Jean-Loup Amselle

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Jean-Loup Amselle
Portrait de Jean-Loup Amselle

Jean-Loup Amselle en dédicace
à la Comédie du Livre de Montpellier en 2009.

Biographie
Naissance
à Marseille
Nationalité(s) FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession(s) Anthropologue (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean-Loup Amselle, né à Marseille en 1942, est un anthropologue et ethnologue français. Il est directeur d'études émérite à l'EHESS, ancien rédacteur en chef des Cahiers d'études africaines.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formé en anthropologie sociale et en ethnologie, Jean-Loup Amselle a réalisé des travaux sur le terrain au Mali, en Côte d'Ivoire et en Guinée[1]. Il est l'inventeur d'une anthropologie des branchements (manière dont une culture se nourrit d'influences différentes) et poursuit des recherches sur des thèmes comme l'ethnicité, l'identité, le métissage (Logiques métisses, 1990 ; rééd. 1999), mais aussi sur l'art africain contemporain, de même que sur le multiculturalisme (Vers un multiculturalisme français, 1996, rééd. 2001), le postcolonialisme (L'Occident décroché : enquête sur les postcolonialismes, 2008) et le subalternisme[2]. En 1998, il a dirigé avec Emmanuelle Sibeud un ouvrage consacré à Maurice Delafosse, l'un des pionniers de l'ethnographie africaniste française.

En janvier 2013, s'exprimant dans l'hebdomadaire Marianne, Jean-Loup Amselle affirme que les ethnies maliennes actuelles étaient le fruit de la colonisation française : « J’ai passé de nombreuses années sur le terrain au Mali, avec les Peuls, les Bambaras, les Malinkés, et nous avons démontré qu’en réalité les ethnies telles qu’elles existent sont des créations coloniales ». Bernard Lugan, critiquant ce point de vue sur son blog, parle d'« aberration scientifique » et de « divagations intellectuelles »[3]. Pour Jean Terrier, Amselle « revendique la nécessité d’une approche historique du phénomène ethnique » en opposition à l'historien Bernard Lugan qui, selon lui, « dé-historise ainsi radicalement le ‘fait ethnique’ et lui donne une dimension d’extrême stabilité diachronique que n’ont pas manqué de mettre en cause les ethnologues »[4]

En 2014, il publie Les nouveaux rouges-bruns. Le racisme qui vient, ouvrage dans lequel il critique notamment le philosophe Jean-Claude Michéa, analyse que Daoud Boughezala du magazine Causeur juge « confusionniste »[5]. Au contraire Laurent Joffrin de Libération voit dans cet essai « un petit livre indispensable à la compréhension [du] nouveau paysage » intellectuel[6]. Pour Jean-Claude Michéa, le livre tiendrait davantage du « pamphlet » s'apparentant à une nouvelle stratégie Godwin héritière de la « Nouvelle Philosophie » de la fin des années soixante-dix visant à présenter le projet socialiste traditionnel sous une « posture rouge-brune »[7].

En 2015, débattant au sujet de la place des religions en France et voulant combattre ce qu'il nomme une « racialisation du discours politique », il estime « nécessaire que l’Etat français favorise la construction de mosquées tout comme il doit financer l’enseignement musulman »[8].

