Liêm Hoang-Ngoc

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Liêm Hoang-Ngoc
Liêm Hoang-Ngoc, en 2013.
Liêm Hoang-Ngoc, en 2013.
Fonctions
Conseiller régional d'Occitanie
En fonction depuis le
(1 an 3 mois et 24 jours)
Élection 13 décembre 2015
Président Carole Delga
Président de Nouvelle Gauche socialiste
En fonction depuis le
(1 an 10 mois et 13 jours)
Député européen

(4 ans 11 mois et 16 jours)
Élection 7 juin 2009
Législature 7e
Groupe politique S&D
Biographie
Nom de naissance Hoàng Ngọc Liêm
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Saïgon (Viêt Nam)
Nationalité Française
Parti politique PS (jusqu'en 2015)
NGS (depuis 2015)
Diplômé de Université de Picardie
Université Panthéon-Sorbonne
Profession Maître de conférence (Université Panthéon-Sorbonne)

Liêm Hoang-Ngoc, né le à Saïgon (actuelle Hô-Chi-Minh-Ville, Viêt Nam), est un économiste et homme politique français, membre de la Nouvelle Gauche socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né à Saïgon, Liêm Hoang-Ngoc arrive en France en 1968 avec ses parents qui s’installent à Amiens. Après le lycée Louis-Thuillier à Amiens, il intègre l'université de Picardie puis l'université Panthéon-Sorbonne où il obtient un doctorat en sciences économiques. Entre 1992 et 1994, il est chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales. Il est nommé maître de conférences à l'université Panthéon-Sorbonne en 1994 et est membre du laboratoire Matisse (unité mixte de recherche du Centre d'économie de la Sorbonne, Paris I - CNRS). Il soutient sa thèse d'habilitation à diriger des recherches en 2003.

Carrière d'économiste[modifier | modifier le code]

En 1996, il est l'un des initiateurs de l'« appel des économistes pour sortir de la pensée unique ». Il est le fondateur de l'éphémère revue Pétition en 1998. Il participe à la fondation d'ATTAC comme membre du conseil scientifique. En 2008, Il fait partie des animateurs du club de pensée « La Forge », initié par Noël Mamère et Benoît Hamon et est chroniqueur économique sur France Inter.

En 2000 il est membre de la mission interministérielle pour la célébration de la loi de 1901.

Il est aussi présent dans les médias en contribuant depuis 2003 à la rubrique « à contre-courant » de Politis et en 2008 il a été chroniqueur économique sur France Inter, en binôme avec Bernard Maris pour la rubrique de 6 h 50 « l’autre économie ».

Distinction[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Engagé en politique au Parti socialiste, où il est proche d'Henri Emmanuelli, il est cofondateur du club Démocratie-Égalité (2001), secrétaire général du courant Nouveau Monde (2002) et membre du conseil national du parti depuis 2003. Il est secrétaire national adjoint à l'économie du Parti socialiste de 2008 à 2012 et membre du bureau national du parti à partir de 2012 et ce, jusqu'à sa démission en 2015.

Il est élu député européen socialiste le 7 juin 2009 sur la liste présentée par le Parti socialiste dans la région Est. Il siège alors au sein de la commission des affaires économiques et monétaires, de la délégation pour les relations avec les pays de l'Asie du Sud-Est et l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est et il est membre suppléant de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs.

Représentant élu du Parlement européen au Comité consultatif européen de la statistique en 2013 et en 2014, il est l'un des eurodéputés français les plus actifs[1]. Lors des élections européennes de 2014, il ne se représente pas, n'étant pas investi par le PS qui lui préfère Emmanuel Maurel[1].

Il fonde avec Philippe Marlière le « club des socialistes affligés » le 7 juin 2014. Si, en 2014, il expliquait ne pas vouloir « quitter un parti qui s'appelle socialiste », l'économiste et ancien député européen a changé d'avis. Faisant le constat de l'échec des « frondeurs » du PS à infléchir la politique économique de François Hollande, il décide de quitter le Parti socialiste en estimant que « le PS devient moribond, il n'y a plus de débat. En 2017, l'existence même du parti sera en jeu » et lance un nouveau parti, la Nouvelle gauche socialiste en espérant former une coalition avec « les déçus du PS et ouvrir immédiatement le dialogue avec le Front de gauche, le mouvement écologique et la gauche radicale, tous ceux qui se battent aujourd'hui contre la politique libérale appliquée par le gouvernement[2],[3]. »

Lors des élections régionales de 2015 en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, il est candidat au premier tour sur la liste « Nouveau monde en commun » dirigée par Gérard Onesta[4], puis élu au second tour sur la nouvelle liste menée par Carole Delga (fusionnée avec « Nouveau monde en commun »)[5]. Dès le début de la mandature, lui et les autres représentants de la Nouvelle gauche socialiste se désolidarisent de la majorité régionale[6],[7].

