Droite en France

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Les droites en France sont l'ensemble des partis et des cultures politiques françaises de droite ou de centre-droit, selon le spectre politique français habituellement utilisé.

Présentation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gauche et droite en politique.

Pendant longtemps, s'affirmer ouvertement de droite a été considéré comme une impossibilité[1]. Bon nombre de personnes ont pu se réclamer de la gauche, alors que leur positionnement politique pouvait permettre de penser le contraire[2].

D'après Thomas Guénolé la droite française repose sur les « sept piliers » suivants qui constituent un « socle doctrinal commun » : « le rejet viscéral de la gauche, le mérite individuel opposé à l'assistanat, le secteur privé performant opposé au secteur public inefficace, le souhait de baisser la pression fiscale, le conservatisme moral, les frontières et l'ordre ». Il affirme que chaque électeur français de droite adhère «  plus ou moins » à chacun de ces principes[3].

Tendances de la droite française[modifier | modifier le code]

Selon René Rémond il existe trois traditions de droite, « distinctes et concurrentes »[4] :

  • le légitimisme, très conservateur voire contre-révolutionnaire, la droite traditionaliste et/ou royaliste. Il rejette la Révolution française et s'appuie sur une tradition catholique conservatrice et royaliste.
  • l'orléanisme (plus opportuniste, plus « bourgeois »), qui s'incarne dans la tradition libérale. Se réclame d'un libéralisme pragmatique à tendance conservatrice. Elle conserve de son passé de gauche le parlementarisme, mais reprend l'élitisme de la droite contre-révolutionnaire.
  • le bonapartisme (plus autoritaire et charismatique, plus « populaire », attaché à la notion de souveraineté nationale), dans la filiation duquel s'inscrit le gaullisme sans s'y réduire. Elle a en commun avec la gauche son attachement au suffrage universel, et au peuple, mais partage l'antiparlementarisme du légitimisme.

Selon René Rémond, ces différentes traditions sont distribuées inégalement selon les époques, mais les tendances évoluent peu, même si les partis, les hommes qui l'incarnent et les régimes politiques (monarchie ou république) changent.

Le politologue Thomas Guénolé distingue lui quatre familles dans la droite française : droite libérale, la droite gaulliste, la droite morale - ou « moraliste »[5] - et la droite sécuritaire. Familles que l'on retrouve d'après lui, sous forme radicalisée, à l'extrême-droite : extrême-droite poujadiste, extrême-droite souverainiste, extrême-droite traditionaliste et extrême-droite raciste[6]. Il estime que le sentiment d'appartenance à la droite n'est pas pour autant l'identification exclusive à l'une de ces familles mais plutôt un dosage personnel entre les quatre tendances[6].

Droite libérale ou conservatrice[modifier | modifier le code]

Le libéralisme de droite ou de centre-droit appelé aussi orléanisme est avant tout un libéralisme politique (Montesquieu, Tocqueville) attaché à la démocratie parlementaire, à la République, au suffrage universel, et aux droits de l’homme, ce qui correspond approximativement à l’héritage politique de la Révolution de 1789. Il est cependant tout autant un libéralisme économique avec la défense de la liberté d’entreprendre, de l'économie de marché, du travail, plus qu’un projet de modification radicale des structures de l’économie. Ce libéralisme de droite se partage entre deux courants principaux[7]. Un courant va plutôt s’appuyer sur l’individu et sa capacité de jugement critique (Tocqueville). L’autre courant, fondé par François Guizot, va tenter d’intégrer les groupes sociaux importants dans le Parlement, la presse, le Conseil d’État, les universités, etc.

Droite contre-révolutionnaire ou traditionaliste[modifier | modifier le code]

Le légitimisme naît du romantisme politique (représenté par Edmund Burke et Joseph de Maistre). C'est une vision organiciste de la société, souhaitant la restauration de l'Ancien Régime en France. Ils priment un catholicisme traditionaliste, parfois intégriste. Si la pensée et l’action de ces contre-révolutionnaires se sont opposées à la Révolution en se réclamant de l’absolutisme de l'Ancien Régime, certains comme Jacques Antoine Marie de Cazalès, souhaitaient une monarchie limitée et témoignaient ainsi d’une sensibilité « libérale » conservatrice qui ferait, comme en Angleterre, la transition entre Montesquieu et Burke[8].

