Réseau Sortir du nucléaire

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Réseau Sortir du nucléaire
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association agréée pour la protection de l'environnement
But Sortir du nucléaire
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1997
Identité
Siège Lyon (Croix-Rousse)
Structure Association loi 1901
Président 5 administrateurs titulaires et 5 suppléants
Coordinateurs Florian Brunet et Camila Curi
Méthode Coordination des luttes antinucléaires locales
Financement Dons et cotisations
Membres associations, syndicats, entreprises, partis politiques, fédérations
Employés 13
Site web sortirdunucleaire.org

Le Réseau « Sortir du nucléaire » regroupe des associations françaises antinucléaires depuis 1997[1]. Environ 900 associations et plus de 62 000 personnes sont aujourd'hui signataires de sa charte. L'association est financée principalement grâce aux cotisations de ses membres et aux dons, ainsi que par la vente de matériel militant et documents produits par celle-ci[2]. Depuis 2005, le Réseau "Sortir du nucléaire" est agréé nationalement pour la protection de l'environnement[3].

Composition[modifier | modifier le code]

D'après ses statuts, le Réseau a pour but de soutenir les luttes antinucléaires locales, coordonner des actions d'ampleur nationale et internationale, et effectuer un travail médiatique et politique pour « informer » le public et susciter la participation des citoyens à cette lutte[R 1]. Il est dirigé par dix bénévoles formant le conseil d'administration, élus lors de l'assemblée générale annuelle. L'association est agréée par le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire français depuis 2005[4].

L'activité de ses 13 salariés[R 2] est financée principalement grâce aux cotisations des membres et aux dons de fondations françaises et étrangères, ainsi que par la vente de matériel militant et de documents produits par l'association[R 3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Ancien logo
Poster contre le réacteur Superphénix à Creys-Malville.

Depuis le début de l'histoire du programme nucléaire civil de la France, le mouvement antinucléaire s'est exprimé par des manifestations ou des actions organisées par des associations locales. La plus ancienne est le Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin fondé en 1970, au début du projet de centrale nucléaire de Fessenheim.

Plusieurs coordinations nationales antinucléaires ont vu le jour. Elles sont souvent éphémères et de circonstance, comme pour le rassemblement de Bugey en 1971, ou de plus longue durée, comme la Coordination nationale antinucléaire (CNAN) de 1976 à 1984. La CNAN est dissoute après le camp de la paix de 4 000 antinucléaires et antimilitaristes à Malville, un certain nombre d'animateurs rejoignent alors Les Verts sous l'impulsion d'Yves Cochet, tandis que d'autres militent dans leurs groupes locaux.

Le , une longue marche contre Superphénix relie Malville à Matignon en passant par Fessenheim et Nogent-sur-Seine[5]. Elle réunit les Européens contre Superphénix, le Comité Malville, Contratom (Suisse)[6], la FRAPNA, Greenpeace, le GSIEN et WWF et plus de 250 associations de France, de Suisse, d'Italie et d'Allemagne.

C'est à partir de 1995 que commence à se structurer le Réseau « Sortir du nucléaire », à l'initiative des Européens contre Superphénix. En , à la suite de la décision de fermeture de Superphénix, les Européens contre Superphénix disparaissent pour donner naissance au Réseau « Sortir du nucléaire »[7].

En , la première assemblée générale de coordination nationale antinucléaire se déroule à Agen et rédige la charte du Réseau « Sortir du nucléaire ». Sont présents à cette assemblée une trentaine de personnes représentant notamment la Coordination nationale des collectifs contre l'enfouissement des déchets radioactifs, Greenpeace, le Comité Malville, Stop Golfech, les Amis de la Terre, le comité Stop Civaux, la FRAPNA, Les Verts, la LCR[8]. La charte qui fut établie repose sur la phrase :

« Nous voulons une décision immédiate de sortie du nucléaire. »

Certains groupes antinucléaires, comme le Comité Stop Nogent ou l'Organisation communiste libertaire[9], refusent de signer cette charte qui n'appelle pas à une « sortie immédiate du nucléaire » et reprochent au réseau de ne pas revendiquer la mise en service de centrales thermiques, seule option selon eux pour sortir vite du nucléaire, et ne rejoignent donc pas le Réseau. Le Comité Stop Nogent continuera, en 2004, à lui reprocher d'être trop laxiste[10].

