Regards

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Regards
Image illustrative de l’article Regards

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité trimestriel
Genre Presse nationale, actualités, presse d'opinion
Prix au numéro 12
Diffusion 25 000[réf. souhaitée] ex. (2005)
Date de fondation 1933
Éditeur SCOP Les éditions Regards
Ville d’édition Paris

Propriétaire Salariés du journal
Directeur de publication Roger Martelli
Rédacteur en chef Pierre Jacquemain
ISSN 1160-8056
Site web http://www.regards.fr

Regards est un titre de presse français[1], disponible également dans une version en ligne, et dont la ligne éditoriale est ancrée à gauche.

Créé en 1932, puis repris par Léon Moussinac et de sensibilité communiste, il donne la prédominance aux reportages photographiques et lance ainsi en France, avec le magazine Vu, le photojournalisme dans les années d'avant-guerre. Sa publication est interrompue pendant la Seconde Guerre mondiale, puis en 1960 pour des raisons économiques.

Il est relancé en 1995 sous l'impulsion du Parti communiste français (PCF) et la direction d'Henri Malberg. Il est remanié en 2000, sous la direction de l'historien Roger Martelli et de Catherine Tricot, afin de renouer avec le concept originel. Depuis 2003, indépendant, Regards est constitué en Société coopérative et participative (Scop). Le journal est édité par Les éditions Regards, et appartient ainsi à ses salariés. Clémentine Autain, députée (Ensemble ! / France insoumise), était depuis 2010 la directrice de publication, remplacée à l'été 2018 par l'historien Roger Martelli avec qui elle partageait la co-direction de la maison d'édition jusqu'à ce qu'il soit remplacé à cette même date par la députée communiste Elsa Faucillon, tandis que Pierre Jacquemain en est le rédacteur en chef depuis 2016.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une de 1936.

De 1932 à l'interdiction du Parti communiste en 1939[modifier | modifier le code]

En janvier 1932, sort le premier numéro du mensuel Regards sur le monde du travail, contenant des clichés photographiques et des dessins : le périodique est visiblement un organe émanant du Secours ouvrier international, basé à Berlin, et qui va disparaître au bout de 25 numéros à cause de l'arrivée du nazisme au pouvoir[2]. Le mensuel fait appel aux Amateurs photographes ouvriers (APO), un organisme international lancé par le député communiste allemand Willi Münzenberg. Par ailleurs, le mensuel reproduit des caricatures en lien avec la presse illustrée communiste, dont l'Arbeiter Illustrierte Zeitung[3].

La formule est reprise par Léon Moussinac, critique et théoricien du cinéma, qui dirige le magazine, lequel devient simplement Regards, un hebdomadaire, en septembre 1933, numéroté 26. Il sort tous les jeudis au prix de 1 franc. Le peintre Édouard Pignon s'occupe de la mise en page. On y retrouve les photographes et photo-reporters des années 1930 : Robert Capa et Henri Cartier-Bresson mais aussi Gerda Taro[4], David Seymour (alias Chim)[5], Pierre Jamet, Willy Ronis.

En avril 1936, Moussinac fait nommer Pierre Unik rédacteur en chef. Parmi les collaborateurs du magazine figure le dessinateur allemand de la presse antifasciste française Max Lingner[6].

Le journal paraît jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale ; il est interdit après la reconnaissance du pacte germano-soviétique par le Parti communiste français (PCF) et son dernier numéro sort le 28 septembre 1939. De cette première série, la Bibliothèque nationale de France conserve une série de numéros[7].

De la Libération à 1960[modifier | modifier le code]

Le journal ressort aux lendemains de la Libération de la France, d'abord à un rythme hebdomadaire jusqu'aux débuts des années 1950. À partir de 1955-1956, les difficultés financières auxquelles la presse communiste doit faire face portent préjudice à la parution du magazine. La période de la guerre froide et l'isolement du PCF dans la société française se traduisent aussi par une perte de qualité du magazine que certains considèrent comme le « Paris-Match des pauvres » [8]. Le magazine continue de paraître et de présenter à ses lecteurs de nombreux reportages en images notamment sur les grèves en France et, évidemment, sur les « vertus » des pays socialistes. Le dernier numéro du magazine (no 460[9]) est daté du mois de novembre 1960.

