Alain Finkielkraut

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Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut par Claude Truong-Ngoc juin 2013.jpg

Alain Finkielkraut en juin 2013.

Naissance
Nationalité
Langue
Principaux intérêts
Idées remarquables
« la culture et les cultures »
Œuvres principales
  • Le Nouveau Désordre amoureux (1977)
  • La Défaite de la pensée (1987)
  • Le Mécontemporain. Charles Péguy, lecteur du monde moderne (1992)
  • Internet, l'inquiétante extase (2001)
  • L'imparfait du présent. Pièces brèves (2002)
  • Nous autres, modernes : Quatre leçons (2005)
  • La Querelle de l'école (2007)
  • Un cœur intelligent (2009)
  • Et si l'amour durait (2011)
  • L'Identité malheureuse (2013)
Influencé par
A influencé
Adjectifs dérivés
finkielkrautien, finkielkrautienne

Alain Finkielkraut, né le à Paris est un écrivain, philosophe, essayiste et académicien français.

Auteur de nombreux ouvrages sur la littérature, l'amour, la modernité, la judéité, le nationalisme, la colonisation, il défend l'idée de transmission, d'héritage, de tradition, ainsi que l'esprit des humanités, le sionisme, la notion d'identité et la redécouverte du sens du tragique. Il se dit « à la fois classique et romantique ». Il s'est exprimé sur l'antisémitisme et le racisme, sur le multiculturalisme, sur les failles du système éducatif français qui conduisent à la marginalisation des enfants de l'immigration, ou encore sur les guerres de Yougoslavie. Le 10 avril 2014, il est élu à l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Père d'Alain Finkielkraut, Daniel Finkielkraut[1], maroquinier juif, quitte la Pologne dans les années 1930 en raison de l'antisémitisme et survit à la déportation en 1941 à Auschwitz[2],[3]. Sa mère, née à Lvov, alors en Pologne, maintenant en Ukraine, se réfugie d'abord en Allemagne, puis à Anvers en Belgique[4] après avoir perdu toute sa famille en Pologne[5]. Alain Finkielkraut et ses parents bénéficient d'une naturalisation collective lorsqu'il a un an[6].

Après ses études secondaires, Alain Finkielkraut prépare, au lycée Henri-IV, le concours d'entrée des Écoles normales supérieures ; après avoir échoué à celui de la rue d'Ulm en 1968[7], il est reçu à celui de Saint-Cloud en 1969, puis à l'agrégation de lettres modernes[7] en 1972. En 1974, il est professeur au lycée technique de Beauvais. De 1976 à 1978, il enseigne à Berkeley au Département de Littérature Française. Il se marie en 1985 avec l'avocate Sylvie Topaloff[8]. En novembre 1989, il devient professeur de philosophie et d'histoire des idées au département Humanités et sciences sociales de l'École polytechnique.

Dans sa jeunesse, Alain Finkielkraut est maoïste. Sans renier ce premier engagement, il s'éloigne de ses camarades politiques en soutenant Israël lors de la guerre du Kippour, en 1973. Dans les années 1980, il soutient les chrétiens du Liban. Dans les années 1990, il est parmi les premiers intellectuels à s'engager pour une intervention occidentale en ex-Yougoslavie, dans un climat plutôt hostile, la position officielle de la France et de son président François Mitterrand étant à l'époque pro-serbe. Il a défendu également le droit de la Croatie à la sécession contre la Grande Serbie bâtie sur les ruines de l'ex-Yougoslavie, au nom du principe de la défense des « petites nations » qui sont un gage de liberté.

Il écrit de nombreux essais et collabore à plusieurs revues, dont les revues Arguments et Égards. La publication de La Défaite de la pensée en 1987 marque un tournant dans son œuvre et le début d'une critique de la « barbarie du monde moderne ». Dans ses interventions publiques, il prône une certaine idée de l'école et de la culture, où l’idéal de transmission générationnelle devrait prévaloir sur celui de communication entre contemporains. Face à ce qu'il perçoit comme des crispations identitaires, il affirme l'importance de la laïcité et d'une école républicaine.

Il est membre fondateur, avec Benny Lévy et Bernard-Henri Lévy, de l'Institut d'études lévinassiennes, ouvert en l'an 2000 à Jérusalem[9].

Dans les années 2000, il condamne la seconde Intifada et critique le silence du gouvernement PS de Lionel Jospin au sujet de la montée de l'antisémitisme en France. Lors de l'élection présidentielle de 2002, il fait un discours devant le Panthéon pour protester contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour du scrutin[10].

A la rentrée 2014, il prend sa retraire de l'Ecole polytechnique, où il est remplacé à la chair de philosophie par Michaël Foessel[6]. Le 10 avril 2014, il est élu à l'Académie française, par 16 voix sur 28 votes dès le premier tour[11]. Il succède au fauteuil 21 à l'écrivain Félicien Marceau.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Travaux[modifier | modifier le code]

Alain Finkielkraut s'oppose avec constance à la « pensée de la période 68 », pour son aspect libertaire ainsi qu'à ce qu'il appelle « l'idéologie du progressisme » dans laquelle il décèle une illusion.

A partir de La Défaite de la pensée (1987), il s'alarme de la menace que fait peser sur la pérennité de la haute culture le triomphe de la culture de masse. « Car la culture, c'est la vie avec la pensée. Et on constate aujourd'hui qu'il est courant de baptiser culturelles des activités où la pensée n'a aucune part[14]. » Il dénonce l'impasse du « tout culturel », qui confond selon lui toute activité avec un fait de culture, et la politique du « tout culturel » du Ministre de la culture de l'époque (Jack Lang). Il considère que « l'École suit cette même pente […] qui la détruit ».

