Droites en France

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'histoire politique française. Pour l’œuvre de René Rémond, voir Les Droites en France.

Les droites en France constituent l'ensemble des partis et familles politiques françaises d'extrême droite, de droite ou de centre droit, selon le spectre politique droite-gauche habituellement utilisé en France et auquel on ajoute parfois le centre.

D'autres représentations parlementaires concurrentes, de moindre postérité, furent historiquement employées : la Gironde, Plaine ou Marais et Montagne sous la Révolution française ou résistance et mouvement sous la monarchie de Juillet.

Sommaire

Typologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gauche et droite en politique.

Pendant longtemps, s'affirmer ouvertement de droite a été considéré comme une impossibilité[1]. Bon nombre de personnes ont pu se réclamer de la gauche, alors que leur positionnement politique pouvait permettre de penser le contraire[2]. Selon Michel Winock, la droite, parti de la résistance, du conservatisme et de la réaction, n'existe et ne se définit qu'en opposition à la gauche, parti de la réforme, du progrès et du mouvement[3]. La droite n'est pour autant pas monolithique, elle est plurielle et constituées de familles contradictoires et antagonistes. Avec le temps, elle a, en partie, abandonné ses positions les plus conservatrices et s'est adapté à la démocratie, au libéralisme et à la modernité[3].

D'après Thomas Guénolé la droite française repose sur les « sept piliers » suivants qui constituent un « socle doctrinal commun » : « le rejet viscéral de la gauche, le mérite individuel opposé à l'assistanat, le secteur privé performant opposé au secteur public inefficace, le souhait de baisser la pression fiscale, le conservatisme moral, les frontières et l'ordre ». Il affirme que chaque électeur français de droite adhère «  plus ou moins » à chacun de ces principes[4].

Origine du terme[modifier | modifier le code]

La droite, la gauche et le centre sont des appellations qui correspondent à l'origine à la place occupée en France par chaque groupe politique dans l'hémicycle de l'assemblée nationale, vue par le président de l'Assemblée, qui fait face à l'hémicycle.

Classification rémondienne[modifier | modifier le code]

Il n'existe non pas une mais plusieurs droites « distinctes et concurrentes »[5] que distingua pour la première fois René Rémond dans leur dimension filiale et qui furent reprises par Michel Winock[6] et Jacques Julliard[7]. Ces familles politiques sont elles-mêmes plurielles : la droite libérale est conservatrice ou contestataire, le bonapartisme et le gaullisme ont une interprétation de droite et une interprétation de gauche, la droite contre-révolutionnaire a vu en son sein un antagonisme entre les interprétations libérales et populaires de sa doctrine et celles plus intransigeantes, rigoristes et intégristes[8], le radicalisme républicain entre une aile alliée au Parti socialiste et une aile ralliée au centre-droit[9].

Elles sont présentées ci-après par ordre de leur apparition dans le champ politique de la droite.

Droite contre-révolutionnaire et traditionaliste[modifier | modifier le code]

La droite contre-révolutionnaire et traditionaliste est la droite originelle et initialement unique[10] : contre-révolutionnaire à la convocation des États généraux, émigrée durant la Révolution[11], ultraciste à la Restauration, elle devient légitimiste à l'avènement de la maison d'Orléans[12]. Si la pensée et l’action de ces contre-révolutionnaires se sont opposées à la Révolution en se réclamant de l’absolutisme de l'Ancien Régime, certains comme Jacques Antoine Marie de Cazalès, souhaitaient une monarchie limitée et témoignaient ainsi d’une sensibilité « libérale » conservatrice qui ferait, comme en Angleterre, la transition entre Montesquieu et Edmund Burke[13]. Cette famille de la droite française n'est plus une force politique depuis l'échec de la troisième restauration[14] –si ce n'est durant l'épisode pétainiste sous son avatar maurassien[15]– mais subsiste comme école philosophique et religieuse[16] dont une partie des positions de rejet de la démocratie, des principes et de l'héritage de la Révolution française et de la modernité[17] imprègne l'intégrisme catholique, les écrits lepénistes[14], l'électorat du Mouvement pour la France et une frange des électorats libéraux et gaullistes[18].

penseurs 
Burke, Haller, Maistre, Bonald, Chateaubriand,
autres figures 
Maury, Charles X, Villèle, La Bourdonnaye, Coussergues, Polignac.

Droite libérale[modifier | modifier le code]

La droite libérale, au sens politique comme au sens économique, bien que teintée de colbertisme[19] et de conservatisme social[20], est positionnée au centre aux débuts de la Révolution : monarchienne sous l'Assemblée nationale constituante[21], doctrinaire sous la Restauration puis orléaniste à partir de la révolution de Juillet. Royaliste tout comme la droite légitimiste, elle accepte pour partie l'héritage de 1789[20] et, moins attachée à la personne du roi que les légitimistes, devint républicaine sous la IIIe République[22]. Ce libéralisme de droite se partage entre deux courants principaux[23] : l'un, celui de Tocqueville, s’appuie sur l’individu et sa capacité de jugement critique ; l’autre, fondé par François Guizot, tente d’intégrer les groupes sociaux importants dans le Parlement, la presse, le Conseil d’État, les universités, etc. Repoussée vers la droite par l'émergence des gauches socialiste et communiste, elle rejoint le Bloc national[20]. Le giscardisme des années 1970 en est un avatar[24]. On la retrouve aujourd'hui au sein du mouvement les Républicains et de l'Union des démocrates et indépendants.

figures 
Montesquieu, Mounier, Mallet du Pan

Droite autoritaire et populaire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : bonapartisme, boulangisme et gaullisme.

La droite autoritaire et populaire, entendant concilier souveraineté nationale et autorité plébiscitée du chef de l’État et rejetant le clivage droite-gauche, est née bonapartiste du régime établi à la suite des coups d’État du 18-Brumaire[25] et plus encore du 2-Décembre[26]. Perdant ses prétentions dynastiques durant la IIIe République, on retrouve cette droite dans le boulangisme[27] puis, entre-deux guerres, au sein des Croix-de-feu puis du Parti social français[28]. Après guerre, le gaullisme instituant une monarchie élective[29] – puis les néo-gaullismes pompidolien et chiraquien plus droitiers[30] et trahissant quelque peu l'idée gaullienne[31] – en sont les avatars. Cette droite a perdu sa prépondérance au sein de l'ex-UMP face aux courants libéraux et chrétiens-démocrates[32].

figures 
Bonaparte

Droite démocrate[modifier | modifier le code]

La droite démocrate, inspirant son action dans le christianisme, issue du mouvement des catholiques libéraux, démocrates et sociaux du XIXe siècle, elle n'existe qu'à l'état de courant de pensée souhaitant soustraire l’Église à la réaction et la concilier à la société moderne[33]. Avec l'encyclique Au milieu des sollicitudes, cette famille se structura au sein de petits mouvements tel Le Sillon puis, dans l'entre-deux-guerres, au sein de la ligue de la Jeune République et du Parti démocrate populaire[34]. Après guerre, le Mouvement républicain populaire eut, après le départ des gaullistes et la disparition des droites compromises dans la collaboration, une forte audience auprès d'un électorat de droite s'opposant aux gauches socialistes et communistes[34]. Mouvement du centre[35], cette famille glissa à droite durant la IVe République[36] et est aujourd'hui influente au sein de l'ex-UDF et de l'ex-UMP[37].