Le nouveau magazine de la période post-soviétique[modifier | modifier le code]

Regards est un titre mensuel repris par le PCF en 1995, après la disparition de Révolution, hebdomadaire (1979-1994), lui-même issu de la fusion entre France nouvelle, hebdomadaire, et La Nouvelle Critique (mensuel), tous deux disparus en 1979. Le premier numéro est lancé sous la direction d'Henri Malberg, le 30 mars 1995, en pleine campagne présidentielle du candidat Robert Hue. Le numéro 1 de Regards s'ouvre par un grand entretien avec Robert Hue, dans lequel le secrétaire national du PCF parle de la campagne électorale, de la « rupture avec le capitalisme », de la nature et de la portée des changements à l'œuvre au sein du PCF. Ce numéro mêle grands débats (avec un entretien entre Jean-Paul Jouary et François Furet sur « la mort du communisme »), grandes enquêtes (par exemple, celle réalisée par Michel Simon sur le fait que « l'image du PCF change dans l'opinion ») et articles de fond (sur le féminisme ou sur les contours d'une « politique internationale progressiste »)[réf. nécessaire].

Regards devient une Scop[modifier | modifier le code]

Après un deuxième dépôt de bilan en octobre 2003, onze salariés du mensuel s'engagent individuellement — deux mois de salaires investis et emprunt à l'État — et s'associent collectivement pour créer une société coopérative et participative (Scop). Les salariés sont membres fondateurs du nouveau Regards ; ils possèdent 51 % du capital et 65 % des voix. Regards appartient donc à sa rédaction.

Le journal est restructuré et le siège de la rue Montmartre est vendu. Les coopérateurs élisent Catherine Tricot à la tête de la Scop, dont elle assure la gérance. Roger Martelli et Clémentine Autain assurent la direction de la rédaction, et Emmanuelle Cosse en est la nouvelle rédactrice en chef.

De nouveau, au début de l'année 2010, Regards est au bord du dépôt de bilan. À l'initiative d'Éric Fassin et de Michel Husson, le mensuel lance un appel à contributions afin de trouver 200 000 euros[10].

Regards assume un parti pris antilibéral. Il observe de façon critique le monde contemporain. Le mensuel s'attache à repérer les phénomènes sociaux et culturels de fond émergents. L'image reste prédominante, appréhendée non pas comme simple illustration du monde, mais comme un témoignage engagé.

Le 20 avril 2010, la Scop Regards est mise en liquidation judiciaire et, le 7 juillet de la même année, une nouvelle Scop, Les éditions Regards, est créée avec Clémentine Autain comme gérante.

Fin 2012, les Éditions Regards abandonnent la parution mensuelle pour passer à une parution trimestrielle car, selon eux, « la lenteur est nécessaire à l'enquête, au reportage, au décryptage. » Néanmoins, une version informatique mensuelle est disponible sur le site pour les abonnés. Enfin, la rédaction réagit quotidiennement à l'actualité sur le site du journal.

En 2016, après avoir quitté Myriam El Khomri (Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social) dont il était le conseiller stratégie, et après avoir dénoncé le projet de loi dans une tribune Le Monde[11] et dans un livre paru aux Éditions Fayard, au titre de Ils Ont Tué la Gauche, Pierre Jacquemain rejoint Regards et en devient le rédacteur en chef.

Les couvertures de Regards[modifier | modifier le code]

Regards se développe sur Internet[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la pré-campagne présidentielle de 2017, Regards organise un long entretien filmé pour le web, au Point Èphémère, en partenariat avec France Info, entre Jean-Luc Mélenchon et Noël Mamère[12].

