Parti progressiste martiniquais

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Parti progressiste martiniquais
image illustrative de l’article Parti progressiste martiniquais
Logotype officiel.
Présentation
Président Serge Letchimy
Fondation 1958
Scission de PCF
Siège PPM, Ancien réservoir de Trénelle, 97200 Fort-de-France
Secrétaire général Johnny Hajjar
Positionnement Gauche[1]
Idéologie Socialisme démocratique[1]
Progressisme
Autonomisme [1]
Adhérents 2 000
Couleurs                Vert, rouge et noir
Site web ppm-martinique.com
Présidents de groupe
Assemblée nationale Olivier Faure (PS)
Sénat Patrick Kanner (PS)
Assemblée de Martinique ?
Représentation
Députés
1 / 577
Sénateurs
1 / 348
Conseillers de l'Assemblée
7 / 51

Le Parti progressiste martiniquais (PPM) est un parti politique martiniquais créé par Aimé Césaire et Pierre Aliker. Il est actuellement présidé par Serge Letchimy. Il se définissait à l'origine comme « un parti nationaliste, démocratique et anticolonialiste, inspiré de l'idéal socialiste » (art. 3 de ses statuts). Il compte actuellement un député (Serge Letchimy), une sénatrice (Catherine Conconne), 7 conseillers à l'Assemblée de Martinique encartés PPM et 5 maires, Didier Laguerre (Fort-de-France), Rodolphe Désiré (Le Marin), Henri Romana (Fond-Saint-Denis), Jean-Claude Ecanvil (Le Carbet) Marie-Thérèse Casimirius (Basse-Pointe) et Félix Ismain (Bellefontaine). Le PPM compte à ce jour[Quand ?] 2 000 adhérents et 30 balisiers (sections) sur l'ensemble du territoire de la Martinique.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation et la présidence d'Aimé Césaire (1958-2005)[modifier | modifier le code]

Le Parti progressiste martiniquais est créé le par Aimé Césaire avec quelques compagnons dont Pierre Aliker, Aristide Maugée ou Georges Marie-Anne. Deux ans auparavant, le 24 octobre 1956, Aimé Césaire adressait à Maurice Thorez, secrétaire-général du Parti communiste français à l'époque, sa démission du PCF et de son groupe parlementaire, dans la célèbre Lettre à Maurice Thorez.

Lors du IIIe congrès du parti les et , le PPM adopte le mot d'ordre d'autonomie. Dans son discours de clôture, Aimé Césaire déclare « Cette indispensable conquête du pouvoir politique par le peuple martiniquais, nous, le PPM, nous pensons qu'elle ne peut se faire par l'accession de la Martinique à l'autonomie dans l'ensemble français... tout en restant dans le cadre français, nous entendons pouvoir prendre librement les décisions qui nous concernent au premier chef en tant que martiniquais et exécuter nous-mêmes ces décisions... par conséquent nous préconisons dès maintenant l'institution d'une assemblée délibérante martiniquaise souveraine dans un certain nombre de domaines lesquels sont à délimiter, et d'un exécutif martiniquais ».

En 1973, Aimé Césaire prononce un an après l'échec de la Convention autonomiste du Morne-Rouge, le célèbre Discours des trois voies et des cinq libertés. Compte tenu de ce revers une nouvelle stratégie s'impose. Aimé Césaire constate que le mot d'ordre d'autonomie n'obtient pas l'adhésion majoritaire. Il considère qu'il faut l'adapter aux exigences du temps présent et œuvrer pour promouvoir le développement économique.

Le mot d'ordre d'autonomie a été réaffirmé lors VIIIe congrès du PPM en . « L'autonomie pour la nation martiniquaise, étape de l'histoire du peuple martiniquais en lutte depuis trois siècles pour son émancipation définitive ».

Le , Aimé Césaire prononce dans la cour de la mairie de Fort-de-France, le célèbre « discours du Moratoire ». Il déclare : « Camarades, vous savez ce qu'est un moratoire ? C'est un arrêt provisoire, c'est une suspension. Je n'ai pas dit suppression, j'ai dit une suspension... Je proclame ce soir et jusqu'à nouvel ordre, je proclame solennellement un moratoire politique, concernant le problème du statut juridique ».