Droite autoritaire et nationaliste[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : bonapartisme et nationaliste.

Le bonapartisme est un compromis historique entre libéralisme et catholicisme. Il représente à la base l'exaltation de Napoléon 1er. Les principes du bonapartisme sont la laïcité, l'autorité, le patriotisme.

Anarchiste de droite[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anarchisme de droite.

Au fondement de l'anarchisme de droite, on trouve en premier lieu une critique assez violente contre le pouvoir d'une minorité d'intellectuels. Cette critique porte paradoxalement à la fois sur l'inefficacité de ce pouvoir et sa dangerosité. Les intellectuels, soumis à l'idéologie dominante des démocraties, sont censés renforcer le conformisme intellectuel qui est inhérent à ce type de gouvernement.

Ainsi défini, l'anarchisme de droite semble bien proche de l’anarchisme individualiste. En réalité, il ne doit pas être confondu avec lui. Tout d'abord parce que l'anarchisme de droite ne s'appuie pas sur la même tradition de pensée que l'anarchisme individualiste. Selon François Richard (qui a publié un Que sais-je ? sur le sujet[9]), ce sont des écrivains comme Léon Bloy, Édouard Drumont, Barbey d'Aurevilly, Paul Léautaud, Louis Pauwels, Louis-Ferdinand Céline, Lucien Rebatet, Jacques Perret, Roger Nimier, Marcel Aymé, Michel-Georges Micberth, des dialoguistes comme Michel Audiard ou des acteurs comme Jean Yanne qui ont donné force à ce courant qui plonge ses racines dans la pensée baroque et libertine. L'anarchisme individualiste a, quant à lui, une filiation bien différente, puisqu'il emprunte à l'hégélianisme (Max Stirner, L'Unique et sa propriété), au proudhonisme, ou même au libéralisme, une grande partie de ses préceptes fondamentaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du terme[modifier | modifier le code]

La droite, la gauche et le centre sont des appellations qui correspondent à l'origine à la place occupée en France par chaque groupe politique dans l'hémicycle de l'assemblée nationale, vue par le président de l'Assemblée, qui fait face à l'hémicycle.

Depuis le XIXe siècle, la droite se décompose en trois grands courants, un courant contre-révolutionnaire et traditionaliste au pouvoir entre 1815 et 1830, un courant conservateur et libéral au pouvoir sous la monarchie de Juillet, un courant autoritaire et nationaliste au pouvoir sous le Second Empire. Ces trois droites se diviseront tout au long du XIXe siècle. À partir de 1870, les droites doivent se positionner par rapport à la République. Encore quelques années et c'est le début de l'effacement de la droite légitimiste et l'apparition à partir de 1891 et du ralliement des catholiques de ce qui va devenir la démocratie-chrétienne.

Tout au long du XXe siècle, les droites se restructurent. À la Libération, on assiste à une émergence du gaullisme, puis à une reconstruction dans les années 1970 d'une droite orléaniste sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing, transformation du parti gaulliste en un parti de type orléaniste. Aujourd'hui, selon Jean-François Sirinelli, l'UMP est la synthèse des deux traditions de la droite française : l'orléanisme et le bonapartisme[10].

Pour ou contre la Révolution (1789-1830)[modifier | modifier le code]

L'orléanisme et ses ambiguïtés : juste milieu, libéralisme, conservatisme (1830-1848)[modifier | modifier le code]

Les orléanistes seraient dans un juste milieu, c'est-à-dire au centre, en réalité il s'agit d'un centre-droit. Il prône une monarchie laïque, une séparation des pouvoirs et l'instauration d'un Parlement comme celui de Grande-Bretagne.

Ils sont attachés à des principes libéraux tels que l'égalité civile. En cela, ils unissent un lien à la Révolution française et à la volonté d'instaurer les libertés fondamentales, l'égalité devant la loi et devant l'impôt.

