « obstruction de la vérité », « faux et usage de faux »[48].

Taha Bouhafs reçoit le soutien du Syndicat national des journalistes[8], d'une vingtaine de sociétés de journalistes et de rédacteurs[28] et d'Amnesty International France[49].

La restitution de son téléphone est ordonnée par la justice en , mais elle n'est effective que peu avant le procès, prévu pour le au tribunal de Créteil[50]. Ce dernier évoque un « problème de gestion du greffe »[50], d'après Amnesty. Ne pas avoir eu accès à la vidéo de son interpellation ne lui permet pas de constituer sa défense[51]. Taha Bouhafs est finalement relaxé le [52].

Fondation de Reporters en colère

En , Taha Bouhafs cofonde le collectif Reporters en colère (REC), avec d'autres journalistes travaillant dans les manifestations. Ce collectif a pour but de lutter contre la précarité et la violence policière dans leur profession[53],[54].

Lors d'une manifestation à laquelle prend part REC le , plusieurs membres du collectif, dont Taha Bouhafs, sont blessés par des grenades de désencerclement et des grenades lacrymogènes[54].

Arrestation de janvier 2020

Le 17 janvier 2020, Taha Bouhafs prend volontairement une place au théâtre parisien des Bouffes-du-Nord où se trouve Emmanuel Macron pour une représentation de la pièce La Mouche[55]. Le journaliste signale sur Twitter la présence du président de la République[56]. Quelques minutes plus tard, des dizaines de manifestants opposés au président en général[56], et en particulier à la réforme des retraites, se rassemblent devant le théâtre et tentent de pénétrer à l'intérieur de la salle de spectacle[57],[58]. Ce rassemblement conduit à l'exfiltration du cortège présidentiel vers 22 heures[56],[59], et à l'arrestation de Bouhafs à la fin de la représentation[60]. À l'issue de son placement en garde à vue, une juge d'instruction le met sous le statut de témoin assisté, dans le cadre d'une information judiciaire pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou dégradations » et « organisation d'une manifestation non déclarée »[55],[61],[62]. En mars 2021, il est mis hors de cause et bénéficie d'un non-lieu[63] . Il annonce porter plainte pour « violation du secret des sources » ainsi que dénonciation calomnieuse contre l’Élysée[64].

Polémiques

Rumeur de Tolbiac

Lors de l'occupation de l'université de Tolbiac en 2018, une vidéo de Taha Bouhafs dans laquelle il insulte des forces de l'ordre circule sur les réseaux sociaux et fait polémique[7]. Dans le même temps, il participe à la diffusion d'une rumeur sur un étudiant blessé gravement par la répression policière[13],[7], reprise par plusieurs médias[65]. Même après le retrait de Reporterre, qui avait diffusé l'information, et un article de Libération, qui met en cause les témoignages sur l'évènement, Bouhafs persiste[65].

Il dira plus tard que ce fut « une bonne leçon » : « J'ai commencé à revérifier mes sources, à ne plus seulement filmer un événement, mais à le documenter[66]. » Ces incidents attirent sur lui l'attention des réseaux sociaux. Il subit alors des commentaires injurieux, dont certains à dimension raciste, ainsi que des appels à la violence[65].

Accusation d'antisémitisme et plaintes

En , après que le philosophe Alain Finkielkraut a été traité de « sale sioniste » au cours d’une manifestation, l'homme politique Benoît Hamon publie un tweet affirmant que « "sale sioniste" voulait dire "sale juif" », ce à quoi Taha Bouhafs répond: « C'est bientôt le dîner du CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France], et t'as pas envie d'être privé de petits fours. » Le rapprochement entre les « petits fours » et les fours crématoires des camps d'extermination nazis est fait par la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). Taha Bouhafs se défend des accusations d’antisémitisme et accuse à son tour la Licra de l'avoir « jeté en pâture » à une campagne d'insultes racistes et de menaces de mort[67],[68],[69], puis porte plainte[53].

Accusations de « journalisme militant »

Après sa garde à vue de , le statut de journaliste de Taha Bouhafs est contesté par plusieurs de ses confrères. Ils l'accusent d'être un « faux-journaliste » et un « militant » sans carte de presse[70],[5] ni expérience dans une école de journalisme[71], et d’avoir diffusé à dessein de fausses informations sur l’évacuation du campus de Tolbiac[33]. D'autres, au contraire, pensent que des travailleurs comme Bouhafs et Gaspard Glanz — lequel a fait l’objet de critiques similaires — offrent un point de vue différent des médias traditionnels[70], et contestent le caractère antinomique du militantisme et du journalisme[72]. Bouhafs et plusieurs de ses soutiens considèrent néanmoins que cette critique pourrait viser d’autres membres de la profession, proches d’autres courants politiques. Ils citent notamment Christophe Barbier et Bernard Guetta, journalistes et soutiens publics d'Emmanuel Macron, Guetta étant aussi élu député européen de La République en marche[73],[74],[75]. Danièle Obono, députée LFI, voit en outre dans ces critiques une attaque raciste à l’égard d’un « jeune homme arabe »[76]. Sur le fond, Taha Bouhafs répond : « Je suis journaliste, pas journaliste militant. Je peux être militant dans ma vie de tous les jours [...], mais quand je suis journaliste, je suis journaliste[77]. ».