Crise interne[modifier | modifier le code]

Le , le conseil d'administration du Réseau adopte (à six voix pour et trois contre, soit neuf votes exprimés) la signature du texte « Ultimatum climatique » lancé avant la Conférence de Copenhague de 2009 sur le climat[11].

Cette signature a généré un conflit salarial grave au sein de l'équipe du Réseau. 11 des 13 salariés se sont mis en grève et le conseil d’administration s'est divisé sur la gestion de ce conflit. Face à la paralysie induite par celui-ci, les participants de l’assemblée générale, qui s’est tenue les 6 et 7 février 2010 à Lyon, ont décidé de révoquer le conseil d'administration en poste et d’élire un nouveau CA, provisoire, jusqu’en juin[12].

Le , huit des administrateurs révoqués à l'assemblée générale s'expriment dans une tribune du quotidien écologiste Reporterre. Ils dénoncent une grave crise au sein de l'organisme, alimentée par des conflits personnels, et se posent la question du choix d’une ligne stratégique au sein du Réseau[13] ; ce à quoi des administrateurs du Réseau répondent par une tribune sur Reporterre intitulée « Le Réseau « Sortir du nucléaire » n’est pas en crise et travaille » dans laquelle ils font état d'un détournement des listes mails de l'association[14]. Une plainte a été déposée pour "faux et usage de faux, et pour atteintes au système automatisé de données" de l’association[15]. Le , Stéphane Lhomme est licencié pour faute grave[16].

Le 12 juin 2010, il accuse la direction du Réseau dans une lettre publiée par le quotidien Reporterre[17] et saisit le conseil de prud'hommes pour faire annuler son licenciement. Simultanément, trois ex-administrateurs lancent une procédure devant le tribunal de grande instance de Lyon pour faire annuler la révocation du conseil d'administration lors de l'assemblée générale de février 2010 : après une audience le 6 juin 2013, le tribunal les déboute le 19 septembre 2013, estimant la révocation du CA justifiée eu égard à la gravité de la crise interne qui traversait l'association à ce moment-là[18]. Ils décident, malgré tout, d'interjeter appel.

En , un administrateur démissionne en dénonçant la logique de professionnalisation et le manque de démocratie au sein du réseau[19]. Il se présentera de nouveau au conseil d'administration de l'association et sera réélu en mai 2018.

Suite au vote d'une motion sortie de crise lors de l'assemblée générale des 31 janvier et 1er février 2015[20], le nouveau CA élu propose la signature d'un accord aux trois ex-administrateurs et à Stéphane Lhomme afin de mettre fin aux procédures en justice en cours. Le 20 mai 2015, un premier accord est signé avec les trois ex-administrateurs. La cour d'appel de Lyon homologuera, par la suite, l'accord des parties et constatera la fin de la procédure en conséquence. Un accord est également signé avec Stéphane Lhomme, lui accordant les indemnités demandées dans le cadre de la procédure aux prud'hommes.

Suite au congrès antinucléaire d'Angers en , d'autres groupes de militants décident de quitter le Réseau[21]. En , ces groupes publient un communiqué commun pour reconstruire une force antinucléaire au plus près des groupes et des luttes de terrain[22].

Charte[modifier | modifier le code]

Drapeau du Réseau Sortir du nucléaire.

La charte du Réseau « Sortir du nucléaire » souhaite l'abandon des projets d'enfouissement des déchets nucléaires, de traitement du combustible usé, l'arrêt des exportations d'électricité, le non-renouvellement du parc nucléaire, l'arrêt des réacteurs en fonctionnement et l'abolition des armes nucléaires[R 4].

Cette charte met en exergue les dangers potentiels de la filière électronucléaire (accidents nucléaires, prolifération nucléaire, coûts et risques pour la santé publique). Elle prône une sortie du nucléaire civil grâce à une politique énergétique qui favoriserait notamment les économies d'énergie et le développement d'autres moyens de production d'énergie fondés sur les énergies renouvelables ou sur un recours provisoire à des technologies conventionnelles comme les centrales au gaz ou la cogénération (produisant du CO2).