Il s'affirme comme un grand défenseur de l'école républicaine, chargée de la transmission du patrimoine littéraire, mais aussi creuset pour l'assimilation culturelle des enfants d'immigrés. Il prend partie dans la « querelle de l'école », fustigeant les réformes des « pédagogues » qui selon lui sacrifient la transmission. Il dénonce également l'exaltation de la différence, qui selon lui mène au relativisme des valeurs. Cette exaltation par certains intellectuels aurait pour effet néfaste de légitimer « l'anti-républicanisme » de nombreux jeunes issus de l'immigration postcoloniale.

Critique de la pensée de la période 68[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Désordre amoureux, écrit en 1977 avec Pascal Bruckner, est l'ouvrage qui l'a rendu célèbre. L'ouvrage s'attaque au « mythe de la Révolution sexuelle », qui serait issue de Mai 68 et des théories de Gilles Deleuze et Félix Guattari, de Guy Debord et des situationnistes. Selon la lecture de Finkielkraut et Bruckner, Deleuze et Guattari nient l'amour ou, en tout cas, affirment que l'amour en tant que valeur abstraite serait une chose « ignoble ». Finkielkraut et Bruckner affirment a contrario l'existence de l'amour et son impossible réforme : « l'amour ne se prête pas à la révolution ». Ils voient les femmes comme les victimes de cette idéologie.

Alain Finkielkraut critique également le progressisme que les héritiers de 68 auraient rendu dominant dans la sphère intellectuelle française :

« Le progressisme, c'est l'idée que tout est politique, et qu'en effet on peut accéder à un monde meilleur par un bouleversement radical des institutions, par la révolution ou l'élimination des méchants. [...] Nourrie de cette espérance, la gauche progressiste ne voulait pas voir les horreurs commises en son nom. Et quand elle les voyait et finissait par condamner le communisme soviétique, c'était pour reporter aussitôt son impatience messianique sur Cuba ou sur la Chine. La gauche antitotalitaire, à l'inverse, s'est inspirée de Soljenitsyne et des dissidents pour dénoncer non seulement l'écart entre l'idéal communiste et la réalité, mais aussi le danger d'un idéal d'éradication définitive du mal. »

— Alain Finkielkraut en août 2004[15]

Finkielkraut dénonce ainsi, du point de vue d'une position qui serait celle de la gauche antitotalitaire, les illusions d'une gauche révolutionnaire aveugle à ses propres dérives (tiers-mondisme et multiculturalisme menant au relativisme).

La défense de l'école républicaine[modifier | modifier le code]

Alain Finkielkraut s'est à plusieurs reprises positionné dans les médias comme prenant la défense de l'école de la République, contre des réformes pédagogiques qu'il juge assez néfastes. Ainsi, il déclare dans une entrevue donnée à L'Express () :

« Lorsque vous vous inquiétez de problèmes d'orthographe dans une classe primaire, l'institutrice vous répond : "Je sais, mais je ne suis pas sûre de terminer le programme à cause des activités d'éveil" ! Le prix à payer pour ces activités nouvelles, introduites par la réforme, alors que personne ne les a demandées, est un retard généralisé des apprentissages fondamentaux, tels que la maîtrise de la langue. »

Un ouvrage, La querelle de l'école, a été tiré des différentes interventions sur le sujet ayant eu lieu dans son émission radio. Dans ces prises de position, Alain Finkielkraut se réfère à Hannah Arendt qui s'attaque, dans son essai La Crise de l'éducation, au contexte éducatif américain des années 1960 organisant selon elle l'échec de l'apprentissage des enfants grâce à des méthodes pédagogiques qu'elle critique très vivement et dont elle démonte les fautes de raisonnement[16]. Alain Finkielkraut reprend ses analyses dans sa lutte contre des réformes en France qu’il juge susceptibles de produire les mêmes effets.

Dans l'article « La révolution culturelle à l'école » publié dans le journal Le Monde le , il résume ainsi ses positions :

« Jaurès voulait que les enfants du peuple reçoivent une culture équivalente à celle que recevaient les enfants de la bourgeoisie. Les parents instruits et avisés de la bourgeoisie rêvent aujourd'hui que leurs enfants bénéficient d'une culture équivalente à celle qu'ils ont reçue et ils sont prêts à y mettre le prix. Ils usent de tous les stratagèmes, de tous les subterfuges et de tous les déménagements pour trouver une école primaire, puis un collège, puis un lycée - privé ou public - où la communication n'a pas détrôné la transmission, où l'émulation n'est pas taboue, où l'idée de mérite est considérée comme un acquis démocratique et non comme un scandale pour la démocratie, où l'on ne s'adosse pas à la misère pour faire honte à la pensée, où d'autres dimensions de la réalité sont prises en compte que l'environnement social et d'autres dimensions du temps que l'actualité, où la différence entre information et connaissance n'est pas tombée dans l'oubli, où la laïcité n'a pas été vaincue par l'idolâtrie des consoles. »

Il a été consulté par l'État sur les questions scolaires, il a ainsi fait partie de la commission Thélot, dont il a démissionné à la suite d'un désaccord avec le contenu du rapport final[17]. Sa position sur ce sujet est celle de la défense de la « valeur de l'étude », contre les théories pédagogiques, qu'il dénonce comme jouant un rôle dans l'aggravation des inégalités.

En 2003, il a consacré aux questions de l'enseignement un ouvrage, Enseigner les lettres aujourd'hui, où il se pose en défenseur de l'école républicaine. Selon lui, celle-ci se serait éloignée de ses objectifs originels d'égalité et d'émancipation.

Selon Élisabeth de Fontenay, philosophe proche d'Alain Finkielkraut[18], sa position est « une passion de cette école à la française, dont il constate avec désespoir qu’elle n’a pas su être offerte aux enfants défavorisés comme une chance réelle d’intégration, et qu’elle ne fonctionne plus correctement que pour les enfants des bourgeois[19]. »

En 2008, il critique l'optimisme de François Bégaudeau, auteur du roman Entre les murs, consacré au collège d'une ZEP, et l'opposition de l'auteur aux méthodes d'enseignement classiques[20].

