Yannick Jadot

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Yannick Jadot
Yannick Jadot en 2006.
Yannick Jadot en 2006.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
(8 ans et 5 jours)
Élection 7 juin 2009
Réélection 25 mai 2014
Législature 7e et 8e
Groupe politique Verts/ALE
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Clacy-et-Thierret
Nationalité Française
Parti politique Les Verts (1999-2010)
EELV (depuis 2010)
Diplômé de Université Paris-Dauphine

Yannick Jadot, né le à Clacy-et-Thierret (Aisne), est un militant écologiste et homme politique français.

Député européen depuis 2009, il est désigné candidat d'Europe Écologie Les Verts (EELV) à l'élection présidentielle de 2017 avant de se retirer en faveur de Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

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Yannick Jadot fait des études d’économie à l’université Paris-Dauphine. Dans la foulée du mouvement étudiant de 1986 contre le projet de loi Devaquet de réforme des universités, il participe à la fondation de l'association La Déferlante.

Il vit plusieurs années au Burkina Faso et au Bangladesh, en travaillant dans le champ de la solidarité internationale et de l’environnement.

Il est le frère de Thierry Jadot, président de Dentsu Aegis Network France, l'une des principales agences de communication[1].

Engagement associatif[modifier | modifier le code]

En 1995, il intègre Solagral, une ONG spécialisée dans le suivi des négociations internationales (commerce, environnement, agriculture…) et l’appui aux pays en développement.

Il est directeur des campagnes de Greenpeace France de 2002 à  : il est amené à y travailler avec Michèle Rivasi, qui en est directrice quelques mois entre 2003 et 2004, dans une atmosphère tendue[2], jusqu'au départ de celle-ci[3],[4],[5]. Au cours de son action au sein de Greenpeace France, il est notamment condamné pour atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation[6] pour avoir pénétré dans la base opérationnelle de l'Île longue (rade de Brest), port des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Marine nationale française, dans le cadre de l'opération Plutonium, menée par l'ONG[7].

Il est un des fondateurs et le porte-parole de L'Alliance pour la planète, un important rassemblement d'organisations écologistes, au nom duquel il a participé au Grenelle Environnement, dont il est l'un des principaux négociateurs[8],[9].

Procès EDF[modifier | modifier le code]

En , Mediapart révèle que l’ancien commandant de police Pierre François, adjoint au responsable de la sécurité auprès d'Électricité de France, a été mis en examen dans un dossier d’espionnage informatique visant Yannick Jadot, alors directeur des campagnes de Greenpeace[10],[11],[12],[13].

Le procès s'ouvre le . EDF comparaît en tant que personne morale pour complicité et recel d’intrusion frauduleuse informatique au préjudice de Yannick Jadot. Le procureur requiert une amende de 1,5 million d'euros le [14],[15]. Pierre François est condamné à 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, EDF est condamné à une amende de 1,5 million d'euros, et Pascal Durieux, responsable de la sécurité d'EDF, est condamné à 3 ans de prison, dont 2 ans avec sursis. EDF fait appel[16].

Le , EDF et M. Durieux sont relaxés[17]. Pierre François est condamné à 6 mois de prison ferme et 10 000 € de dommages-intérêts à verser à Yannick Jadot[18],[19].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

1999-2010 : premiers pas en politique[modifier | modifier le code]

Yannick Jadot adhère aux Verts en 1999, dans le sillage de la campagne de Daniel Cohn-Bendit aux élections européennes. En 2002, il fait le lien avec les organisations altermondialistes pour la campagne de Noël Mamère, candidat à l'élection présidentielle[20].

En 2005, il prend position pour le « oui » au référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe[21].

Le , il annonce qu'il quitte Greenpeace pour rejoindre Europe Écologie, le rassemblement des écologistes pour les élections européennes de 2009 mené par Daniel Cohn-Bendit avec le soutien des Verts français et européens, ainsi que Régions et peuples solidaires[22]. Il dirige alors la communication de la campagne d'Europe Écologie[23].