Droite républicaine radicale[modifier | modifier le code]

Le rameau de centre-droit du radicalisme républicain, est longtemps resté à l'extrême gauche : jacobins et feuillants de la Révolution[38] puis républicains modérés et radicaux à partir de la Restauration. Sous la IIIe République, son corpus idéologique ne reste radical qu'en ce qui concerne l'anticléricalisme et à la centralisation administrative[38]. Ayant réalisé son principal objectif, la laïcité, il est poussé vers le centre par l'apparition de nouvelles gauches puis, partiellement, au centre-droite du fait de la bipolarisation de la Ve République[39], notamment au sein du Parti radical dit valoisien avec le départ des radicaux de Gauche.

Droite populaire, sociale et nationale[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : national-populisme et fascisme en France.

La droite populaire, sociale et nationale[40], nationaliste, antisémite, xénophobe, populiste, chez laquelle la conséquence de la débâcle lors de la guerre franco-prussienne, la victoire des républicains sur les droites royalistes, l'établissement progressif d'une société laïque et parlementaire ainsi que la Grande Dépression fut le terreau[41]. Déçus du pétainiste, par trop réactionnaire, cette famille s'impose dans les derniers mois du régime de Vichy lorsque les collaborationnistes et la Milice en prennent le contrôle. On y retrouve notamment trois mouvements fascistes de l'occupation, résolument alliés de l'Allemagne nazie et siégeant à Paris plutôt qu'à Vichy : le Mouvement social révolutionnaire, le Rassemblement national populaire et le Parti populaire français[42]. Quasiment disparue à la Libération, cette extrême-droite trouve aujourd'hui son unité, avec d'autres familles de la droite, au sein du Front national[43].

Autres classifications[modifier | modifier le code]

L'historien Zeev Sternhell reprend la classification raymondienne pour le xixe siècle mais lui substitue un dualisme au xxe siècle entre une droite nationaliste qualifiée de révolutionnaire et l'union des anciennes droites, conservatrices et libérales.

Le politologue Thomas Guénolé distingue, lui, quatre familles dans la droite française : droite libérale, la droite gaulliste, la droite morale - ou « moraliste »[44] - et la droite sécuritaire. Familles que l'on retrouve d'après lui, sous forme radicalisée, à l'extrême-droite : extrême-droite poujadiste, extrême-droite souverainiste, extrême-droite traditionaliste et extrême-droite raciste[45]. Il estime que le sentiment d'appartenance à la droite n'est pas pour autant l'identification exclusive à l'une de ces familles mais plutôt un dosage personnel entre les quatre tendances[45].

Anarchisme de droite[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anarchisme de droite.

Au fondement de l'anarchisme de droite, on trouve en premier lieu une critique assez violente contre le pouvoir d'une minorité d'intellectuels. Cette critique porte paradoxalement à la fois sur l'inefficacité de ce pouvoir et sa dangerosité. Les intellectuels, soumis à l'idéologie dominante des démocraties, sont censés renforcer le conformisme intellectuel qui est inhérent à ce type de gouvernement.

Ainsi défini, l'anarchisme de droite semble bien proche de l’anarchisme individualiste. En réalité, il ne doit pas être confondu avec lui. Tout d'abord parce que l'anarchisme de droite ne s'appuie pas sur la même tradition de pensée que l'anarchisme individualiste. Selon François Richard (qui a publié un Que sais-je ? sur le sujet[46]), ce sont des écrivains comme Léon Bloy, Édouard Drumont, Barbey d'Aurevilly, Paul Léautaud, Louis Pauwels, Louis-Ferdinand Céline, Lucien Rebatet, Jacques Perret, Roger Nimier, Marcel Aymé, Michel-Georges Micberth, des dialoguistes comme Michel Audiard ou des acteurs comme Jean Yanne qui ont donné force à ce courant qui plonge ses racines dans la pensée baroque et libertine. L'anarchisme individualiste a, quant à lui, une filiation bien différente, puisqu'il emprunte à l'hégélianisme (Max Stirner, L'Unique et sa propriété), au proudhonisme, ou même au libéralisme, une grande partie de ses préceptes fondamentaux.

Figures et mouvements contemporains[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, on distingue de nombreuses tendances à droite, certaines représentées par des partis, d'autres relevant plus du mouvement associatif.

Héritages de la droite contre-révolutionnaire et résurgence de la droite extrême[modifier | modifier le code]

Intégrisme religieux[modifier | modifier le code]

National-populisme[modifier | modifier le code]

Mouvements[modifier | modifier le code]

Front national[modifier | modifier le code]
Autres mouvements[modifier | modifier le code]
Historique[modifier | modifier le code]

Avatars de la droite libérale et modérée[modifier | modifier le code]

Droite libérale[modifier | modifier le code]

Le libéralisme n'a jamais été un thème politique très porteur en France depuis le XXe siècle. Aussi, les libéraux mettront-ils assez longtemps à se structurer après-guerre.

C'est cependant de ce terreau que renaît le libéralisme, dans une version assez corporatiste, au sein du Centre national des indépendants et paysans (CNIP). Il faudra cependant attendre que les personnalités d'Antoine Pinay et de Valéry Giscard d'Estaing prennent de l'envergure politique pour que les libéraux retrouvent des chefs de file en France. Le CNIP connaît pendant les années 1960 une scission menée par VGE rassemblant au sein des Républicains indépendants les partisans d'un soutien du Général de Gaulle. Ce groupe parlementaire se transformera rapidement en un parti politique giscardien qui incarnera la famille libérale jusqu'à la création de l'UMP. Cependant, cette famille ne sera jamais en mesure de remporter les élections (législatives ou présidentielles) seules. Subissant l'opposition des gaullistes après la démission de Jacques Chirac de son poste de Premier ministre en 1976, VGE s'allie rapidement avec les partis centristes, issus de l'éclatement du MRP, qu'il regroupe lors des législatives de 1978 eu sein de l'UDF dont les deux principales composantes deviennent le Parti républicain (PR - héritier des Républicains indépendants) et le Centre des démocrates sociaux (CDS).

Le PR deviendra une force politique forte et sera une composante importante de l'ensemble des majorités de droite jusqu'en 1997, mais son identité libérale devient quelque peu floue du fait de l'image essentiellement centriste de l'UDF. En 1997, il change de nom pour Démocratie libérale après qu'Alain Madelin en est devenu le président. Plus que symbolique, ce nouveau nom incarne un changement d'attitude des libéraux qui assument pour la première fois l'identité idéologique de leur famille politique. En 1998, l'UDF éclate et DL devient indépendante, et devient l'alliée du RPR avec lequel elle fusionnera au sein de l'UMP en 2002.