L'identité juive et le nouvel antisémitisme[modifier | modifier le code]

Dans Le Juif imaginaire (1981), Alain Finkielkraut interroge l'identité des juifs de sa génération, athées et nés après la guerre. Il affirme que la mémoire du génocide requiert de leur part une posture qui ne soit ni indifférence ni identification. Il défend le devoir de mémoire mais rappelle que les descendants des victimes n'ont aucun titre à se présenter eux-mêmes comme des victimes qu'ils ne sont pas. En 2000, il publie Une voix vient de l'autre rive, dans le fil du Juif imaginaire : comment ne pas oublier sans s'identifier, comment transmettre sans s'approprier une tradition qui, universelle, n'appartient à personne en particulier ?

Au nom de l'autre, réflexion sur l'antisémitisme qui vient (2003) est un essai sur ce qu'il perçoit comme la résurgence d'insultes et d'actes antisémites, qui serait légitimés par un antisémitisme intellectuel « de gauche » et « progressiste » au nom de la dénonciation d'Israël.

« Il faut du courage pour porter une kippa dans ces lieux féroces qu'on appelle cités sensibles et dans le métro parisien : le sionisme est criminalisé par toujours plus d'intellectuels, l'enseignement de la Shoah se révèle impossible à l'instant même où il devient obligatoire, la découverte de l'Antiquité livre les Hébreux au chahut des enfants, l'injure "sale juif" a fait sa réapparition (en verlan) dans presque toutes les cours d'école. Les Juifs ont le cœur lourd et, pour la première fois depuis la guerre, ils ont peur. »

— Citation extraite de Au nom de l'autre, réflexion sur l'antisémitisme qui vient.

Son analyse porte avant tout sur l'évolution de l'antisémitisme : « Hier, Céline ou Drumont reprochaient aux Juifs leur cosmopolitisme, leur manque de patrie ; aujourd'hui, c'est leur trop-plein de patrie que les antisémites leur reprochent, leur attachement à une communauté et à un pays ». Cet attachement serait celui porté à la fois à Israël et à la France. Affirmant son attachement à Israël, Finkielkraut critique en même temps les juifs français qui ne se sentent pas français à part entière. Après une série d'actes traduisant, selon lui, une « nouvelle vague d'antisémitisme et d'anti-républicanisme » de la part de populations issues de l'immigration postcoloniale, il écrit :

« Cette fois, ce sont les victimes potentielles de l’exclusion et du racisme qui sont les fers de lance de cet antisémitisme violent. […] Pour la première fois, nous sommes dans le même bateau. C’est une judéophobie qui emprunte son argumentaire à l'antisémitisme apocalyptique de l’Europe des années trente mais qui se nourrit de l’exploitation du conflit israélo-palestinien. […] Le gouvernement est très coupable de ne pas défendre la République quand elle est attaquée, sous prétexte qu’elle l’est par d’autres gens que ceux dont on a l’habitude. Mais on aurait tort d’isoler complètement les manifestations antisémites d’un mouvement plus vaste dont les Juifs ne sont pas les seules cibles. Ce n’est pas le moment de nous désolidariser de la France en l’accusant puisque la haine dont nous sommes l’objet vise aussi la France[21]. »

Alain Finkielkraut a notamment dénoncé les positions de l'humoriste Dieudonné, qu'il estime représentatives d'un « nouvel antisémitisme proféré au nom de l'antiracisme ». Finkielkraut juge à ce titre Dieudonné plus dangereux que le Front National[22].

Pour Alain Finkielkraut, le nouvel antisémitisme est un « antisémitisme islamo-progressiste » et le front antiraciste a explosé en France : à ses yeux le MRAP ne lutte plus contre l'antisémitisme, tandis que Dieudonné prône l'antisémitisme au nom de la défense des Noirs[23].

Les sources d'inspiration de Finkielkraut[modifier | modifier le code]

On retrouve chez Alain Finkielkraut l'influence de plusieurs intellectuels critiques de la modernité. Comme Leo Strauss, Alain Finkielkraut pense que le relativisme mène au nihilisme. Avec Charles Péguy et Hannah Arendt, il pense que la destruction de la tradition mène à la destruction de la culture. Or selon lui, de notre héritage, nous sommes redevables et responsables pour les générations futures, comme l'a également théorisé Hans Jonas[24] : si nous n'avons pas le droit de le détruire, c'est parce que nous n'en sommes que les détenteurs, non les propriétaires.

De Hannah Arendt, Finkielkraut retire deux choses : d'abord son analyse du totalitarisme et plus particulièrement sa réflexion sur la banalité du mal, mais aussi son analyse de la crise de la culture dans les sociétés modernes.

La critique de la modernité passe aussi, chez Finkielkraut, par la lecture de Charles Péguy, à qui il consacre son essai Le Mécontemporain, Charles Péguy, lecteur du monde moderne (1992)[25].

Finkielkraut a également souvent évoqué l'influence que Milan Kundera a exercée sur lui : il l'aurait en particulier aidé à se départir de son lyrisme spontané, hérité de Mai 68, et à découvrir la complexité du monde. Ils pensent tous deux que le roman jette sur la condition humaine une lumière qu’il est seul à pouvoir proposer, dans la mesure où, à la différence de la philosophie dont les concepts sont tranchés, il en restitue l’ambiguïté fondamentale.

A partir de La Sagesse de l'amour (1984), Alain Finkielkraut s'inspire enfin de l'œuvre d'Emmanuel Levinas.