Il rejoint le mouvement de La France insoumise et soutient Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2017[8].

Principales contributions[modifier | modifier le code]

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Les travaux de Liêm Hoang-Ngoc proposent une lecture post-keynésienne de la réalité économique. Ils portent notamment sur les effets macroéconomiques de la répartition des revenus.

Dans Le Fabuleux Destin de la courbe de Phillips (2007), Liêm Hoang-Ngoc défend avec Marc Lavoie une interprétation post-keynésienne de l’inflation et du chômage. La relation inverse entre l’inflation et le chômage, mise en évidence par Phillips en 1958[9], puis Samuelson et Solow en 1960[10], comporterait un plateau[11]. Dans une fourchette donnée de taux d’utilisation des capacités de production encadrant le taux normal (estimé à 85 %), les fluctuations du chômage ne produiraient pas d’effet sur l’inflation. La baisse du chômage ne créerait de l’inflation qu’au-delà d’un certain taux d’utilisation des capacités de production. Symétriquement, la hausse du chômage serait déflationniste en dessous d’un certain taux.

Article détaillé : Courbe de Phillips.

Dans Sous la crise, la répartition des revenus (2009), il propose une lecture de la crise des subprimes à partir d’un modèle néo-kaleckien[12],[13],[14]. Il montre en quoi, sous ses aspects financiers, la crise de 2008 est avant tout due à l’évolution inégalitaire de la répartition des revenus, intervenue au sein du capitalisme financier. La dynamique de l’économie est dès lors devenue tributaire du surendettement privé et public.

Plusieurs ouvrages de Liêm Hoang-Ngoc portent sur la question fiscale. Vive l’impôt ! (2007) trace ainsi les grandes lignes de l’histoire du système fiscal français depuis la Révolution. Il montre en quoi l’impôt progressif représente un pilier du modèle républicain où chaque citoyen participe à la solidarité nationale selon sa faculté contributive. Il confronte les projets de réforme fiscale défendus d’un côté par les néo-conservateurs, de l’autre par les progressistes. S’agissant du mode de financement de la protection sociale universelle, relevant de la solidarité nationale, il justifie son financement par l’impôt et non par la cotisation. Mais il critique le projet de remplacement de la cotisation sociale par la TVA, impôt dégressif, scénario privilégié par les conservateurs. Liêm Hoang-Ngoc prône, d’une part, le basculement de la cotisation sociale vers une contribution sociale généralisée (CSG) fusionnée avec l’impôt sur le revenu, d’autre part la création d’une CSG entreprise, assise sur l’ensemble de la valeur ajoutée (salaires + profits), en remplacement de la cotisation patronale.

Dans Il faut faire payer les riches (publié avec Vincent Drezet en 2010), les auteurs explorent quelques scénarios de fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. L’assiette de la CSG est la plus large qui soit parce qu’elle concerne tous les revenus. Elle est individualisée et ne comporte pas de niches fiscales. La fusion peut consister à greffer sur l’assiette de la CSG un barème progressif, afin de financer les dépenses à caractère universel selon le principe de la faculté contributive du citoyen. La politique familiale ne passe plus, dans ce scénario, par le canal du quotient familial, mais par un crédit d’impôt universel et forfaitaire par enfant. Liêm Hoang-Ngoc et Vincent Drezet montrent que cet impôt sur les flux (le revenu) ne suffit pas à freiner l’accumulation de la rente, s’il n’est pas complété par un impôt sur le stock de patrimoine des individus. Les auteurs justifient ainsi l’existence d’impôts sur le patrimoine, dont l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est la version française. Ils discutent de l’assiette et du barème d’un futur impôt général sur le patrimoine.

Liêm Hoang-Ngoc questionne également le statut de science dure parfois attribué à une science économique réputée neutre de tout jugement de valeur. Dans Les Théories économiques, petit manuel hétérodoxe (2011), il remet en cause les présentations orthodoxes de la pensée économique et propose une histoire hétérodoxe des théories économiques, des classiques à nos jours, en mettant en exergue leurs implications politiques et leur fonction idéologique.