L'orléanisme reflète l'expression de la bourgeoisie. Mais ce qu'il prône, c'est une société de notables. L'orléanisme vise à l'éducation politique du pays, qui s'illustre par l'expansion de la presse, par le renforcement de l'enseignement et des académies, par une augmentation de la participation politique.

Les orléanistes ont voulu des réformes sociales, tels que le rétablissement du divorce et du mariage civil.

En 1848, ils perdent le pouvoir par la Révolution. Cependant, l'orléanisme poussera à des revendications sociales et on pourrait y voir l'apparition du nationalisme.

Les droites et l'avènement du suffrage universel (1848-1870)[modifier | modifier le code]

La révolution de 1848 réalise ce que le régime de Juillet avait refusé pendant de nombreuses années. Huit millions de citoyens masculins accèdent au droit de vote en mars 1848. Les 23 et 24 avril 1848, 900 représentants sont désignés au cours d’une consultation générale, la première du genre.

Pour ou contre la République (1870-1893)[modifier | modifier le code]

Recomposition et structuration de l'opposition gauche-droite (1893-1914)[modifier | modifier le code]

Unions sacrées et déchirures nationales (1914-1945)[modifier | modifier le code]

Recomposition des droites et entrée dans la modernité politique (1944-1974)[modifier | modifier le code]

Les droites et la bipolarisation institutionnelle (1974-)[modifier | modifier le code]

Évolution depuis 2007 : « Droitisation » ou « populisme élargi » ?[modifier | modifier le code]

Selon Brice Teinturier ( Directeur général délégué de l'Institut IPSOS [11]) la « droitisation de l'électorat » est une notion plus porteuse de confusions que d'éclaircissements. Et les indicateurs objectifs que l'on peut utiliser semblent montrer que l'on se trouve non pas face à un phénomène de droitisation mais de « populisme élargi ».

  • Lorsque les français sont invités à se positionner sur une échelle gauche-droite, l'évolution de la répartition des réponses ( gauche, droite, centre ou refus de réponse ) « ne permet pas de constater une droitisation de l'électorat, au contraire. Ceux qui se classent à gauche sont plutôt plus nombreux que ceux qui se classent à droite, et il n'y a pas d'évolution claire en faveur de la droite depuis 5 ans ».
  • Les résultats électoraux: depuis le second tour des législatives de 2007, la droite a perdu toutes les élections nationales comme locales. Lors de la présidentielle de 2012, le bloc de droite (incluant le FN) recueille plus de voix (46,9 %) que le bloc de gauche (43,8 %). Mais pour la droite ce niveau est historiquement bas et s'explique pour une partie par l'existence d'un centre autonome (9,1 %).
  • L'analyse, plus complexe, des valeurs mises en avant par les Français montrent que les valeurs traditionnellement « de gauche » l'emportent sur celles réputées être « de droite » : La solidarité, l'importance des inégalités et la nécessité d'y remédier, la tolérance, l'attachement aux services publics et à l'intervention de l’État priment sur les valeurs d'ordre et d'autorité ou les thèmes de la sécurité et de l'immigration.

Même si, par ailleurs, une très forte « allergie fiscale », la dénonciation de « l'assistanat », la réduction du déficit et des finances publiques traduisent une évolution en faveur de la Droite.

L'évolution majeure de la société française se situe en effet ailleurs que sur l'axe droite-gauche.

  • Un premier clivage semble s'organiser autour du débat « ouverture/fermeture », avec une dynamique marquée en faveur de cette dernière : critique de la mondialisation et de l'Europe, protection du pays plutôt qu'ouverture au monde, angoisse majoritaire de « ne plus se sentir chez soi », crispation identitaire, rejet de plus en plus marqué du non-national (notamment de l'Islam).
  • Un second clivage apparaît autour de l'opposition « le peuple » et « les élites ». D'une part les milieux populaires manifestent fortement une demande faite de protection et de fermeture, de contestation des élites. Mais d'autre part, cette dynamique s'élargit en se nourrissant de la précarité montante pour gagner une grande partie de la classe moyenne et en particulier tous ceux qui s'estiment être des perdants du fait de la crise.