Présidence de Serge Letchimy (depuis 2005)[modifier | modifier le code]

Lors du 17e congrès du PPM en , Aimé Césaire et Pierre Aliker quittent la direction du parti et passent le témoin à la nouvelle génération. Serge Letchimy est élu président du PPM.

En 2006 a lieu la scission du RDM de Claude Lise.

Aux élections législatives de 2007, Serge Letchimy est élu député de la Martinique, apparenté au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche[2].

Le PPM est le seul parti autonomiste à être opposé à une évolution statutaire dans le cadre de l'article 74 de la Constitution. Dans une déclaration officielle, le PPM a fait savoir qu'il votera en faveur de l'article 73 lors du référendum du 24 janvier 2010. Le PPM prône une « troisième voie », c'est-à-dire une autonomie constitutionnalisée à l'instar de la Nouvelle-Calédonie.

Aux élections régionales des 14 et 21 mars 2010, la liste Ensemble, pour une Martinique nouvelle conduite par Serge Letchimy arrive en tête au second tour avec 78 193 voix et obtient une majorité de 26 sièges pour diriger le conseil régional de la Martinique. La liste Ensemble, pour une Martinique nouvelle est constituée d'élus du PPM, de la Fédération socialiste de Martinique, du Mouvement populaire franciscain, d'Osons oser, du mouvement Vivre à Schœlcher, divers gauche et des gens de la société civile. Il y a 15 élus encartés PPM sur cette liste : Serge Letchimy, Catherine Conconne, Didier Laguerre, Daniel Robin, Daniel Chomet, Jean Crusol, Fred Lordinot, Christiane Mage, Simon Morin, Thierry Fondelot, Élisabeth Landi, Marie-Thérèse Casimirius, Manuella Kéclard-Mondésir, Jean-Claude Duverger et Camille Chauvet.

Le 26 mars 2010, Serge Letchimy est élu officiellement président du conseil régional de la Martinique.

Lors des élections cantonales des 20 et 27 mars 2011, le PPM gagne les cantons 3,4,6 et 8 de Fort-de-France, mais perd celui de Sainte-Marie 1 détenu par Fred Lordinot, qui est éliminé dès le 1er tour. Le groupe Ensemble, pour une Martinique nouvelle au conseil général constitué des élus du PPM, de la Fédération socialiste de Martinique, du Mouvement populaire franciscain, d'Osons oser, et du mouvement Vivre à Schœlcher obtient la majorité et remporte la présidence du conseil général de la Martinique. C'est la conseillère générale de Bâtir le pays Martinique, Josette Manin qui est élue présidente de l'assemblée départementale grâce notamment aux voix des 11 élus PPM du groupe.

Coalition Ensemble pour une Martinique nouvelle[modifier | modifier le code]

La coalition Ensemble pour une Martinique nouvelle est créée à l'initiative de Serge Letchimy, lors des élections régionales de mars 2010. Elle est constituée des élus du PPM, de la Fédération socialiste de la Martinique, du Mouvement populaire franciscain, d'Osons oser, du mouvement Vivre à Schœlcher et d'élus divers gauche et divers droite. La coalition dont le PPM est la principale composante, domine la vie politique en Martinique depuis les régionales de 2010 et les cantonales de 2011. En effet, cette coalition se trouve à la direction des deux assemblées majeures de la Martinique, le conseil général avec Josette Manin, et le conseil régional avec Serge Letchimy.

Le 25 septembre 2011, Serge Larcher et Maurice Antiste soutenus par la coalition Ensemble pour une Martinique nouvelle, sont élus sénateurs de la Martinique. Le 22 octobre 2011, Maurice Bonté, maire divers droite de L'Ajoupa-Bouillon est élu président de l'association des maires de la Martinique, avec l'appui de la coalition.

En 2012, lors des élections législatives, la coalition essuie son premier revers électoral. En effet, sur les 4 candidats présentés par l'alliance, seul Serge Letchimy est réélu député, le 16 juin 2012. Luc-Louison Clémenté, Arnaud René-Corail et Louis-Joseph Manscour sont battus par les candidats soutenus par l'a coalition MIM-CNCP-PALIMA-MODEMAS-RDM, dont le leader est Alfred Marie-Jeanne.