Malgré ces réponses, Bouhafs reste qualifié par une partie de ses pairs et de la classe politique de « militant » ou « activiste » après l’affaire du théâtre des Bouffes-du-Nord[76]. Ainsi, certains d'entre eux, tout en reconnaissant la pertinence du journalisme d’opinion ou du journalisme engagé, maintiennent que la profession est incompatible avec l’activisme politique dès lors que celui-ci consisterait à s’affranchir de la recherche de la vérité[78],[79],[80]. À l’occasion, Libération indique que Bouhafs n’avait pas, en , fait les démarches en vue d'obtenir une carte de presse, tout en précisant que celle-ci n’est pas nécessaire pour pouvoir être qualifié de journaliste[72]. Il en est titulaire à partir de 2021[64].

Accusations de harcèlement

En janvier 2022, le site Arrêt sur images consacre un article sur les problèmes que rencontrent les femmes journalistes au sein de la rédaction du site Le Média. Plusieurs témoins affirment que la journaliste Elsa Margueritat a été harcelée par Taha Bouhafs, qui aurait menacé d'utiliser sa notoriété sur les réseaux sociaux contre elle, et également tenté de la faire licencier en lui reprochant ses prises de positions[81],[82],[83].

Alors que Taha Bouhafs annonce sa candidature aux législatives en 2022, le journal Marianne recueille le témoignage de Fatima Benomar, cofondatrice de l'association féministe intersectionnelle Les Effrontés, qui accuse Taha Bouhafs d'avoir, en 2018, multiplié les insultes et les moqueries à son encontre sur les réseaux sociaux avant de contacter une responsable de la France Insoumise pour « lui mettre la pression ». Benomar explique que « comme beaucoup d'autres militants de gauche qui ont eu affaire à son comportement violent et toxique, j'ai souvent ressenti un scrupule à l'attaquer publiquement vu qu'il est régulièrement visé par la fachosphère ». D'après elle, ces attaques venant de l'extrême droite expliquent en partie le fait que « Taha [ait] réussi, dans le périmètre précis des organisations progressistes, à négocier qu'on lui passe tout, ou presque, au prétexte de son jeune âge ou de sa virulence, même quand il a des comportements de domination et de pression »[84].[pertinence contestée]

Accusations de harcèlement et de violences sexuelles

Le , LFI saisit son comité contre les violences sexistes et sexuelles après avoir reçu un signalement concernant Taha Bouhafs. Clémentine Autain, députée insoumise, déclare « que la cellule n’a jamais reçu un témoignage avec des faits d’une telle gravité »[85]. Taha Bouhafs dénonce une nouvelle « calomnie »[86]. Le comité à LFI chargé des élections législatives de 2022 suspend Taha Bouhafs et le lendemain, le lundi 9 mai, il est reçu par Clémentine Autain et Mathilde Panot pour être confronté aux accusations[87]. Au cours de cette rencontre, il est convenu que Taha Bouhafs peut de lui-même annoncer qu'il retire sa candidature[87], ce qu'il fait le mardi 10 mai[88].

Le , Jean-Luc Mélenchon, affirme apprendre à ce jour « les accusations » et prend ses distances avec le reporter. Le leader insoumis ajoute que « la parole des femmes doit être entendue sérieusement » tout en comptant sur « la commission ad hoc LFI pour établir la vérité »[89].

Affaire judiciaire

En , Taha Bouhafs qualifie la syndicaliste policière Linda Kebbab d'« Arabe de service » sur Twitter. À la suite d’une plainte de celle-ci, il est condamné le pour le délit d'injure publique à raison de l'origine à une amende de 1 500 , outre des dommages-intérêts à verser à Linda Kebbab[90],[91]. Il décide de faire appel[90].

Ouvrage

Notes et références

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    « Car si le journaliste reçoit effectivement des tombereaux d'injures racistes sur les réseaux sociaux, ce sont avant tout ses faits d'armes et prises de position qui causent le trouble. »

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Annexes

Articles connexes

Liens externes