En 2016, Regards lance un rendez-vous quotidien, à 12h30, La Midinale[13] - format court de dix minutes - où les intellectuels, les artistes, les syndicalistes, les politiques, les associations, etc. sont invités à décrypter l'actualité. En quelques mois seulement[14], le rendez-vous en ligne occasionne près d'un million de vues avec des invités comme Eric Fassin, Pierre Laurent, Alexandre Romanès, Aurélie Filippetti, Étienne Balibar, Olivier Besancenot, Raquel Garrido, Monique Pinçon-Charlot, Annick Coupé, Arnaud Viviant, Robert Guédiguian, Edwy Plenel, Jean-Luc Mélenchon, Yanis Varoufakis, Raphaël Gluksmann, Christiane Taubira, Benoît Hamon, Juliette, etc.

Regards engagé[modifier | modifier le code]

En février 2017, les rédactions de Libération et de Regards s'associent pour appeler à un débat public entre Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot[15].

En 2018, Regards lance un appel d'artistes et d'intellectuels à participer à la manifestation du 5 mai, intitulée La Fête à Macron. Signé par une cinquantaine de personnalités, l'appel indique que cette mobilisation "ne doit pas être celle d’une personnalité, d’un mouvement politique ou d’un syndicat. Elle sera, tout simplement, l’occasion pour toutes et tous d’exprimer le refus de la politique libérale et autoritaire d’Emmanuel Macron". L'appel de Regards - qui se veut tout autant "festif que revendicatif", publié dans Libération, est notamment signé par Virginie Despentes, Juliette, Romane Bohringer, Robin Campillo, Guillaume Meurice, Robert Guédiguian, Rokhaya Diallo, Jacques Weber, Thomas Piketty, Ariane Ascaride, Marie Desplechin, Alice Zeniter, Laurent Cantet, Edouard Louis, François Bégaudeau, Lola Lafon, Eva Husson, ou encore Annie Ernaux.

Siège[modifier | modifier le code]

En janvier 1945, le siège du journal s'installe au 25 rue d'Aboukir lors de sa reparution, avec Miroir Sprint. En 1946, il est situé au 18 rue d'Enghien, en 1947 au 5 rue Lamartine et enfin 6 boulevard Poissonnière, où il partage les locaux avec L'Humanité, Libération et Ce soir[14]. Depuis 2010, les bureaux de Regards sont installés dans le 20e arrondissement de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ISSN 1160-8056) = Regards (Paris. 1933).
  2. Notice bibliographique, Catalogue général de la BnF.
  3. « L’histoire de la photographie sociale et documentaire dans l’entre-deux-guerres. Paris dans le contexte transnational » par Christian Joschke, dans Perspective, actualité en histoire de l'art, 1, 2017.
  4. voir: mention de Taro dans Regards : https://www.telegraph.co.uk/culture/art/3669821/Gerda-Taro-the-blonde-of-brunete.html
  5. David Seymour (1911-1956) correspondant à Regards, sur museum.icp.org.
  6. Regards, N° 130, 9 juillet 1936 : début de parution d'un roman sous titré La Révolution française vues par Charles Dickens, illustré par Lingner.
  7. De la 2e année, no 26 (1933, sept.), à la 8e année, no 298 (1939, 28 sept.).
  8. Gaëlle Morel, « Du peuple au populisme », Études photographiques, no 9 | Mai 2001, URL : http://etudesphotographiques.revues.org/242 | consulté le 28 décembre 2013
  9. La Bibliothèque nationale de France (BnF) possède la nouvelle série d'après-guerre. État de collection : no 1 (15 janvier 1945) - no 460 (1960, nov.). Lacunes : no 15, 77, 159, 235.
  10. Regards a récolté 130 000 euros en un peu plus d'un mois. La collecte se poursuit pour la survie du magazine (La rédaction, « Sauvez Regards », p. 4, Regards, no 69, mars 2010.
  11. « L’ex-conseiller de Myriam El Khomri explique pourquoi il claque la porte », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  12. « Débat Mamère-Mélenchon : le replay », regards.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  13. « La Midinale », regards.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  14. a et b Jean-Pierre Arthur Bernard, Paris rouge: 1944-1964 : les communistes français dans la capitale, Époque, Champ Vallon, 1991, pages 24-27.
  15. « Appel pour l'organisation d'un débat Jadot-Hamon-Mélenchon », regards.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]