Les signataires de la charte comprennent en 2021 plus de 60 000 particuliers et 930 organisations nationales et locales[23]. Ils comprennent des associations, des syndicats (la Confédération paysanne, SUD Rail), des partis politiques nationaux (Les Verts, LCR) ou locaux, ainsi que des entreprises ou commerçants du secteur des énergies renouvelables ou de l'agriculture biologique. Greenpeace en fut membre jusqu'en 2007.[réf. nécessaire]

Le Réseau « Sortir du nucléaire » est membre du Réseau Action Climat France et de Stop Essais, organisations avec lesquelles il échange des adhésions croisées[24].

Actions[modifier | modifier le code]

Banderole sur le château de Vitré.

Les actions du Réseau prennent la forme de communication sur le thème du nucléaire et de ses dangers[R 5] :

  • manifestations, chaînes humaines, tractage
  • organisation de débats, promotion de l'éducation populaire dans le domaine de l'énergie
  • publication de la revue trimestrielle Sortir du nucléaire[R 6]
  • réalisation de brochures d'information[R 7],
  • mise en place de sites internet[25]
  • mise en place d'un centre de documentation sur le nucléaire et ses alternatives
  • pétitions[R 8]
  • sensibilisation auprès des élus, des collectivités, des syndicats et des associations
  • actions juridiques contre les organisations de l'industrie nucléaire.

Campagnes[modifier | modifier le code]

Premières campagnes : 1998-2006[modifier | modifier le code]

Campagne de blocage administratif lancée en 2004.

En 1998, une première campagne contre la construction de laboratoires d'enfouissement des déchets radioactifs est lancée; une deuxième suit contre le chauffage électrique, puis de nombreuses autres[R 9].

Le , le Réseau annonce que quinze sites potentiels, essentiellement dans l’Ouest, ont été sélectionnés pour l’implantation d’un laboratoire souterrain d'enfouissement des déchets radioactifs, alors que les communes concernées ne sont pas encore informées[26]. Deux jours plus tard, la « mission collégiale de concertation granite » rend publique la liste des quinze sites présélectionnés[27].

Le , selon le Réseau, 4 000 personnes ont défilé à Lyon et dans 3 autres villes de France pour manifester contre le nucléaire[28].

Le , le Réseau « Sortir du nucléaire », sur la base de documents de l'Autorité de sûreté nucléaire restés confidentiels, révèle que « 34 réacteurs nucléaires français (sur 58) sont inadaptés au risque sismique[R 10] ». L'information fait la une des journaux télévisés et de quotidiens nationaux[R 11].

En , le Réseau « Sortir du nucléaire » affirme — en s'appuyant sur un document publié sur le site de l’ASN — qu'EDF a « falsifié des données » sur les séismes pour ne pas avoir à remettre aux normes ses centrales[29].

Pendant la Canicule européenne de 2003, le Réseau dénonce plusieurs subterfuges pour éviter la pénurie d’électricité, dont l'importation massive d'électricité et des rejets d’eau trop chaude[30]. Selon le Réseau, EDF a commis au moins 30 infractions à la loi sur les rejets d’eau chaude, bien que le gouvernement ait mis en place des dérogations exceptionnelles sur les températures de refroidissement des centrales nucléaires[31].

Le , le Réseau rassemble environ 10 000 personnes à Paris[32], 5 800 selon la police[33].

Du au , un tour de France pour sortir du nucléaire débute à la centrale nucléaire de Fessenheim, parcourt 46 sites nucléaires français en 28 étapes, pour terminer à la centrale nucléaire de Penly, où un projet de nouveau réacteur EPR était alors envisagé[34].

Le , le Réseau lance une campagne de « blocage administratif » d'EDF contre l'EPR[35].

Le , lors de l'émission de télévision France Europe Express[36] sur France 3, un des porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », Stéphane Lhomme, accuse Anne Lauvergeon (présidente d'Areva) de causer de graves atteintes à l'environnement et à la santé des travailleurs et riverains des mines d'uranium d'Arlit au Niger[37].

Fin , à l'occasion des 19 ans de Tchernobyl, une fresque Le nucléaire tue l'avenir, sortons en ! a réuni 6 000 personnes à Nantes. Dans le même temps, d'autres initiatives sont organisées à travers la France sur le même thème[38].

2006-2007 : manifestations contre l'EPR[modifier | modifier le code]

Manifestation contre l'EPR, Lyon, le 17 mars 2007.