Figures et mouvements contemporains[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, on distingue de nombreuses tendances à droite, certaines représentées par des partis, d'autres relevant plus du mouvement associatif.

Les principaux partis politiques[modifier | modifier le code]

Les partis politiques sont des organisations qui structurent le fonctionnement de la politique et du politique dans de nombreux États. Ce chapitre concerne les principaux partis ancrés à droite (en France). Il met en perspective leur place actuelle et les rapports que ces organisations entretiennent avec l'État, les mouvements sociaux ou les médias.

Famille gaulliste[modifier | modifier le code]

La famille gaulliste est née des mouvements de la Résistance, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est dès ses origines assez composite idéologiquement, son unité résidant avant tout dans le soutien qu'apportent ses membres à la personne du Général de Gaulle. Le gaullisme peut cependant être considéré comme une résurgence démocratique de la tradition bonapartiste de la droite française.

Le Général ne souhaite d'ailleurs pas dans un premier temps structurer ses partisans au sein d'une formation politique, car il stigmatise l'inefficacité des partis politiques auxquels il reproche de plus se préoccuper de leur propre avenir (et de celui de leurs chefs de file) que de celui de la France. Le principal trait idéologique des gaullistes de l'après-guerre est donc que la France a besoin d'un chef, au service de la Nation, rassemblant les Français au-delà des clivages partisans, à la tête d'un pouvoir exécutif fort et au sein d'une république dotée de nouvelles institutions. Néanmoins, le « désamour » entre les Français et le Général de Gaulle sera assez rapide, suite à sa démission de chef du gouvernement en 1946. Malgré la création du RPF (Rassemblement du peuple français), structure politique qui regroupe les partisans de De Gaulle, la famille gaulliste reste isolée politiquement face aux communistes, aux centristes et aux socialistes. Incapable de prendre le pouvoir seule contre tous, elle perd progressivement en influence à la suite des revers successifs qu'elle connaît aux élections législatives.

La « crise algérienne », permettra cependant au Général d'apparaître comme le recours ultime pour restaurer l'autorité de l'État que la IVe République agonisante n'arrive plus à incarner malgré le très populaire président René Coty. De Gaulle revient donc au pouvoir et ses partisans fondent un mouvement gaulliste, l'Union pour la nouvelle République, le 1er octobre 1958, qui deviendra l'UDR, et qui rassemble en son sein toutes les tendances gaullistes : ceux de droite, ceux de gauche (ex-socialistes pour la plupart), et les compagnons de routes de la société civile comme Malraux ou Pompidou (universitaire qui n'avait d'ailleurs pas été résistant).

Lorsque Charles de Gaulle démissionne en 1969, les gaullistes se sentent orphelins, mais se retrouvent vite un chef en la personne de Georges Pompidou qui devient président de la République face au centriste Alain Poher. Après l'expérience progressiste de la Nouvelle société, menée par son Premier-ministre Jacques Chaban-Delmas, Pompidou va devenir l'artisan d'un ancrage définitif du gaulliste à droite de l'échiquier politique et choisit Pierre Messmer pour succéder à Chaban.

Jacques Chirac, l'un des disciples politiques de Pompidou, prendra la tête du parti en 1974, après avoir favorisé l'élection d'un non-gaulliste à l'élection présidentielle en la personne de Valéry Giscard d'Estaing (libéral). En 1976, ayant démissionné de son poste de Premier ministre, Jacques Chirac transforme la vieille UDR en RPR (Rassemblement pour la République) avec l'assentiment, parfois quelque peu contraint, de la majorité des barons du gaullisme.