Pour lui, après le Grenelle de l’environnement : « les ONG remplissent leur rôle de contre-pouvoir, les citoyens restent mobilisés, mais côté politique ça ne suit pas » et « face à la crise écologique, l’offre politique est insatisfaisante voire indigente. À nous d’incarner cet espace qui représente largement plus de 10 % dans l’opinion[24]. »

Tête de liste d'Europe Écologie dans la circonscription Ouest (Bretagne, Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire), il obtient 16 % des voix[25] et est élu député européen avec 13 autres candidats. Au sein du Parlement européen, il est vice-président de la commission du commerce international, coordinateur pour le groupe des Verts, et également membre de la commission parlementaire chargée des questions énergétiques, industrielles et de recherche.

Ses principaux rapports au Parlement européen portent sur les accords de partenariat volontaire sur l'exportation de bois légal en Europe par le Congo et le Cameroun, la transparence des agences de crédit à l'exportation et un rapport sur la cohérence des politiques commerciales internationales dans le cadre des impératifs dictés par les changements climatiques.

Il participe à la conférence de Copenhague de 2009 sur les changements climatiques, et est membre officiel de la délégation du Parlement européen pour la conférence de Cancún de 2010 sur les changements climatiques.

Présidentielle de 2012[modifier | modifier le code]

Au sein d'Europe Écologie Les Verts, il est membre du bureau exécutif transitoire, jusqu'au . Porte-parole d'Eva Joly, pendant la primaire écologiste qui l'oppose à Nicolas Hulot, puis pendant la campagne pour l'élection présidentielle, il démissionne le [26], en raison de prises de position d'Eva Joly qu'il juge trop critique à l'égard du Parti socialiste et de sa prise de distance avec l'accord entre EELV et le Parti socialiste, qui venait d'être signé[27],[28],[29].

Présidentielle de 2017[modifier | modifier le code]

Primaire d'Europe écologie - Les Verts[modifier | modifier le code]

Yannick Jadot à Lorient, en .

En , en vue de l'élection présidentielle de 2017, afin d'éviter l'élimination de la gauche et des écologistes du second tour de la présidentielle et convaincu que la ligne politique incarnée par François Hollande et Manuel Valls peut être battue, il en appelle à l'organisation d'une primaire de la gauche et des écologistes et indique qu'il soutiendrait Nicolas Hulot s'il était candidat[30].

Il est à l'origine de l'appel qui lance le projet de primaires à gauche pour la présidentielle de 2017[31]. Constatant l'aggravation des fractures à gauche (déchéance de nationalité, loi Travail adoptée sans vote au Parlement...), l'initiative d'une primaire rassemblant toute la gauche est finalement abandonnée.

Yannick Jadot annonce le qu'il est candidat à la primaire écologiste en vue de l'élection présidentielle de 2017[32]. Mediapart indique que « s’il a engrangé des ralliements dans toutes les sensibilités du parti EELV, il est le seul à bénéficier du soutien de l’aile « droite » du parti, la motion Europa portée par le sénateur Ronan Dantec[33]. » Pour ce dernier, « Jadot est identifié sur deux sujets : Tafta et le climat. Ça lui permet de faire une synthèse pourtant difficile entre différents courants : les réalos et les plus radicaux »[34].

En , il reçoit le soutien de l'acteur Philippe Torreton, qui tourne un clip en sa faveur. Le , en remportant 35,61 % des suffrages, il se qualifie pour le second tour des primaires, devant Michèle Rivasi[35].

Le , il remporte le second tour des primaires face à Michèle Rivasi (54,25 % contre 40,75 %), et devient le candidat d'Europe Écologie Les Verts (EELV) pour l'élection présidentielle de 2017[36].

Candidat d'EELV à l'élection présidentielle puis soutien à Benoît Hamon[modifier | modifier le code]

Après la victoire inattendue de Benoît Hamon à la Primaire citoyenne, organisée par le Parti socialiste et ses alliés, sur une ligne marquée par l'écologie, un processus de rapprochement entre leurs deux candidatures est initié[37]. Le parti organise alors une consultation auprès de ses adhérents et des citoyens ayant participé à la primaire de l'écologie, les invitant à voter sur internet du 14 au , afin de se prononcer sur une démarche de dialogue avec les candidats Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)[38]. Les votants sont 89,70 % à se prononcer en faveur de ces discussions. Les organisateurs précisent alors qu'« en cas d'accord, les votantes et les votants de la Primaire seraient à nouveau consulté-e-s »[39].