Radicalisme et Démocratie chrétienne[modifier | modifier le code]

Les familles centristes ont longtemps été très composites, et par nature, ont constitué une force politique pivot dont l'influence était d'autant plus forte qu'elle était nécessaire à l'émergence de coalitions politiques de centre-droit ou de centre-gauche.

Après guerre, la IVe République sera certainement la période où les centristes seront les plus influents. Rassemblés pour l'essentiel au sein du MRP, qui réunit des démocrates-chrétiens mais aussi des centristes plus "laïques" de droite comme de gauche et dont le trait commun est qu'ils rejettent le gaullisme politique, les centristes seront de presque tous les gouvernements et constitueront avec la SFIO et l'UDSR la Troisième Force.

Le succès électoral du parti gaulliste en 1962 marginalise le MRP, qui se retrouve dans l'opposition. Les centristes ne retrouvent une visibilité qu'en 1965 avec la candidature de Jean Lecanuet à l'élection présidentielle, qui, avec plus de 15,5 % des suffrages au premier tour, conduit de Gaulle à un ballottage contre François Mitterrand.

Jean Lecanuet lance un nouveau parti, le Centre démocrate (CD), qui ne parvient pas à contester l'hégémonie gaulliste ni la structuration de l'Union de la gauche autour du Parti socialiste créé à Epinay. Ils soutiennent en 1974 la candidature du libéral Valéry Giscard d'Estaing, entre à son gouvernement et créent en 1978 avec la droite non-gaulliste une coalition électorale, l'UDF, dont le président sera Jean Lecanuet jusqu'en 1988.

L'UDF comprenant une aile libérale, le Parti républicain (PR), et une aile centriste, principalement le Centre des démocrates sociaux (CDS); elle se situera pendant cette période au centre-droit. Après l'échec de VGE en 1981, elle soutient la candidature de Raymond Barre à l’élection présidentielle de 1988, face à un Jacques Chirac au programme plutôt libéral.

La tension entre le PR et le CDS s'accroît au milieu des années 1990, après l'échec d'Édouard Balladur à la présidentielle, qui bien que membre du RPR, était le candidat majoritairement soutenu par l'UDF et aurait pu devenir l'homme politique synthétisant le mieux les différents courants de l'UDF autour de sa personne. À la suite des élections régionales de 1998, le PR, devenu Démocratie libérale, soutient, contrairement au reste de l'UDF, les présidents de conseil régionaux élus avec les voix de conseillers Front national, et quitte l'UDF.

Le CDS, devenu entre temps Force démocrate fusionne avec les Adhérents directs, le PRIL de François Léotard et le PPDF (Parti populaire pour la démocratie française d'Hervé de Charette) au sein de la nouvelle UDF.

À la création de l'UMP, deux tiers des élus et un nombre difficile à déterminer d'adhérents de l'UDF rejoignent le nouveau parti. Mais pas François Bayrou, son président, qui maintient l'UDF comme force politique centriste indépendante. La plupart et quelques autres extérieurs à l'UDF se sont regroupés au sein du club Démocrate & Populaire.

Mouvements[modifier | modifier le code]

Union des démocrates et indépendants[modifier | modifier le code]

L'Union des démocrates et indépendants est aujourd'hui le principal parti fédérateur du centre droit. Elle compte parmi ses leaders nombre d'« Européistes » partisans d'une Europe fédérale ou confédérale et regroupe en son sein plusieurs mouvements politiques qui, tout en privilégiant le consensus autour de positions modérées, affirment une préoccupation particulière en matières écologique et sociale et recherchent les voies d'un développement économique soutenable, durable et compatible avec l'économie de marché :

Autres mouvements[modifier | modifier le code]
Historique[modifier | modifier le code]
libéraux
démocrates-chrétiens
autres mouvements
unification

Gaullisme, néogaullisme et sarkozysme[modifier | modifier le code]

Gaullisme[modifier | modifier le code]

La famille gaulliste est née des mouvements de la Résistance, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est dès ses origines assez composite idéologiquement, son unité résidant avant tout dans le soutien qu'apportent ses membres à la personne du Général de Gaulle. Le gaullisme peut cependant être considéré comme une résurgence démocratique de la tradition bonapartiste de la droite française.

Le Général ne souhaite d'ailleurs pas dans un premier temps structurer ses partisans au sein d'une formation politique, car il stigmatise l'inefficacité des partis politiques auxquels il reproche de plus se préoccuper de leur propre avenir (et de celui de leurs chefs de file) que de celui de la France. Le principal trait idéologique des gaullistes de l'après-guerre est donc que la France a besoin d'un chef, au service de la Nation, rassemblant les Français au-delà des clivages partisans, à la tête d'un pouvoir exécutif fort et au sein d'une république dotée de nouvelles institutions. Néanmoins, le « désamour » entre les Français et le Général de Gaulle sera assez rapide, à la suite de sa démission de chef du gouvernement en 1946. Malgré la création du RPF (Rassemblement du peuple français), structure politique qui regroupe les partisans de De Gaulle, la famille gaulliste reste isolée politiquement face aux communistes, aux centristes et aux socialistes. Incapable de prendre le pouvoir seule contre tous, elle perd progressivement en influence à la suite des revers successifs qu'elle connaît aux élections législatives.

La « crise algérienne », permettra cependant au Général d'apparaître comme le recours ultime pour restaurer l'autorité de l'État que la IVe République agonisante n'arrive plus à incarner malgré le très populaire président René Coty. De Gaulle revient donc au pouvoir et ses partisans fondent un mouvement gaulliste, l'Union pour la nouvelle République, le 1er octobre 1958, qui deviendra l'UDR, et qui rassemble en son sein toutes les tendances gaullistes : ceux de droite, ceux de gauche (ex-socialistes pour la plupart), et les compagnons de routes de la société civile comme Malraux ou Pompidou (universitaire qui n'avait d'ailleurs pas été résistant).

Pompidolisme et Chiraquisme[modifier | modifier le code]

Lorsque Charles de Gaulle démissionne en 1969, les gaullistes se sentent orphelins, mais se retrouvent vite un chef en la personne de Georges Pompidou qui devient président de la République face au centriste Alain Poher. Après l'expérience progressiste de la Nouvelle société, menée par son Premier-ministre Jacques Chaban-Delmas, Pompidou va devenir l'artisan d'un ancrage définitif du gaulliste à droite de l'échiquier politique et choisit Pierre Messmer pour succéder à Chaban.

Jacques Chirac, l'un des disciples politiques de Pompidou, prendra la tête du parti en 1974, après avoir favorisé l'élection d'un non-gaulliste à l'élection présidentielle en la personne de Valéry Giscard d'Estaing (libéral). En 1976, ayant démissionné de son poste de Premier ministre, Jacques Chirac transforme la vieille UDR en RPR (Rassemblement pour la République) avec l'assentiment, parfois quelque peu contraint, de la majorité des barons du gaullisme.