Finkielkraut s'est intéressé au retournement intérieur de personnalités très différentes, Roland Barthes ou Vassili Grossman. Chacun dans son époque et son histoire, soit la France des Trente Glorieuses, pour l'un, ou l'Union soviétique stalinienne, pour l'autre, a vécu un moment paradigmatique de la modernité et a fait une expérience de vie également exemplaire. Ce sont ces expériences douloureuses, et singulières – car, pour Barthes, ce fut celle de la mort de sa mère, et, pour Grossman, la découverte des camps –, qui les ont, à travers le traumatisme et la perte, libérés du devoir d'être modernes. Finkielkraut montre comment ils ont été, à travers des expériences de deuil, rendus à la vérité de leur condition d'êtres humains. Prenant conscience qu'ils étaient des survivants, ils ont ainsi découvert leur responsabilité à l'égard du futur, à travers la prise en charge du passé. Contre la tendance compulsive et si moderne à la liquidation du passé, c'est de sa conservation qu'il en va pour essayer de faire en sorte que les humains que nous sommes puissent encore avoir un monde.

Émissions radiophoniques[modifier | modifier le code]

Alain Finkielkraut anime chaque semaine une émission sur France Culture, Répliques, dans laquelle il reçoit des invités qu'il fait dialoguer, présentant souvent des oppositions marquées, il introduit une troisième voix, la sienne, en réplique. L'émission a donné lieu à diverses publications aux éditions du Tricorne, avec Mona Ozouf, Pierre Manent, Philippe Meyer, Jacques Julliard, Pascal Bruckner, Jean-Claude Guillebaud, Tzvetan Todorov, Gérard Israël[réf. nécessaire].

Premier volume d’une série, Ce que peut la littérature regroupe une sélection des meilleures émissions Répliques parmi celles consacrées à la littérature. Elles sont rassemblées par la thématique du pouvoir de la littérature : en quel sens les écrivains changent-ils le monde, non plus comme l’entendait Jean-Paul Sartre au sens de l’engagement politique, mais au sens où ils réorganisent notre perception du monde, des êtres, des valeurs, du présent ou de l’avenir ? À travers la littérature, c’est notre existence qui est changée.

Un autre volume, Enseigner les Lettres aujourd'hui (Tricorne), reprend les émissions sur les questions d'enseignement pour en garder trace, et par ailleurs travaille en complément de celui du collectif Sauver les lettres, un des plus importants défenseurs, avec Sauver les mathématiques, d'une école égalitaire dont la principale valeur serait l'étude.

Qu'est-ce que la France (Stock, 2007) regroupe une série d'entretiens avec des intellectuels français sur l'identité française, la question de la nation , etc.. Les dates de ces entretiens ne sont pas mentionnées. Cette dérogation aux usages éditoriaux ne fait l'objet d'aucune explication.

Alain Finkielkraut a animé une émission d'opinion, Qui vive, sur la radio communautaire juive RCJ, jusqu'en juin 2006. Il anime l’émission L’esprit de l’escalier sur Radio RCJ avec la journaliste Élisabeth Lévy, le dimanche de 12h à 12h30. Il collabore également régulièrement au magazine Causeur, qui publie des morceaux choisis de son émission depuis septembre 2012.

Commentaires et controverses[modifier | modifier le code]

Commentaires généraux[modifier | modifier le code]

Comptant Finkielkraut parmi les « disciples de Foucault issus du maoïsme », Didier Eribon parle à leur propos d'« un effondrement de l'exigence intellectuelle »[26]. Après avoir mentionné le soutien concret initialement accordé au jeune essayiste par son ainé, il rapporte en ces termes la déception de Michel Foucault face à l'essai de Finkielkraut sur le négationnisme[27] qu'il avait lui-même suscité :

« Foucault avait donné à Finkielkraut l'idée de faire un livre pour étudier le rapport de certaines traditions de gauche — au XIXe siècle notamment — à l'antisémitisme. Quand il vit arriver le livre, quelques mois plus tard, il me dit : « Je croyais qu'il allait se lancer dans une recherche sérieuse, et je vois arriver ça, ce petit truc baclé ! (...) Quand je pense que si c'était moi qui avait publié ça, Le Monde aurait dit : « Qu'est-ce que c'est que cette merde ? ».[28] »

Le sociologue Michel Wieviorka estime qu'Alain Finkielkraut

« fait partie de cet ensemble d'intellectuels qui, depuis 25 ans, ont mis en avant une vision outrée et "républicaniste" de l'idée républicaine. Du coup, ses propos sont devenus de plus en plus incantatoires et éloignés des réalités. Ils ont été démentis par le fonctionnement même des institutions françaises. À force de tenir en permanence un discours vantant les promesses de la République, alors que ces mêmes promesses ne sont pas tenues pour tout le monde, Finkielkraut s'est enfermé dans une logique incantatoire, qui ne peut déboucher que sur des propos extrêmes et sur l'appel à la répression policière[29]. »

Wieviorka a également pointé un paradoxe d'Alain Finkielkraut, qualifiant l'intellectuel de « républicano-communautariste » : « Il prêche l’idée républicaine un jour sur France Culture et, le lendemain, dans Haaretz ou sur des radios juives, il se présente comme un intellectuel participant au monde juif. » Le géopolitologue Pascal Boniface, par ailleurs critiqué par Finkielkraut, émet un jugement analogue, observant chez l'intellectuel des « contradictions entre un universalisme revendiqué et un communautarisme forcené. »[30] Dans l’ouvrage collectif Antisémitisme, l’intolérable chantage, Israël-Palestine, une affaire française (La Découverte, 2003), Éric Hazan reproche à Alain Finkielkraut une perte d'objectivité au sujet d'Israël, et voit en lui « la Star Academy du sionisme français[31] ».

