Yannick Jadot

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Yannick Jadot
Illustration.
Yannick Jadot en 2014.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
(10 ans, 1 mois et 3 jours)
Élection 7 juin 2009
Réélection 25 mai 2014
26 mai 2019
Circonscription France (circonscription Ouest de 2009 à 2019)
Législature 7e, 8e et 9e
Groupe politique Verts/ALE
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Clacy-et-Thierret
Nationalité Français
Parti politique Les Verts (1999-2010)
EELV (depuis 2010)
Fratrie Thierry Jadot
Conjoint Isabelle Saporta
Diplômé de Université Paris-Dauphine

Yannick Jadot, né le à Clacy-et-Thierret (Aisne), est un militant écologiste et homme politique français.

Il est membre des Verts à partir de 1999, directeur des campagnes de Greenpeace France de 2002 à 2008 et porte-parole de L'Alliance pour la planète. Tête de liste d'Europe Écologie dans la circonscription Ouest lors des élections européennes de 2009, il est élu député européen, mandat qu'il conserve depuis. Au terme de la primaire de son parti, il désigné candidat d'Europe Écologie Les Verts (EELV) à l'élection présidentielle de 2017 avant de se retirer en faveur de Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste. La liste EELV qu'il dirige lors des élections européennes de 2019 arrive en troisième position avec 13,5 % des suffrages exprimés.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Yannick Jadot est le fils d'un couple d'enseignants de gauche, cadet d'une fratrie de quatre garçons et qui a grandi à Laon, en Picardie[1]. Il est le frère de Thierry Jadot, président de Dentsu Aegis Network France, l'une des principales agences de communication françaises[2]. Il est le père de deux garçons[3],[4].

En mai 2019 sa relation avec la journaliste Isabelle Saporta, commencée deux ans auparavant, est rendue publique[5].

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu son baccalauréat, il fait des études d’économie à l'université Paris-Dauphine[4]. Dans la foulée du mouvement estudiantin de 1986 contre le projet de loi Devaquet de réforme des universités, il participe à la fondation de l'association La Déferlante.

Après ses études d’économie, il travaille plusieurs années au Burkina Faso et au Bangladesh, dans une ONG de solidarité internationale[6] avec l'association Solagral[7],[4].

En 1995, il intègre Solagral, une ONG spécialisée dans le suivi des négociations internationales (commerce, environnement, agriculture…) et l’appui aux pays en développement. Avec Solagral[7], il milite contre la violence de la mondialisation néo-libérale, à Seattle et ailleurs pour les contre-sommets de l’Organisation mondiale du commerce mais également à Porto Alegre, lors du forum social, où le mouvement altermondialiste se structure[8].

Il est directeur des campagnes de Greenpeace France de 2002 à  : il est amené à y travailler avec Michèle Rivasi, qui en est directrice quelques mois entre 2003 et 2004, dans une atmosphère tendue[9], jusqu'au départ de celle-ci[10],[11],[12]. Au cours de son action au sein de Greenpeace France, il est notamment condamné pour atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation[13] pour avoir pénétré dans la base opérationnelle de l'Île longue (rade de Brest), port des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Marine nationale, dans le cadre de l'opération Plutonium menée par l'ONG contre le nucléaire[14],[15].

Il est un des fondateurs et le porte-parole de L'Alliance pour la planète, un important rassemblement d'organisations écologistes, au nom duquel il a participé au Grenelle Environnement, dont il est l'un des principaux négociateurs[16],[17].

Procès EDF[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (mai 2019)
Motif avancé : toutes les phrases font plus référence à EDF qu'à Jadot.

En , Mediapart révèle que l’ancien commandant de police Pierre François, adjoint au responsable de la sécurité auprès d'Électricité de France, a été mis en examen dans un dossier d’espionnage informatique visant Yannick Jadot, alors directeur des campagnes de Greenpeace[18],[19],[20],[21].

Le procès s'ouvre le . EDF comparaît en tant que personne morale pour complicité et recel d’intrusion frauduleuse informatique au préjudice de Yannick Jadot. Le procureur requiert une amende de 1,5 million d'euros le [22],[23]. Pierre François est condamné à 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, EDF est condamné à une amende de 1,5 million d'euros, et Pascal Durieux, responsable de la sécurité d'EDF, est condamné à 3 ans de prison, dont 2 ans avec sursis. EDF fait appel[24].

