Parc de la prairie des Filtres

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Prairie des Filtres

La prairie des Filtres est une zone verte de la ville de Toulouse dans la Haute-Garonne. Elle est située le long de la Garonne près du Pont-Neuf et du Cours Dillon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début du XVe siècle, l'emplacement de la prairie des filtres était urbanisé, et traversé par la rue dite des Teuliers mais une crue très importante en 1430 ravagea le quartier Saint Cyprien, ne laissant que des ruines derrière elle. Une autre crue en 1437 acheva de décourager les habitants de Saint Cyprien de se réinstaller à cet endroit[1]. Le grand atterrissement formé sur la rive gauche du "coude garonnais" n'était à l'origine qu'une île marécageuse et dénuée d'intérêt, jusqu'à ce que le sable s'y déposant de siècle en siècle la rattache à la rive. La prairie doit son nom aux galeries filtrantes utilisées pour purifier l'eau boueuse pompée dans la Garonne et amenée ainsi assainie jusqu'au château d'eau de Toulouse. La première fut établie en 1821. Un deuxième lot de filtres, installé en 1827 était formé de onze puits reliés entre eux. On y ajouta en 1829 une galerie semblable à la première.

La quantité d'eau produite a été réduite suite à la crue de 1870 qui avait dégradé la qualité d'une partie des eaux [2]. Toutefois, en 1872, d'autres sources d'eau furent prises en compte comme les filtres de Portet[3].

Le vaste espace qui s'était ainsi créé fut le lieu privilégié de nombreuses manifestations populaires, telle la fête du 20 novembre 1846 sur l'initiative du conseiller municipal Atoze Arzac. De nombreuses "institutions" vinrent s'y établir, par exemple l'école de natation où les soldats venaient tour à tour. Durant l'été 1873, les habitants du quai de Tounis, se trouvant en face de la prairie des filtres, se plaignirent de ce "voisinage": "Les pères de familles de ce quartier sont froissés de voir les soldats nus exposés aux yeux de leurs familles", disait la pétition. En avril 1866, le maire Amilhau fit organiser des fêtes de charité. On fit établir sur la prairie des filtres des estrades pour une course de vaches landaises. Les estrades démolies, les bois restèrent, livrés au maraudage... En novembre 1877, on se plaint que la prairie est dégradée, parce qu'elle sert de champ de manœuvre pour les troupes en garnison.

Match du Stade Toulousain à la prairie des filtres en 1907

En 1889 se fit la commémoration du centenaire de la Révolution, et le 22 septembre 1892 un simulacre de la bataille de Valmy se déroule sur la prairie. L'herbe grasse et généreuse put nourrir longtemps un troupeau de moutons. Ce fut aussi le premier terrain de football-rugby ou se déroulaient les matches du Stade toulousain, et le lieu d'accueil pour les plus grands cirques.

À la belle époque, la prairie accueille de nombreuses manifestations populaires: atterrissage des premiers avions survolant Toulouse, exploits de l'équipe de rugby, stands de la Foire Agricole. Elle est également selon les nécessités du moment, convertie en pacage à brebis ou en jardin ouvriers (1914-1918). Très réduite par l'aménagement du fleuve, en vue de pallier les inondations, la prairie des filtres a continué d'accueillir les traditionnels feux d'artifice du 14 juillet. Jardin public depuis 1976, la prairie des Filtres est aujourd'hui l'un des jardins les plus agréables de Toulouse, conjuguant son charme végétal à proximité du fleuve et la vue sur les quais.

Depuis le 16 janvier 2011, est organisé sur la prairie, un village autogéré en opposition à la loi LOPPSI2. Les habitants de ce village furent expulsés par le maire de la ville en exercice Pierre Cohen une dizaine de jours après sa construction.

Activité[modifier | modifier le code]

Le parc est connu des Toulousains pour y accueillir un club de ski nautique situé à côté du Pont Neuf sur une péniche en béton. Ce club de ski nautique nommé le Nautic Club Langdocien est depuis 1993 le Ski Club de la Péniche. Ce club Associatif est unique en son genre et est le seul à permettre la pratique du ski nautique et des disciplines associées sur la Garonne en plein centre ville. L'activité y est saisonnière de mai à décembre. Le club a fêté ses 40 ans en 2009.

Le parc comprend un parking (parking cours Dillon), un boulodrome et un grand jardin. Cet espace vert est le point de rencontres de nombreux groupes d'étudiants mais aussi un lieu de détente familial. Le parc comprend en effet une base de jeux destinées aux plus jeunes. Il est aussi le point de début de promenades le long des berges de la Garonne. Enfin le boulodrome attire régulièrement de nombreux habitants du quartier de Saint-Cyprien.

C'est sur la "prairie" que sont retransmis sur écran géant les matches de rugby à XV, comme ce fut le cas en 2007 pour la Coupe du monde de rugby. Sur la prairie des filtres il y a de la végétation adaptée à ce milieu donc à l'eau : saules, saules pleureurs, ...

Photos[modifier | modifier le code]

Prairie des Filtres et Pont Neuf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Chaque année le festival Rio Loco se déroule en grande partie à la prairie des filtres en juin, ainsi que Les siestes électroniques quelques jours plus tard. Le club de ski nautique : Club de la Péniche y organise aussi diverses opérations comme le show nautique du 14 juillet, des opérations gratuites pour les enfants et familles... (Cf plus haut)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Toulouse au Moyen Âge, sous la direction de Jean Catalo, Editions Loubatières, 2010, p152 et155
  2. Mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse Auteur : Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres (Toulouse). Auteur du texte Éditeur : Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres (Toulouse) Date d'édition : 1887 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5746710f/f648.item
  3. Mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse Auteur : Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres (Toulouse). Auteur du texte Éditeur : Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres (Toulouse) Date d'édition : 1887 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5746710f/f649.item