L'affaire Kusturica[modifier | modifier le code]

Pendant les guerres de Yougoslavie, aux côtés de Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut est à l'avant-garde d'un front de défense des Croates puis des Bosniaques, sensibilisant l'opinion publique française à leur sort[32]. Il critique le film Underground d'Emir Kusturica, lorsque celui-ci reçoit la palme d’or à Cannes : il dénonce une œuvre pro-serbe et accuse son auteur d'être nostalgique de la Grande Serbie[33]. Il écrit ainsi :

« En récompensant Underground, le jury de Cannes a cru distinguer un créateur à l'imagination foisonnante. En fait, il a honoré un illustrateur servile et tape-à-l'œil de clichés criminels ; il a porté aux nues la version rock, postmoderne, décoiffante, branchée, américanisée, et tournée à Belgrade, de la propagande serbe la plus radoteuse et la plus mensongère. »

Emir Kusturica lui répondra dans une tribune intitulée Mon imposture et également publiée dans Le Monde[34],[35] :

« Je ne comprends toujours pas que Le Monde ait publié le texte d'un individu qui n'avait pas vu mon film, sans que personne ait cru bon de le signaler. »

Face à ces remarques ironiques de Kusturica, Finkielkraut tentera de se justifier dans un entretien à Libération en admettant qu'il n'avait pas vu le film[36].

L'affaire Oriana Fallaci[modifier | modifier le code]

Le 24 mai 2002, Alain Finkielkraut commente l'ouvrage de la journaliste italienne Oriana Fallaci, La Rage et l'Orgueil, au contenu très polémique et hostile aux musulmans, en ces termes :

« Oriana Fallaci a l'insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s'efforce de regarder la réalité en face. Elle refuse le narcissisme pénitentiel qui rend l'Occident coupable de ce dont il est victime. Elle prend au mot le discours et les actes des adversaires. Mais, comme elle en a gros sur le cœur, elle va trop loin. Elle écrit avec des Pataugas. Elle cède à la généralisation. Elle ne résiste pas à la tentation d'enfermer ceux qu'elle appelle les fils d'Allah dans leur essence mauvaise. C'est ce qui permettra à la vertu de reprendre la main et à Télérama de dénoncer la lepénisation des esprits dans une Europe contaminée par le « virus » populiste. »

— « ancien.lepoint.fr » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)

La position d'Alain Finkielkraut déclenche une polémique : Le Monde diplomatique l'accuse de faire le lit de l'islamophobie[37]. Le philosophe précisera ensuite qu'il estime qu'Oriana Fallaci « succombe au racisme » et que lui-même n'est pas l'ennemi des musulmans[38].

L'affaire des « nouveaux réactionnaires »[modifier | modifier le code]

En 2002, Alain Finkielkraut fait partie des intellectuels épinglés par le sociologue Daniel Lindenberg dans Le Rappel à l'ordre : Enquête sur les nouveaux réactionnaires[39] », livre qui suscite alors de vifs commentaires.

L'affaire Tariq Ramadan[modifier | modifier le code]

En 2003, Alain Finkielkraut a été accusé par l'intellectuel musulman Tariq Ramadan de faire preuve de communautarisme. Ramadan demandait dans un article diffusé par le Forum social européen[40] que les intellectuels juifs « condamnent la politique d'Israël » avec la même fermeté qui est attendue des intellectuels musulmans pour la politique d'États comme l'Arabie saoudite ou le Pakistan. D'après Tariq Ramadan, Alain Finkielkraut ne serait pas ou plus un intellectuel universaliste défendant les droits de l'homme universels, mais développerait des analyses identitaires.

Alain Finkielkraut accuse Ramadan d'avoir rédigé un texte aux relents antisémites (in Le Figaro, 31 octobre 2003). D'autres intellectuels cités dans l'article (Bernard-Henri Lévy ou André Glucksmann) ont fait le même reproche à Tariq Ramadan. L'article de Ramadan fut refusé par la presse (Le Monde, Libération) avant de circuler sur Internet[41].

L'interview dans le journal Haaretz[modifier | modifier le code]

À la suite des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises, Alain Finkielkraut donne une interview au quotidien israélien Haaretz[42] dont la traduction d'extraits par Le Monde provoque certaines réactions négatives, notamment les passages :

  • « En France, on aimerait bien réduire ces émeutes à leur dimension sociale, les voir comme une révolte des jeunes des banlieues contre leur situation, contre la discrimination dont ils souffrent, contre le chômage. Le problème est que la plupart de ces jeunes sont des Noirs ou des Arabes avec une identité musulmane. Regardez ! En France il y a aussi des immigrés dont la situation est difficile — des Chinois, des Vietnamiens, des Portugais — et ils ne prennent pas part aux émeutes. C'est pourquoi il est clair que cette révolte a un caractère ethnique et religieux. »
  • « Les gens disent que l'équipe nationale française est admirée par tous parce qu'elle est black-blanc-beur. En fait, l'équipe de France est aujourd'hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l'Europe. »

Le Mrap annonça qu'il envisageait de porter plainte contre des propos qu'il considère comme racistes[43] puis revient sur son annonce. L'Humanité écrit que « Finkielkraut s’abîme dans une diatribe raciste[44] ». Des collègues d'Alain Finkielkraut, enseignants et chercheurs de l'École polytechnique, publient à l'initiative de Gilles Dowek une pétition protestant contre le « projet colonial » qu'ils jugent sous-entendu par les propos d'Alain Finkielkraut dans Haaretz[45].