Liêm Hoang Ngoc est le co-auteur du rapport d’enquête adopté le 13 mars 2014 par le Parlement européen sur l’action de la Troïka (composée de la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds Monétaire International) mise sur pieds par les États de la zone euro pour traiter la crise de la dette souveraine en Irlande, en Grèce, au Portugal et à Chypre. Dans Les Mystères de la Troïka (2014), il met en exergue les controverses que l’intervention de la Troïka a suscitées. L’action de la Troïka ne repose pas sur des bases juridiques solides et pose un problème de légitimité démocratique d’autant plus aigu que de nombreux désaccords sont apparus au sein-même de la Troïka. Ces différends ont notamment porté sur la nécessité d’une restructuration de la dette grecque dès 2010 (la restructuration n’aura lieu qu’en 2012) afin d’éviter une consolidation budgétaire trop brutale et favoriser la reprise de la croissance, sans laquelle le désendettement est impossible. Cette ligne, défendue par le FMI, fut rejetée par certains États et par la BCE. Différents avis se sont également exprimés lorsque, sous l’influence de la BCE, les intérêts des détenteurs seniors d’obligations ont été épargnés lors de la restructuration du secteur bancaire irlandais, dont le renflouement a essentiellement pesé sur le contribuable. Non seulement ces différends n’ont été tranchés dans aucune instance communautaire, de plus, le bilan de la Troïka est mitigé. Les pays sous programme parviennent peu à peu à accéder à nouveau au financement de leur dette souveraine par émission de titres sur le marché, mais les facteurs d’instabilité macroéconomique, présents lorsque l’assistance financière fut demandée, se sont exacerbés : la croissance tardait à revenir ou restait inférieure au taux d’intérêt de la dette. Dans les quatre pays sous programme, la réduction des déficits s’est dès lors accompagnée d’une montée continue des taux d’endettement.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Salaires et emploi, une critique de la pensée unique (1996)
  • La Facture sociale (1998)
  • Politiques économiques (2000)
  • Politiques de l'emploi (2000)
  • Refermons la parenthèse libérale ! (2005)
  • Vive l'impôt ! (Grasset, 2007)
  • Le Fabuleux Destin de la courbe de Phillips (Presses universitaires du Septentrion, 2007), postface de Marc Lavoie
  • 10+1 questions à Liêm Hoang-Ngoc sur la dette (2007)
  • Sarkonomics (Grasset, 2008)
  • Sous la crise, la répartition des revenus (La Dispute, 2009)
  • Il faut faire payer les riches (Le Seuil, 2010) coécrit avec Vincent Drezet
  • Les Théories économiques, petit manuel hétérodoxe (La Dispute, 2011)
  • Les Mystères de la Troïka, préface de Frédéric Lebaron (éditions du Croquant, 2014)
  • La gauche ne doit pas mourir ! Le manifeste des socialistes affligés, avec Philippe Marlière (éditions Les liens qui libèrent, 2014)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Baptiste Daoulas, « La France, le pays où les bons eurodéputés sont évincés », sur Slate, (consulté le 25 août 2016).
  2. Mathilde Siraud, « Un ex-élu quitte le PS pour tenter de construire un Syriza à la française », sur http://www.lefigaro.fr, (consulté le 16 septembre 2015).
  3. Renaud Biondi-Maugey, « Liêm Hoang Ngoc claque la porte du PS et lance un nouveau mouvement », sur francebleu.fr, (consulté le 16 septembre 2015).
  4. « Résultats des élections régionales 2015 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 29 août 2016).
  5. « Résultats des élections régionales 2015 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 29 août 2016).
  6. Laurent Dubois, « Conseil Régional : ça déraille au sein du groupe « Nouveau Monde » au sujet de la LGV », sur france3-regions.blog.francetvinfo.fr/, (consulté le 25 août 2016).
  7. Laurent Dubois, « La gauche de Carole Delga bascule dans la fronde », sur france3-regions.blog.francetvinfo.fr/, (consulté le 25 août 2016).
  8. « 2017. Le candidat Mélenchon rallié par Liêm Hoang-Ngoc et d’autres anciens PS », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  9. (en) Alban William Phillips, "The relation between Unemployment and the Rate of Change of Money Wages Rates in the UK, 1861-1957", Economica novembre 1958.
  10. (en) Paul Samuelson, Robert Solow, "Problem of Achieving and Maintaining a Stable Price Level, Analytical Aspects of Anti-inflation Policy" American Economic Review, may, 1960, p. 177-194.
  11. (en) C. Freedman, G.C Harcourt, P. Kriesler, "Consensus among economists revisited", Journal of Economic Education, Volume 34, no 4, 2003, p. 369-387.,Peter Kriesler, Marc Lavoie, "The new view on monetary policy: The new consensus and its post-Kenesian critique", document de recherche WP05-01, 2005, Robinson, université d'Ottawa.
  12. (en) Bob Rowthorn, "Demand, real wage and economic growth", Studi Economici, no 18, 1982.
  13. (en) Lance Taylor, Income Distribution, Inflation and Growth, Lectures on Structuralist Macroeconomic Theory, The MIT Press, Cambridge, 1991.
  14. (en) Marc Lavoie, Foundation of Post Keynesian Economics, Edward Elgar, Cheltenham, 1992.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]