Avec le RPR, le gaullisme devient un parti conservateur assez classique, même si son discours idéologique variera fortement en fonction des circonstances, ce que certains considèrent comme une marque de l'héritage pragmatique du Général de Gaulle. Plus nombreux sont ceux qui y voient une volonté de transformer le mouvement gaulliste en une « machine » à porter Jacques Chirac à la plus haute fonction de l'État. Ainsi en 1978, avec l'Appel de Cochin de Jacques Chirac, le gaullisme « flirte » avec un nationalisme anti-européen en stigmatisant « le parti de l'étranger » et en rejetant en bloc la construction européenne. De 1986 à 1988, Jacques Chirac tente une politique très libérale que l'on dit inspirée de celle pratiquée par Margaret Thatcher ou encore Ronald Reagan. En 1993, avec Édouard Balladur en Premier ministre de la 2de cohabitation, c'est une politique modérée, presque centriste, qui est mise en œuvre, avant que Jacques Chirac ne fasse campagne en 1995 sur des thèmes plutôt de gauche comme la « fracture sociale ». Enfin, quelques mois plus tard, Alain Juppé, devenu Premier ministre, mène une politique de rigueur, mélange de libéralisme et de conservatisme. À l'occasion des élections européennes de 1999, Charles Pasqua, leader des gaullistes souverainistes, quitte le RPR pour fonder le RPF-IE et devance la liste RPR-DL menée par Nicolas Sarkozy.

En 2002, dirigé par Serge Lepeltier (intérim de la présidence), le RPR, est au moment de sa fusion au sein de l'UMP, un parti plus que jamais composite qui regroupe à la fois des gaullistes « traditionnels », des néo-gaullistes post-pompidoliens, des libéraux, des conservateurs voire des centristes et encore quelques gaullistes « de gauche » et quelques souverainistes.

Historique des mouvements gaullistes[modifier | modifier le code]

Famille libérale[modifier | modifier le code]

Le libéralisme n'a jamais été un thème politique très porteur en France depuis le XXe siècle. Aussi, les libéraux mettront-ils assez longtemps à se structurer après-guerre.

C'est cependant de ce terreau que renaît le libéralisme, dans une version assez corporatiste, au sein du Centre national des indépendants et paysans (CNIP). Il faudra cependant attendre que les personnalités d'Antoine Pinay et de Valéry Giscard d'Estaing prennent de l'envergure politique pour que les libéraux retrouvent des chefs de file en France. Le CNIP connaît pendant les années 1960 une scission menée par VGE rassemblant au sein des Républicains indépendants les partisans d'un soutien du Général de Gaulle. Ce groupe parlementaire se transformera rapidement en un parti politique giscardien qui incarnera la famille libérale jusqu'à la création de l'UMP. Cependant, cette famille ne sera jamais en mesure de remporter les élections (législatives ou présidentielles) seules. Subissant l'opposition des gaullistes après la démission de Jacques Chirac de son poste de Premier ministre en 1976, VGE s'allie rapidement avec les partis centristes, issus de l'éclatement du MRP, qu'il regroupe lors des législatives de 1978 eu sein de l'UDF dont les deux principales composantes deviennent le Parti républicain (PR - héritier des Républicains indépendants) et le Centre des démocrates sociaux (CDS).

Le PR deviendra une force politique forte et sera une composante importante de l'ensemble des majorités de droite jusqu'en 1997, mais son identité libérale devient quelque peu floue du fait de l'image essentiellement centriste de l'UDF. En 1997, il change de nom pour Démocratie libérale après qu'Alain Madelin en est devenu le président. Plus que symbolique, ce nouveau nom incarne un changement d'attitude des libéraux qui assument pour la première fois l'identité idéologique de leur famille politique. En 1998, l'UDF éclate et DL devient indépendante, et devient l'alliée du RPR avec lequel elle fusionnera au sein de l'UMP en 2002.

Historique des mouvements libéraux[modifier | modifier le code]

Famille centriste[modifier | modifier le code]

La famille centriste a longtemps été très composite, et par nature, a constitué une force politique pivot dont l'influence était d'autant plus forte qu'elle était nécessaire à l'émergence de coalitions politiques de centre-droit ou de centre-gauche.