Avec le RPR, le néogaullisme apparaît sous la forme d'un mouvement conservateur assez classique, même si son discours idéologique variera fortement en fonction des circonstances, ce que certains considèrent comme une marque de l'héritage pragmatique du Général de Gaulle. Plus nombreux sont ceux qui y voient une volonté de transformer le mouvement gaulliste en une « machine » à porter Jacques Chirac à la plus haute fonction de l'État. Ainsi en 1978, avec l'Appel de Cochin de Jacques Chirac, le gaullisme « flirte » avec un nationalisme anti-européen en stigmatisant « le parti de l'étranger » et en rejetant en bloc la construction européenne. De 1986 à 1988, Jacques Chirac tente une politique très libérale que l'on dit inspirée de celle pratiquée par Margaret Thatcher ou encore Ronald Reagan. En 1993, avec Édouard Balladur en Premier ministre de la 2de cohabitation, c'est une politique modérée, presque centriste, qui est mise en œuvre, avant que Jacques Chirac ne fasse campagne en 1995 sur des thèmes plutôt de gauche comme la « fracture sociale ». Enfin, quelques mois plus tard, Alain Juppé, devenu Premier ministre, mène une politique de rigueur, mélange de libéralisme et de conservatisme. À l'occasion des élections européennes de 1999, Charles Pasqua, leader des gaullistes souverainistes, quitte le RPR pour fonder le RPF-IE et devance la liste RPR-DL menée par Nicolas Sarkozy.

En 2002, dirigé par Serge Lepeltier (intérim de la présidence), le RPR, est au moment de sa fusion au sein de l'UMP, un parti plus que jamais composite qui regroupe à la fois des gaullistes « traditionnels », des néo-gaullistes post-pompidoliens, des libéraux, des conservateurs voire des centristes et encore quelques gaullistes « de gauche » et quelques souverainistes.

Sarkozysme[modifier | modifier le code]

Mouvements[modifier | modifier le code]

Mouvement Les Républicains[modifier | modifier le code]

L'Union pour un mouvement populaire est un parti politique français de droite et de centre droit, fondé en 2002. Elle est l'héritière de l'Union pour la majorité présidentielle, dont elle a gardé les initiales. Le parti adopte la dénomination « Les Républicains » en et annonce 213 030 adhérents à jour de leur cotisation.

Le parti fait la synthèse des deux traditions de la droite française : l'orléanisme et le bonapartisme[47]. D'une part, le parti assume certaines valeurs propres au bonapartisme : c'est le cas pour l'identité nationale, l'ordre et la sécurité, la place des étrangers et des minorités dans la société, etc. ; d'autre part, il défend des positions plutôt libérales en matière économique, sans toutefois renoncer complètement à toute forme d'interventionnisme. Le parti promeut la construction européenne en tant que projet libéral tout en restant particulièrement sourcilleuse sur les questions de souveraineté. Les républicains se reconnaissent dans la laïcité et dans les valeurs de la république française se définissant comme démocratique et sociale.

Autres mouvements[modifier | modifier le code]
Historique[modifier | modifier le code]

Les mouvements associatifs[modifier | modifier le code]

Selon Pierre-Emmanuelle Moog (qui a publié « Les Clubs de réflexion et d'influence 2006-2007 »)[48], les principaux cercles de réflexion français ancrés à droite sont l'Institut français des relations internationales, la Fondation Robert-Schuman, l'Institut Thomas-More, l'Institut Montaigne, et la Fondation pour la recherche stratégique.

Les mouvements associatifs étudiants de droite sont principalement représentés par l'Union nationale interuniversitaire (UNI), créé en 1968.

La presse[modifier | modifier le code]

Le Figaro, « noyau central des sensibilités politiques de droite » pour Jean-François Sirinelli[49], et la revue Commentaire sont les principaux journaux et revues intellectuelles de droite.

Les écrivains[modifier | modifier le code]

Les courants de pensée de la critique de droite, qu'elles soient libérales conservatrices, monarchistes, ont joué un rôle très actif dans la vie littéraire depuis la Révolution française. L'importance de l'influence balzacienne, le spleen baudelairien, le dadaïsme d'Aurevilly, le volontariat de Giono, de Paul Morand ou de Henry de Montherlant, la quérulence d'une filiation qui irait de Tocqueville à Maistre en passant par François-René de Chateaubriand prennent parfois une implantation institutionnelle du Figaro, et sous des cas nettement individualisés, de Marcel Proust à Georges Bernanos.

Selon François Richard (qui a publié un Que sais-je ? sur le sujet[46]), ce sont des écrivains comme Léon Bloy, Édouard Drumont, Barbey d'Aurevilly, Paul Léautaud, Louis Pauwels, Louis-Ferdinand Céline, Lucien Rebatet, Jacques Perret, Roger Nimier, Marcel Aymé, Michel-Georges Micberth, qui ont donné force à l'Anarchisme de droite.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis le XIXe siècle, la droite se décompose en trois grands courants, un courant contre-révolutionnaire et traditionaliste au pouvoir entre 1815 et 1830, un courant conservateur et libéral au pouvoir sous la monarchie de Juillet, un courant autoritaire et nationaliste au pouvoir sous le Second Empire. Ces trois droites se diviseront tout au long du XIXe siècle. À partir de 1870, les droites doivent se positionner par rapport à la République. Encore quelques années et c'est le début de l'effacement de la droite légitimiste et l'apparition à partir de 1891 et du ralliement des catholiques de ce qui va devenir la démocratie-chrétienne.

Tout au long du XXe siècle, les droites se restructurent. À la Libération, on assiste à une émergence du gaullisme, puis à une reconstruction dans les années 1970 d'une droite orléaniste sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing, transformation du parti gaulliste en un parti de type orléaniste. Aujourd'hui, selon Jean-François Sirinelli, l'UMP est la synthèse des deux traditions de la droite française : l'orléanisme et le bonapartisme[47].

L'Ordre établi (1774-1789)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Contre-Lumières.

Les Lumières se développent au cours du XVIIIe siècle, en France et en Grande-Bretagne surtout, et entreprennent de combattre l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et le joug des croyances traditionnelles et non vérifiées. Ces philosophes constituent, comme leurs opposants, d'abord un mouvement politique : ils voient le pouvoir du gouvernement comme le fondement de tout pouvoir et le seul instrument capable de changer l'ordre établi. L’influence de leurs écrits a d'ailleurs été déterminante dans les grands événements de la fin du XVIIIe siècle que sont la déclaration d'indépendance des États-Unis et la Révolution française. Pour Zeev Sternhell, la destitution du roi de France vient même donner une existence politique au corpus intellectuel des Lumières[50].

Devant l'émergence de ce rationalisme culturel et politique, une riposte intellectuelle qui défend une culture politique et une vision du monde différentes se dessine chez certains auteurs. Pour Sternhell, Giambattista Vico constitue le « premier maillon de l'antirationalisme et de l'anti-intellectualisme, du culte du particulier et du refus de l'universel », puisqu'il est le premier à clamer le rejet des principes du droit naturel. Mais sa faible notoriété en-dehors de l'Italie fait de Johann Gottfried Herder et Edmund Burke les véritables fondateurs de la culture contre-Lumières en termes d'influence directe et immédiate, ceux qui vont « fixer pour près de deux siècles le cadre conceptuel de la critique des Lumières[50]. »

À partir de l'effondrement de l'Ancien Régime, la coupure entre les deux branches de la modernité devient donc une réalité historique. Quand la pensée des Lumières est traduite par la Déclaration des droits de l'Homme, Edmund Burke y oppose ses Réflexions sur la Révolution de France, où il définit les Lumières comme un esprit nourrissant un mouvement de conspiration intellectuelle, ayant pour but de détruire la civilisation chrétienne et l'ordre politico-social créé par elle[50].