Le 25 novembre, Alain Finkielkraut réagit à la polémique en ces termes : « Je présente des excuses à ceux que ce personnage que je ne suis pas a blessés. […] La leçon, c'est qu'en effet je ne dois plus donner d'interview, notamment à des journaux dont je ne contrôle pas ou je ne peux pas contrôler le destin ou la traduction[46]. » Il précise : « Je n'ai en moi aucun mépris ou de haine à l'égard de quelque collectivité que ce soit. Je me sens solidaire par vocation des nouveaux immigrés en France et notamment des immigrés de la deuxième ou troisième génération[47]. »

Ses détracteurs, comme Acrimed, pointent la propension d'Alain Finkielkraut à tenir des propos sujets à controverse puis à s'en défausser au motif de déformations et de maladresses[48]. En 2006 et 2007, Alain Finkielkraut précise sa pensée dans plusieurs interviews et revient sur les déformations de ses propos[49],[50] : disant « n'avoir pas contrôlé la formulation de l'article » non plus que sa traduction, il dénonce le montage de l'interview par « des journalistes qui voulaient lui nuire ».

La philosophe Élisabeth de Fontenay, proche d'Alain Finkielkraut[18], dénonce une campagne de calomnie envers l'intellectuel[51] :

« Pour lui, en effet, ce que les émeutes des banlieues ont d’abord manifesté, est l’effondrement de la mission d’égalisation des chances, impartie à l’éducation nationale. Et même si on peut lui reprocher de ne pas rappeler que des diplômés de l’enseignement supérieur trouvent d’autant moins de travail qu’ils sont issus de l’immigration, il aura vraiment fallu une bonne dose de mauvaise foi pour rattacher la brutalité des propos tenus à autre chose qu’à une passion de cette école à la française, dont il constate avec désespoir qu’elle n’a pas su être offerte aux enfants défavorisés comme une chance réelle d’intégration, et qu’elle ne fonctionne plus correctement que pour les enfants des bourgeois[51]. »

Dans son essai Après la démocratie, le sociologue Emmanuel Todd revient sur cette polémique et écrit[réf. à confirmer] : « Jamais en France, on n’eût toléré que des émeutiers soient caractérisés par la couleur de leur peau, si ce blasphème antirépublicain n’avait été le fait d’un intellectuel juif, auquel la sacralisation de la Shoah garantit une protection plus sûre que le passé colonial aux jeunes de banlieue. Dans cet entretien comme ailleurs, il a proposé une lecture ethnicisée et raciale des émeutes de banlieue[52]. »

Pétition "Touche pas à mon église"[modifier | modifier le code]

En Juillet 2015, Alain Finkielkraut figure parmi les trente premiers signataires, avec Eric Zemmour et Nicolas Sarkozy, une pétition intitulée "Touche pas à mon église", publiée dans l'hebdomadaire de droite Valeurs actuelles.

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

Alain Finkielkraut fait l'objet de plusieurs poursuites judiciaires pour des délits de presse présumés. Au vu du nombre de poursuites, il se dira victime d'un « lynchage ». La plupart des jugements se traduisent par des relaxes.

Le documentaire d'Eyal Sivan : diffamation raciale[modifier | modifier le code]

En 2006, le réalisateur israélien Eyal Sivan, auteur d'un documentaire sur le conflit israélo-palestinien « Route 181, fragments d'un voyage en Palestine-Israël » poursuit Alain Finkielkraut en diffamation[53]. Le tribunal ne suit pas les moyens évoqués et prononce la relaxe. La onzième chambre de la Cour d'Appel de Paris connaît de l'action civile le 14 février 2007, et reçoit le témoignage d'un autre intellectuel médiatisé français se présentant comme philosophe, Bernard-Henri Lévy, qui y déclare son « entière solidarité, tant dans l'esprit que dans la lettre, avec les propos qu'a tenus Alain Finkielkraut » et considère le film comme antisémite[54]. La cour d'appel juge qu'il s'agit d'une diffamation raciale et non d'une diffamation envers un particulier, et déboute la partie civile, devant la qualification erronée des faits[Note 1].

Le MRAP décrit comme antisémite : propos vexatoires mais relaxe en matière de diffamation[modifier | modifier le code]

Une semaine après avoir comparu dans l'affaire Sivan, Alain Finkielkraut doit répondre d'une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). Le 23 novembre 2003, lors d'une intervention dans un colloque « Antisémitisme : la gauche face à elle-même », il déclare : « il s'est constitué à Durban un mouvement contre le racisme et pour l'antisémitisme des peuples. Et ce MRAP-là est toujours plus puissant ». Selon le MRAP, cette phrase le concerne et le présente comme antisémite[53].

Durant le procès, Alain Finkielkraut n'aborde que peu le fonds de l'affaire pour se plaindre d'un « lynchage » en son égard. Il finit par s'excuser auprès du président pour avoir perdu son sang froid durant l'audience, avant de poursuivre dans le même registre en notant que la plaidoirie de l'avocat du MRAP l'a « attaqué, calomnié, diffamé pendant trois quarts d'heure en faisant les poubelles d'internet »[53].

Dans son jugement, le tribunal relève que les propos ont un « caractère pour le moins et en tout état de cause vexatoire pour le MRAP » et refuse de suivre l'argument d’Alain Finkielkraut selon lequel il n'aurait pas visé le MRAP en notant que le prévenu « n’est guère convaincant compte tenu tout à la fois du thème du colloque relatif à l’antisémitisme (de gauche) en France, de ses propres déclarations dur l’Europe "« qui se durbanise" et les références qu’il a fait lors de cette même intervention à diverses personnalités telles que José Bové, Daniel Mermet, Tarek Ramadan ». Il relaxe le prévenu, les propos ne relevant pas selon l'interprétation du tribunal de la diffamation[55].