En 2006, le Réseau « Sortir du nucléaire » est fondateur et animateur principal du collectif Stop EPR qui rassemble plusieurs dizaines de milliers de manifestants[39] le à Cherbourg et le à Rennes[40]. Dans le même temps, le réseau publie l'étude « Un courant alternatif pour le Grand Ouest » selon laquelle le coût de l'EPR permettrait de produire autant d’électricité tout en créant 15 fois plus d’emplois[41].

Le , Stéphane Lhomme est arrêté par la DST (devenue depuis la DCRI) et placé en garde à vue pour avoir rendu public un document « confidentiel défense » révélant la vulnérabilité du réacteur EPR en cas de crash d'avion de ligne[42]

Le , le Réseau organise 5 manifestations simultanées qui réunissent environ 60 000 manifestants contre le nucléaire et l'EPR : à Rennes (au moins 20 000 personnes), Lille, Strasbourg, Toulouse (environ 6 000 personnes) et Lyon[43].

Le , le Conseil d'État annule le décret autorisant EDF à démanteler la centrale nucléaire de Brennilis après avoir été saisi par l'association. Cette dernière engage par la suite un nouveau recours contre la construction du réacteur nucléaire EPR prévu à Flamanville, mais celui-ci est rejeté en [44].

De 2006 à 2007, le Réseau « Sortir du nucléaire » est membre du collectif L'Alliance pour la planète. Il le quitte sur un désaccord concernant le Grenelle de l'environnement annoncé pour l'automne 2007 par le Président français, ce dernier ayant clairement annoncé que la filière nucléaire ne serait pas remise en cause[R 12]

2008 et 2009 : forte exposition médiatique[modifier | modifier le code]

Marche antinucléaire de Londres à Genève (2008).
Pyramide de conserves, à Colmar en 2009.

En 2008, 114 communiqués de presse sont envoyés à la presse nationale ou locale et le Réseau est mentionné 220 fois dans la presse et plus d’une quarantaine de fois à la télévision[45].

Au printemps 2008, des militants américains, australiens et européens reliant Londres à Genève à pied pendant 84 jours et couvrant 1500 km, sont accueillis et accompagnés par des militants du réseau[46].

Le , le Réseau affirme, sur la base d'informations publiées sur le site Internet de l'ASN[R 13], que « les laboratoires de toutes les centrales nucléaires EDF ont perdu leurs agréments », et que l'Autorité de sûreté nucléaire, qui a constaté l'incapacité de ces laboratoires à mesurer correctement la radioactivité dans l'environnement des centrales, n'a pas rendu publique cette information[47],[48]. Le quotidien Le Monde consacre à cette affaire l'éditorial de son édition du [49].

Le , Le Canard enchaîné et Médiapart affirment que depuis 2006, EDF a fait espionner Stéphane Lhomme, l'un des porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », par l'entreprise suisse Securewyse[50],[51]

2011 : la pollution des eaux à l'uranium reconnue dans l'affaire Socatri au Tricastin[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 2008, une fuite au niveau du système de rétention d’une cuve de l’usine Socatri, sur le site du Tricastin, a conduit au déversement de plus de 74 kg d’uranium dans les cours d’eau avoisinants. Le 30 septembre 2011, Areva-Socatri est reconnue coupable du délit de pollution des eaux par la Cour d'appel de Nîmes. Elle est condamnée à payer une somme d’un total de plus d’un demi-million d’euros : 300 000 euros d’amende et 230 000 euros de dommages et intérêts, soit 160 000 euros à l’ensemble des associations, dont le Réseau « Sortir du nucléaire » et 70 000 euros aux particuliers[52]. Son pourvoi en cassation est rejeté deux ans plus tard et sa condamnation deviend définitive. C'est l'une des plus grosses condamnations jamais obtenues en France en matière de pollution nucléaire[réf. nécessaire].

Chaîne humaine de 2012[modifier | modifier le code]

Une militante antinucléaire à Paris, début 2011.
Chaîne humaine le 11 mars 2012 à Valence.

Le , un an jour pour jour après le début de la catastrophe de Fukushima, plus de 60 000 personnes forment une « chaîne humaine pour sortir du nucléaire » dans la Vallée du Rhône, de Lyon à Avignon[53]. Deux candidats à l'élection présidentielle participent à cette chaîne humaine[54].

2013 : chaîne humaine à Paris[modifier | modifier le code]

Le , plusieurs milliers de personnes forment une chaîne humaine pour réclamer l'arrêt du nucléaire civil et militaire en France, deux ans après l'accident de Fukushima[55].