Pour certains chercheurs comme Isaiah Berlin ou Zeev Sternhell, la pensée des contre-Lumières a eu des filiations intellectuelles dans certains courants de pensées apparus plus tard, comme le totalitarisme ou le néoconservatisme.

Naissance des droites (1789-1815)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Révolution française.

Contre-révolutionnaires (1789)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Contre-révolution.

Si l'ensemble de la députation aux États généraux était royaliste, la contre-révolution se caractérisait par son rejet des principes de la Révolution naissante et la défense de la société d'Ancien Régime. Son mot d'ordre est celui de la séance royale du 23 juin 1789 et elle rejette la réunion des ordres en Assemblée nationale constituante[51]. Cette droite, contre-révolutionnaire et traditionaliste apparaît d'emblée à droite, n'en bougera plus et ne verra jamais d'autres droites la déborder sur la sienne. René Rémond parle à son propos de droite intégrale[52].

Ne parvenant à s'opposer efficacement aux travaux de la Constituante, bon nombre de contre-révolutionnaires, notamment après la prise de la Bastille, prennent la voie de l'émigration où, la guerre déclarée, ils grossissent les rangs des armées hostiles à la France révolutionnaire[53]. Ainsi devenue la droite des émigrés, l'on retrouvera à la Restauration cette famille politique dans les rangs des ultraroyalistes.

Monarchiens (1789-1792)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monarchiens.

Partisans du véto royal illimité[54] mais acquis à la Révolution naissante, les monarchiens veulent voir évoluer celle-ci vers l'établissement d'une monarchie à l'anglaise[55]. Dès lors, cette droite, libérale, se distingue et s'oppose aux contre-révolutionnaires. Le rejet du bicamérisme et l'attribution au roi d'un véto suspensif les 10 et signe l'échec des monarchiens et ceux-ci, notamment après le retour de la famille royale aux Tuilleries, quittent Paris pour leur province ou pour une seconde vague d'émigration qui ne saurait se confondre avec celle des contre-révolutionnaires[56]. Nous la rencontrerons à la Restauration au sein des doctrinaires.

Feuillants et Girondins (1789-1793)[modifier | modifier le code]

L'élimination des droites, contre-révolutionnaires et monarchiennes, eurent pour effet de faire basculer à la droite parlementaire les gauches feuillantine puis girondine face à la radicalisation de la gauche jacobine puis montagnarde. Il s'agit de premiers cas de sinistrisme[57].

Napoléon Bonaparte (an VIII-1815)[modifier | modifier le code]

Le coup d'Etat du 18 brumaire an VIII parviendra -au prix d'une réduction des libertés- à réaliser l'unité de la Nation que promouvait mais échouait à établir la Révolution. Le régime autoritaire, expansionniste et policier imposé par Napoléon Bonaparte marque l'apparition d'une troisième droite, autoritaire et populaire, caractérisée par la suprématie du pouvoir l'exécutif -en la personne du Premier consul puis de l'empereur- sur le parlement, l'affaiblissement des corps intermédiaires et les appels réguliers au peuple, dont l'opinion est contrôlée mais d'où l’État, son chef et le principe héréditaire à partir de l'an XII, tirent leur légitimité[58].

Renversé par la coalition des puissances réactionnaires, sa défaite apparu être celle de la Révolution face à l'Ancien régime. De cela et des faits que la légende napoléonienne fut l’œuvre de soldats patriotes mis en demi-solde, dès 1814, par Louis XVIII et que le ralliement de Benjamin Constant aux Cent-Jours lui donna une coloration libérale, le bonapartisme obtiendra -les souvenirs s’estompant- une aura de mouvement de gauche[59].

Les droites au pouvoir (1815-1877)[modifier | modifier le code]

L'ultracisme (1815-1824)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ultraroyaliste.

La chute de l'Empire et la restauration royaliste apparue aux émigrés victorieux tel l'accomplissement d'un cycle biblique et un renouveau providentiel. La colère divine apaisée, la réconciliation entre la France et son roi semble se confirmer par l'élection d'une « chambre introuvable » largement dominée par ceux qui -plus royalistes que le roi- se nomment ultra-royalistes. Jeunes, sans expérience de gouvernement, n'ayant pour passé politique que les combats et complots contre la République, les ultras appartiennent pour la plupart à la petite et moyenne noblesse de province, envieuse de la grande noblesse et défiante vis à vis de la cour et du gouvernement. Sa fidélité insoumise au roi, malgré le roi, se résume en son exclamation rituelle : Vive le roi quand même ![60].

Leur première -et paradoxale- affirmation politique est le rejet de la chartes octroyée par Louis XVIII aux Français et qui consacre à leurs yeux un abaissement de l'autorité du roi, une injure à la religion catholique en ce qu'elle reconnaît la liberté des cultes et une flétrissure en ce qu'elle constitue un compromis avec la Révolution donc avec le Mal. À ce rejet idéologique, s'ajoute une contestation constitutionnelle : majoritaires au parlement, ils devraient selon l'interprétation faite par Chateaubriand dans sa Monarchie selon la Charte ou par Vitrolles dans son Ministère dans le gouvernement représentatif, voir les ministres du roi choisi en leur sein. Ainsi donc les ultras se font-ils défenseurs d'un régime parlementaire. De même défendent-ils opportunément, contre la minorité ministérielle doctrinaire, le renouvellement intégral de la chambre aux élections et élargissement du droit de suffrage aux classes populaires[61].

La chambre retrouvée (1824-1830)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Charles X.

À l'avènement de Charles X, il n'est plus, à proprement parler, d'ultra-royalisme -et donc d'opposition par loyalisme- puisque les sentiments royaux sont ceux de la faction majoritaire du parlement : la chambre est « retrouvée »[62].

Le refus de l'avènement révolutionnaire de la maison d'Orléans fera d'eux des légitimistes.

Les doctrinaires (1815-1830)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Doctrinaires (politique).

Libéraux, conciliants et raisonnables, le centre-droit des doctrinaires, s'il s'oppose à la gauche libérale, s'oppose plus fortement encore aux ultra-royalistes intransigeants et passionnés. Ils défendent, paradoxalement mais parce que minoritaires à la chambre, le droit du roi à choisir librement ses ministres, indépendamment de la majorité parlementaire. Contrairement à ces derniers, les doctrinaires voient dans la charte un juste compromis entre la révolution et la royauté. Pour autant, à chaque crise, les doctrinaires feront cause commune avec les ultras contre les libéraux et jacobins[63].

Ils se feront orléanistes à l'avènement de Louis-Philippe.