En 2016, au sujet de la déchéance de nationalité, il suggère que « ce n’est pas la déchéance de nationalité pour quelque catégorie de Français que ce soit qu’il faudrait introduire dans la Constitution, mais bel et bien envisager la suppression d’un principe de nationalité à plus ou moins longue échéance et quel que soit le pays concerné »[9].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (dir.), Les Migrations africaines : réseaux et processus migratoires, avec des contributions de Michel Aghassian, Jean-Loup Amselle, Mamadou Saliou Baldé, Michèle Fièloux, Paris, Éditions Maspero, « Dossiers africains », 1976.
  • Les Négociants de la savane: histoire et organisation sociale des Kooroko (Mali), Paris, Éditions Anthropos, 1977.
  • (éd.), Le Sauvage à la mode, textes réunis et présentés par Jean-Loup Amselle (contributions de Marc Augé, Jean Copans, Jean-Claude Godin, Christian Deverre, etc.), Paris, Éditions le Sycomore, 1979.
  • avec Elikia M'Bokolo (dir.), Au cœur de l’ethnie: ethnies, tribalisme et État en Afrique, Paris, La Découverte, 1985 ; rééd. 1999 « La Découverte-poche » (ISBN 2-7071-2955-0)
  • Logiques métisses : anthropologie de l’identité en Afrique et ailleurs, Paris, Payot, « Bibliothèque scientifique Payot », 1990 ; rééd. 2e éd. augm. Paris : Payot et Rivages, « Bibliothèque scientifique Payot », 1999, 3e éd, auge. Payot, 2009. (ISBN 2-228-88234-8)
  • Vers un multiculturalisme français : l’empire de la coutume, Paris, Aubier, 1996 (ISBN 2-7007-2851-3) ; 2e éd. Flammarion, « Champs », 2001. (ISBN 2-0808-1476-1)
  • avec Emmanuelle Sibeud (dir.), Maurice Delafosse : entre orientalisme et ethnographie, l’itinéraire d’un africaniste, 1870-1926, Paris, Maisonneuve et Larose ; Abidjan, CEDA, « Raisons ethnologiques », 1998. (ISBN 2-7068-1356-3)
  • Branchements : anthropologie de l'universalité des cultures, Paris, Flammarion, 2001. (ISBN 2-08-212547-5) ; rééd. coll. « Champs », 2005 (ISBN 2-08-080138-4)
  • L’Art de la friche : essai sur l'art africain contemporain, Paris, Flammarion, 2005. (ISBN 2-08-210447-8)
  • L’Occident décroché : enquête sur les postcolonialismes, Paris, Stock, « Un ordre d'idées », 2008. (ISBN 978-2-234-06042-5)
  • Rétrovolutions, Paris, Stock, « Un ordre d'idées », 2010. (ISBN 978-2-234-06463-8)
  • L’Ethnicisation de la France, Paris, Éditions Lignes, 2011. (ISBN 978-2-35526-080-3)
  • L’Anthropologue et le politique, Paris, Éditions Lignes, 2012. (ISBN 978-2-35526-1091)
  • Psychotropiques. La Fièvre de l’Ayahuasca en forêt amazonienne, Albin Michel, « Bibliothèque Idées », 2013. (ISBN 978-2-226-24628-8)
  • Les Nouveaux Rouges-bruns. Le racisme qui vient, Paris, Éditions Lignes , 2014. (ISBN 978-2-35526-138-1)[10]
  • Le musée exposé, Paris, Éditions Lignes , 2016. (ISBN 978-2-35526-153-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sa notice biographique sur le site de la revue en ligne Sociétés africaines/African societies.
  2. Voir sa page de chercheur, EHESS
  3. « Au Mali, les ethnies sont-elles des créations françaises ? », Blog de Bernard Lugan, 14 février 2013
  4. Jean Terrier, « Culture et types de l’action sociale », Revue européenne des sciences sociales [Online], XL-122 | 2002, Online since 09 December 2009, connection on 27 August 2015. URL : http://ress.revues.org/635 ; DOI : 10.4000/ress.635 « Lugan dé-historise ainsi radicalement le ‘fait ethnique’ et lui donne une dimension d’extrême stabilité diachronique que n’ont pas manqué de mettre en cause les ethnologues. Jean-Loup Amselle, par exemple, revendique la nécessité d’une approche historique du phénomène ethnique. Il souligne les enjeux politiques qui tournent historiquement autour de la problématique ethnique, en suggérant par exemple qu’on peut légitimement percevoir l’ethnicité comme une création coloniale dont le concept, préexistant à la chose pour l’informer ensuite, a servi à justifier des entreprises de division systématique menées par les pouvoirs coloniaux. »
  5. Les apostats de la gauche divine, causeur.fr, 16 janvier 2015
  6. Les «rouges-bruns» attaquent, Laurent Joffrin, liberation.fr, 31 octobre 2014
  7. Jean-Claude Michéa : « On ne peut être politiquement orthodoxe », entretien, revue-ballast.fr
  8. Combattons la racialisation du discours politique, lemonde.fr, 7 mai 2015
  9. Jean-Loup Amselle (Anthropologue), « Laissons tomber le principe de nationalité ! », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. Aude Lancelin, « Le communautarisme a-t-il gagné ? », sur nouvelobs.com,‎ (consulté le 9 décembre 2014)

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Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Article de Jean-Loup Amselle sur Lévi-Strauss [1]
  • Préface à Marco Aime, Etnografia del quotidiano. Uno sguardo antropologico sull'italia che cambia, Milan, Elèuthera, 2014, 190 p.