Les élections territoriales de 2015 doivent permettre de constituer pour la première fois l'assemblée de la collectivité territoriale unique de Martinique, remplaçant ainsi le conseil régional et le conseil général. La coalition, toujours menée par Serge Letchimy, regroupe, outre le PPM, la Fédération socialiste de la Martinique, le parti Bâtir le pays Martinique, le Parti régionaliste martiniquais, le Mouvement populaire franciscain, le parti Osons-Oser et des candidats divers gauche[3]. Les têtes de la liste sont Jenny Dulys-Petit, du mouvement Osons-Oser, maire du Morne-Rouge[4], pour la section du Nord, David Zobda, secrétaire général de BPM, premier adjoint du Lamentin, premier vice-président du conseil général, pour la section du Centre, Serge Letchimy pour la section de Fort-de-France, et Nicaise Monrose[5], maire de Sainte-Luce, pour la section du Sud[6]. Au premier tour, la liste obtient 47 002 voix, soit 38,96 % et arrive en tête devant la liste Grand Sanblé d'Alfred Marie-Jeanne du MIM. Pour le second tour, ce dernier fait alliance avec la liste conduite par Yan Monplaisir des Républicains[7] et bat la liste Ensemble pour une Martinique nouvelle qui obtient 70 776 voix, soit 45,86 %, et 18 élus sur 51. Le PPM obtient quant à lui 7 élus à l'Assemblée.

Pour l'élection présidentielle de 2017, Serge Letchimy apporte lors de sa visite aux Antilles un soutien appuyé en mars 2017 au candidat Benoît Hamon, après avoir repoussé les avances du parti d'Emmanuel Macron[8].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Selon l'article 3 des statuts du parti : « le PPM est un parti nationaliste, démocratique et anticolonialiste, inspiré de l'idéal socialiste [...] il entend dès maintenant, préparer le peuple martiniquais à assumer la responsabilité des décisions sur le plan politique, économique et social, sur le plan culturel, axer ses efforts sur le développement de la personnalité martiniquaise ». En 1958, à l'occasion de la création du PPM, Aimé Césaire présente un rapport intitulé Pour la transformation de la Martinique en région dans le cadre d'une union française fédérée. Lors du congrès constitutif, il disait dans son discours « Le Parti progressiste martiniquais pourrait proposer la transformation des départements d'outre-mer en régions fédérales. Si nous faisons cela nous aurons réussi à allier notre double souci de rester liés à la France et d'être de bons Martiniquais ».

Organisation[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Secrétaires-généraux[modifier | modifier le code]

  • Rodolphe Désiré, secrétaire général de 1967 à 1970.
  • Camille Darsières, secrétaire général de 1970 à 1999.
  • Yvon Paquit, secrétaire général de 1999 à 2001.
  • Pierre Suédile, secrétaire général de 2001 à 2004.
  • Catherine Conconne, par intérim de 2004 à 2005.
  • Didier Laguerre, depuis 2005
  • Alain Alfred
  • Johnny Hajjar, depuis le 26/06/2016

Publication[modifier | modifier le code]

Le journal du PPM, Le Progressiste, est un hebdomadaire publié depuis 1959.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Laurent de Boissieu, « Parti Progressiste Martiniquais (PPM) », France Politique,‎ (lire en ligne).
  2. Composition et effectifs des groupes politiques à l'Assemblée nationale sur le site officiel de l'Assemblée nationale
  3. « Serge Letchimy officiellement tête de liste », sur la1ere.francetvinfo.fr, (consulté le 16 février 2018).
  4. « Jenny Dulys ose la gauche », sur politiques-publiques.com, (consulté le 17 février 2018).
  5. « Sud : « l’ascendant politique » de Nicaise Monrose », sur politiques-publiques.com, (consulté le 17 février 2018).
  6. « La liste « Ensemble pour une Martinique Nouvelle » », sur politiques-publiques.com, (consulté le 17 février 2018).
  7. Roger de Jaham, « Les listes d'Alfred Marie-Jeanne et de Yan Monplaisir s'unissent contre Serge Letchimy », sur la1ere.francetvinfo.fr, .
  8. Bastien Bonnefous, « A Fort-de-France, « Benoît Hamon a des idées fortes, mais il doit se lâcher » », sur lemonde.fr, (consulté le 14 mars 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]