Le légitimisme (1830-1848)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Légitimisme.

L'orléanisme et ses ambiguïtés (1830-1848)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Orléanisme.

Les orléanistes seraient dans un juste milieu, c'est-à-dire au centre, en réalité il s'agit d'un centre-droit. Il prône une monarchie laïque, une séparation des pouvoirs et l'instauration d'un Parlement comme celui de Grande-Bretagne.

Ils sont attachés à des principes libéraux tels que l'égalité civile. En cela, ils unissent un lien à la Révolution française et à la volonté d'instaurer les libertés fondamentales, l'égalité devant la loi et devant l'impôt.

L'orléanisme reflète l'expression de la bourgeoisie. Mais ce qu'il prône, c'est une société de notables. L'orléanisme vise à l'éducation politique du pays, qui s'illustre par l'expansion de la presse, par le renforcement de l'enseignement et des académies, par une augmentation de la participation politique.

Les orléanistes ont voulu des réformes sociales, tels que le rétablissement du divorce et du mariage civil.

En 1848, ils perdent le pouvoir par la Révolution. Cependant, l'orléanisme poussera à des revendications sociales et on pourrait y voir l'apparition du nationalisme.

Le bonapartisme et l'avènement du suffrage universel (1848-1870)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bonapartisme.

La révolution de 1848 réalise ce que le régime de Juillet avait refusé pendant de nombreuses années. Huit millions de citoyens masculins accèdent au droit de vote en mars 1848. Les 23 et 24 avril 1848, 900 représentants sont désignés au cours d’une consultation générale, la première du genre.

L'Ordre moral (1871-1879)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre moral.

Métamorphoses et nouvelles droites (1877-1945)[modifier | modifier le code]

Nationalisme conservateur (1899-1902)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Nationalisme en France.

L'Action française (1898-1944)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Action française.

Le Bloc national (1919-1939)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bloc national.

Ligues d'extrême droite (1920-1936)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligue d'extrême droite.

L'hégémonie gaulliste (1940-1969)[modifier | modifier le code]

La Contre-révolution nationale (1940-1944)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Régime de Vichy.

L'expérience fasciste (1944)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fascisme en France.

Restauration des droites (1945-1958)[modifier | modifier le code]

Le gaullisme au pouvoir (1958-1969)[modifier | modifier le code]

Victoire du néogaullisme (1970-2002)[modifier | modifier le code]

Droitisation et droite décomplexée, 2002-2015[modifier | modifier le code]

La droitisation[64] , signifie l’évolution vers la droite d’un parti politique, d’un électorat ou d’une société. L’usage du terme est souvent accolé à la métaphore de la pente glissante : on parlera notamment de « dérive droitière ». Évoquer la droitisation d’un parti de droite est une manière de pointer un rapprochement de l'extrême droite[65].

Ascension du Front national, prémices de droitisation[modifier | modifier le code]

L'émergence du Front national sur le devant de la scène politique française à la fin des années 80 pousse la droite à se positionner par rapport à Jean-Marie Le Pen. Au lendemain de son Discours d’Orléans sur «le bruit et l'odeur», Jacques Chirac pose la question de pourquoi Jean-Marie Le Pen devrait avoir « le monopole de souligner les vrais problèmes » (l'immigration)[66]. Quelques jours plus tard, Jacques Chirac revendique d'avoir renoncé à la langue de bois et d'avoir « exprimé tout haut ce que beaucoup pensent tout bas[67] ». Même s'il a été entamé au milieu des années 1980, en particulier avec la loi dite Pasqua, ce moment marque un tournant à partir duquel la droite parlementaire tente d'utiliser le thème politique de l'immigration, jusque-là chasse gardée de l'extrême droite. Deux jours après le discours, l'explication figure dans Le Figaro : « L'immigration est devenue un enjeu électoral car les électeurs gagnés par Monsieur Le Pen feront défaut à l'opposition parlementaire aux prochaines élections[68]. » Pour Yann Cugny[69], ce qui ressemble à un dérapage (comme l'exprime Simone Veil) au cours d'un discours informel est davantage un positionnement politique calculé, exprimé de manière populaire, afin de regagner du terrain face au Front national, voire à rallier certains de ses cadres[70]. Le néologisme politique « lepénisation des esprits » désigne l'acceptation progressive par les Français de tout ou partie des thèmes développés par Jean-Marie Le Pen. Le premier homme politique à employer ce terme est Robert Badinter, le 4 février 1997, lors des débats parlementaires sur la loi Debré relative à l'immigration[71],[72].

Campagne présidentielle de 2002, exclusion du FN[modifier | modifier le code]

En avril 2002, au second tour de l'élection présidentielle, Jacques Chirac apparaît comme l'« ultime rempart » entre le candidat du Front national et la présidence de la République, après l'élimination au premier tour du candidat socialiste. La presse nationale est alors quasiment unanime à l'image de Libération qui barre sa une d'un immense « NON » à Le Pen et appelle à voter pour Jacques Chirac. Pour le magazine L'Express, Chirac « n'a pas d'autre choix que d'endosser les habits du “père de la nation”, dernier rempart contre le danger extrémiste »[73]. L'ancien président de la République tire de cet épisode l'image de l'homme de droite qui s'oppose au Front national. La création de l'UMP, grand parti de droite et de centre-droit parachève l'exclusion du FN.

Campagne présidentielle de 2007[modifier | modifier le code]

Dès 2006, Nicolas Sarkozy souhaite mettre de côté une droite « qui s’excuse depuis tant d’années de ne pas être de gauche[74] ». Jean-François Copé s’insurge contre les « supercheries grotesques » utilisées contre la réputation de la droite. À titre d’exemple, il cite un sociologue prétextant que la droite « ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains[75]». L'expression de « droite décomplexée » fut mise à l’honneur par Nicolas Sarkozy, puis Jean-François Copé, qui en a fait le titre d’un livre[76].

Lors de la campagne présidentielle de 2007, l'objectif clairement assumé de Nicolas Sarkozy était de séduire et faire tomber dans le giron UMP « tous ces sans grade, tous ces anonymes, tous ces gens ordinaires, toute cette majorité silencieuse, auxquels on ne fait pas attention, que l'on ne veut pas écouter, que l'on ne veut pas entendre[77] », toute cette France d'en bas qui par son vote protestataire alimentait l’électorat lepéniste. En mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la République en bénéficiant d’un report des voix du FN vers l'UMP exceptionnel de près de 60% au second tour[réf. nécessaire].