Poursuites de CAPJPO-EuroPalestine et d'Oumma.com pour injure : relaxe[modifier | modifier le code]

Le 28 mai 2008, Alain Finkielkraut comparait devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, à la suite d'une poursuite de CAPJPO-EuroPalestine et d'Oumma.com pour injure, le propos injurieux retenu étant « gens qui ne veulent pas lâcher la proie juive », propos tenu lors d'une émission de radio sur RCJ en décembre 2005. Le tribunal ne suit pas l'argumentation et prononce la relaxe[réf. souhaitée].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Entretien avec Jeanne Favret-Saada, « Un clip vaut Shakespeare » En Europe, les nations, 17 octobre 1991
  • Les juifs face à la religion de l'humanité. Le Débat.
  • Amour et utopie. Entrevue réalisée par Andrée Fortin (Nuit blanche, no 12, février-mars 1984, p. 46)
  • Promesses et menaces de la science. « Répliques », France Culture. Transcription de l'émission du 17 février 1996. Alain Finkielkraut reçoit Claude Allègre et François Lurçat (Alliage, no 27, 1996)
  • Hystérie et héritage, Libération, 22-23 février 1997. - Réflexion à propos de l'affaire des « sans papiers » en France
  • La politique est un risque à courir. Entretien avec Alain Finkielkraut. Réalisée par Valérie Lanctuit. Regards, no 30, décembre 1997
  • Le monde de la haine et des slogans, Le Monde, 12 décembre 1997
  • En finir avec les postures morales. Entretien. Le Figaro Magazine, 10 avril 1998
  • Le sens de l'héritage. Entretien avec Alain Finkielkraut. Label France, no 38, janvier 2000
  • La révolution cuculturelle à l'école, Le Monde, 18 mai 2000
  • La mémoire et son double. Entretien avec Stéphane Floccari. L'Humanité, 18 mai 2000
  • La France grégaire, Le Monde, 6 juin 2000
  • J'avoue tout [à propos de l'« affaire Renaud Camus »], Le Monde, 7 juillet 2000
  • Un mouvement beaucoup plus vaste dont les Juifs ne sont pas les seules cibles, L'Arche Mensuel du judaïsme français, n° 527-528, janvier-février 2002
  • « Esprit Saint contre esprit du temps: un hommage à Joseph Ratzinger », Égards, numéro IX, automne 2005, p. 15-18.
  • J'assume (propos recueillis Sylvain Cypel et Sylvie Kauffmann), Le Monde, 27 novembre 2005
  • « Pour une décence commune » in Regards sur la crise. Réflexions pour comprendre la crise… et en sortir, ouvrage collectif dirigé par Antoine Mercier avec Alain Badiou, Miguel Benasayag, Rémi Brague, Dany-Robert Dufour, Élisabeth de Fontenay…, Paris, Éditions Hermann, 2010
  • Sommes-nous encore un Nous ? Réflexions sur le vivre-ensemble[57], Causeur, no 41, novembre 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. En matière de délits de presse en droit pénal français, la qualification des faits (diffamation, injure, calomnie) doit être prévue lors des poursuites, et le tribunal ne peut pas requalifier les faits. De nouvelles poursuites pour le fait retenu par le tribunal ne sont pas envisageables, au vu de la prescription très courte de 3 mois après publication du propos litigieux, porté à un an si les propos sont racistes.
Références
  1. Comme il vous plaira, RTS
  2. Synopsis de l'émission du 15 septembre 2003 sur le site de France Culture.
  3. Portrait paru dans Libération le 19 avril 1999
  4. Entretien avec Alain Finkielkraut sur philomag.com
  5. "Alain Finkielkraut, l'imparfait du présent" de Ilana Cicurel, réalisation de Cathie Levy, diffusé sur France 5 le 30 mai 2010 (collection Empreintes), trentième minute
  6. a et b Dossier consacré à Alain Finkielkraut à l'occasion de la publication de L'identité malheureuse dans Le Point, 10 octobre 2013
  7. a et b Alain Finkielkraut, « J'aimais l'arbitraire et la fantaisie de cette délicieuse punition », dans Le Monde cahier Éducation no 20597 daté 13 avril 2011, p. 12.
  8. Article de Judith Perrignon, Marianne, no 685, 5 juin 2010.
  9. Naissance de l’Institut d’études lévinassiennes.
  10. Patrice de Méritens, « Alain Finkielkraut - De la gauche aux néo-réacs », Le Figaro Magazine, semaine du 23 août 2013, pages 44-47.
  11. « Alain Finkielkraut élu à l'Académie française », in lefigaro.fr, 10 avril 2014.
  12. Décret du 13 juillet 1994 portant promotion et nomination.
  13. « La Légion d'honneur du Nouvel An », Le Figaro, 1er janvier 2009.].
  14. Alain Finkielkraut, La Défaite de la pensée, Gallimard, 1987, 4e de couverture, (ISBN 978-2-07-070945-8).
  15. l'Express, 30 août 2004, à propos de son livre Au nom de l'Autre.
  16. Hannah Arendt, « La Crise de l’éducation », in La Crise de la culture, éd. Gallimard (Bibliothèque des idées), 1972.
  17. « Pour la réussite de tous les élèves » Rapport de la Commission du débat national sur l’avenir de l’École présidée par Claude Thélot La Documentation française, 2004. p. 147 disponible en ligne.
  18. a et b Ils publièrent ensemble Des hommes et des bêtes en 2000.
  19. Le Monde, .
  20. « Palme d'or pour une syntaxe défunte », tribune dans Le Monde, . N'ayant pas vu l'adaptation cinématographique du roman, il ne se prononce pas sur sa qualité, mais critique le choix du jury de Festival de Cannes de lui remettre la Palme d'or en 2008, choix qu'il considère comme idéologique.
  21. L’Arche. Le mensuel du judaïsme français, n° 527-528, janvier-février 2002, page 36.