Le , EDF et Pascal Durieux sont relaxés[25]. Pierre François est condamné à 6 mois de prison ferme et 10 000  de dommages-intérêts à verser à Yannick Jadot[26],[27].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Yannick Jadot adhère aux Verts en 1999, dans le sillage de la campagne de Daniel Cohn-Bendit aux élections européennes. En 2002, il fait le lien avec les organisations altermondialistes pour la campagne de Noël Mamère, candidat à l'élection présidentielle.

En 2005, il prend position pour le « oui » au référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe[28].

Départ de Greenpeace pour EELV[modifier | modifier le code]

Le , il annonce qu'il quitte Greenpeace pour rejoindre Europe Écologie, le rassemblement des écologistes pour les élections européennes de 2009 mené par Daniel Cohn-Bendit avec le soutien des Verts français et européens, ainsi que Régions et peuples solidaires[29]. Il dirige alors la communication de la campagne d'Europe Écologie[30].

Pour lui, après le Grenelle de l’environnement : « les ONG remplissent leur rôle de contre-pouvoir, les citoyens restent mobilisés, mais côté politique ça ne suit pas » et « face à la crise écologique, l’offre politique est insatisfaisante voire indigente. À nous d’incarner cet espace qui représente largement plus de 10 % dans l’opinion[31]. »

Tête de liste d'Europe Écologie dans la circonscription Ouest (Bretagne, Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire), il obtient 16 % des voix[32] et est élu député européen avec 13 autres candidats.

Au sein d'Europe Écologie Les Verts, qui succède aux Verts en 2010, il est membre du bureau exécutif transitoire, jusqu'au . Porte-parole d'Eva Joly pendant la primaire écologiste qui l'oppose à Nicolas Hulot, puis pendant la campagne pour l'élection présidentielle, il démissionne le [33], jugeant Eva Joly trop critique à l'égard du Parti socialiste et évoquant la prise de distance de la candidate avec l'accord entre EELV et le Parti socialiste, qui venait d'être signé[34],[35],[36].

Actions au Parlement européen[modifier | modifier le code]

Au sein du Parlement européen, il est vice-président de la commission du commerce international, coordinateur pour le groupe des Verts, et également membre de la commission parlementaire chargée des questions énergétiques, industrielles et de recherche. Ses principaux rapports au Parlement européen portent sur les accords de partenariat volontaire sur l'exportation de bois légal en Europe par le Congo et le Cameroun[37],[38],[39], la transparence des agences de crédit à l'exportation et un rapport sur la cohérence des politiques commerciales internationales dans le cadre des impératifs dictés par les changements climatiques[réf. nécessaire]. Soulignant le nombre de ses « rapports fictifs » (qui rendent compte de la position d'un groupe sur un sujet donné) au terme de ses deux premiers mandats, Aline Robert, éditrice en chef d’Euractiv, juge qu'il « fait le boulot, de façon assez sérieuse. Il n’est pas forcément très influent au sein du Parlement européen, mais il est très actif au sein de son groupe »[40].

Il participe à la conférence de Copenhague de 2009 sur les changements climatiques, et est membre officiel de la délégation du Parlement européen pour la conférence de Cancún de 2010 sur les changements climatiques.

De nouveau tête de liste d'EELV dans la circonscription Ouest lors des élections européennes de 2014[41], il est réélu.

Le 27 octobre 2016, au Parlement européen, Yannick Jadot interpelle le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sur le traité de libre-échange Europe-Canada (CETA). La vidéo de son discours, postée sur son compte Facebook, est vue près de 1,5 million de fois[42],[43],[44].

Présidence de François Hollande[modifier | modifier le code]

Yannick Jadot aurait manqué de peu l'occasion d'être ministre dans le premier gouvernement Ayrault, en 2012. D'après Daniel Cohn-Bendit, dont il est proche, Cécile Duflot aurait glissé à François Hollande le nom de Pascal Canfin plutôt que le sien[42].

Projet de candidature à l’élection présidentielle de 2017[modifier | modifier le code]

Primaire d'Europe Écologie Les Verts[modifier | modifier le code]

Yannick Jadot à Lorient, en .