Le , une Marche internationale pour la paix et la sortie du nucléaire part de l'usine Areva Malvési dans l'Aude, le long de la vallée du Rhône, pour arriver en juillet à la centrale nucléaire du Bugey dans l'Ain[56].

2014 : occupation de ronds points[modifier | modifier le code]

Le , le Réseau « Sortir du nucléaire » organise l'occupation de ronds points dans plus de 70 villes de France, dont 10 giratoires en Alsace[57].

Depuis 2015 : actions contre le projet Cigéo[modifier | modifier le code]

Le Réseau soutient la manifestation qui, le , rassemble plus d’un millier de personnes devant les grilles du laboratoire de Bure pour s'opposer au projet Cigéo, le centre industriel de stockage géologique[58].

Il est aussi l'un des initiateurs de l'assignation en référé déposée afin de faire cesser immédiatement le défrichement illégal du Bois Lejuc effectué par l’ANDRA à Mandres-en-Barrois, que le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc suspend pour défaut d'autorisation le [59].

Le Réseau est également au nombre des parties à l'assignation déposée contre l'ANDRA en responsabilité pour faute afin de dénoncer sa désinformation du public et des autorités quant à l'existence d'un potentiel géothermique sur le futur site d'implantation du projet Cigéo[60]. Les parties sont déboutées par le tribunal de grande instance de Nanterre qui ne reconnaît pas leur intérêt à agir, puis par la cour d'appel de Versailles qui considère que la communication de l'ANDRA sur la question est conforme à la réalité. Le pourvoi formé contre l'arrêt de la cour d'appel est rejeté par la Cour de cassation le 24 mai 2018[61]. Elles saisissent la Cour européenne des droits de l'homme le au sujet de ces trois décisions de justice et leur saisine est jugée recevable[62].

Il est par ailleurs, avec Lorraine Nature Environnement, à l'origine d'un recours devant le Conseil d'État contre l'arrêté pris par Ségolène Royal en janvier 2016 fixant le coût du projet Cigéo à 25 milliards d'euros[63], recours finalement rejeté[64].

2015 : « Le nucléaire ne sauvera pas le climat »[modifier | modifier le code]

Logo de la campagne le nucléaire ne sauvera pas le climat
Logo de la campagne « Le nucléaire ne sauvera pas le climat ».

À l'occasion du sommet de la COP 21 qui a lieu à Paris fin 2015, le Réseau s'associe à l'organisation d'une campagne afin d'empêcher l'industrie nucléaire de se présenter comme une solution face à l'urgence du réchauffement climatique et rappeler que l'industrie nucléaire émet aussi des gaz à effet de serre de par les diverses étapes de son processus[65].

EDF, notamment, fait à l'époque de la publicité pour son énergie produite « à 98 % sans CO2 ». Le Réseau et quatre groupes membres de la fédération portent plainte devant le Jury de déontologie publicitaire[66] qui, dans un avis rendu le , leur donne raison. Depuis, EDF a encore été rappelée à l’ordre par le Jury de déontologie publicitaire en [67].

2019-2020 : « Le nucléaire tue l'avenir, arrêtons-le ! »[modifier | modifier le code]

En 2020, afin de faire face à la relance du nucléaire par le gouvernement, le Réseau "Sortir du nucléaire" a lancé une campagne nationale avec pour mot d’ordre : "Ni prolongation, ni nouvelle installation ! En 2020, le nucléaire, c'est toujours non !"[68].

Trois temps de mobilisation sont prévus :

Logo de la campagne « Le nucléaire tue l'avenir, arrêtons-le ! »

- demander l’arrêt des centrales et installations vieillissantes ;

- agir pour empêcher l’installation de nouveaux projets ;

- des actions pour se passer du nucléaire.

La pétition "Le nucléaire n'est pas notre avenir, arrêtons-le !" récoltera plus de 30000 signatures.

En juin 2019, la coordinatrice des questions juridiques du Réseau est l'invitée de l'émission "Affaires sensibles" intitulée « Tcherno-Blaye » : une centrale les pieds dans l’eau[69].

Début 2020, le Réseau « Sortir du nucléaire » et Greenpeace France portent plainte devant le Jury de déontologie publicitaire pour dénoncer la campagne publicitaire d'Orano intitulée « Idées reçues »[70]. Le 4 mai 2020, cette instance reconnaît les plaintes des associations comme fondées[71].