Le , avant toute nouvelle consultation des votants, Yannick Jadot annonce au journal télévisé de 20 heures de France 2 qu'il rallie Benoît Hamon en retirant sa candidature à l'élection présidentielle[40]. En échange de son retrait, il a obtenu plusieurs engagement de la part du candidat du PS : l'absence de candidats socialistes dans les circonscriptions des députés EELV sortants aux prochaines législatives, la fin du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la sortie du nucléaire en vingt-cinq ans et l'instauration de la proportionnelle aux élections législatives[41]. Pour Sandrine Rousseau, secrétaire générale adjointe du parti, Jadot « prend le collectif à revers » en annonçant son retrait avant le vote des militants[39]. De nombreux militants et cadres du parti parlent de « trahison », de « déni de démocratie », et rappellent que la promesse d'amorce de sortie du nucléaire, déjà présente dans l'accord PS-EELV pour les élections législatives de 2012, n'a pas été honorée[41]. Pour le journaliste Bruno Roger-Petit, il « n’était pas en mesure de rassembler les 500 parrainages nécessaires afin de concourir à l’élection présidentielle »[42]. Une consultation des votants de la primaire est organisée du au [39]. Parmi les membres du bureau exécutif du parti, Julien Bayou se prononce pour, tandis qu'Élise Lowy et Thierry Pradier se prononcent contre[43]. L'accord de soutien à la candidature de Benoît Hamon est validé à 79,53 % par les électeurs écologistes[44].

Après l'élection présidentielle[modifier | modifier le code]

Il rejoint le Mouvement du 1er Juillet, avant de le quitter quelques semaines plus tard, estimant avoir été un « faire-valoir » pour Benoît Hamon[45].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Affaires étrangères et défense[modifier | modifier le code]