Après guerre, la IVe République sera certainement la période où les centristes seront les plus influents. Rassemblés pour l'essentiel au sein du MRP, qui réunit des démocrates-chrétiens mais aussi des centristes plus "laïques" de droite comme de gauche et dont le trait commun est qu'ils rejettent le gaullisme politique, les centristes seront de presque tous les gouvernements et constitueront avec la SFIO et l'UDSR la Troisième Force.

Le succès électoral du parti gaulliste en 1962 marginalise le MRP, qui se retrouve dans l'opposition. Les centristes ne retrouvent une visibilité qu'en 1965 avec la candidature de Jean Lecanuet à l'élection présidentielle, qui, avec plus de 15,5 % des suffrages au premier tour, conduit de Gaulle à un ballottage contre François Mitterrand.

Jean Lecanuet lance un nouveau parti, le Centre démocrate (CD), qui ne parvient pas à contester l'hégémonie gaulliste ni la structuration de l'Union de la gauche autour du Parti socialiste créé à Epinay. Ils soutiennent en 1974 la candidature du libéral Valéry Giscard d'Estaing, entre à son gouvernement et créent en 1978 avec la droite non-gaulliste une coalition électorale, l'UDF, dont le président sera Jean Lecanuet jusqu'en 1988.

L'UDF comprenant une aile libérale, le Parti républicain (PR), et une aile centriste, principalement le Centre des démocrates sociaux (CDS); elle se situera pendant cette période au centre-droit. Après l'échec de VGE en 1981, elle soutient la candidature de Raymond Barre à l’élection présidentielle de 1988, face à un Jacques Chirac au programme plutôt libéral.

La tension entre le PR et le CDS s'accroît au milieu des années 1990, après l'échec d'Édouard Balladur à la présidentielle, qui bien que membre du RPR, était le candidat majoritairement soutenu par l'UDF et aurait pu devenir l'homme politique synthétisant le mieux les différents courants de l'UDF autour de sa personne. À la suite des élections régionales de 1998, le PR, devenu Démocratie libérale, soutient, contrairement au reste de l'UDF, les présidents de conseil régionaux élus avec les voix de conseillers Front national, et quitte l'UDF.

Le CDS, devenu entre temps Force démocrate fusionne avec les Adhérents directs, le PRIL de François Léotard et le PPDF (Parti populaire pour la démocratie française d'Hervé de Charette) au sein de la nouvelle UDF.

À la création de l'UMP, deux tiers des élus et un nombre difficile à déterminer d'adhérents de l'UDF rejoignent le nouveau parti. Mais pas François Bayrou, son président, qui maintient l'UDF comme force politique centriste indépendante. La plupart et quelques autres extérieurs à l'UDF se sont regroupés au sein du club Démocrate & Populaire.

Historique des mouvements centristes[modifier | modifier le code]
démocrates-chrétiens
autres mouvements
unification
Union des démocrates et indépendants (UDI)[modifier | modifier le code]

L'Union des démocrates et indépendants est le principal parti fédérateur du centre-droit. Elle compte parmi ses leaders nombre d'« Européistes » partisans d'une Europe fédérale ou confédérale et regroupe en son sein plusieurs mouvements politiques qui, tout en privilégiant le consensus autour de positions modérées, affirment une préoccupation particulière en matières écologique et sociale et recherchent les voies d'un développement économique soutenable, durable et compatible avec l'économie de marché :

Union pour un mouvement populaire, les Républicains[modifier | modifier le code]

L'Union pour un mouvement populaire est un parti politique français de droite et de centre droit, fondé en 2002. Elle est l'héritière de l'Union pour la majorité présidentielle, dont elle a gardé les initiales. Le parti adopte la dénomination « Les Républicains » en et annonce 213 030 adhérents à jour de leur cotisation.

Le parti fait la synthèse des deux traditions de la droite française : l'orléanisme et le bonapartisme[10]. D'une part, le parti assume certaines valeurs propres au bonapartisme : c'est le cas pour l'identité nationale, l'ordre et la sécurité, la place des étrangers et des minorités dans la société, etc. ; d'autre part, il défend des positions plutôt libérales en matière économique, sans toutefois renoncer complètement à toute forme d'interventionnisme. Le parti promeut la construction européenne en tant que projet libéral tout en restant particulièrement sourcilleuse sur les questions de souveraineté. Les républicains se reconnaissent dans la laïcité et dans les valeurs de la république française se définissant comme démocratique et sociale.