  22. « le principal porte-parole de cette théologie [l'antisémitisme] en France c’est Dieudonné, c’est lui qui est aujourd’hui le vrai patron de l’antisémitisme en France, et non le Front National. Mais en France, au lieu de combattre son discours, on fait précisément ce qu’il demande : on change l’enseignement de l’histoire coloniale et de l’histoire de l’esclavage dans les écoles. On y enseigne aujourd’hui l’histoire coloniale comme une histoire uniquement négative. On n’enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. On ne parle que des tentatives d’exploitation, de domination, et de pillage. Mais en fait qu’est ce que veut Dieudonné ? Il exige une « Shoah » et pour les Arabes et pour les Noirs, mais si l’on met la Shoah et l’esclavage sur le même plan alors on est obligé de mentir, car ce n’était pas une Shoah. Et ce n’était pas un crime contre l’humanité parce que ce n’était pas seulement un crime. C’était quelque chose d’ambivalent. Ainsi en est-il également de l’esclavage. Il a commencé bien avant l’Occident. » Propos paru dans le journal israélien Haaretz et repris ici par Henri Maler (voir CV ici) sur le site Acrimed.
  23. voir par exemple Dailymotion - Finkielkraut - le racisme noir où il s'explique sur la nation et le multiculturalisme.
  24. Hans Jonas, Le Principe responsabilité, Champs Flammarion, p. 91.
  25. Voir Le Mécontemporain, Charles Péguy, Lecteur du monde moderne, Alain Finkielkraut, Gallimard, 1991.
  26. Didier Eribon, Michel Fouacault, édition revue et enrichie, coll. « Champs Biographie », Flammarion, Paris, 2011, p. 617.
  27. L'avenir d'une négation. Réflexion sur la question du génocide, Le Seuil, 1982.
  28. Ibidem.
  29. Le Nouvel Observateur, 25 novembre 2005.
  30. « ["Pascal Boniface contre la défense d’Israël..." : quand Finkielkraut m’accuse à tort http://www.ujfp.org/spip.php?article3066] », article repris sur le site de l'Union juive française pour la paix le 10 février 2014.
  31. Dans un « entretien au Point » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Rony Brauman, autre participant à l'ouvrage, ne s'est pas désolidarisé de la formule.
  32. Alain Finkielkraut, « recueil de douze articles sur les Balkans » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) parus dans Le Monde : « Les mots et la guerre », 4 octobre 1991 ; « La fiction », 23 novembre 1991 ; « Crime parfait », 14 octobre 1992 ; « Révisionnisme », 15 janvier 1993 ; « L'inutilité du XXe siècle », 18 mars 1993 ; « L'inavouable frontière », 18 mars 1993 ; « L'injonction de Buchenwald », 15 décembre 1993 ; « Les intellectuels, la politique et la guerre », 16 septembre 1994 ; « L'affaire de tous », 29 novembre 1994 ; « Des anges et des hommes », 21 août 1995 ; « L'amour selon Slobodan Milosevic » (avec Antoine Garapon), 4 août 1998 ; « Mgr Stepinac et les deux douleurs de l'Europe », 7 octobre 1998.
  33. Alain Finkielkraut, « L’imposture Kusturica », Le Monde, 2 juin 1995.
  34. http://www.allocine.fr/article/dossiers/cinema/dossier-18591772/?page=7&tab=0
  35. http://www.kustu.com/w2/fr:polemique
  36. « Il n’était pas nécessaire, autrefois, d’avoir vu Le Don paisible ou Le Triomphe de la volonté pour savoir qu’on n’avait pas affaire à des œuvres respectivement antisoviétique et antinazie [...] Maintenant que j’ai pu voir le film, je reconnais que j’ai été injuste avec Emir Kusturica. » « Ce film crée un genre nouveau : la propagande onirique. [...] Mensonges, démesure et citations : les naïfs en prennent plein la vue et les cyniques relèvent la tête. » « Les prédications d’Alain Finkielkraut (2) », Mathias Reymond, sur acrimed.org, le 12 janvier 2005.
  37. Les nouveaux réactionnaires, par Maurice T. Maschino (Le Monde diplomatique) Italie : le racisme à l'honneur.
  38. > Voir Le Monde diplomatique.
  39. Daniel Lindenberg, Le Rappel à l'ordre : Enquête sur les nouveaux réactionnaires, éd. Le Seuil|date=3 décembre 2009.
  40. Tariq Ramadan, Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires (lire en ligne).
  41. France, octobre 2003 / « Polémique autour d'un nouvel antisémitisme ».
  42. Haaretz, Interview par Dror Mishani et Aurélia Samothraiz, 18 novembre 2005 texte en hébreu.
  43. « Le Mrap annonce vouloir porter plainte contre Finkielkraut pour incitation à la haine raciale » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  44. Finkielkraut s’abîme dans une diatribe raciste.
  45. Gilles Dowek et al., Les valeurs de l'École polytechnique.
  46. Interview sur Europe 1.
  47. « Finkielkraut s'excuse dans L'Express du 25 novembre 2005 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  48. Acrimed Les prédications d'Alain Finkielkraut : « Ma copie corrigée sur les quartiers populaires. »
  49. Alain Finkielkraut, « Un certain sens de l’honneur » dans L’Arche n° 573, janvier 2006 (lire en ligne.
  50. Entretien au site Grioo.com, 2007.
  51. a et b Elisabeth de Fontenay dans Le Monde du 3 février 2006.
  52. Extrait du livre d'Emmanuel Todd sur le site de Égalité et Réconciliation.[réf. à confirmer]
  53. a, b et c Éloi Rouyer, « Finkielkraut de nouveau au tribunal évoque un "lynchage" à son encontre », dépêche AFP.
  54. AFP, « BHL soutient Finkielkraut,accusé de diffamation », sur Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 16 mars 2015)
  55. Tribunal de grande instance de Paris, 4 juillet 2006.
  56. « Prix de l'Essai de l'Académie Française » (consulté le 29 juin 2010).
  57. http://www.causeur.fr/comment-le-changement-a-change,13373

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]