Il conditionne la sortie de la France de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) à la mise en place d'une « politique de défense européenne »[46].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « RTL, Yannick Jadot - un aventurier rythmé par l'écologie selon son frère Thierry ».
  2. Raphaëlle Besse Desmoulières, « Primaire EELV : Jadot et Rivasi, deux finalistes au profil similaire », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  3. Anne-Charlotte Dusseault, « L'inconnue qui pense devenir présidente écolo », JDD,‎ .
  4. « Michèle Rivasi quitte la direction de Greenpeace France », Actu-Environnement,‎ (lire en ligne).
  5. « Michèle Rivasi | », sur www.ecolopedia.fr (consulté le 31 octobre 2016).
  6. « Jadot : « redonner de l'espoir dans la société » | LeJSD », sur www.lejsd.com (consulté le 23 octobre 2016).
  7. « Greenpeace : Opération Plutonium » (consulté le 23 octobre 2016).
  8. Institut National de l’Audiovisuel – Ina.fr, « Clôture Grenelle de l'environnement », sur Ina.fr, (consulté le 23 octobre 2016).
  9. Institut National de l’Audiovisuel – Ina.fr, « Nicolas Hulot et les militants écologistes reçus à l'Elysée », sur Ina.fr, (consulté le 23 octobre 2016).
  10. Institut national de l’audiovisuel, « Espionnage de Greenpeace : suspicion d'EDF », sur Ina.fr, (consulté le 23 octobre 2016).
  11. « EDF aurait fait espionner Yannick Jadot lorsqu'il était président de Greenpeace », (consulté le 23 octobre 2016).
  12. « EDF aurait fait espionner Greenpeace : une enquête est ouverte », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne).
  13. Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, « EDF aurait fait espionner Greenpeace », Mediapart,‎ (lire en ligne).
  14. Fabrice Nodé-Langlois, « Espionnage de Greenpeace : le parquet veut condamner EDF », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  15. « 1,5 million d'euros d'amende requis contre EDF pour espionnage », sur leparisien.fr, (consulté le 10 juillet 2016).
  16. « EDF sera jugé en appel en novembre pour espionnage de mon ordinateur – Yannick Jadot », sur yannickjadot.fr (consulté le 23 octobre 2016).
  17. « EDF relaxée en appel pour espionnage de Greenpeace », France Inter,‎ (lire en ligne).
  18. « Espionnage de Greenpeace : EDF relaxé en appel », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  19. « Espionnage de Greenpeace : EDF relaxé, les victimes s’indignent », sur Dernières Nouvelles d'Alsace, (consulté le 15 mai 2014).
  20. « Yannick Jadot, 25 ans d'engagement pour l’écologie », Yannick Jadot,‎ (lire en ligne).
  21. Mathieu Magnaudeix, « Jadot-Rivasi, le duel incertain », sur Mediapart, (consulté le 2 novembre 2016).
  22. Fédération de partis représentée par l'Union démocratique bretonne en Bretagne.
  23. Sylvia Zappi, « Daniel Cohn-Bendit promet aux Verts français « des larmes et des pleurs », sur lemonde.fr, (consulté le 19 octobre 2016).
  24. « Greenpeace perd son directeur des campagnes qui va rejoindre Cohn Bendit », sur Le Point.fr, (consulté le 15 novembre 2016).
  25. Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections européennes 2009 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 8 novembre 2016).
  26. Source: Statut Twitter.
  27. « Les principaux points de l'accord PS-EELV », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  28. « Le porte-parole d'Eva Joly, Yannick Jadot, démissionne de sa fonction », Franceinfo,‎ (lire en ligne).
  29. Sylvia Zappi, « Yannick Jadot démissionne de la direction de campagne d'Eva Joly », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  30. « Jadot : « Nous voulons la primaire de gauche le même jour que celle de droite » », BFM TV, (consulté le 5 février 2016).
  31. Nicolas Chapuis, « Primaire à gauche : le PS approuve, à ses conditions », sur www.lemonde.fr, (consulté le 9 avril 2016).
  32. « Yannick Jadot officialise sa candidature à la primaire écolo », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le 8 août 2016).
  33. Lénaïg Bredoux, « Les écologistes lancent leur petite primaire », sur Mediapart, (consulté le 29 septembre 2016).
  34. Raphaëlle Besse Desmoulières, « Yannick Jadot, en tête de la primaire écolo », sur lemonde.fr, (consulté le 19 octobre 2016).
  35. « Primaire écologiste: Duflot éliminée, Jadot et Rivasi au deuxième tour », sur lefigaro.fr, (consulté le 9 octobre 2016).
  36. Alice Maruani, « Présidentielle 2017 : le député européen Yannick Jadot sera le candidat d'Europe Écologie-Les Verts » sur le site de France Télévisions, .
  37. Arthur Nazaret, « Avec les écolos et les communistes, Hamon cherche sa gauche plurielle », lejdd.fr, (consulté le 5 février 2017).
  38. « EELV : les négociations avec Hamon et Mélenchon soumises au vote des sympathisants », sur lemonde.fr, .
  39. a, b et c « Accord Hamon-Jadot: et si les militants écolos disaient non? », sur huffingtonpost.fr, .
  40. Agence France Presse, « Yannick Jadot se retire de la course à la présidentielle et rallie Benoît Hamon », lemonde.fr, (consulté le 24 février 2017).
  41. a et b « "Yannick Jadot nous a trahis" : la colère de certains militants EELV après l'accord avec Benoît Hamon », sur francetvinfo.fr, .
  42. « Les intrigantes manoeuvres de Hamon pour obtenir le retrait de Mélenchon », sur challenges.fr, .
  43. « Expressions relatives au vote », sur primaire-ecologie.fr (consulté le 25 février 2017).
  44. Agence France Presse, « Présidentielle : les électeurs écologistes approuvent à près de 80 % l’accord entre Hamon et Jadot », lemonde.fr, (consulté le 26 février 2017).
  45. Madeleine Meteyer, « Yannick Jadot estime avoir été un «faire-valoir» pour Benoît Hamon », lefigaro.fr, 18 juillet 2017.
  46. « Yannick Jadot, Corinne Morel-Darleux: le débat », Mediapart, . À partir de 29:40.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]