Polémique[modifier | modifier le code]

Le mouvement anti-nucléaire est critiqué dans le cadre du débat sur l'énergie nucléaire, et notamment sur l'aspect protection du climat[72].

Les pronucléaires avancent que cette énergie est respectueuse de l'environnement, notamment parce que peu émettrice de CO2.

S’il est vrai que le nucléaire ne rejette, tout au long de son cycle de production, pas beaucoup plus de CO2 que les énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire, il ne faut pas négliger d’autres aspects. Tout d’abord, les centrales ont un faible rendement (30%) d'où un contrôle indispensable de la chaleur inutilisée. Par ailleurs, l'eau pompée dans les fleuves en amont pour refroidir les réacteurs est transformée en vapeur d'eau dans les tours de refroidissement et rejetée en aval. Ces procédés ont pour effet d'augmenter l'humidité de l'air, les précipitations et de réchauffer les cours d'eau. D’autre part, en fonctionnement normal, les centrales rejettent d’autres gaz à effet de serre, plus puissants que le CO2, comme le SF6[73] ou d’autres fluides frigorigènes[74].  En outre, les accidents (Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushimaetc.) ont eu pour résultat de polluer durablement l’atmosphère et les nappes phréatiques. Enfin, le nucléaire produit des déchets dangereux, à longue durée de vie, dont on ne sait que faire[75].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références du site sortirdunucleaire.org[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. « Extrait JO déclaration de l'association en préfecture », sur Journal officiel de la République française, .
  2. techno-science.net, « Réseau Sortir du nucléaire - Définition et Explications »
  3. Légifrance, « Arrêté du 14 septembre 2005 portant agrément de l'association Réseau « Sortir du nucléaire » »
  4. Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, Liste des associations agréées (consulté le 6 février 2009).
  5. Journal télévisé Antenne2 20 h : émission du .
  6. Contratom : association antinucléaire genevoise
  7. Superphénix : L'arrêt d'un surgénérateur trop en avance sur son temps. Quel gâchis !, par Eric Souffleux sur generationsfutures.net
  8. Golfech, le nucléaire, implantations et résistances, Collectif la Rotonde, édition CRAS, 1999
  9. Aperçu sur l'histoire du mouvement antinucléaire en France [PDF], oclibertaire.free.fr.
  10. « Communiqué du Comité Stop Nogent-sur-Seine »
  11. L’Ultimatum climatique lancé aux politiques, Terra Eco, 26 mai 2009.
  12. « "Sortir du nucléaire entre en guerre civile" Les Inrockuptibles ».
  13. « Le Réseau Sortir du nucléaire est votre Réseau - Vous avez le droit de savoir », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 10 juin 2020).
  14. Voir sur reporterre.net.
  15. « Dissensions à Sortir du nucléaire et licenciement de son porte-parole »
  16. « Stéphane Lhomme évincé de Sortir du nucléaire », Libération du 8 avril 2010.
  17. Stéphane Lhomme, Réseau Sortir du nucléaire : une lettre de Stéphane Lhomme, Reporterre, 12 juin 2010 .
  18. « Une bataille juridique interne agite le Réseau sortir du nucléaire », Reporterre, 24 mai 2012.
  19. Voir sur reporterre.net.
  20. « Lettre des organisateurs du pré-congrès aux groupes du réseau »
  21. Voir sur coordination-adn.fr.
  22. Voir sur savoie-antinucleaire.fr.
  23. « La charte », sur Réseau Sortir du nucléaire (consulté le 6 février 2021).
  24. Associations membres du RAC-F.
  25. Voir sur stop-epr.org, stop-iter.org, fermons-fessenheim.org, dont-nuke-the-climate.org, campagne2012desarmementnucleaire.org.
  26. 27 janvier 2000 : AFP - Laboratoire souterrain : 15 sites sélectionnés, selon les anti-nucléaires
  27. 29 janvier 2000 : Le Monde - Choix à haut risque pour les déchets radioactifs
  28. 12 novembre 2001 : Lyon Capitale - Nucléaire : la résistance citoyenne
  29. 24 juin 2003 : afp - Sortir du nucléaire accuse EDF d’avoir « falsifié des données sismologiques ».