En , en vue de l'élection présidentielle de 2017, afin d'éviter l'élimination de la gauche et des écologistes du second tour de la présidentielle et convaincu que la ligne politique incarnée par François Hollande et Manuel Valls peut être battue, il en appelle à l'organisation d'une primaire de la gauche et des écologistes et indique qu'il soutiendrait Nicolas Hulot s'il était candidat[45].

Il est à l'origine de l'appel qui lance le projet de primaires à gauche pour la présidentielle de 2017[46]. Constatant l'aggravation des fractures à gauche (déchéance de nationalité, loi Travail adoptée sans vote au Parlement...), l'initiative d'une primaire rassemblant toute la gauche est finalement abandonnée.

Yannick Jadot annonce le qu'il est candidat à la primaire écologiste en vue de l'élection présidentielle de 2017[47]. Mediapart indique que « s’il a engrangé des ralliements dans toutes les sensibilités du parti EELV, il est le seul à bénéficier du soutien de l’aile « droite » du parti, la motion Europa portée par le sénateur Ronan Dantec[48] ». Pour ce dernier, « Jadot est identifié sur deux sujets : Tafta et le climat. Ça lui permet de faire une synthèse pourtant difficile entre différents courants : les réalos et les plus radicaux »[49].

En , il reçoit le soutien de l'acteur Philippe Torreton, qui tourne un clip en sa faveur. Le , en remportant 35,61 % des suffrages, il se qualifie pour le second tour des primaires, devant Michèle Rivasi[50].

Le , il remporte le second tour des primaires face à Michèle Rivasi (54,25 % contre 40,75 %), et devient le candidat d'Europe Écologie Les Verts (EELV) pour l'élection présidentielle de 2017[51].

Retrait en faveur de Benoît Hamon[modifier | modifier le code]

Après la victoire inattendue de Benoît Hamon à la Primaire citoyenne, organisée par le Parti socialiste et ses alliés, sur une ligne marquée par l'écologie, un processus de rapprochement entre leurs deux candidatures est initié[52].

Le parti organise alors une consultation auprès de ses adhérents et des citoyens ayant participé à la primaire de l'écologie, les invitant à voter sur internet du 14 au , afin de se prononcer sur une démarche de dialogue avec les candidats Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)[53]. Les votants sont 89,70 % à se prononcer en faveur de ces discussions. Les organisateurs précisent alors qu'« en cas d'accord, les votantes et les votants de la Primaire seraient à nouveau consulté-e-s »[54].

Le , avant toute nouvelle consultation des votants, Yannick Jadot annonce au Journal de 20 heures de France 2 qu'il rallie Benoît Hamon en retirant sa candidature à l'élection présidentielle[55]. En échange de son retrait, il a obtenu plusieurs engagements de la part du candidat du PS : l'absence de candidats socialistes dans les circonscriptions des députés EELV sortants aux prochaines législatives, la fin du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la sortie du nucléaire en vingt-cinq ans et l'instauration de la proportionnelle aux élections législatives[56]. L'accord de désistement prévoit également la prise en charge des dépenses de campagne de Yannick Jadot par le PS, mais cet accord ne sera pas honoré[57]. Pour Sandrine Rousseau, secrétaire générale adjointe du parti, Jadot « prend le collectif à revers » en annonçant son retrait avant le vote des militants[54]. De nombreux militants et cadres du parti parlent de « trahison », de « déni de démocratie », et rappellent que la promesse d'amorce de sortie du nucléaire, déjà présente dans l'accord PS-EELV pour les élections législatives de 2012, n'a pas été honorée[56]. Pour le journaliste Bruno Roger-Petit, il « n’était pas en mesure de rassembler les 500 parrainages nécessaires afin de concourir à l’élection présidentielle »[58].

Une consultation des votants de la primaire est organisée du au [54]. Parmi les membres du bureau exécutif du parti, Julien Bayou se prononce pour, tandis qu'Élise Lowy et Thierry Pradier se prononcent contre[59]. L'accord de soutien à la candidature de Benoît Hamon est validé à 79,53 % par les électeurs écologistes[60].

Tête de liste EELV aux élections européennes de 2019[modifier | modifier le code]

Ayant perdu la plupart de ses élus par rapport au quinquennat précédent, ne comptant plus de député, EELV connaît des difficultés au début de la présidence d'Emmanuel Macron, le parti étant divisé entre ceux qui prônent l'autonomie aux élections et ceux qui défendent des alliances avec d'autres partis de gauche[61]. Yannick Jadot avait lui-même manifesté son intérêt pour le Mouvement du 1er Juillet, lancé par Benoît Hamon, avant de s'en éloigner après quelques semaines, estimant avoir été un « faire-valoir » pour Benoît Hamon[62].