Autres partis[modifier | modifier le code]

Les mouvements associatifs[modifier | modifier le code]

Selon Pierre-Emmanuelle Moog (qui a publié « Les Clubs de réflexion et d'influence 2006-2007 »)[12], les principaux cercles de réflexion français ancrés à droite sont l'Institut français des relations internationales, la Fondation Robert-Schuman, l'Institut Thomas-More, l'Institut Montaigne, et la Fondation pour la recherche stratégique.

Les mouvements associatifs étudiants de droite sont principalement représentés par l'Union nationale interuniversitaire (UNI), créé en 1968.

La presse[modifier | modifier le code]

Le Figaro, « noyau central des sensibilités politiques de droite » pour Jean-François Sirinelli[13], et la revue Commentaire sont les principaux journaux et revues intellectuelles de droite.

Les écrivains[modifier | modifier le code]

Les courants de pensée de la critique de droite, qu'elles soient libérales conservatrices, monarchistes, ont joué un rôle très actif dans la vie littéraire depuis la Révolution française. L'importance de l'influence balzacienne, le spleen baudelairien, le dadaïsme d'Aurevilly, le volontariat de Giono, de Paul Morand ou de Montherlant, la quérulence d'une filiation qui irait de Tocqueville à Maistre en passant par François-René de Chateaubriand prennent parfois une implantation institutionnelle du Figaro, et sous des cas nettement individualisés, de Marcel Proust à Georges Bernanos.

Selon François Richard (qui a publié un Que sais-je ? sur le sujet[9]), ce sont des écrivains comme Léon Bloy, Édouard Drumont, Barbey d'Aurevilly, Paul Léautaud, Louis Pauwels, Louis-Ferdinand Céline, Lucien Rebatet, Jacques Perret, Roger Nimier, Marcel Aymé, Michel-Georges Micberth, qui ont donné force à l'Anarchisme de droite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul-François Paoli, Comment peut-on être de droite ?, Albin Michel, 1999.
  2. Michel Winock, La droite racontée en famille, Plon, 2008.
  3. Thomas Guénolé, « Nicolas Sarkozy, le seul homme à incarner les quatre droites », Atlantico,‎ (lire en ligne)
  4. Rencontre avec Jean-François Sirinelli, à l'occasion de la parution de Histoire des droites en France (collectif, 1992), www.gallimard.fr, 2004.
  5. Pour la nuance, cf. « Thomas Guénolé et Luc Ferry : le Face à face Ruth Elkrief », sur bfmtv.com, BFM TV,‎
  6. a et b Thomas Guénolé, « Manif pour tous : l'UMP de Copé s'autodétruit en se rapprochant de la cathosphère », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎
  7. Lucien Jaume, L’individu effacé ou le paradoxe du libéralisme français, Paris, Fayard, 1997
  8. Jacques de Saint Victor, La première contre-révolution (1789-1791), PUF, "Fondements de la politique", 2010
  9. a et b Les anarchistes de droite, édité aux PUF, 1997. Voir aussi, du même auteur, L'anarchisme de droite dans la littérature contemporaine, PUF, 1988.
  10. a et b Propos recueillis par Judith Waintraub. Sirinelli : « Il incarne la synthèse des deux traditions de la droite française », Le Figaro, 6 novembre 2006.
  11. Quotidien La Croix, du 30 novembre 2012
  12. Pierre-Emmanuelle Moog, « Les Clubs de réflexion et d'influence 2006-2007 », Group Express Édition, 366 pages, ISBN 2-84343-364-9.
  13. Claire Blandin « L'histoire au Figaro littéraire », Le Temps des médias 2/2005 (no 5), p. 159-167.

Bibliographie[modifier | modifier le code]