Sous le mandat de Nicolas Sarkozy 2007-2012[modifier | modifier le code]

Le débat sur l'identité nationale mené par Éric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire entre novembre 2009 et février 2010 avait annoncé le retour de l'influence des conseillers les plus à droite de Nicolas Sarkozy[78]. Confronté à un électorat populaire qui, d'affaire Bettencourt en affaire Woerth, le délaisse chaque jour un peu plus, Nicolas Sarkozy choisit de se replacer sur le terrain qui lui a toujours été favorable depuis 2002: celui de la sécurité. Alors que deux tiers des Français estiment que les positions du gouvernement « se rapprochent de celle du Front national»[79], le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy le 30 juillet 2010, marque la prédominance de la « ligne nationaliste » incarnée par Patrick Buisson et Claude Guéant au détriment de la « ligne républicaine » défendue par Henri Guaino, selon le politologue Stéphane Rozès[78]. Après ce discours, c'est la ligne droitière que semble privilégier Nicolas Sarkozy, comme en témoignent la composition du 3e gouvernement Fillon (avec le départ des ministres centristes, notamment Jean-Louis Borloo et Hervé Morin) ou le débat sur l'Islam et la laïcité[78]. Des ténors de la droite dénoncent cette tendance en critiquant la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Ainsi l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin dénonce « une dérive droitière qu'il convient de corriger[80] ». Un autre ancien premier ministre, Dominique de Villepin, évoque les « dérives inacceptables du virage sécuritaire de Nicolas Sarkozy[81] ».

2010 : La résurgence du FN aux régionales et la naissance d'une « droite décomplexée »[modifier | modifier le code]

Aux élections régionales de mars 2010, le parti de Jean-Marie Le Pen, alors en campagne interne pour la succession du leader historique du front national, réalise une percée relativement importante avec 11,42 % des suffrages au premier tour, se maintenant dans 12 régions sur 22 en métropole. Au second tour, la droite et la majorité présidentielle, talonnés par le FN, perdent la Corse et ne conservent que l'Alsace en France métropolitaine. Le FN remporte 112 conseillers régionaux. La majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy, qui était parvenue à faire reculer significativement le parti frontiste aux dernières échéances et aux européennes de 2009, tente de réactiver la stratégie du candidat de l'UMP à 2007, qui avait permis de siphonner les suffrages du Front national.

Une nouvelle droite « décomplexée » s'organise à l'Assemblée nationale[82] : 35 députés de la majorité présidentielle, dont Thierry Mariani, Lionnel Luca, Christian Vanneste, Richard Mallié et Jacques Myard, se constituent en un collectif parlementaire, La Droite populaire, qui prônent le " retour aux fondamentaux " de 2007, cherchant à mettre en avant des thématiques dites " droitières ", notamment sur l'identité françaises, la sécurité et l'immigration. Affirmant incarner une " barrière entre la droite républicaine et le Front national ", certains membres de ce collectif ont cependant pris des positions en faveur d'un rapprochement entre l'UMP et le FN[83], au vu d'une certaine convergence idéologique avec le FN (la Droite populaire fut même considérée comme un "copié-collé" du FN).

Campagne présidentielle de 2012[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne pour les présidentielles de 2012, Philippe Douste-Blazy, ancien ministre UMP, estime que « la dérive droitière (du candidat UMP Nicolas Sarkozy) s'est accélérée[84] ». Sous l’influence de la « ligne Buisson », Nicolas Sarkozy a adopté des positions très droitières, particulièrement dans l’entre-deux tours, pour fédérer une partie de l’électorat lepéniste du premier tour[85]. En termes d’impact électoral, la « ligne Buisson » n’a pas permis de rallier de larges fractions extrémistes : lors du premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen a réalisé un score élevé (17,9 %, soit 6,4 millions de suffrages, contre 5,5 millions obtenus par le cumul des deux candidatures Le Pen et Mégret en 2002) et lors du second tour seuls 54 % des électeurs lepénistes se sont reportés sur Nicolas Sarkozy[86].

À la suite de l’échec de Nicolas Sarkozy face à François Hollande lors de l'élection présidentielle de 2012, ainsi qu’à la défaite consécutive de l’UMP aux législatives de 2012, des ténors de l'UMP mettent de nouveau en cause la « droitisation » du parti. François Baroin déclare « À trop courir derrière le Front national, on le crédibilise[87] ». Jean-Pierre Raffarin estime que « la stratégie de Grenoble, la dérive droitière de l’UMP a échoué[88] ». La sénatrice UMP Chantal Jouanno parle de « défaite lourde qui condamne la stratégie de droitisation. Ce discours nous a vraiment porté préjudice. On le voit, la sanction se porte beaucoup sur les candidats qui étaient un peu dans l'ambiguïté vis-à-vis du Front national[89] ». Les choix idéologiques et les conseils de Patrick Buisson dans la campagne sont l'objet de diverses appréciations et polémiques. Selon Françoise Fressoz, éditorialiste du journal Le Monde qui souligne son « populisme »[90], et selon le politologue Stéphane Rozès, la « droitisation » à laquelle il réussit à mener l'UMP a participé à provoquer le « dynamitage »[90] de ce parti à la suite des élections pour le renouvellement de ses dirigeants au congrès de novembre 2012[91],[92]. Anne Sinclair critique une droitisation dont les « signes » seraient les réticences de la société face au mariage homosexuel, les hésitations du PS devant l’idée de droit de vote des étrangers aux élections locales et le succès du thème de la droite décomplexée à l’UMP[93]

Sous le mandat de François Hollande 2012-2017[modifier | modifier le code]

Le président du Nouveau centre, Hervé Morin, estime qu'un certains nombre d'interdits, « de thèmes brutaux que l'on peut retrouver à travers l'idée de Nation, d'étrangers, de frontières et qui avaient des relents liés au régime de Vichy ont été déverrouillés », conduisant à « une droitisation, non pas de l'UMP, mais de la société française[94] ». Brice Teinturier, directeur général délégué Ipsos France, estime le 4 décembre 2014 que les sondages donnent raison à « Nicolas Sarkozy sur la droitisation de la société française[95] ».

Nadine Morano, au fil de sorties polémiques récurrentes, devient une des incarnations les plus médiatiques de la « dérive droitière[96],[97],[98] », « stratégie théorisée par Patrick Buisson et amorcée sous la présidence Sarkozy[96] ». Suite à ses déclarations répétées et assumées sur « la France, pays de race blanche », Nadine Morano est sanctionnée localement en étant radiée des listes présentées par les Républicains pour les régionales 2015[99], mais peut continuer au niveau national son travail en appelant les électeurs du Front national et « ceux qui en ont marre de la gauche et de la droite » à préférer le « rassemblement Nadine au rassemblement Bleu Marine »[100],[101]. Nadine Morano « pousse à l'absurde la mission que lui a confiée son chef[102] », « et le président des Républicains paie avec l'affaire Morano, le solde de cette glissade continue[97] », se retrouvant très médiatiquement « défié dans la formation qu'il dirige[103],[104] ».

Rapprochements de la droite modérée avec l’extrême-droite[modifier | modifier le code]

Des accords ont existé localement directement entre la droite et le Front national : Jean-Pierre Stirbois a été élu en 1984 à Dreux sur une liste commune UDF-RPR-FN. De 1986 à 2004, la région Languedoc-Roussillon était administrée par Jacques Blanc avec le soutien des élus du Front national.

Les alliances électorales du Front national ont majoritairement été constituées d'accords de désistements réciproques entre candidats de droite et du Front national ou de soutien de celui-ci à des investitures de candidats de droite. Ces accords ont pu également aboutir à des participations à des exécutifs régionaux en échange d'un soutien des élus FN lors de l'élection du président de région.