Fort de sondages le plaçant nettement au-dessus des 5 %, EELV annonce une liste autonome aux européennes 2019[63]. Yannick Jadot en est la tête de liste et exprime son objectif de 15 %[64],[65],[66]. Yannick Jadot rejette la proposition de Ségolène Royal, avec laquelle il s'oppose sur la question de l'arrêt de la réforme sur le prix du carburant, de se joindre à la liste[67],[68],[69]. Il présente sa liste comme n’étant « ni de droite, ni de gauche », affirmant : « L'écologie, c'est pas la gauche. L'écologie veut occuper une place centrale dans le débat politique. L'écologie, c'est bien plus que la gauche »[68]. Ce positionnement suscite notamment les critiques de Benoît Hamon[a] et Yves Contassot, ex-EELV qui dénonce un « retour au ni-ni des années Waechter et de l’alignement sur les Grünen prêts à s’allier avec la droite libérale allemande »[b],[68].

Le 26 mai 2019, les médias qualifient de « surprise » le score de 13,47 % obtenu par la liste EELV menée par Yannick Jadot[70],[71],[72], ce qui en fait la troisième force politique française dans ce scrutin[72]. Il déclare au soir des élections : « C'est une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs ce soir. Les Françaises et les Français ont envoyé un signal très clair : ils veulent que l'écologie aussi soit au cœur du jeu politique et ce message a été lancé dans toute l'Europe »[72].

D’ à , il est la personnalité politique la plus présente dans les matinales avec 54 passages[73].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Affaires étrangères et défense[modifier | modifier le code]

Il considère que « l’Europe doit créer une armée européenne commune autonome de l’OTAN, tournée vers des missions de paix, en commençant par la coordination interarmées puis via la construction d’un corps permanent immédiatement opérationnel »[74].

Union européenne[modifier | modifier le code]

Il plaide en 2019 pour l’adhésion de nouveaux États à l’Union européenne : « Intégrer de nouveaux pays permet d’harmoniser des politiques, notamment climatiques, visant l’intérêt général à une échelle toujours plus grande. Pour certains pays, ce peut être le moyen de renforcer la démocratie et la transparence »[74].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Benoît Hamon déclare : « L'écologie politique aujourd'hui, ça ne passera pas par le fait d'être ou de gauche un jour, ou de droite un autre. Et je regrette aujourd'hui que le choix de Yannick Jadot, ce soit finalement de se dire : quelque part ça peut être avec Macron qu'on fait de l'écologie, ou avec la gauche, on est au milieu, on est prêt finalement à travailler avec tout le monde. »[68].
  2. Les écologistes allemands sont en effet parfois alliés à la droite dans certains exécutifs régionaux.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rémy Dodet et Maël Thierry, « 10 choses à savoir sur Yannick Jadot, le vrai détenteur de la marque écolo », sur nouvelobs.com, .
  2. Philippe Robuchon et Olivier Mazerolle, « Yannick Jadot - un aventurier rythmé par l'écologie selon son frère Thierry », sur rtl.fr, .
  3. Caroline Fontaine, « Yannick Jadot : "Minouche est une très grande présence" », Paris Match, semaine du 23 au 29 août 2018, p. 26.
  4. a b et c Rachid Laïreche, « Yannick Jadot, écolo sensible », sur Libération,
  5. Qui est Isabelle Saporta, la journaliste qui partage la vie de Yannick Jadot? , Paris Match, 27 mai 2019.
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  10. Anne-Charlotte Dusseault, « L'inconnue qui pense devenir présidente écolo », JDD,‎ .
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  12. « Michèle Rivasi | », sur www.ecolopedia.fr (consulté le 31 octobre 2016).
  13. « Jadot : « redonner de l'espoir dans la société » | LeJSD », sur www.lejsd.com (consulté le 23 octobre 2016).
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Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Benoît Hamon, Yannick Jadot et Michel Wieviorka, La politique est à nous, Robert Laffont, , 342 p..
  • Aujourd'hui, tout commence !, Les Liens qui libèrent, .

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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