  30. 10 août 2003 : afp - Sortir du nucléaire dénonce la « dramatique faiblesse » de la France nucléaire.
  31. 25 août 2003 : AFP - EDF a commis au moins 30 infractions à la loi sur les rejets d’eau chaude, accuse Sortir du nucléaire
  32. Des milliers de manifestants contre le nucléaire à Paris - Reuters le 17/1/2004
  33. « Paris : manifestation contre le nucléaire », sur www.dissident-media.org (consulté le 23 septembre 2016)
  34. 22 mai 2004 : AFP - Les anti-nucléaire ont bouclé à Rouen leur tour de France contre l’EPR
  35. « Sortir du nucléaire lance un « blocage administratif » d’EDF contre l’EPR », 18 octobre 2004 : AFP.
  36. « Inathèque »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
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  38. Voir sur tempsreel.nouvelobs.com.
  39. 15/04/2006 : Reuters - Environ 30 000 antinucléaires défilent à Cherbourg contre l'EPR, sortirdunucleaire.org
  40. 18/03/2007 : Ouest-France - A Rennes, ils étaient 20 000 contre le nucléaire
  41. Voir sur actualites-news-environnement.com.
  42. Voir sur lemonde.fr.
  43. France 2 - Journal de 20 heures : émission du 17 mars 2007.
  44. Conseil d'État : Réacteur de troisième génération
  45. Réseau sortir du nucléaire - Rapport moral 2008.
  46. Reportage France 3, journal télévisé du lundi 26 mai 2008.
  47. Les labos des centrales nucléaires privés d’agrément, Metro France du 12 janvier 2009
  48. Contrôle de la radioactivité : EDF mis en cause , Le Point du 13 janvier 2009
  49. 14/01/2009 : Le Monde - Edito - Nucléaire responsable
  50. EDF a fait espionner l'association Réseau Sortir du nucléaire, 20 Minutes, 8 avril 2009.
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  52. « Fuite d'uranium au Tricastin: la Socatri reconnue coupable en appel », Libération, .
  53. 11 mars 2012 : Chaîne humaine : une mobilisation historique pour la sortie du nucléaire !
  54. « Avignon: une chaîne humaine pour sortir du nucléaire », AFP, 11 mars 2012.
  55. Le Monde avec AFP, « Une chaîne humaine de milliers de personnes à Paris contre le nucléaire », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  56. Voir sur sortirdunucleaire.org.
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  58. Karine Diversay, « Bure : l’opération 100.000 pas à Bure a rassemblé plus d’un millier de personnes », Est-Républicain, (consulté le 12 mars 2017)
  59. Gaspard d’Allens, « À Bure, cet été, une importante victoire du mouvement antinucléaire », Reporterre, (consulté le 12 mars 2017)
  60. « Pour les juges l'Andra n'a pas menti sur la géothermie » Reporterre mars 2017
  61. 24 mai 2018, courdecassation.fr.
  62. « CEDH, ASSOCIATION BURESTOP 55 c. FRANCE et 5 autres affaires, 18 novembre 2019, 56176/18 et autres »
  63. « Arrêté du 15 janvier 2016 relatif au coût afférent à la mise en œuvre des solutions de gestion à long terme des déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité à vie longue »
  64. "Coût de gestion de Cigéo : le Conseil d'État rejette la requête", L'Est républicain, 20 mars 2018.
  65. ledrenche.ouest-france, « [COP 21] Le nucléaire est-il un bon moyen de limiter le réchauffement climatique ? »
  66. https://www.youtube.com/watch?v=lL8oHelQ628
  67. « COP 21 : EDF épinglé par le jury de déontologie de la publicité », sur Franceinfo, (consulté le 2 février 2021).
  68. attac-macon, « On part en campagne – Le nucléaire tue l’avenir, arrêtons-le ! »
  69. France Inter, « « Tcherno-Blaye » : une centrale les pieds dans l’eau ».
  70. « Orano - idées reçues », sur Orano (consulté le 11 février 2021).
  71. Jury de déontologie publicitaire, « ORANO – Presse – Internet – Plaintes fondées »
  72. SFEN, « Le nucléaire est-il bon pour le climat ? »
  73. transitionsenergies.com, « Comment en finir avec le SF6, le gaz à effet de serre le plus nocif »
  74. ASN, « Rejets de fluide frigorigène »
  75. lemonde.fr, « Déchets nucléaires : l’impasse »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]