Ces accords ou inclusions de candidats du FN sont principalement datés de la période 1977 à 1992.

En 1991, le Parti républicain les condamnait tout comme le RPR en 1998. Les contrevenants ont cependant encore été quelques-uns lors des élections régionales de 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul-François Paoli, Comment peut-on être de droite ?, Albin Michel, 1999.
  2. Michel Winock, La droite racontée en famille, Plon, 2008.
  3. a et b Winock, La droite : hier et aujourd'hui, p.7
  4. Thomas Guénolé, « Nicolas Sarkozy, le seul homme à incarner les quatre droites », Atlantico,‎ (lire en ligne)
  5. Rencontre avec Jean-François Sirinelli, à l'occasion de la parution de Histoire des droites en France (collectif, 1992), www.gallimard.fr, 2004.
  6. Winock, La droite : hier et aujourd'hui
  7. Julliard, Les gauches françaises 1762-2012 : Histoire et politique
  8. Rémond, Les droites en France, p.32, §1.
  9. Rémond, Les droites en France, p.33, §3.
  10. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.116
  11. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p. 13-14
  12. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p. 227
  13. Jacques de Saint Victor, La première contre-révolution (1789-1791), PUF, "Fondements de la politique", 2010
  14. a et b Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.228
  15. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.123
  16. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.120
  17. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.117-118
  18. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.134
  19. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.159
  20. a, b et c Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.227
  21. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.14
  22. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.136
  23. Lucien Jaume, L’individu effacé ou le paradoxe du libéralisme français, Paris, Fayard, 1997
  24. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.17
  25. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.20
  26. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.63
  27. Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, p.236
  28. Wibock, Natiobalisme, antisémitisme et fascisme en France, p. 315
  29. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui', p.159
  30. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.189
  31. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.151
  32. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.209
  33. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.213
  34. a et b Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.130
  35. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.131
  36. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.225
  37. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.237
  38. a et b Julliard, Les gauches françaises, p.548
  39. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.245
  40. Droite extrême ou contestataire pour René Rémond, Zeev Sternhell la qualifie de droite révolutionnaire, Michel Winock qui y voit au contraire une droite contre-révolutionnaire, anti-libérale et anti-parlementaire trouve le terme de droite radicale ou de conservatisme radical plus approprié. Il reprend aussi, avec Pascal Perrineau, l'expression de national populisme popularisée par Pierre-André Taguieff mais que ne satisfait pas René Rémond.
  41. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.232
  42. Winock, La Droite : hier et aujourd'hui, p.121-123
  43. Rémond, Les Droites aujourd'hui, p.265
  44. Pour la nuance, cf. « Thomas Guénolé et Luc Ferry : le Face à face Ruth Elkrief », sur bfmtv.com, BFM TV,‎
  45. a et b Thomas Guénolé, « Manif pour tous : l'UMP de Copé s'autodétruit en se rapprochant de la cathosphère », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎
  46. a et b Les anarchistes de droite, édité aux PUF, 1997. Voir aussi, du même auteur, L'anarchisme de droite dans la littérature contemporaine, PUF, 1988.
  47. a et b Propos recueillis par Judith Waintraub. Sirinelli : « Il incarne la synthèse des deux traditions de la droite française », Le Figaro, 6 novembre 2006.
  48. Pierre-Emmanuelle Moog, « Les Clubs de réflexion et d'influence 2006-2007 », Group Express Édition, 366 pages, ISBN 2-84343-364-9.
  49. Claire Blandin « L'histoire au Figaro littéraire », Le Temps des médias 2/2005 (no 5), p. 159-167.
  50. a, b et c Sternhell 2006
  51. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.13, §3.
  52. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.17.
  53. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.14, §2.
  54. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.15, §1.
  55. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.14, §3.
  56. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.15-16
  57. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.16-17.
  58. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.20.
  59. Winock, La Droite hier et aujourd'hui, p.59-61.
  60. Rémond, Les Droites en France, p.47-50.
  61. Rémond, Les Droites en France, p.50-53.
  62. Rémond, Les Droites en France, p.48.
  63. Rémond, Les Droites en France, p.46-51.
  64. Dossier droitisation, Le Huffington Post.fr, Dossier mis à jour
  65. Droitisation: décryptage d'un quiproquo sémantique, Julien Longhi, Linguiste, vice-président du Think Tank Different, 22/11/2012
  66. Régis Guyotat, « Le débat sur l'immigration Le maire de Paris : « Il y a overdose » », Le Monde, 21 juin 1991
  67. « Au RPR : dire tout haut ce que chacun pense tout bas », Le Monde, 22 juin 1991
  68. Charles Rebois, dans Le Figaro, 21 juin 1991, cité par Yann Cugny
  69. Yann Cugny, Délinquance et émeutes urbaines : Traitement médiatique et politique. Section Politique et Société, Séminaire « Histoire contemporaine de la société française », 2002–2003
  70. Le Monde du 2 juillet 1991 note qu'au Parti républicain, des contacts avaient été pris avec des cadres frontistes par le biais d'anciens d'Occident et cite Hervé de Charette : « Le FN est désormais intégré dans la vie politique française. […] le problème principal, c'est Le Pen. Mais beaucoup des siens sur le terrain ne demandent pas mieux que de prendre des places à nos côtés. »
  71. « « En même temps qu'elle nous aliène le cœur de tant de jeunes Français issus de l'immigration, [cette loi] ouvre un boulevard aux succès électoraux du Front national [...] et à la “lepénisation” des esprits. » » (« Robert Badinter accuse Jean-Louis Debré de favoriser la “lepénisation” des esprits », Le Monde, 6 février 1997.
  72. « Badinter: la "lepénisation des esprits" est toujours d'actualité », sur lepoint.fr,‎
  73. « Chirac, patron d'une droite émiettée », L'Express, 25 avril 2002.
  74. Et un, et deux, et trois zéros. Sarkozy le fossoyeur , Libération, 6 avril 2006
  75. Jean-François Copé, Manifeste pour une droite décomplexée, Fayard, 2012, p. 178-179
  76. Jean-François Copé]], Manifeste pour une droite décomplexée, fayard, 2012
  77. Nicolas Sarkozy, Discours à Bercy (29/04/07) Nicolas Sarkozy, Discours à Bercy (29/04/07)
  78. a, b et c « Ces conseillers qui ont poussé Sarkozy à lancer le débat sur l’islam et la laïcité », sur lepost.fr,‎ (consulté en 11 novembre 2015 2011)
  79. La sécurité au cœur de la stratégie électorale de l'UMP, le Figaro, 29 juillet 2010
  80. Raffarin : "une dérive droitière qu'il convient de corriger", le Figaro, 24 aout 2010
  81. Villepin : le gouvernement a commis une «faute morale», le Figaro, 24 aout 2010
  82. La droite décomplexée s'organise à l'Assemblée dans lefigaro.fr par Jim Jarrassé le 27 juillet 2011
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Bibliographie[modifier | modifier le code]